‹ L'art de verifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques et autres anciens monuments, depuis la naissance de Notre-Seigneur (volume 5)Chapitre 248 sur 296 · FERDINAND · texte numérisé non relu

FERDINAND

12,52. Ferdinand II, dit de Ponthieu, fils de Ferdinand III , roi de Castille , et de Jeanne de Dammartin, devint, après la mort de son père, comte d’Aumale du chef de Simon de Dammartin, son aïeul maternel. Il fut enjueme tems baron de Montgomeri et de Noyelles-sur-mer. Ferdinand mourut vers l’an 1260, laissant de Laure , son épouse, dame d’Epernon , fille d’Amauri IV , comte de Monfort ( morte l’an 1270, après s’être remariée à Henri VII , comte de Grand-Pré ) , un fils , qui suit.

JEAN I"

1260. Jean I*r, fils de Ferdinand H et de Laure, succéda , l’an 1260, à son père dans le comté d’Aumale et les baronnies de

Montgomeri et' de Noyelles , et l’an 1270 , à sa mère dans la seigneurie d’Epernon. Mais après le de’cès de Jeanne, son aïeule, arrive' le 16 mars 1279 ( N. S. ), le roi d’Angleterre, Edouard 1", mari d’Ele'onorc , tante du comte Jean , revendiqua, an nom de sa femme , les comle's d’Aumale et de Ponthieu . L’affaire ayant été jugc'e, l’ail 1281 , au parlement de la Pentecôte, Jean fut maintenu dans le comte d’Aumale , comme e'tant situé eu Normandie , où la représentation a lieu , et exclus de celui de Pontliicu , où cette même représentation n’est point admise. Il se fit de plus adjuger les couquêtes de son aïeule, la comtesse-reine Jeanne , eu vertu du testament de cette princesse , qui les loi avait légue's pour le de'dommager du comté de Ponthieu, qu’elle prévoyait devoir lui échapper. Le comte Jean e'tail brave. Il fut tue' , le 1 1 juillet i5o2 , à la bataille de Courtrai , où il comtatiit pour la France. Il avait épousé Ide , dame de Fontaine-Goerard , Clic d’Amauri II, seigneur de Meulent (morte le 16 janvier 1324 dont il eut un fils , qui suit, et une fille, nommée Laure, qui épousa Gui Mauvoisin , baron de Rosni.

JEAN IL

i5oa. Jean II de Castille , ou df. Ponthieu, succéda, l’un i5o2, à Jean Ier, son père, dans le comté d’Aumale, aussi que dans les baronnies de Montgomeri, de Novelles, d’Epernou, et à sa mère, l’an i325 (N. S.), dans la seigneurie de Fontaine- Gucrard. Sa mort arriva vers la fin de l’an 1342. Il avait épouse', l’an 1 520, Catheriue, fille de Robert d’Artois, comte de beaumont (morte en novembre i368), dont il eut Blanche, qui suit, et Jeanne, mariée à Jean VI, comte de Vendôme. Celleci, après la mort de son père, prétendit lui succéder aux terres d’Epernon, de Quillebeuf, de Iloulebec, de Bois-Normand, de Vernon et autres. Mais Catherine, sa mère, les revendiquait comme formant l’assignat de son douaire, sur quoi elles firent, le 25 mars, un mardi de l’an i542(V. S.), une transaction par laquelle Jeanne abandonnait à sa mère l’usufruit de ces terres, à la charge de réversion , après sa mort , à elle-même: ce qui fut confirmé dans le mois suivant par lettres du roi Philippe de Valois. {Trésor des Chartes , reg. 74, acte 199-)

BLANCHE de CASTILLE et JEAN n’HARCOÜRT.

i343. Blanche de Castille , fille aînée de Jean II , lui succéda au comté d’Aumale et dans la baronnie de IVlontgomeri , avec Je vn III . comte d’Harcourt, V* du nom de sa maison, et vicomte de Cliàtcllcraud , qu’elle avait épousé l’an i3-}0.

DES COMTES d’aUMALE. 4^7

Jean combattit, l’au 046, à la journée fie Créci, où il fut dangereusement blesse. Ayant depuis encouru la disgrâce du roi Jean pour s’être lié avec Charles le Mauvais , roi de Navarre, il eut la tète tranche'e , le 5 avril i555, dans le château de Rouen. Blanche , sa femme , eut querelle avec Edouard III , roi d’Angleterre , devenu comte de Ponthieu par le traité de Brctigni. Ce prince, en i364, lui enleva le château de Noyellcs , qu’il prétendait être dans la mouvance de son comté. Mais la guerre ayant été déclarée, l’an 1369, entre France et J’Anglelerre , le comte de Saint-Pol , chargé par le roi Charles V de faire rentrer le Ponthieu sous l’obéissance de sa majesté, prit le château de Noyclles par composition, et le rendit à Blanche. Cette comtesse termina ses jours le 12 mai ,1387, laissant de son mariage , entr’aulres enfants, Jean , qui suit; Jacques, tige des seigneurs de Montgomeri ; Philippe v qui lit la branche des seigneurs de Bonnétable ; et Jeanne, femme de Raoul de Guines , seigneur de Montmireî. A l’abbaye d’Aumale on voit deux cloches qui passent pour les plus anciennes de la Normandie, dont l’une porte qu’elle fut levée, eu 1^79^ par Blanche , comtesse d’Aumale.

JEAN III ou IV.

• 1387. Jean, comte d’Harcourt, VIe du nom de sa maison , vicomte de Châtelieraud , succéda, l’an i387, à Blanche, sa mère, dans le comte d’Aumale. Il avait été donné, l’an i56o , pour otage du traité de Brétigni. Il mourut le 28 février 1389 ( N. S. •) , laissant de Catherine , son épouse , fille de Pierre Ier , duc de Bourbon, qu’il avait épousée le 14 octobre 1 359 » Jean> qui suit Louis, archevêque de Rouen; Jeanne, mariée à Guil- „ laumcll, comte de Namur ; Marie , femme de Renaud , duc

de Gueldre; et d’autres enfants.

JEAN IV ou V.

1589. Jean d’Harcourt, VIIe du nom de sa maison, succéda, l’an i38q, à son père dans le comté d’Aumale ainsi que dans celui d’Harcourt et la vicomté de Châtelieraud. Il suivit, l’an 1390, au voyage d’Afrique, le duc de Boorbon , son oncle , qui l’avait fait chevalier au siège de Taillebourg. L’an 141 5, il fut fait prisonnier à la bataille d’Azincourt. Jean mourut, le 18 décembre 1462 , âgé de quatre-vingt-deux ans. Il avait épousé, par contrat du 17 mars 1389 (V. S.) , Marie, fille dt Pierre II, comte d’Alençon , dont il eut Jean, qui suit; Marie ,

qui vient après j Jeanne, comtesse d’Harcourt ; et d’autret enfants.

jean y ou yi.

Jean d’Harcourt, fils aînë de Jean VII , ne en 1596 , reçut de son père , vers l’an 1 4-T 1 > les comtés d’Aumale et de Mortain. Ge fut un des plus grands capitaines de son tems. A la valeur il joignit un caractère de franchise qui ne lui permettait pas de soupçonner dans autrui le vice oppose' dont il e'tait incapable. Mais il fut la victime de cette louable qualité'. Des intérêts de famille l’ayant brouille' avec Jacques d’Harcourt , sou cousin, lieutenant-général pour le roi en Picardie , celui-ci feignit ensuite de vouloir se réconcilier avec lui. Il vint sous ce prétexte, l’an 14*9» le trouver dans son château d’Aumale, où il fut accueilli avec la cordialité qui convient entre parents. Mais au milieu des1 caresses qu’il recevait, il le fit arrêter par scs gens , et l’enferma dans une prison d’ou il ne sortit qu’à la mort du perfide, arrivée au mois d’a/ril 1423, devant Parthenai , dont il voulait faire le siège. Peu de jours après sa délivrance, le roi Charles YII le nomma son lieutenantgénéral dans l’Anjou et le Maine. La même année , étant à Tours , il apprcnct qu’un chevalier anglais , nommé de la Pôle, était sorti de Normandie avec deux mille cinq cents hommes et parcourait le Maine. Aussitôt il envoie ordre à ses troupes de venir le joiudre à LavaL II s’y rend $ et, s’étant mis à leur tête, il marche à l’ennemi, qu’il rencontre à la Broussinière ,

/ près de la Gravelle, sur les confins du Maine et de la Bretagne. ]1 attaque cette troupe avec tant de furie, qu’il n’en échappa qu’environ cent-vingt hommes. Seize à dix-sept cents restèrent sur la place 5 les autres furent faits prisonniers- avec leur chef. L’année suivante, il combattit à la bataille de Yerneuil, donnée, le 17 août, contre son avis. Il y périt avec un grand nombre de braves, à l’âge de vingt-huit ans , n’étant point encore marié. Son père , après sa mort , reprit les comtés qu’il lui avait cédés.

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