DES COMTES DE MEDLENT
♦ . . . Vimîocinum , qnod ei portas aperire negavit. . ♦ .
• • . • In quo Rex équités capios. in vincnln trudit
Sexaginta dnos, arr«*n» murosque tuentes ,
- - JtoLerli Comitis MeUenti signa secutos ,
Qui tune Kichardi Comitis > miser , arma javabat.
Justa tamen duecbat enrn pro tempore causa,
Cùm foret Anglorum féodal i jure ligaïus A quo tubes , villas et plurima castra tenebat. .' . .
« * « « Quamvis à riostro Gomitatum Rcge teoeret. « . .
Il paraît que Philippe Auguste sut le gagner et l’attirer pou> quelque tems à son parti. Le comte ne s’eu trouva pas mieux; car l’Anglais, fondant sur ses domaines, ravagea les environs de Mantes et de Meulent, et saisit ses terres d’Angleterre. Une trêve, qui se fit entre les deux souverains, lui donna , tandis qu’ils partaient pour la Terre- Sainte , le tems de respirer et de se refaire.
Robert établit une commune à Meulent, vers l’anndc 1189 , sur le modèle de celle que Philippe Auguste venait de créer à Pontoise, et la fit même confirmer et garantir par ce roi. (La Roq. , Bist. étïîarc. , T. IV, p. 2173. )
Au retour de Philippe, les hoslilite's recommencèrent Nouveau traite fait à Mantes le 9 juillet 1194* Par l’article 7, il est stipule que le comte de Meulent sera remis en possession de ses terres et seigneuries d’Angleterre , qui avaient été confisquées. Il est encore parlé de ce comte dans uil traite' du ?.3 juillet de l’année suivante ; et il y est porté expressément qu’il sera compris dans les conventions du même traité de paix. ( Du Moul. , Bist. de Norrn . , pp. 4^5 — 466—475 > etc. )
La même année 1 k)5, Robert accorda aux religieux de Saint- Kigaise de Meulent le droit d’établir une foire et un marché; et peu de tems après il fit faire la translation des reliques du saint patron dans une nouvelle châsse.
Après la mort de Richard-Cœuf-de-Lion , Robert suivit le parti de Jean-Sans-Terre , son frère, qui l’entraîna dans sa ruine. En effet, la cour des pairs de France condamna par con** tumace le roi Jean; et ses biens ayant été confisqués pour félonie, on confisqua aussi ceux de scs adhérents , à la tête desquels était le comte de Meulent.
Le comte de Meulent passa en Angleterre avec Jean , et laissa le commandement de ses places , de celle entr’autres de Üeaumont-le-Roger , à Pierre, son fils ; celui-ci , séduit par Philippe* les lui remit, et mourut fort peu de tems après. Le comte, revenu eu France , fit une donation universelle de ses biens à Mabirie # sa fille et sa plus prochaine héritière , au mois de mai
1204. ( La Roq. Hist. d’Harc. , T. IV, p. 1966. ) Philippe n’eut aucun egard a ses dispositions ; il ne lui accorda pas même les avantages qu’il laissa par des traites à ses autres ennemis : Robert fut exclus expressément des conventions du traité de Rouen
passe le i«r juin 1204 : Excepto...... Comité de Méllento
quem dominus rex Frnnciœ de omnibus conventionibus er-
cepit. Robert se trouvant à Poiliers , où les. circonstances delà guerre 1 avaient conduit, y mourut le 20 septembre 1204 , selon le nécrologe de Préaux, ou le 16 août selon le nécrologe deSaint- JNigaise de Meulent. Scs héritiers furent privés à jamais du
comté de Meulent Dormivit post decursum vitœ suœ
anno 1204 , et sepultus fuit in civitate Pictavensi Robertus
eo nomme quartus , cornes Mellenti , ob rebellionem advenus Philippum regem , apud Pictavum transfugus , in An°lici regis ditiohe , et ibi diem clausic extremum , et omnia e jus dominia fisco regali addicla , posteris illhis in œternum priva lis.
Robert eut trois fils et deux filles ; Galeran , Pierre et Henri- Jeanne et Mabirie, ou Mabile. Gui de la Roche , épousa une des li lies de Robert : si ce n’est pas Jeanne , ou Mabirie , il faut qu’il en ait eu une troisième dont on ignore le nom.
Le premier acte qui fasse mention de Galeran III, fils de Robert IV, est une confirmation faite à sa prière, du vivant de son père , par Philippe Auguste , à l’abbaye de Coulombs , de l ile et prieuré de Saint-Côme , en l’année n85. On voit qu’il était des-lors associé à la dignité de comte, et qu’il en portait le tilre : Precibus Gualeranni j unions comilis , et cas tri Mellenti domini , concessi et confirmavi. Il épousa Marguerite ni- Fougères , fille de Raoul , l’un des plus illustres barons de Bretagne. Cette dame était veuve de Guillaume Bertrand, qui avait une origine commune avec la maison de Monlfort-sur- Risle, et dont elle avait des enfants. Le contrat de mariage de Galeran fut passé à Mortagne au Perche , ou Mortain en Normandie jMoritaniœ), en l’an 1189, signé par les parents des deux iamilles. On y voit que ce jeune comte se disposait à faire le voyage de Jérusalem. Cette pièce est intéressante par les diverses clauses et stipulations qu’elle contient. En cas de voyage , en cas de mort, de naissance de nouveaux enfants, etc., Robert y fait une donation universelle de tous ses biens généralement , et sans aucunes réserves , en faveur de Galeran son fils aîné. Mais par un autre acte du meme jour , et souscrit des memes parents , le père se réserve la faculté de dolerses autres cillants et ses filles, et de leur donner même des biens-fonds de 1 avis et conseil de ses barons ; lesquels biens-fonds néanmoins ne pourraient point être pris dans l’éleftdue des domaines
du comté de Meulent , ni de la châtellenie de Beaumont-le- Roger, attendu que ces domaines patrimoniaux et principaux devaient passer en entier au fils aîné et principal héritier. ( La Roque , Hist. d'Harc. , T. III , p. 55. )
Galeran partit pour la Terre- Sainte avec Philippe Auguste. Il y donna des preuves d’une grande bravoure , en se battant corps à corps contre un général turc. Il porta un coup si furieux à son ennemi , que la lance traversa l’e'cu , et que le turc , sans son haubert qui le garantit, serait demeuré infailliblement sur la place. L’impatience que le jeune comte avait d’en venir aux mains , l’emporta tellement , qu’il avait eu l’imprudence d’oublier, eutr’autres armes, son heaume. Le turc s’en aperçut , et , après avoir paré le coup que Galeran lui avait porté , il le prit au défaut de l’oreille , et le tua sur-le-champ. Il fut regretté comme un jeune chevalier sage , courtois , vaillant , et qui annonçait de grands talents. Voici ce qu’en dit un ancien poète français , après avoir décrit le combat , dont nous venons de rendre compte :
O y avez que mort fut Gallerans,
Du sanc de ly fut arrouse li chaos ,
Tout en fut laiutz se» hauberiz jusserans , Loing tu del bu la teste quinze espansj Dolens en furent et Guillaume et Bcrtrans , Guichart et Fouquc et Savari Liraans; Four ce fut plaint des serfs et des francs , Qu’il iert courtois et sage et entendans Et sus payens hardis et cotubatans;
Moult iert ames de petit et de grans.
Pierre de Meulent , par la mort de Galeran , son frère aîné , devint le principal héritier présomptif de son père. Celui-ci , comme on l’a vu, ayant suivi J ean-Sans-Terre en Angleterre , donna ses places, et entr’autres , Beaumont-le-Roger , à Pierre , son fils, qui , trahissant la confiance que son père avait eue eu bti, remit cette ville à Philippe Auguste , et se rangea sous ses drapeaux. 11 ne survécut pas loug-tcms à cette trahison : il mourut eu i 2o3. Son père le suivit de près , et le comté de Meulent fut irrévocablement réuni à la couronne.
CHRONOLOGIE ttlSTORIQCË