DES MARGRAVES , DUCS ET ARCHIDUCS D'AUTRICHE
L'AUTRICHE , anciennement comprise dans le Norique , faisait partie de ta Pannonie, lorsqu'elle devint la proie des Huns et des A bar es. Son nom particulier fut en latin Austria , et plus anciennement Ostericrha et OsteHandia , qui signifie pays du midi. La rivière d'Ens la divise en deux parties. Celle qui est en-deçà dépendait autrefois des ducs de Bavière, et celle qui est au-delà était comprise dans la Pannonie. Cbarlemagne , après avoir déposé Tassillon , duc de Bavière, subjugua la partie de la Pannonie qui s'étend depuis la rivière de Raab jusqu'à l'Ens; et, l'ayant jointe à la Bavière, il y établit margraves, consécutivement, Gontran, Wcrinhaire, Albéric, Godefroi et Gérold , qui prenaient le titre de marquis de la Bavière orientale. Louis le Germanique, troisième 61s de Louis le Débonnaire, eut en partage , l'an 817 , la France orientale avec le titre de roi. H régna en Bavière, et Ratbod, margrave d'Autriche, lui fut soumis, de même que les margraves oui lui succédèrent. En 883, les fils des margraves d'Autriche excitèrent une guerre civile en Bavière, contre l'empereur Charles le Gros , qui les avait privés de la dignité de leurs pères. Ils s'y maintinrent i la faveur des troubles, et leurs successeurs , après avoir été confirmés dans celte dignité, furent déclares pnoces immédiats de l'empire.
déclarés pnnees
LEOPOLD , dit L'ILLUSTRE*
Léopold, surnommé I'Illustre, que D. Jérôme Pez donne pour la tige des margraves héréditaires d'Autriche, fut revêtu de cette dignité, l'an 938, suivant l'anonyme de Zwetl , par Henri l'Oiseleur, roi de Germanie. Léopoid descendait d un
Poppon , qui fut père de Henri ,' duc de Thuringc et de Saxe, mort l'an 886, en défendant Paris contre les Normands, et de Poppon, successeur de son frère en Thuringe, pois déposé l'an 092. Ce duc Henri eut de BncNMLDE , son épouse , trois fils : Adelbert , comte de Bamberg , qui fut décapité, Tan 906, pour crime de rébellion; Adhébald , qui périt , en 90a, dans la guerre contre la maison de Worms ; et Henri, tué dans la même guerre, laissant de Barbe, son épouse, fille d'Otlon, duc de Saxe, deux fils, le comte Berthold et le comte Otton , dont l'aîné fut père d'Adalbcrt , comte de Mertal , mort en 9S4 « de Poppon , évèque de Wurtzbourg , décédé l'an 961, et de Henri, archevêque de Trêves, mort eo 9IS4. D'Adalbert sortirent trois fils: Léopoid i' Illustre, dont il s'agit ici ; Berthold , établi margrave de Franeonie contre les Bohémiens; et Poppon 11, évèque de Wurtibourg. Telle est, suivant M. Eccard (Origin. Saron. praf.), la descendance des premiers margraves d'Autriche ; système avec lequel ne s'accorde pas entièrement celui de M. le comte du Bual, que nous avons rapporté ci - dessus. Léopoid dé-
fendit la Marche qui lui était confiée , et ne souffrit pis qu'on l'attaquât impunément. Geiza , roi de Hongrie , s'étant emparé de la forteresse de Melck, Léopoid se mit en marche contre lui avec une puissante armée, le battit sur les bords du. Danube, et reprit la place. Il remporta d'autres avantages sur In Hongrois, au dépens desquels il recula les limites de l'Autriche /ers l'Orient. Sa piété ne le cédait point a sa valeur. 11 fonJa, 111 château de Melck, un chapitre de douze chanoines, où il fut , dans la suite , inhumé avec sa femme. Sa mort fut l'effet J'un accident tragique, Ayant été invité par l'évêque de Wurtxbourg à la fête de saint Rilien , patron de cette ville, il s'y rendit avec Henri, son fils. Mais tandis qu'il regardait d'une fenêtre les exercices militaires de ses soldats qui l'avaient accompagné, il fut frappé mortellement d'une flèche tirée au hawrJ, et n'eut que le tenu de recevoir les derniers secours de l'église. Sa mort est rapportée au 10 juillet 994, par Ditmar, évèque de Mersbourg et le chronographe saxon , tous deux auteurs contemporains, qu'il faut suivre préférablement à d'autres écrivains postérieurs, qui ont placé cet événement, le* uns en 983, et tes autres en 988. On n'est pas d'accord touchant l'origine de la femme de Léopoid. Sur le tombeau des margraves d'Autriche , tous enterrés à Melck , elle est simplement nommée Kiiikabt, sans aucun nom de famille. Les tables du m manière de Closter-Neubourg, et une ancienne chronique d'Autriche, l'appellent Reichart , ouRichildE, et quelques auteurs prétendent qu'elle était fille d'Otton , duc de Saxe, et soeur de Henri f 'Oiseleur. Mais les contemporains , ainsi que Witikinde et Otton de Frisincue, ne donnent à Henri que deux saurs sans les nommer. De son mariage , Léopoid eut Henri , qui suit ; Ernest , duc de Suabe; et Poppon , archevêque de Trêves. (Hicron. Pci, Rerum Austriac, \. i.prcef, p. evij )
HENRI I
994' Henri , successeur de Léopoid au margraviat d'Autriche, était son fils. Ce point est constaté par un diplôme de l'empereur Otton III , de l'an 996 , où il est nommé JUs du margrave Léopoid. Quelques historiens le surnomment /* Querelleur, en le confondant avec un autre Henri, son contemporain, dit aussi Hézelon, duc de Bavière. Le margrave d'Autriche n'eut de commun avec, lui que le nom. H faisait sa demeure au château de Melck. Ce fut là qu'il fit transporter le corps Je saint Coloman, martyr, pour être déposé dans l'église de Saint- Pierre, où il lui fit construire, l'an roifi, un magnifique tombeau. Henri, étant mort le a3 juin de l'an 1018, fut enterré au même lieu que SwaNHILDE, sa femme, dont il laissa un fiU, qui suit; et une fille, N., mariée, suivant Otton de Frisinguf, à Pierre , dit C Allemand, roi de Hongrie.