CHARLES I
1246. Charles , Ier. du nom, comte de Provence, fut investi , le 27 mai , des comtés d'Anjou et du Maine , par le, roi saint Louis , son frère , étant à Melun ; ce que le monarque confirma dans le mois d'août suivant, à Orléans. 11 accompagna , Tan 1 248 , le roi , son frère , à la croisade. Charles eut part a ses infortunes, ainsi qu'à ses victoires en Egypte, et fut pris, avec lui et son frère Alfonse , par les infidèles , le 4 avril ia5o. Le monarque ayant obtenu, le 5 mai suivant , leur délivrance et la sienne , jugea à propos de les renvoyer en France , pour consoler la reine , leur mère.
Charles, en ia54 ou environ, eut un différent avec GeofTroi deLodon, évéque du Mans, au sujet du serment de fidélité qu'il exigeait , et que l'évêque prétendait ne devoir qu'au roi. La mort de Geoffroi, arrivée le 2 août ia55 , laissa cette affaire indécise ; mais elle recommença sous l'épiscopat de Guillaume Roland, son successeur. Le roi, par ses lettres, déclara enfin lévcque du Mans , exempt du serment de fidélité envers le comte du Maine. Charles , devenu roi de Naples et de Sicile , par la victoire qu'il remporta, Van 1266, près de Bénévent, sur Mainfroi, son rival, dépouillé ensuite de la Sicile, l'an 128a, après les vêpres siciliennes, mourut à Foggia, dans la Capitale, le 7 janvier 128S (n. st.), laissant de Béatrix de Provence, sa femme , quatre fils, dont l'aîné fut Charles, qui suit, Ce prince n'avait pas , a beaucoup près , la conscience aussi délicate que le roi , son frère. Un particulier de l' Anjou possédait en cette province un domaine, que Charles désirait acquérir , parce qu'il se trouvait h sa bienséance. Le propriétaire refusant de s'en défaire, les officiers du comte s'en emparèrent pour lui, en payant le prix de la chose. Mais le roi saint Louis, instruit de cette violence , ordonna que le bien serait rendu à ce particulier, puisqu'il ne voulait ni le vendre hi 1 échanger, sans qu'a l'avenir , il pût être troublé dans sa possession. ( Vie de taint Louis, par le conf. de la reine Marg. , pag. 36o.) Charles encore redressé par saint Louis, dans une autre occasion. ïl avait gagné un procès contre un chevalier, qui était oncle du fomtede Vendôme. Le chevalier ayant appelé de ce jugement, Charles le fit mettre en prison , et refusa de le relâcher,
malgré les pressantes sollicitations des amis du chevalier. Un écuyer de celui-ci trouva moyen de faire passer à saint Louis un placet , où il détailla toute cette affaire. Le roi tança rudement son frère sur la conduite qu'il avait tenue envers ce chc: valier, lui ordonna de le délivrer, et voulut revoir l'affaire dans son conseil. Mais Charles s'était rendu si redoutable , que nul jurisconsulte n'osa plaider pour le chevalier. Le roi lui nomma lui-même un conseil, composé d'avocats, qu'il obligea de jurer qu'ils le conseilleraient loyalement. Ils tinrent parole , et conduisirent si bien l'affaire du chevalier, qu'il la gagna. Les créanciers de Charles eurent également à s'applaudir de la justice du monarque. Plusieurs marchands de Paris avaient fait à Charles des avances considérables , dont ils ne pouvaient obtenir le remboursement. Us s'adressèrent au roi , qui obligea son frère de les satisfaire , en le menaçant de lui ôter ses apanages s'il y manquait. (Ibid.) Quel contraste entre les deux frères ! ( Voy\ Charles I , roi de Sicile et comte de Provence* )
CHARLES II, dit LE BOITEUX.
L'an 1285, Charles II, dit le Boiteux, succéda, étant en prison , à Charles I , son père, dans les comtés d'Anjou et du Maine , comme dans le reste de ses états. Ayant marié , le 1 G août de l'an 1290, Marguerite, sa fille, à Charles de Valois, fils du roi Philippe le Hardi , il investit son gendre des comtés d'Anjou et du Maine , qu'il lui céda pour la dot de sa femme. Charles mourut le S ou le 6 mai 10*09. (^ov* ^es ro^ de Sicile et les comtes de Provence. )