‹ L'art de verifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques et autres anciens monuments, depuis la naissance de Notre-Seigneur (volume 5)Chapitre 20 sur 296 · JOSEPH · texte numérisé non relu

JOSEPH

i5a6- Joseph df. Montmorenci, seigneur de Nivelle, Huberinont, etc. , vendit, le i3octobre «527, à Anne de Mouünoreuci

DES BARONS ET DCCS DE fa ONTMORENCI. 3g

fit à l’empereur dans la capitale au commencement de l’an i54o. On avait conseille' au roi , maître comine il était alors de la personnede Charles-Quint, de l’obliger à promettre par écrit la restitution du Milanez. Le connétable, dit-on, ne fut pas de cet avis , et persuada au roi de s’en tenir à la parole de l’empereur. ( Pontus ' Heuterus , 1. 1 2 ; Belleforest , Ann. ) On sait comment ce dernier s’en joua. Quoi qu’il en soit, depuis cette époque le refroidissement du roi envers le counétable alla toujours en croissant, et parvint en i54t , au point que ce fut à ce dernier une nécessite de quitter la cour et de se retirer à sa terre de Chantilli. Son éloignement fut un sujet de triomphe pour la duchesse d’Etampes , son ennemie déclarée. La mort de François I«r fut le terme de cette disgrâce. Henri II , son successeur , en montant sur le trône rappela le connétable malgré la promesse qu’il n’avait pu refuser à un père expirant de ne jamais se servir de lui. Non-seulement il rétablit Montmorenci dans toutes ses charges, mais il lui fit payer la somme de cent mille e'cus (1) , à quoi montait le produit de cinq années de ses gages qu’on avait cessé de lui payer depuis qu’il s’était retiré.

On a parlé ci-devant de la sévérité qu’il exerça, l’an 1548, sur la ville de Bordeaux , pour venger la mort de Trislan de Monneins, son gouverneur, que le peuple avait massacré dans une sédition (2). On ne peut disconvenir qu’en cette occasion il n’ait manifesté la dureté de son caractère, d’autant plus que Monneins était son parent. La ville de Bordeaux ne se serait peut-être pas relevée des peines auxquelles il la condamna, si la cour n’avait pris soin de les modérer. La conquête du Boulonnais sur les Anglais ayant été résolue dans le conseil, le connétable accompagna le roi , l’an 1549 , dans celte expédition, qui se termina , le 24

Seigneurs de Nivelle.

grand-maître de France , la seigneurie de Saint-Leu-Taverni , le Plessis-Bouchard , et la quatrième partie qu’il avait de la baronnie de Montmorenci et scs dépendances, pour la somme de 26,870 liv- Etant allé à Bologne , en Italie , pour y assister au couronnement de l'empereur Charles V, il y tomba malade , et y mourut à la

(1) Ils étaient à la salamandre, ou à la croisctte, et le litre de ces espèces était à lâ carats «t de la taille de 71 1/6 au marc; par conséquent, 100 mille de ces écus devaient peser t4o5 marcs t once t gros 3 deniers 4 grains, qui, ii raison de 794 livres 1 sou 6 deniers le marc, produiraient de notre monnaie actuelle 1,11 5,796 livres : ainsi les gages du connétable , pour une année , étaient de 335,169 livres 4 son».

(3) Le meurtre de Monneins est du 35 août 1 543 , et l’arrivé* du «onnétab!* «a Gatenne du 8 octobre ( et uoa août ) suivant.

/jO CHRONOLOGIE HISTORIQUE

mars de l’année suivante, par un traité qui fut l’ouvrage du connétable, ctassura à la France la possession du pays qu’elle revendiquait.

Anne de Montmorenci n’avait jusqu’alors que des titres et des honneurs personnels. Le roi , jugeant à propos de lui conférer une dignité' héréditaire , érigea , par lettres données à Nantes en juillet 1 55 î , et registrées le l\ août suivant au parlement et eu la chambre des comptes , la baronnie de Montmorenci en duchépairie pour Anne et scs descendants en ligne masculine (t).

La France ayant déclaré la guerre à l’empereur en i5d2 , notre armée , conduite par le connétable-duc, vint se présenter, le i5 ( et non le ?.5 ) mars de cette année , devant Toul, qui lui ouvrit incontinent ses portes. Metz, le voyant ensuite approcher, fit quelques difficultés de le recevoir j mais bientôt, effrayée par ses menaces, elle admit dans ses murs le io avril, les troupes françaises. Après avoir réduit sans peine les trois évêchés, il mena , sous les ordres du roi, son armée victorieuse en Alsace , où il ne trouva pas les mêmes facilités.

Anne de Montmorenci perdit , l’an i557 , la bataille de Saint- Quentin, où il fut fait prisonnier, couvert de blessures, après s’être défendu comme un lion. Conduit en Flandre, il obtint du roi d’Espagne, l’an i5t>8, la permission d’assister aux conférences qui se tmreut à l’abbaye de Cercamp, dans le comté de Saint- Fol , avec les plénipotentiaires du roi de France, pour le rétablissement de la paix entre les deux couronnes. Elles n’eurent d’autre succès que de lui procurer sa liberté moyennant une rançon de deux cent mille écus (2).

La mort du roi Henri II, arrivée le 10 juillet i55g, fit tomber le crédit du connétable , et l’exposa au ressentiment de la reine

Seigneurs de Nivelle.

fleur de l’âge, en i53o. Son corps fut transporté à Weert, au comté de Hornes, où il fut inhumé. Il avait épousé , en i525,

(1) Le roi , pour composer ce duché, « unit h la baronnie de Montmorenci H les terres d’Ecouca, Chantilii, Montupilloi , Clxampursi , Courteil, Vaux- » lcz-Crcil, Tillai , le Plessier, la Villeneuve, N condition qu’au défaut d’hoirs „ rni'dcs , la dignité de pairie sera éteinte, et qu’il ne demeurera que la qua- » lité île duché. L’abbé de Saint-Denis s’opposa îi cette érection; et quant » aux fiefs d’Ecouen et de Villiers-le-Bcl , le procureur du roi déclara qu’il y ■ avoit lettres de distraction. Le procureur-général représenta aussi depuis » que celle érection diminuoit le domaine du roi an bailliage de Seulis. Le » dédommagement ayant élé estimé h 175 livres de rente , le duc de Montmo- „ renci Us donna au roi, par lettres registrées, le t5 décembre i565.» ( L» £euf, Hisl. Eccl. de Paris , T. T IL , p. Ü8tj . )

Les écus qui avaient cours alors s’appelaient benris: ils étaient auiitic

DES BARONS ET DUCS DE MONTMORENCI. l\l

Catherine de Médicis. Cette princesse ne pouvait lui pardonner d’avoir conseille' au roi son e'poux , pendant les premières années de son mariage , de la re'pudicr comme ste'rile, et d’avoir osé dire* par la suite que , de tous les enfants de Henri II , Diane , sa fille naturelle, était la seule qui lui ressemblât. Les Guises, ses rivaux/ s’étant joints à la reine, le contraignirent d’abandonner la cour et de retourner à Chantilli. Mais sous le règne de Charles IX, successeur de François II , ses talents le rendant ne'cessaire , il fut rappelé l’an ï56o et nomme' ge'ne'ralissime des armées. 11 déploya toute l'autorité que ses charges lui donnaient , et ne garda plus de ménagement avec les Calvinistes. Ce fut alors que se forma contre eux ce fameux triumvirat , compose' de lui , du duc de Guise , avec lequel il s’était re'concilie' , et du maréchal de Saint-André. L’an i562 se donna la bataille de Dreux, où il remporta la victoire et perdit la liberté. L’ayant recouvrée l’année suivante , par la paix d’Orléans , il quitte la cour par mécontentement et va se confiner dans ses terres. La reine ayant trouve' moyen de le regagner , il va faire la même année le siège du Havre , ayant sous ses ordres le maréchal de Montmorenci , son fils, et le maréchal de Brissac. Cette expédition, commencée le 20 juillet i5 63, fut terminée le 28 par la reddition de la place. La bataille de Saint-Denis, donnée le 10 novembre 1567 -, fut le terme de ses exploits et de sa vie. Il mourut le surlendemain de3 blessures qu’il avait reçues. Un cordelier, son confesseur, ayant voulu exhorter ce héros à la mort , pensez-vous , lui dit-il , que j'aie vécu près de quatre-vingts ans (j) avec honneur pour ne pas savoir mourir un quart- d'heure ? À la cour et dans les armées il montra la même intrépidité , et fit briller dans tout le cours de sa vie de grandes vertus dont l’éclat fut néanmoins amorti par

Seigneurs de Nivelle .

Anne d*Egmont , fille aînée de Floris , seigneur de Leerdam , chevalier de l’ordre de la Toison d’Or. Leurs enfants furent sv

i8 Philippe , dont l’article suit ;

2° Floris , qui viendra après son frère aîné' ;

3* Marie, mariée, i°, à Charles II, comte de Laîain, chevalier de la Toison cl’Or ; 20, en j 562 , à Pierre-Ernest , comte de Mansfeldt, gouyerneur de Luxembourg;

de a3 carats et de la taille de 67 au marc; ainsi, deux cent mille éens , pesant 0985 marcs 4 gros 2 deniers 7 grains , h raison de 794 livres 1 sou 6 deniers, produiraient aujourd'hui 2,370,872 livjes uj sous 7 deniers

(1) Il n’en avait que

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