SIGISMOND
i43<). Sigismond , né l'an i4*7t succéda en bas âge i Frédéric le Vieux., son père, sous la tutelle de l'empereur Frédéric III. L'an i44 a > Sigismond étant venu en Suisse, met pour préalable , à la confirmation des privilèges de la nation , que ses députes lui demandent , la restitution de l'Argow. Sur leur relus , il fait alliance avec la république de Zurich contre les autres cantons. Les hostilités réciproques commencent en i443- En vain le concile de Râle s'entremet pour les faire cesser. L'an 1 444 » l'empereur demande du secours à la France ; et, pour l'obtenir, il propose le mariage de Sigismond avec la fille du roi Charles VII. La proposition étant agréée , le monarque français donne ordre au dauphin, Louis, son fils, oui ravageait alors l'Alsace , a la tête des grandes compagnies, de passer en Suisse. Louis rassemble son armée, composée de soixante mille hommes , autour de Baie. Le 26 août , combat de Saint - Jacques , près de Bile, où douze cents suisses osent se battre contre huit mille français, commandés par le comte de Dammartin, et périssent tous, a l'exception de douze , après avoir fait des prodiges de valeur. (Voyez les Suisses.) Le dauphin , après cette mémorable journée , repasse en Alsace, et, le a8 octobre suivant, il fait sa paix a Eusisheim , avec les Suisses. Les Autrichiens , abandonnés de cet allié, ne laissèrent pas de continuer la guerre jusqu'en 1446, qu'elle fut terminée par la médiation de l'électeur palatin, assisté des électeurs de Mayence, de Trêves , et de révèque de Bàlc. L'an 1457, après la mort de Ladislas le PoMhume, roi de Bohême et de Hongrie, et duc d'Autriche, Sigismond partage avec ses cousins, l'empereur Frédéric III et Albert te Prodigue, la succession de ce prince dans d'Allemagne.
Sigismond eut , en 1460, avec le cardinal Nicolas de Cusa , évéuuc de Brixen , un démêlé qui fut poussé vivement de part 1 et d'autre. Ce prélat , en vertu d'une bulle de Pie II , voulait son éyêché sans y résider. Sigismond |
prince dans les provinces
ne voulut jamais le souffrir, et s'opposa, fortement a l'établissement des commendes , qui n'étaient point d'usage en Allemagne, quoique très-communes alors en Italie, en France, en Espagne et en Angleterre. Cusa se défendait par un moyen qui acheva d'irriter Sigismond contre lui , en prétendant que son église ne relevait point du comté de Tyrol. Sigismond l'ayant poursuivi les armes a la main, le fit prisonnier, le jour de Piques, dans le château de Prauneck, où il s'était retiré , et ne le relâcha qu'à des conditions que le cardinal jugea trèsonéreuses, savoir, de lui payer une somme considérable, de lui livrer un de ses châteaux, île renoncer a toutes ses prétentions d'indépendance , et enfin de promettre qu'il ne chercherait jamais a tirer vengeance de ce traitement. Mais ce dernier article fut le plus mal exécuté. Le cardinal ayant porté ses plaintes contre le comte de Tyrol a Pic H , ce pontife cita Sigismond a Rome , et, sur le refus qu'il fit de comparaître, d déclara par sa bulle , donnée le 8 août 1460, à Sienne , qu'il avait encouru les peines de droit portées contre les rélractaires et les sacrilèges. Le jurisconsulte , Grégoire Heimberg, dressa nn appel au futur concile pour le prince, qui le fit attacher aux portes de l'église de Florence. C était piquer au vif Pie II , qui, par sa bulle du 18 janvier de celte année , avait condamné les appels du saint siège au futur concile, comme erronés , détestables et contraires aux saints canons. Heimberg publia un autre écrit pour la défense de Sigismond. Théodore Lélio , évéqne de Feltri, prit la plume pour lui répondre. Heiml>erg répliqua. Les écrits se multiplièrent de part et d'autre. Sigismond persistant dans son opposition , Pie II publia , k jeudi-saint 146a , une nouvelle bulle par laquelle il confirmait
les censures portées contre Sigismond , et proscrivait son apologiste comme un hérétique. ( Anonjm. Mellk. Chron. Austr. Naucler. Genebrar. S ponde. ) Les Suisses , excités par le pontife, profitèrent de la proscription de Sigismond pour achever d'eavahir les états qui restaient à sa maison dans l'étendue de leur république. Kapperschweil , qui en faisait partie , se donna volontairement a eux. Ils conquirent successivement toute la Turçovie. L'empereur Frédéric 111 , touché des malheurs de son cousin , qui retombaient sur toute sa maison , travailla a sa réconciliation avec le saint siège. Le pape se montra inflexible. Frédéric insista auprès du légat , et s abaissa jusqu'à se jeter a ses genoux. Il parvint enfin a faire révoquer l'anathème dont Sigismond avait été frappé. Mais les Suisses n'en conservèrent pas moins ce qu ils avaient conquis sur lui. Sipismond n'ayant plus en Suisse que Wintherthur, qu'il lui était impossible de conserver , l'engagea l'an 1 4*>7 * puis le céda entièrement , l'an 1477 , a la ville de Zurich. Cependant, il n'en était pas moins disposé à se venger des Suisses. Ce fut dans ce dessein qu'il
disposé
vint, l'an 1469,"* la cour de France, pour engager le'roi Louis XI à faire avec lui une ligue contre celte nation. Mais, n'ayant pu faire entrer ce prince dans ses vues , il se tourna du côté de Charles , duc de Bourgogne , auquel il engagea le romté de Ferrette , le Sundgaw, l'Alsace, le Brisgaw et les quatre villes forestières , afin d'attirer aux Suisses un puissant ennrmi. Mais ia conJuilc atroce des oflicirrs bourguignons dans ces domaines, ne larda pas à faire repentir Sigismond de son aliénation. L'an i474< ' e 11 juin , il ut la paix avec les Suisses par l'entremise du roi de France , et s'allia avec eux contre le duc de Bourgogne. La mort de ce dernier, arrivée en x 477 > fit rentrer Sigismond en possession de ce qu'il lui avait engagé. ( Voy. les comtes de Ferrette.) Sigismond se voyant sans enfants, transporta, l'an i4ya , ses états héréditaires à l'archiduc Maxison cousin. Il vécut encore quatre ans depuis , et mourut i Inspruik , le 4 mars 1496. L'abbaye de Stams fut le lieu de sa sépulture.
CHRONOLOGIE HISTORIQUE
DES COMTÉS DE GORITZ
Ctoeitz ou Goerz, petite, mats forte ville d'Allemagne sur le Lisonzo ( Sont/us en latin ), érigée en archevêché, l'an 1751, pour les terres autrichiennes qui relevaient auparavant du patriarche d'Aquilée , est la capitale d'un comté que les géographes comprennent mal à propos dans la Carniole, dont ifn'a jamais fait partie. Ses bornes sont , au nord , la séuéchaussée de Tulmino ; au levant , le ban d'Idria et la Carniole ; au sud, le même duché et le territoire vénitien de Mofàcolner; et au couchant , le Judri, qui le sépare du Frioul vénitien.
L'origine des comtes de Goritz n'est pas encore trouvée. Celui qui a (ait le plus de découvertes sur cette matière , est le P. Jean-François- Bernard-Marie de Rubeis , dominicain , dans son ouvrage moaumenta Ecclusùt Aquxleienus. Les deux premiers comtes que les chartes lui ont fournis, sont:
ENGELBERT I et MAINHART I.
Erg elbe HT I et Mainhart I étaient frères. 11 n'est plus (ait mention du premier après la mort d'Ulric, patriarche d'Aquilée, décédé en 1 1 13 j et l'on ne voit point qu'il ait laissé de postérité. Mainhart lui survécut long-tenu. Outre le comté de Goritz, il jouissait , avec Henri I , son (ils, de l'avouerie de l'église de Saint- Etienne d'Aquilée, à laquelle il renonça, l'an ti3o,, par le conseil du patriarche Péregrin. Le père et le fils étaient morta en 1 1 So. ( Rtdms , col S78. )