‹ L'art de vérifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques, et autres anciens monumens depuis la naissance de NotreSeigneur, par le moyen d'une table chronologiqueChapitre 349 sur 582 · DES DUCS DE PARME ET DE PLAISANCE · texte numérisé non relu

DES DUCS DE PARME ET DE PLAISANCE

oui

Pabmi, ville 3e l'Emilie, sur la voie Baminienne et la rivière dé Parme qui la traverse , fondée par les Boiens gaulois , devint Colonie romaine, Tan 56g de Rome , cent quatre-vingt-quatre ans avant l'ère chrétienne, sous le consulat de M. Claudius Marcello» et de Q. Fabius Labeo. Ayant souffert beaucoup , pendant le triumvirat , par les vexations des gens d'Antoine , elle fut dédommagée de ses pertes par les bienfaits d'Auguste , qui la repeupla par une nouvelle colonie; en reconnaissance quoi elle prit le nom de Julia Auguste Coloma. Cette ville , dont l'évéque est suiîraganl de Bologne, passe aujourd'hui pour l'une des plus belles de Lombardie. On fait montera trente mille hommes le nombre de ses habitants. Elle est située dans une plaine agréable ; ses rues sont larges et propres , et sa grande place a des arcades qui régnent des deux coté*. L'hôtel-de-ville , qu'on nomme Anzianato , est de même orné d'an grand portique , où se tient le marché au blé quand il pleut. Le ptalais ducal , situé sur le bord méridional de la rivière, communique , par un petit pont , à la citadelle qui passe pour très -forte. On vante le théâtre de Parme, construit par le fameux de Vignole, comme un ouvrage d'architecture qui n'a point de pareil en Italie. Parme est la capitale d'un duché dont la population monte a trois cent mille hommes.

Plamaucb ( Vlacentia ) , capitale d'un autre duché , qui fait partie des états de Parme, ne le cède guère à celle-ci pour la beauté des édifices ; mais elle lui est inférieure, de près des deux tiers , pour le nombre des habitants. Son évéque, commf celui de Parme , relève de l'archevêque de Bologne.

Après la destruction de l'empire d'Occident, Parme et Plaisance eurent la même destinée que les autres villes de l'Emilie. Subjuguées , l'an 5^o , par les Lombards , elles restèrent , l'espace de vingt ans , sous leur domination , d'où elles passé rent, en 590 , sous celle des Grecs. Ce furent les ducs de ces deux villes , ainsi que celui de Reggio qui se donnèrent volontairement A l'exarque Srnaragde , effrayés par l'armée du roi Childebert qui était en marche pour venir se joindre à celle des Grecs , et fondre avec elle sur les Lombards. ( Paul. Diac. I. a , ch. 4-) Charlenugne ayant conquis , l'an 774, le royaume de Lombardie, Parme et Plaisance ne furent point exceptées du nombre des villes qui tombèrent sous ses lois, comme queles-uns le prétendent, en soutenant qu'elles faisaient partie celles dont Pépin le Bref avait fait donation à l'église romaine. La preuve qu'ils se trompent est visible dans le partage qoe Charlemagne fit de ses états a la diète de Thionville, entre ses trois Gis , Charles , Pépin et Louis. On voit en effet Parme et Plaisance comprises , avec leurs territoires, dans l'énumeration que ce partage fait des différentes parties du royaume d'Italie , qui devaient appartenir à Pépin. (Bouquet, tnm. V, pag. 771- 77 a») Lorsque 1 empire fut transporté eu Allemagne, ces deux

villes , profitant de l'éloignemeot de leurs souverains , surtout après la mort d'Ottoo I , commencèrent a se donner des lois , et a se former en républiques. 11 n'y eut pas cependant une coalition indissoluble d'intérêts entre Parme et Plaisance. Les annales de celle-ci nous apprennent que ses habitants ayant formé , l'an 1 1 49 • I e siège du château de Tabiano , les Parmesans et les Crémonais accoururent au secours de la place , et battirent les assiégeants de manière que la plus grande partie d'entre eux resta prisonnière. ( Murât. Rer. Italie. , lom. XVI.) Les Plaisantins prirent leur revanche, en n5a, par la conquête qu'ils firent sur les Parmesans du château de Medcsana , dont ils détruisirent jusqu'aux fondements. Mais les Crémonais s'étant rendus médiateurs entre eus , engagèrent les seconds A faire la paix en rendant aux premiers les prisonniers qu'ils avaient faits sur eux. (Ibid.) Sigonius (de rtgno Ital., liv. 12.) parle , sous la môme année, d'une autre guerre qui s'éleva entre les Reggianais et tes Parmesans. Ceux-ci dévastant , les armes a la main , les bords de la Secchia , les Rcggianais accoururent pour les arrêter. Mais ils furent défaits, et plusieurs d'entre eux , ayant été faits prisonniers , furent renvoyés , le jour de l'Assomption , en chemise , un bâton à la main , après avoir reçu chacun un soufflet sur la joue. C'est encore Sigonius qui nous apprend, sans citer de garant, qu'en 11 53, les Plaisantins , ligués avec les Crémonais, en vinrent aux mains , le a6 juin , a Casolecchio , avec les Parmesans , qui , les ayant battus , emmenèrent un grand nombre d'entre eux dans les prisons de Parme. La discorde se mit ensuite entre les Crémonais et les Plaisantins , qui, l'an 1 155, étant entrés sur le territoire des premiers , le saccagèrent , et répétèrent , pendant trois ans, les mêmes actes d hostilité. Excédés par les pertes qu'ils essuyaient , les Crémonais en portèrent leurs plaintes , lan 11 58, â l'empereur Frédéric, qui tenait alors la diète de Roncaille. Le monarque, faisant droit sur leur requête, mit au ban de l'empire les Plaisantins. Pour le faire lever , il fallut qu'ils consentissent , outre une grande somme d'argent qu'ils payèrent , à démolir les bastions qu'ils avaient élevés depuis trois ans , et toutes les anciennes tours qui défendaient leurs murs. Nouvelle guerre, en 119g, des Parmesans contre les Plaisantins, à l'occasion de Borgo San-Dounino, que l'empereur Henri VI avait engagé aux seconds pour la somme de deux mille livres impériales. Ceux ci , pour se mettre en possession de cette terre , appelèrent à leur secours les Milanais , les Bressans, les Cornas* ju es, les Astesans, les Novarrais , et les Alexandrins. De leur côté , les Parmesans eurent pour confédérés les Rcggianais , les Modénais et les Crémonais. L'armée des Plaisantins, s'étant approchée du territoire contentieux , le trouva défendu par un vaillant corps de combattants qui l'obligea de battre en retraite , et lui prit deux cents cavaliers

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qui furent traînés aux prisons de Parme. (Murât. Annal. d'ilal tom. VJ1.) Les Plaisantins, l'année suivante, firent encor une plus grande perte dans une guerre qu'ils eurent avec ceu de Crémone. N'ayant plus d'ennemis étrangers a combattre ils se firent la guerre entre eux. Le peuple, soulevé contre la noblesse, chassa , l'an tai8, son podestat Gui de Buslo , milaztais , et traita de même tous les nobles l'année suivante.

L'an ia45, l'empereur Frédéric II, étant devenu le a Parme , envoya ravager le Plaisantin où le pape avait ordonne aux parents et amts qu il avait à Parme, de se retirer. C'étaient les San-Vilali, les Rossi , les Corrégio : le cardinal-legat Grégoire de Montelungo lança en même tems l'excommunication contre Frédéric 11. Ce prince, qui avait déjà passé Turin pour ae rendre a Lyon, furieux contre les parents et adhérents d/Incent IV, qu'il avait jusqu'alors traités avec clémence, fit •r leurs châteaux et confisquer leurs biens. Mais les bannis les ordres de Hugues San-Vitali, au moyen des intelligences qu'ils entreraient à Parme, marchèrent avec un gros corps d'armée contre celte ville. Son podestat , Henri Testa , nommé par l'empereur, vint au-devant d'eux avec les milices parmesanes, jusqu'à la rivière de Taro , et périt dans le comb sanglant qu'il leur livra au bourg du même nom, le 16 juin 1*47. Les bannis, après celte victoire étant rentrés a Parme, massacrèrent Mainfroi Cornazani, et la plupart des partisans de l'empereur; Gérard Corrcgio fut aussitôt proclamé podestat par le peuple, qui, s'étant en même tems emparé des tours du palais de la commune, en chassa les Impériaux ; Entius, fil naturel de Frédéric, commandant pour lui en Lombardie, faisait •lors le siège du château de Quinzano, dans le Bressan. L'ayant levé, il se replia sur le Parmesan. Frédéric, arrivé xnent dans le voisinage de Parme , le a août , exerça sa vengeance dans les environs de cette ville ; et pour la tenir en échec fl fit bâtir vis-à-vis une autre ville qu'il nomma Vittoria. Le siège de Parme traîna en longueur, et fut terminé au désavantage de l'empereur par une sortie faite en février ii4^> dans laquelle les troupes pontificales défirent totalement les Impériaux, et prirent d'assaut Vittoria, tandis que Frédéric était a la chasse. On y fit main-basse sur les Sarrasins et les Grecs de la Fouille et d la Marche t révisa ne que le fameux Ecelin Da-Romano commandait ; mais on fit quartier aux Lombards. Parmi les morts se trouva Taddée de Sessa , qui avait plaidé la cause de Frédéric au concile de Lyon. Le butin que l'on fit en or et en joyaux était inappréciable ; la couronne impériale , ainsi que le saint «uaire de Parme, y furent compris. On prit aussi le Caroccio, que les Crémonais y avaient amené , et le tout fut transporté à Parme. Les fuyards furent poursuivis jusqu'au Taro , et perdirent plus de deux mille hommes dans leur déroute. Les vainqueurs, après cela, mirent le feu à la nouvelle ville, dont ils arrachèrent jusqu'aux fondements. (CAiwi. Parmense. ) Frédéric cependant avait coutume de dire qu'il n'enviait rien aux empereurs, ses prédécesseurs, puisqu'il possédait Ecelin Da-Romano et Obert Palavicini , deux hommes d'une valeur et d'une prudence Incomparables. Il donna, en ia54, a ce dernier , la seigneurie de Plaisance pour la réunir à celles de Crémone , de Bussetto , de Borgo San-Oonnino , et d'un très-grand nombre de fiefs dont il était déjà p Parme, avec multiplier da

rendre maître de Colomo. Mais un vil tailleur d'habits , dit Muratori, s'étant fait reconnaître chef du peuple, fit manquer le coup , et obligea Palavicini de retourner a Crémone. Palavicini essuya , l'an 1*5^ , un autre affront encore plus sensible. Le parti des Guelfes ayant prévalu a Plaisance, le chassa de la Tille , avec Libertin Lando , son fidèle adhérent ; ce qui occasion» une guerre civile entre les Guelfes et les Gibelins. Les Plaisantins s'étant réconciliés en 1261 avec Palavicini, lui rendirent leur seigneurie pour quatre ans. libertin Lando demeurait cependant toujours baïuu de Plaisance. Mais il se vengeait par de

CHRONOLOGIE HISTORIQUE

fréquentes course* qu'il taisait avec d'autres noble* , coropsgnons de son exil, sur le territoire de cette ville. Les Plaisantin», pour se mettre a couvert de ses déprédations , prirent le parti

an Uonmno, et d un très-grand nombre Ue tiels dont pourvu. Obert Palavicini fit ensuite une tentative sur ec le secours des Gibelins , qui recommençaient a se dans cette ville, et dans ce dessein, il entreprit de se

de se donner, l'an 1271 , à Charles I , roi de Naples. (ftl/m, Placent.) Sous le règne de Charles 1 1 , son fils , les Plaisantins, gagnes par Albert Scotti , reconnurent celui-ci pour capitaine et seigneur perpétuel de leur ville. M.iis , l'an i5o4 , mécontents de son gouvernement , ils formèrent au mois d'août , une conjuration pour le déposer. Scolli l'ayant réprimée, mais non pas étouffée, par la mort ou l'exil de ses principaux chefs, elle m renouvela au mois de novembre suivant avec plus de forsur Qu'auparavant. Les bannis étant venu saccager te territoire de Plaisance, t>ibert de Corrégio, qui , l'année précédente , s'était fait déférer la seigneurie de Parme, accourut avec ses milices, sous couleur d'apporter du secours à Scolli, et trancha, par un jeu de main , là querelle , eu persuadant à Scotti de se retirer

a Parme; après quoi, il

(il

clamer seigneur de Plaisance.

Muratori, qu un renard en chassa un autre.

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C'est ainsi , dit

Mais la fraude de Corrégio n'eut pas le succès qu'il espérait. Plaisantins, qui n'avaient pas chassé leur maître pour eu a un autre, s'écrièrent tout d'une voix que Corrégio eut à s'en retourner promptement à Parme. Scotti fut ensuite chassé arec ses amis; ses palais furent rasés, et les bannis rappelés.

L'an i3aa, Verzusio Lando, s'étant concerte avec le légsl Bertrand Poyet , manoeuvra une conjuration a Plaisance , ou il entra de nuit , le 8 octobre, avec un corps de cavalerie que le prélat lui avait fourni. Béatrix, femme de Galéas Visconti, étant alors dans cette ville avec Azzoo , son fils, eut l'adresse de le faire échapper et conduire sous bonne garde a Fiorenzocu; après quoi , elle fut elle-même conduite honorablement hors de la ville, où le légat fit son entrée le 27 novembre, et reçut; au nom de Jean XXII , les hommages des habitants, qui élurent pour seigneur le pontife toto lemport «Vas sua, disent les annales de Plaisance. ( Voyn A won Visconti , seigneur de Milan. ) Le même légat eut l'habileté d'engager les Parmesans, le 27 septembre tâab, a se donner au pape vacante imperio. Le pontife ne conserva néanmoins que deux ans le domaine de Parme. Passerin de la Torre , qu'il y nomma gouverneur , acablanl d'impôts le peuple, MarsiOio de Rossi et Azzon de Corrégio, irrités de ce traitement, chassèrent, le premier aodt i3a8, la garnison papale, avec l'aide de Mastin de l'Escale, neveu d'Azzon, par sa mère, et s'établirent seigneurs de Parme. U en arriva de même à Reggio , dont les Manfredi , unit aux Fogliani , se rendirent maîtres , après avoir mis en fuite le gouverneur , que le légat y avait nommé.

Au mois de mai ityi , les Scaliger, qui avaient tyrannisé plutôt que gouverné Parme , pendant six ans, furent chasses |>ar les Corrégio : Azzon et Gui dominèrent ensuite qurlque tems en cette ville. Mais troublés par Mastin de l'Escale ou Scaliger , qui regardait Azzon comme son lieutenant a Parme 1 et par les maisons puissantes des bannis, ils prirent le parti, en novembre i344, de vendre cette seigneurie au marquis d'Est Obizon , qui , deux ans après , la revendit , le 10 octobre i346 , a Luchin Visconti , pour le prix qu'elle lui - Storia di Parma , pag. 174-179 ) s'appliqua à détruire les

forteresses des nobles par- ; ce qui" les' mécootenta beaucoup. Panne resta encor* l'espace de cinquante-sept ans, aux seigneurs de Milan. Mais , en 1 4o3 , Otton de Terei , général du duc Jean-Marie Visconti , voyant ses services méconnus , se paya lui-même par ses mains , en se faisant reconnaître souverain par la ville de Parme ; et ce qu'il y eut de singulier , il eut la dextérité de faire approuver cette usurpation par son maître. Toutefois , avant à redouter Pierre de Rossi, très-puissant en cette ville, [convint avec lui d'en partager ensemble le domaine. Pierre, s'étant établi a Plaisance , vint a la tête d'une troupe année , e 7 mars 1404, a Parme, d'où il chassa la garde du duc de Milan ; apte* quoi , Oiton de Terzi étant •ux-veua en diligence»

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