CHRISTIAN-LOUIS
l6ÿ>. Christjaw -Louis oe MoNTMoRr.Nct-LüXÉttftouftG , né le çfévrier 167U, quatrième fil» de François-Henri, duc de Pinei- Luxcmbeurg, maréchal de France , fut prince de Tingri , sou- T€raia de Luxe , maréchal de France , chevalier des ordres du loi, et mourut le 2$ novembre 1746. Chevalier de Malte de minorité en 1676 , il servit au siège de Namur en 1692, et combattit à Steinkerque le 5 août. 11 était au siège et i la prise d*Hui le 24 juillet 169 3 , se signala à la bataille de Nerwinde le 29 juillet, et fut colonel du régiment de Provence le 20 août. En 1694, il servit à la marche de Vignamont au pont d’Espierres le 22 août. Là , il apprit de son père quelles sont les ressources d'un général habile qui veut traverser les desseins de l’ennemi. 1! servit, en t6g5 , à la défense de Courtrai , dont les ennemis avaient dessein de former le siège, n’en sortit qu’eprès leur retraite , et marcha au .bombardement d* Bruxelles , les i5 , \\ et r5 août. En 1697 , il était au siège d’Àth , pris le 5 juin. Brigadier, par brevet du 29 janvier 1702 , il servit à l’armée d’Italie sous le duc de Vendôme, , combattit à ôan-Vittoriâ le 26 juillet, et ent part à la bataille et à la prise du château de Lueeara. En 1703 , il servit à la prise de Bendanella le 1 ^janvier, et eut la direction de la principale attaque, Secondé du comte de VaubeCôurt, Ü mit en fuite , sur la fin de février, deux mille hommes que lé comte de Stafemberg envoyait à Berseilo. Il sortit de Mo dène , le 21 mars , avec le ewnte Albergotti , à la tête de seiee cents hommes de pied qu'il commandait , marcha par de très-mauvais chemins à Boina et à Rivara, y surprit un régiment de dragons de l’empereur, s’empara de soixante cbev ux , de quarante prisonniers, èt d’une partie des bagages de ce régiment. A la tête de trente compagnies de grenadiers, il attaqua Révéré le 10 avril 1704, essuya la décharge des Impériaux qui abandonnèrent aussitôt après la place. Dépêché è la cour pour porter cette heureuse nouvelle , il lut fait maréchal de camp > dont le brevet lui fut expédié le 26 octobre. £n 1706, il partagea les travaux du siège de Vérue, qui se rendit i discrétion Iç 10 avril ; se signala à la bataille de Cassano le i£
août, força , Je 18 octobre, les retranchements que l’ennemi avait faits à la tète d’un pont sur le Sério , était à la prise de Soncino le 25 , et emporta, l’e'pe'e à la main , la position de Sarravale.
Lieutenant-général du gouvernement de Flaudre, le 21 mars 1708, il eut part à la prise de Gand le 5 juillet , combattit à Oudenarde le r 1, et mena jusqu’à quinze fois à la charge les troupes qu’il commandait. Après la bataille il fit l’arrière - garde. Le 28 septembre, il entreprit, d’entrer dans Lille avec un secours d’armes et d’hommes. L’entreprise était hardie e^ demandait du secret et surtout du génie : elle lui réussit. Pour mieux cacher son dessein, il envoya dans Douai, dans Arras et dans Béthune un corps de cavalerie sous prétexte d’arrêter les partis ennemis qui couraient dans la Flandre et dans l’Artois. Cependant on préparait à Douai ce qu’on destinait au secours de Lille ; on tint les portes de cette ville fermées. Le chevalier de Luxembourg partit à la tête de deux mille cinq cents chevaux ; chaque cavalier portait un sac de soixante livres de poudre, chaque dragon avait trois fusils. Ils marchaient à petits pas, et arrivèrent à une barrière des lignes de circonvallation sur les dix heures du soir, la nuit du 28 au 29septembre. Au qui vive de la sentinelle, on répondit Hollande. L’ofiicier qui répondait, parlait parfaitement bien le hollandais, et savait le nom de tous les régiments qui battaient l’estrade hors du camp. Il parvint à «engager l’oflicier de garde à lui ouvrir la barrière, surtout lorsqu’on lui eut appris qu’il apportait de la poudre aux assiégeants , et qu’on était poursuivi par un détachement de l’armée de France. Dix-neuf cents hommes avaient heureusement passé la barrière ; un officier français cria imprudemment serre , serre . L’officier de garde arrêta ceux qui suivaient ; et sur leur refus on tira sur eux. Le feu ayant pris à trois sacs de poudre , cet accident arrêta les Français, et la«bnrrière fut aussitôt fermée. Le reste de la cavalerie, se voyant découvert , reprit la route de Douai : l’alarme se répand parmi les ennemis, on court aux armes, on poursuit les Français retirés du côté de la ville, et ceux qui marchaient vers Douai. Le chevalier de Luxembourg avait concerté son projet avec le maréchal de Boulïlers ; il entra dans Lille avec dix-neuf cents hommes , quatre - vingt milliers de poudre et douze cents fusils. Leroi, informé des circonstances d’un événement aussi singulier, le créa lieutenant-général de ses armées. Pendant le siège de la citadelle de Lille , il fit une sortie dans laquelle il tua septcenls hommes aux ennemis. Il commanda la réserve à la bataille de Malplaquet le 11 septembre 1709, et fit l’arrière-garde de l’armée dans sa retraite. Il obtint le gouvernement de Valenciennes le 17 mars 1711, etprit le titre deprinca de Tingri le 7 décembre. En 1712 , il commanda à Valenciennes jusqu’au choc de Denain, où il se distingua le 24 juillet. Il était
et ducs de "MONTMORENcr. ( Luxembourg. J ^5
lia prise de Marchiermcs le 5o, de Douai le B septembre ; il emporta une demi-lune à cette dernière place. Il servit à la prise du Quesnoi le 4 octobre , de Bouchain le 19. Charge' de Iraiter de li restitution des déserteurs avec l’Empire et la Hollande , il conclut le traite' à Quie'vrain le 21 avril 1718. Il commanda le camp de la Sambrc par lettres du 8 août 1727 et du i5 avril J?5o, fut reçu chevalier des ordres du roi le 2 février 1721 , servit au sie'ge de Kehl, qui capitula le 28 octobre 1755, s’empara, Ici mai, à la tète de dix bataillons, d:uu fort qui défendait les lignes d’Etlingen , qui furent forcées le même jour.. Il marcha ensuite au sie'ge de Philisbourg : la nuit du 5 juin, il fit perfectionner les parallèles sur toute la longueur et la crête du rideau qui fait face au corps de la place. Il releva la tranchée le 19 de ce mois , le 1er et le 12 juillet; Philisbourg capitula le 18. 11 avait été créé maréchal de France, par état donné à Versailles lé 14 juin. Il servit au sie'ge de Wornis le 25 juillet, et prêta serment pour la dignité de maréchal ’c 26 janvier iy55, sa promotion n'ayant été déclarée que le 17 du même mois. Il avait épousé , le 7 décembre 1711, Louise-M aueleine de Haiilai he Beaumont, fille d’Achille de Harlai IV du nom , comte de Beaumont , con-' seiller d’état , et de Anne-Renéc- Louise du Louet de Coetjanval. Be ce mariage , sont issus :
. i° Charles-François Christian , qui suit;
2° Joseph-Maurice Anpibal, appelé le comte de Monlmorenci, lieutenant-général des armées du roi, ‘né le i5 novembre 1717. 11 se signala dans les guerres sur le Rhin , eu Corse , en Piémont, en Italie, en Flandre et à la conquête de l’e'lectorat d’Hanovre. Il mourut au mois de septembre 1762. Il avait épousé i°, le 12 juin 1741 , Françoise-Thérèse-Martine le Pelletier deRosambo, morte' le i3 décembre i?5o; 2*, le 5 octobre'1752 , Marie-Jeanne-Thérèse de l’Epinay de Marteville, dont il n’eut point d’enfants. Elle se remaria, au mois de décembre 1762, au duc' d’Olonnc et de Châtillon-sur-Loirig. Le comte de Montmoreuci a laissé du premier lit une fille ;
Marie-Lonise-Mauricette, née le 2 septembre 1760, mariée, le 5o décembre 1764 , avec Arine-Alexandre-Mane-Sulpice-Joscph de Montmorenci , duc de Laval ;
5° Eléonore-Marie, alliée, le 6 avril 1729 , à Louis-Léon Potier, marquis de Graudclus , depuis duc de Trèmes , pair de France ;
4° Marie-Louise-Cunégonde , née le 3o septembre 1716,
mariée le ifi janvier 1736 , à Louis-Ferdinaad-Joseph Croï , duc d’Havre' , prince du Saint-Empire , gra*d d’Espagne, etc. Elle mourut le 18 avril 1764.