‹ L'art de verifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques et autres anciens monuments, depuis la naissance de Notre-Seigneur (volume 5)Chapitre 267 sur 296 · CATHERINE DE CLÈVES · texte numérisé non relu

CATHERINE DE CLÈVES

i564. Catherine de Clèves, sœur cadette de Jacques , née l’an 1648 , partagea sa succession avec Henriette, son aînée, qui eut pour sa part le duché de Nevers avec le comté de Réthel , et laissa le comté d’Eu à Catherine. Celle-ci épousa'en première» noces Antoine de Croi , prince de Porcien , qui , s’étant attaché aux Coligni , embrassa comme eux le calvinisme , et mourut sans postérité à l’âge de vingt-six ans. Voici comme sa mort est racontée dans le journal de l’Etoile. « Le prince de Porcien , » jeune , martial et guerrier , mourut à Paris , le >5 mai 1667 , » d’une fièvre chaude , causée d’une colère mêlée d’excès , qui » fut qu’ayant joué à la paume tout le long du jour , il fut mandé » le soir aux Tuileries , où le roi le tint deux heures découvert » dans le jardin , à L lune , ( le tems ) étant serein , et lui tint de » rudes propos, jusqu’à le menacer de la perte de sa tête pour » Linchamp , place frontière qu’on avait donné à entendre à * sa majesté qu’il faisait fortifier : car, étant revenu à sa maison , > outré de dépit, comme il avait le cœur merveilleusement grand, » il envoya quérir du vin et en but trois quartes , et mangea trois » platelées d’amandes vertes , et s’en alla coucher là-dessus ; qui » fut le poison quon dit lui avoir été baillé ». Ces dernières paroles font allusion au libelle satyrique intitulé : la Légende de dom Claude de Guise ( abbé de Cluni ) , où l’on assure qu’un nommé Saint-Bartbelemi, émissaire de dom Claude , avait donné au prince de Porcien un breuvage empoisonné qui lui avait échauffé

le sang ettroublé la faison.Ce jeune seigneur était ennemi déclaré de la maison de Guise , et il en donna des preuves en mourant : car comme il soupçonnait sa femme d’avoir de l’inclination pour le duc de Guise ( Henri le Balafré ) , il la conjura de ne point l’épouser. « Je ne doute point , lui dit-il , qu’étant jeune , belle et » riche , vous ne soyez remariée après ma mort. Je vous laisse le » choix des partis ; et de tout le royaume je n’en excepte qu’un » seul homme , c’est le duc de Guise. C’est l’homme du monde » que je hais le plus ; et je vous demande en grâce que mon plus u grand ennemi ne soit pas l’héritier du plus précieux de tous mes » biens ». (Le Laboureur, addit. aux Mem. de Castelnau, T. I.) Malgré une demande si précise , Catherine donna sa main, au mois de septembre 1 570 , a ce même duc de Guisk. Elle avait été huguenote avec son premier mari ; elle redevint catholique après l’avoir perdu , à la sollicitation de la reine Catherine de Médicis. *' qui lui fit faire abjuration en la chapelle de Saint-Germain-en- Laye , et lui servit de marraine dans cette cérémonie. La conduite de la duchesse de Guise envers son deuxième époux ne fut pas à l’abri de la médisance. Saint-Mégrin , l’un des mignons de Henri III , se vanta ( l’an 1578 ) d’avoir eu commerce avec elle. Cette insolence lui coûta la vie quelques jours après il fut poignardé par des hommes masqués , en sortant du Louvre. Ou doute si ce fut par ordre du due de Guise, ou du duc de Mayenne son frère. Le 'premier , si l’on en croit Varillas , l’abbé de Choisi, Bayle , et d’autres modernes , fit expier à sa femme d’une manière moins atroce le crime dont elle était accusée. Etant entré , diton , sur les quatre heures du matin dans la chambre où dormait la duchesse, un poignard à la main droite et une écuelle d’argeot remplie d’une liqueur noirâtre à la gauche , il la réveilla , lui reprocha en peu de mots son infidélité, et lui donua le choix du poignard ou du poison préparé dans l’écuelle qu’il tenait. La duchesse n’ayant pu le fléchir pas ses prières, prit le poison, i’avala, et se mit à genoux sur son oratoire en attendant le moment qu’elle devait expirer. Une heure après, le duc étant rentré, lui dit qu’elle pouvait se recoucher et reprendre son sommeil sans crainte, la potion qu’elle avait prise n’étant autre chose qu’un excellent consommé; après quoi il l’exhorta à se conduire avec plus deréserve à l’égard des favoris. Nous abandonnons au jugement de nos lecteurs celte anecdote, dont Bayle dit que la preuve se trouve parmi les manuscrits de M. de Mesmes. On sait par quel événement funeste la duchesse de Guise devint veuve, le a3 décembre i588 , pour la seconde fois. Elle survécut à l’assassinat de Henri de Guise jusqu’au 1 1 mai de l’an i635 , époque de sa mort arrivée dans la quatre-vingt-cinquième année de son âge. Elle laissa de ce prince uu grand nombre d’enfants ; l’aîué desquels est le

DES COMTES d’êü. 4^5

seul dont nous ferons ici mention. (Vo y. pour les autres Henri I«f de Lorraine , prince de Joinville. )

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