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27/f CHRONOLOGIE HI5TORIQÜE
n’cn tirerait que dix mille e'cus. Mais Sulli ayant soutenu qufeîle eu produirait près de trois cent mille , elle fut refusée.*^ Thomas, Eloge de Sulli . )
• L’an 1610, après l’assassinat du roi Henri IV, le comte arrive a Paris le 17 mai, et fait grand bruit de ce qu’on a de'fèré la regence à la reine, sans l’avoir attendu. On l’apaise, en lui donnant une pension de cinquante mille e'cus , avec le gouvernement de Normandie. Ennemi du duc de Sulli, surintendant des finances , il forme le projet de l’assassiner, et en fait part au duc d’Epernon, qui refusa de s’y prêter. Le 17 octobre de la meme année , au sacre de Louis XIII, il représenta le duc de Guicnne. Ce prince mourut le premier novembre 1612., à Blandi en Brie, laissant d’Ai*NE, comtesse de Montafié, qu’il avait épousée le 17 décembre 1601 (morte le 17 juin 1644 )> Louis, qui suit; Louise , femme de Henri d’Orléans , deuxième du nom , duc de Longueville; et Marie , femme de Thomas-François de Savoie, prince de Carignan. Sous le gouvernement de ce prince, le roi Henri IV établit à Soissons , par un édit donné à Lyon , dans le mois de septembre i505, un bailliage provincial avec un sicge présidial , et, dans le mois de novembre suivant, un bureau des finances. Charles et sa femme furent enterrés à la chartreuse de Gaillon.
LOUIS DE BOURBON
1612. Louis de Bourbon II, né à Paris le n mai 1604, succéda, Tau 1612, à Charles, son père, dans le cointé de Soissons , ainsi que dans la dignité de grand-maître de France, et le gouvernement de Dauphiné*. Mécontent de la cour, il la quitte le 27 juin 1620, et va se rendre, avec la comtesse, sou épouse, auprès de la reine-mère à Angers. Il prit congé d’elle ja même année, lorsqu’elle eut fait sa paix avec le roi son fils, et revint à la cour. L'an 1622, le 17 avril, il signala sa valeur an combat du canal de Rié en Poitou , dont le passage > disputé par Soubise , l’un des chefs des Huguenots , fut forcé par le roi, à la tète de sa cavalerie , après avoir taillé en pièces plus de quatre mille hommes des ennemis.
L’an 1626, le roi, partant pour la Bretagne, dans le dessein d’étouffer une conspiration qui se formait dans cette province, laissa le comte de Soissons à Paris, pour présider au conseil. Il accompagna, l’an 1628, ce monarque au siège de la Rochelle; et, Pan i(j 3o, il fut de son expédition d’Italie, pour secourir le duc de Mantoue. 11 fui pourvu , Pan iG^i , du gouvernement de Champagne. et de Brie. Pour augmenter ses revenus, le roi, la même année, lui conféra l’abbaye de Saint-Quen de Roueu; ayee ’ > • •
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quatre autres , dont les bulles , par un jeu concerté avec la cour de Rome , furent expédies sou$ le nom de l’aumouier dç la comtesse, sa mère.
L’an i656, le 3t mai et le ieTjuin, le comte de Soissons défit, près d’Yvoi , un corps de deux mille cosaques, et le poussa jusqu’à Luxembourg. Le 1 9 novembre suivant, il reprit, après un mois et demi de siège , la ville de Corbie , dont les Espagnols s’ëtaient rendus maîtres le i5 août pre'cédent. Ce fut pendant ce siège que le duc d’Orléans et le comte de Soissons se concertèrent pour faire poignarder le cardinal de Richelieu. L’exécution (levait s’en faire dans la ville d’Amiens , chez le roi lui-même , au sortir du conseil y et deux hommes bien déterminés , Montrésor et Saint-Ibal , s’cn étaient chargés. Mais le duc , soit fai- 'blesse, soit religion, se retira brusquement au moment qu’il devait donner le signal ; et Richelieu , sans le savoir, échappa au danger d’une mort inévitable. Le complot 11e pouvaut etre long-tems ignoré, les deux princes quittèrent subitement la cour. Le comte prit la route de Sedan, où le duc de Bouillon lui avait ouvert un asile. Il y demeura l’espace de quatre ans. Ennuyé de cette retraite , il passa, l’au 1641, au service des Espagnols, et alla se joindre au général Lamboi. Le 6 juillet de la même année, il livra la bataille de la Marfée , près de Sedan , aux troupes françaises commandées par le maréchal de Chalillon : il y fut vaille
3ueur j mais en voulant poursuivre sa victoire avec trop d’areur , il fut tué par un gendarme de Monsieur , dit-on , qui lui appliqua le pistolet sur la visière (1). Son corps fut porté à la
(1) « Etant à Sedan, dit l’abbé de Longucruc, j’allai 5 Donchcri voir le » champ de bataille oh (ut tué le dernier comte de Soissons. On me montra » une c')le assez roide;, et des anciens, qui avaient etc de ce lems-Jii , nie » dirent que le comte, avant entendu tirer sur le haut, piqua pour y aller. » On lui cria qu'il n’y allât pas. On eut beau crier , il piqua des deux. Ses » gens le suivirent; mais comme il était mieux monté qu’éUx , il y arriva » avant eux, et ils le trouvèrent tué. Voyez comment trouver ih ces assassins » apostés par le cardinal de Riçhdicu ».
On raconte de ce Prince que, jouant un jour aux cartes , il aperçut, dans un miroir qui «liait vis-h-vis de lui , un filou qui , par derrière, lui coupait adroitement le cordon de son chapeau qui était orné de pierreries L’ayant laissé faire, il sc lève comme ayant un besoin; il prie te filou de tenir son jeu en attendant qu’il revienne. Il descend h la cuisine . prend le couperet le nürux affilé , le met .soit» son habit et rentre dans la salle du jeu. Le fÜou , dès <ju’il reparaît, n’a rien de p'us pressé que de lui rendre sa pince. « Ne vous «pressez pas, Monsieur , lui dit le Prince, je suis bien aise de voir comme « va mon jeu». L'autre continue de jouer. Le Prince, quelques moments après, wisit une de ses oreilles, et d’un seul coup de son instrument la lui coupe. « Monsieur, lui dit-il, quand vous m’aurez rendu mon cordon, je vous ren- « ‘Irai votre oreille». Le Prince eût agi plus noblement eu sc conicmaot de Uirc une réprimande uu filou.
chartreuse de Gaillon auprès de ceux de ses père et mère et de Charles de Bourbon , son aïeul. Il n’avait point etc' marie j mais il laissa un fils naturel qui prit les titres de comte de Dunois et de prince de Neuchâtel en Suisse, et mourut le 8 février 1705, ayant eu d’Angélique de Montmorenci-Luxeinbourg, son épouse, deux filles : Léontine-Jacqueline , femme de Charles- Philippe d’Albert, duc de Luyues; et Marie-Annc-Charlotte, morte dans le célibat en 1711.
MARIE DE BOURBON, et THOMAS-FRANÇOIS DE SAVOIE-CARIGNAN.
1641- Marie de Bourbon, seconde fille de Charles de Bourbon , née le 5 mai 1606 , entra dans l’abbaye de Fontevraut, où elle prit l’habit le 5 avril i6ïo , à l’âge de quatre ans, et obtint quelque tems après des bulles de coadjutrice de l’abbesse, Louise de Bourbon-Lavedan. Mais n’ayant point fait profession, elle quitta cette maison en 162.4, et fut mariée 9 le 6 janvier 1625, à Thomas-François de Savoie, prince de Carignan, tige de sa branche et dernier fils de Charles - Emmanuel , duc de Savoie, né le 21 décembre 1596, avec lequel elle succéda à Louis II , son frère , dans le comté de Soissons. Le prince Thomas servit en France avec distinction jusqu’en i634 : mais alors, mécontent du cardinal de Richelieu , il passa au service du roi d’Espague, qui lui donna le commandement de ses troupes dans les Pays-Bas. Ce fut lui qui, par ordre de la cour de Vienne, enleva , le 26 mars i655 , l’électeur de Treves, allié de la France, et l’emmena prisonnier à Bruxelles. (Le Père d’Avrigni , que nous suivons pour la date , attribue cette prise au comte d’Ernden , gouverneur de Luxembourg.) La bataille d’Avein , dans le Luxembourg, gagnée sur lui , le 20 mai de la même année, par les maréchaux de Châtillon et de Brezé , ne l'empêcha pas d'avancer en Picardie , et de s’y rendre maître de quelques places dont la plus importante fut Corbie, prise le i5 août i656, le treizième jour de siège. La mort du duc de Savoie, son frère, l’ayant rappelé, l’an r658, en Piémont, il y disputa la régence de l’Efat , pendant la minorité de ses neveux , à la duchesse sa belle-sœur, et rechercha l’appui de l’Espagne pour soutenirsa prétention. La guerre civile , qu’il excita par là , fut terminée, en 1642, par raccommodement qu’il fit, le 14 juin de celle année, avec la duchesse, et par sa réconciliation avec la France, qui le déclara général de ses armées en Italie. Revêtu de cet emploi , il commença par chasser les Espagnols du Piémont où il les avait introduits. En i654 > il fut pourvu de la* charge de
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trand-maîfrc de France, dont on avait prive le prince de Condc , aisant alors la guerre à sa patrie avec les armes de l’Espagne, -/an i655 , le prince Thomas e'choua devan! l’avie , dont il fu.t ibligé de lever le sie'gc , le i3 septembre , après cinquante jours le tranche'e ouverte. On attribua cet e'cliec à la me'sinteiligence pii se glissa entre lui et le duc de Modène , qui partageait le :ommandement avec lui dans cette expe'dition. Une maladie [n’il en remporta le conduisit au tombeau le 22 janvier de Paillée suivante. 11 fut enterre à l’e'glise de Saint-Jean de Turin , lans la sépulture de ses ancêtres. De son mariage , il laissa trois ils , Einmanuel-Philibcrt-Amé , prince de Carignan , qui a coninue' la branche de ce nom en Savoie; Eugène-Maurice, qui uit ; et un troisième mort six mois après son père. La princesse, nere de ces enfants , termina ses jours à Paris le 5 juin 1692.