‹ L'art de verifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques et autres anciens monuments, depuis la naissance de Notre-Seigneur (volume 5)Chapitre 169 sur 296 · EUGÈNE-JEAN-FRANÇOIS DE SAVOIE · texte numérisé non relu

EUGÈNE-JEAN-FRANÇOIS DE SAVOIE

1729. Eugène-Jean-François, né le 25 septembre 1714» fils unique d’Emmanuel et son successeur au titre de comte de Soissons, ainsi que dans la charge de colonel d’un régiment de cuirassiers de l’empereur , mourut sans alliance le 24 novembre i7>4- Ainsi fiuit la branche des comtes de Soissons de la maison de Savoie.

rotigh son collègue. Après avoir battu cent mille Tores , le 16 août 1717, de- «ni lldgrade , et remporte sur eux ci’auttes avantages considérables s il le* cnmroignii à signer la paix, le a t juillet 1718, à Passarowitz. Dans les treize années suivantes , placé h la tète du Conseil impérial , il donnait le loisir qui lui restait à l'élude des Beaux arts, qu’il aimait passionnément , sans négliger celle de la religion dont il démêla les véritables intérêts au milieu des trouble* qui régnaient même dans l'église eatholiqti*. La guerre de 1733 le remit à la télé îles armée., ou le poids de l'âge ne laissa plus voir en lui que l'ombre du stand Eugène. Une apoplexie enfin le ravit an monde, le 37 avril 1736 , à Vienne. Les vertus morales , civiles, politiques et militaires , rendront éteraellemcm sa mémoire précieuse h la postérité. Il fut surtout regretté des soldats , dont il était le père , par l'attention qu’il avait à ménager leur sang, «i les soulager dans leur, besoins. Ajoutons â sdn éloge, que Louis XIV disait que c’était le plus généreux de ses cnnerai*.

DES

COMTES DE ROUCL

Rouci (i) , nomme en latin par Frodoard' Roceium , et par d’autres Rauciacum et Ruciacum , est le chef-lieu du comté de ce nom, à quatre lieues de Reims, au diocèse de Laon, relevant du comte' de Champagne , dont il e'tait l’une des sept pairies. Il était possède', l’an 94° » Pa* Renaud , ou Rage>olde, comte de Reims , que Marlot , Tabbé de Longuerue et l’illustre M. d’Aguesseau, font sans fondement, à ce qu’il nous parait, fils d’Herbert II, comte de Verrnandois. Fidèle au roi Louis d’outre-mer, il prit sa de'fcnse contre Hugues le Grand , duc de France, et c outre Herbert III, comte de Verrnandois , et Robert, comte de Troyes. Les hostilités qui s’exercèrent de part et d’autre , furent plutôt des actes de brigandage que les exploits d’une guerre faite dans les règles. L’an 944 > tandis que les troupes du roi dévastent les terres de l’archevêché de Reims, occupé par Hugues , fils d’Herbert, tandis que celles d’Herbert pillent l’abbaye de Saint-Crépin de Soissous , Renaud de sou côté pille l’abbaye de Saint-Médard do la même ville. (Frodoard.) Ces hostilités ayant été suspendues , Renaud , impatient de s’enrichir et de s’agrandir , tourne ses armes d’un autre côté. L’an 945 , il surprend la ville de Sens pendant l’absence du comte Fromond, lequel, étant revenu en ailigence , la reprend, Je 29 juillet, par une autre surprise. ( Bouquet.) L’an 947, Henaud marche au secours d’Artaud , concurrent de l’archevêque Hugues, qu’il avait chassé de Reims, contre Hervé, qui avait construit sur la Marue un château , d’où il faisait des courses fréquentes sur les terres du prélat. Renaud ayant mis en fuite les troupes d’Hervé, celui-ci les ramena au combat, mais il y périt , et sou cadavre fut porté en triomphe à Reims. Son rival

(1) Rouci est un bourg d’environ deux cents feux dout dépendent Mcii , Pontavair, Bcrri-au-Bac, Bouf/igneux , Guvencourt, la Ville aux-Bois, Piern- Poat# etc.

Cil R. HIST. DES COMTES DS ROCCI. afil

ayant bâti , l’an 948 , une forteresse à Rouci , Hugues le Grand vint l’investir avant qu’elle fùtacbeve'e; mais il ne put s’eu rendre maître. ( Ibid. ) Renaud fut pins heureux à l’attaque de la forteresse de Châtillon- sur-Marne ; il l’emporta par escalade, au grand regret des ennemis, à qui elle servait de retraite. La paix s’étant faite , l’an q5o , entre le monarque et le duc de France, parla médiation de Conrad, duc de Lorraine, de Hugues le Noir, et des évêques Adalbcron et Fulbert, Renaud fut compris dans le traite', et se réconcilia avec Hugues le Grand. ( Rouquet, T. VIII , p. 3o6. ) Mais la guerre s’e'tant renouvelée deux ans après , llugucs le Grand vint avec le duc de Lorraine attaquer le château de Marcuil , que l’archevêque Artaud et Renaud avaient fait construire sur la Marne. Ayant forcé la place, non sans une perte considérable des leurs, ils b livrèrent aux flammes , et s’en retournèrent. Le roi, l’archevêque Artaud et Renaud , la firent aussitôt rebâtir , et y mirent ime garnison plus forte que la précédente; de là ils passèrent sur le territoire de Vitri , dont le seigneur, nommé Gauthier , avait abandonné le parti du roi pour se jeter dans celui du comte Herbert. Ne pouvant se rendre maîtres du château , ils en firent élever un autre vis-à-vis , afin de tenir en bride ceux qui 'l’occupaient. Renaud, l’an q54, traite avec Herbert, qui lui rend . moyennant la restitution de quelques places , le château de Rouci dont il s’était etnparé. Mais peu de tems après , les gens de Renaud enlèvent de nuit, pnrescalade, à Herbert le château de Montfclix sur la Marne, qu’il est ensuite obligé de rendre pour d’autres prises qu’on lui avait faites. Hugues le Grand ayant mené le jeune roi Lothaire, l’an 96.fi , en Aquitaine , pour s’emparer de ce duché , sur Guillaume Têted’Etoupe, Renaud fut de celle expédition, et fit le siège du château de Saintc-Radegondc , près de Poitiers, qu’il prit et réduisit en cendres. Renaud n’était point délicat sur les moyens de s’enrichir. Certaines terres de l’église de Reims se trouvant à sa bienséance, il les envahit, l’an 966 ; et, sur le refus qu’il fit de les restituer , l’archevêque Odalric prit le parti de l’excommunier. Renaud sc vengea dé cet affront par le pillage et l’incendie de plusieurs autres domaines de l’archevêché. Tout ceci est exactement tiré de l’histoire et de la chronique de Frodoard. Le comte de Rouci dans la suite eut la guerre avec Renaud III et Lambert Ier , comtes de ITainaut. Il périt dans une bataille qu’il leur livra le i5 mars 970, et fut enterré à Saint- Remi de Reims. Albérade, son épouse, fille du roi Louis d’outre-rner ( Rouquet , T. VIII , p. 214) « lu* donna Gilbert , <jui suit ; Bruno» , évêque de Langres, depuis l’an 980 jusqu’eu 1016; Ermentrude, femme, i° d’Albéric II, comte de Mê XII. - 5ti

2° d’Olfc Guillaume , comte de Bourgogne^ et N.> mariée a Fronioad Ier, comte de Sens.

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