‹ L'art de vérifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques, et autres anciens monumens depuis la naissance de NotreSeigneur, par le moyen d'une table chronologiqueChapitre 157 sur 582 · DE MAGDEBOURG · texte numérisé non relu

DE MAGDEBOURG

persévéra jusqu'à la mort. On voulut dans sa dernière maladie, lorsqu'il avait déjà perdu la parole , l'engager a retourner au Luthéranisme , mais il ne répondit que par des signes de croix, A chaque semonce qu'on lui faisait. 11 av it épousé, i°. l'an 161 5, Dorothée , fille de Henri -Jules, duc de Brunswick, morte en 1649 : a *- Barbe-Elisabeth , comtesse de Wurben, décédée en tfi56 ; 3*. MaXlttlLlAnB , comtesse de Waldstein. Du premier mariage , il eul Sophie-Elisabeth , mariée , en i638, a Frédéric-Guillaume , duc de Saxe-Altenbourg.

AUGUSTE

i638. Auguste, second fils de Jean-Georges I , électeur de Saxe, élu coadjuteui de Christian— Guillaume en 1627, et reconnu, l'an i635, par le traité de Prague, comme on l'a dit , pour archevêque de Magdebourg, fit son entrée dans cette ville après la retraite des Suédois, le t8 octobre i638, et y reçut le serment de fidélité. Ses troupes , le *j du même mois , le rendirent maître de Halle, en chassant du fort Saint-Maurice les Suédois; mais ceox-ci étant bientôt après rentres dans Halle, Auguste quitta cette ville, le 9 février 1639, pour retourner à. Dresde. Les Impériaux ayant perdu, l'an it>4a, la bataille de Leipsick contre les Suédois, Auguste fit , avec ces derniers, un traité par lequel il s'obligea de garder la neutralité pour l'archevêché de Magdebourg , après quoi il revint, le 3i décembre, 4 Halle. L'an ifc47> étant sur le point de se marier avec Akne - M a MB, fille d'Adolfe - Frédéric , duc de Mecklenbourg- Schwerin, il donna sa renonciation a l'archevêché : mais tout de suite il fut élu de nouveau par le chapitre.

L'an 1648, par la paix de Westphalie, l'archevêché de Magdebourg fut laissé, par forme d'indemnité , a la maison électorale de Brandebourg, pour en jouir a perpétuité après la mort d'Auguste, ou après qu'il l'aurait volontairement quitté. Le chapitre avait cherché vainement a prévenir ce coup, en nommant un coadjuleur a Auguste, dans la personne d'Ernest— Auguste, prince de Brunswick. L'an «65o , les états maedeboureeois firent hommage a Grossensallza , le 4 avril, a 1 électeur de Brandebourg, et le chapitre le prêta le jour suivant.

L'administrateur Auguste s'appliqua, depuis la paix de Westphalie, a faire oublier! ses sujets, autant qu'il était possible, tes maux passés. Sa mort arriva , le 4 juin 1680 , dans son château de Halle, d'où son corps fut transféré, le aa juillet suivant, au château de Weissenfels , dans les caveaux qu'il y avait fait faire dans la chapelle castralc. Sa première femme étant morte le 11 décembre it>6*9, il se remaria, le aq janvier 167a, à Jeakxe-Walpurge , fille de Georges-Guillaume, comte de Linange-Westcrbourg , décëdée le 4 novembre 1 687. Du premier lit, il eul Jean-Adolfe, mort, le 34 usai 1697, dans ses pays héréditaires de Weissenfels et de Querfuri; et d'autres enfants. Du second lit, vinrent deux fils. Après la mort d'Auguste, l'électeur de Brandebourg se hîla de prendre possession de l'archevêché de Magdebourg à titre de duché séculier. S'étant transporté, la même année, à la diète de Ratisbonne, il y prit place , et y vota parmi les princes a la suite de ceux de Bavière.

La cathédrale de Magdebourg, dédiée a Saint- Maurice, l'une des plus vastes et des plus belles d'Allemagne , est la même qui fut construite sous le règne de l'empereur Ut ton IV; et son haut chapitre, composé de seize chanoines avec un prévôt, subsiste encore de nos jours. Le roi de Prusse, Frédéric II , le décora, en 1763, d'une croix d'or émail lée de blanc, dont le milieu représente , d'un coté, l'aigle noir de Prusse, couronné, et de l'autre, l'effigie de Saint Maurice. Cet ornement se porte attaché à un ruban ondé, couleur d'orange , et noué a uue boutonnière.

CHRONOLOGIE HISTORIQUE

DES GRANDS-MAITRES DE L'ORDRE TEUTONIQUE *

jL'oADas des chevaliers Teutoniques doit son origine aux croisades , de même que cent des hospitaliers de Saint-Jean et des Templiers. Vers l'an i ia8 , un riche particulier allemand , qui avait fixé sa demeure a Jérusalem , commença a retirer dam sa maison les pauvres pèlerins de sa nation. ( Jacob de Vitriaco, hist. Hiennol. aa. , Bongars, pag. 1084 el teq. Sanut , set ret a Jidetium- , liv. lit , part. 7 , cap. 3. ) I péri us , dans la chronique de Saint-Berlin , ajoute de plus, que la femme de ce charitable allemand, dont on n'a pas conservé le nom , établit un second hôpital à côte du premier , pour y recevoir les pauvres femmes de sa nation. Des bornes si étroites ne pouvaut suffire à son zèle , il Gt construire un hôpital à ses irais , et obtint du patriarche la permission d'y joindre une chapelle , qui fut dédiée a la sainte vierge. Plusieurs gentilshommes allemands et beaucoup de particuliers de la même nation , s'empressèrent d'augmenter celle fondation, el se vouèrent au service des pauvres et des malades. Comme l'objet de leur pèlerinage était de combattre les Infidèles, ils s'y obligèrent par un second vo»u , en prenant pour modèle la règle des Templiers. L'hôpital allemand de Jérusalem ne fut pas détruit non plus que celui de Saint-Jean , lorsque Saladin prit cette ville après la bataille de Tibériade ; mais le vainqueur n'y souffrit que le nombre de personnes absolument nécessaires pour les desservir. Cet établissement peut être regardé comme La source éloignée de l'ordre Teutonique. Les Chrétiens ayant entrepris le siège de Plolémaïs , ou Saint-Jean-d'Acre , en 1189, on vit bientôt se renouveler le même acte de charité dans leur camp. Quelques citoyens des villes de Brime et de Lu bec k , touchés de compK.s<ion pour le grand nombre des malades et blessés allemands qui se trouvaient dans l'armée des croisés , firent une lente avec les voiles d'un de ces vaisseaux de transport , qu'on nommait coquets , et en latin cogo ou coca,, ( Ducange , G lois ) , el reçurent dans cet hôpital tous les infirmes et les blessés de leur nation, qu'ils traitèrent avec le soin qu'inspire la plus tendre charité. On conjecture, avec beaucoup de vraisemblance , que les frères de l'l>ôpiul allemand de Jérusalem , qui avaient pu éviter les fers de Saladin , partagèrent cette bonne neuvre. Les choses étaient dans cet état , lorsque Frédéric , duc de Suabe , arriva , au commencement de l'automne de Tan 1 190, avec les débris de l'armée de l'empereur Frédéric Barberousse , son père, qui venait de mourir en Cilicie. Le duc de Suabe, jugeant ,

Ear les services que ces hospitaliers rendaient a l'armée , comien cet établissement serait utile si on lui donnait une forme

(•) Extraite de l'Histoire de cet Ordre, composée psr M. !c baron Je Wal.lua de k, membre,.

stable , imagina d'en faire un ordre de chevalerie , à l'imitation de ceux de Saint-Jean et des Templiers. Le patriarche et lotis les chefs de l'armée applaudissant a ce projet , les évoques furent charges de rédiger une règle, tirée de celle des hospitaliers, pour ce qui regardait le soin des malades , et de celle îles Templiers , pour ce qui avait rapport a la milice et à la discipline particulièie. Après quoi, le duc de Soabe érigea solennellement le nouvel ordre, a qui on donna , pour litre de fondation, l'hôpital allemand , ou teutonique , de la Sainte-Vierge de Jérusalem. Le duc de Suabe, voulant donner toute la consistance possible a cet établissement , envoya des ambassadeurs 1 Henri VI, son frère , alors roi des Romains, pour lui demander la confirmation du nouvel ordre , et l'engager a joindre ses sollicitations aux siennes , pour obtenir également celle de Clément III , qui occupait alors la chaire de saint Pierre. Mais Clément mourut , au printems de l'an nqi , avant d'avoir pu satisfaire leurs désirs ; de sorte que l'ordre Teutonique fut confirmé par Celeslin 111 , qui le mil sous la règle de saint Augustin, et lui donna les mêmes privilèges que l'église avait accordés aux hospitaliers de Saint-Jean et aux Templiers. L'habit des chevaliers Teutoniques est le manteau blanc avec la croix noire, liserée d'argent. Cet ordre , eompos" 1 de trois classes , fut renfermé uniquement dans la nation germanique. Les seuls gentilshommes pouvaient cMre admis dans la classe des chevaliers: les prêtres ne furent jamais astreints a aucune preuve , el les frères servants furent composés de gens de tout état , et si nombreux, dans les tems de U grande splendeur de l'ordre; qu'on en complaît plus de six mille dans la Prusse seule. Cette dernière classe est abolie depuis long-tems.

Page 1