‹ L'art de vérifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques, et autres anciens monumens depuis la naissance de NotreSeigneur, par le moyen d'une table chronologiqueChapitre 286 sur 582 · DES DUCS DE CAMNTHIE · texte numérisé non relu

DES DUCS DE CAMNTHIE

La Carinthie faisait autrefois partie du Norique et de Tan cienne Carnic. Ses bornes sont, au levant, la Styrie; au nord , ce même pays et l'archevêché de Satzboiirg ; au couchant , le ïyrol, et au midi la Carniole et le Frioul. Ce duché , dont la capitale est Clagenfurt (en latin Claudia ou Ctagcnfurtum ), renferme onze villes et vingt -un bourgs. La Carinlhic fit partie du duché de Bavière, jusqu'au règne de l'empereur Otton II. Ce prince, Tan 976, en ht deux duchés séparés, et donna la Ciitnihiea

HENRI I , dit LE JEUNE.

976. Heîiiu 1 était 61s de BeriholJ , comte de Schyren en Bavière. Otton 11 lui donna, non -seulement la Carinlhic, mais aussi la Marche d'Lstrie et peut-être aussi le Frioul. il reconnut mal ce bienfait ; el, deux ans après l'avoir reçu, il fut assez ingrat pour se liguer avec le duc Hézelon , rebelle envers l'empereur. Cette perfidie lui valut le châtiment qu'elle méritait. Il fut défait, l'an 978, en bataille, pris et dépouille de ses honneurs, qui furent donnes a Otton, fils et successeur de Conrad, duc de la France rhénane. Otton fut aussi pourvu de l'administration de la Marche d'Aquilée, qui fut jointe a la Carinthie, comme le prouvent des diplômes de l'an 983 et des années suivantes, cités par le P. Froélich, (Arrhontol- CarintJ) L'an 982 , l'empereur Otton II substitua le duc Henri , dans le duché de Bavière, à liezelon , qu'il en avait dépouillé; mais, l'an 984, après la mort de ce prince, Hézelon rentra dans ce pays, d'où il chassa son rival. Pour le dédommager, l'empereur Otton 111 , ou plutôt sa mère , en son nom , lui rendit , l'an 98a, la Carinthie, qu'il cotilinua de posséder jusqu'à sa mort, arrivée l'an gyfi. En mourant, il laissa un fils, qui fut l'empereur saint Henri , et une fille , qu'il avait mariée , en 99a , a Sigef roi , comte de Spanheim , avec le comté de Lavant pour sa dot. La ville de Saint-André, capitale de ce comté, qui fait partie de la Carinthie , fut érigée eu évêché, l'an 1 236 ou 1328, par Eberhard , archevêque de Salzbourg. (for. Henri le Jeune, i*e de Bavière.)

OTTON DE FRANCONLE.

996. Ottos , doc de la France rhénane , ou de Franconie , à qui l'empereur Otton III avait retiré la Carinthie , que son pire lui avait donnée , y fut rétabli après la mort du duc Henri. Il mourut le 4 novembre 1004, laissant de Judith , sa femme, dont on ignore la naissance , trois fils : Henri , duc de Kra licorne ; Conrad, qui suit ; el Brunon , qui fut pane sous le de Grégoire V. ( Voy. Us due» de la France rhàtane.)

CONRAD 1

le ti ou le 12 décembre de Pan ton. De Matrilde, son épouse, fille de Herraan II, duc de Suabe et d'Alsace (mariage condamné, l'an ioo3, au concile de Thionville, pour cause de parenté, et qui subsista néanmoins), il laissa Conrad ou Chunon , qui viendra ci-après , et Brunon qui fui évéque de Wurtzbourg Mathilde survécut à Conrad, et épousa, en se-

aoces, Frédéric II, duc de Lorraine. {Voy. Conrad de , duc delà France rhénane. )

ADALBERON.

ion. Adalb^hom d'Eppensteix , de la maison des comtes de Muertzthal, fils de Marquard, qu'on voit décoré du titre de marquis, fut substitué, par l'empereur Henri II, a Conrad I, dans le duché de Carinthie, au préjudice du fils aîné de celuici, qui était encore en bas âge. L'an 1037, le roi Conrad, étant â Vérone, termina, par son jugement, un procès qui était entre Adalbéron et Popon , patriarche d'Aquilée, touchant leur juridiction respective dans Plstrie. L'année suivante, Adalbéron consentit à la concession que le roi Conrad fit du droit de battre monnaie , a ce même patriarche, par son diplôme du 1 1 septembre. L'an «029, rupture entre le roi Conrad et Adalbéron. Ce dernier soutint, pendant six ans, la guerre que le premier lui fit. A la fin , battu sans ressource, l'an io35, il fut dépouillé de son duché , comme coupable de lèse majesté, et condamné a l'exil avec ses fils. Il mourut dans cet état de proscription, l'an 1039, laissaot de Brigitte, son épouse, Marquard, qui viendra ci-après ; Adalbéron, évéque de Bam— berg, mort en 1060 ; et Richense , femme de Berlhold I , due de Zéringen.

CONRAD II

io35. Conbad II, dit le Jeune, fils du duc Conrad I, fut nommé duc de Carinthie , par l'empereur Conrad , après la déposition d'Adalbéron. Il était déjà pourvu du duché de la France rhénane , depuis la mort de son père. L'empereur Henri III le confirma dans ses honneurs ; mais la mort l'en dépouilla, le 20 juillet de l'an io3q. On ignore s'il fut marié. Ce qui est certain , c'est qu'il ne laissa point de postérité.

Depuis son décès , on ne voit point que le duché de Carinlhic ait été rempli , jusqu'en 1047; on trouve seulement, en 104a, un Godefmi qui administrait une partie de la province avec le titre de margrave.

100$. Conrad, dit le Vitux, successeur d'Oiton , son père, au duché de Carinthie, ainsi qu'à rhénane , n'en jouit que l'espace d'environ

celui de la France

1047. Wem»!îe, ou Guei phe , III*. du nom de sa maison; comte d'Allortï, en Suabe, fils de Welplie II, comte du même lieu , fut nommé duc de Carinthie, dans la dièle de Spire , par l'empereur Henri III. Cette promotion fut le prix de la valeur qu'il avait fait paraître dans l.i guerre de l'empereur contre [Aba, roi de Hongrie. A son duebé fut jointe la Marche de

,ao CHRONOLOGIE HISTORIQUE

Vérone. Il gouverna l'un et l'autre arec modérai ion et sagesse. Il transféra le monastère d'Allorff dans son propre palais, situé sur une montagne voisine , appelée Weingartrin , ou des Vignes, à une lieue de Rasenberg. L'empereur Henri 111, dans un diplôme donné, au mois de novembre io55, en faveur de l'église de Saint-Zénon de Vérone, parle du duc Welphe avec éloge. H ne parait pas qu'il ait prolongé ses jours au-ucla de l'année suivante. On doute s'il fut marié. Ce qui est certain , c'est qu'il mourut sans postérité. Par son testament il avait légué ses vastes domaines à différentes relises; mais Imitza , sa mère , qui vivait encore , empêcha l'elfet de cette disposition indiscrète. Elle avait une fille nommée Cuniza , ou Cunégonde, femme d'Azzon d'Est, marquis de Ligurie, un petit-fils , nommé Welphe , né de ce mariage. L'ayant fait venir auprès d'elle, Imitza le mit en possession de tous les biens de ses ancêtres maternels en Allemagne. C'est l'auteur de la maison, actuellement subsistante, de Brunswick. 11 devint, par la suite , duc de Bavière. Foulques , frère consanguin de Welphe, hérita des biens de son père, et fonda la maison d'Est ou de Modène. {V 0 y. Welphe 1, due de Bavière. )

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