JEAN-FRANÇOIS DE GONZAGUE
fREMIER MARQUIS DE MaNTOOE.
1407. Jean— François de Gonzague, fils de François, dé-
fi) La politique de la république alla si loin, que branche de celte illustre et malheureuse maison, qui nisle joard'butà Padoue, 00 l'a obligée de quitter le nom de prmJre celui de Pmppa-Fava ; cubioo, l'un de ses auteurs.
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vient son successeur 1 Pige de treite ans , sous la régence de < harles Malatesta, son oncle maternel, et la protection des Vénitiens. On jugera quel devait élre ce régent, en sachant que, jaloux de la gloire de Virgile, il fit jeter, dans le Mincio, la statue de ce grand poêle. Jean-François soutint , par sa valeur, la gloire que son père s'était acquise dans les armes. Le pape Jean XXI 11 l'ayant choisi pour général des troupes de l'église, dans la guerre qu'il eut contre Ladislas, roi de N a pies, il défendit vaillamment Bologne , assiégée par Malatesta, seigneur de Rimini , général de ladislas- 11 reçut, en i4>S, le pape Martin V , qui arriva de Milan à Mantoue , le a5 octobre , et y séjourna jusqu'au 7 février i4'9> Bientôt il entra dans la ligue, conclue, le 27 juin i4a5, par les Vénitiens, les Florentins et les marquis d'Est et de Montferrat, contre Philippe-Marie , duc de Al ilan. Jean-François de Gonzague, François Carmagnola et Nicolas Tolentino , commandaient les troupes confédérées : François Sforce, Nicolas Piccinino , et Gui ou Guido 11 Torelli , qui venait de remettre, l'année précédente, Jeanne II sur le trône de Kaples , étaient les généraux que le duc de Milan leur opposa. Jean François, dans cette campagne, prit les citadelles de Brescia et Asola , et rentra en triomphe à Mantouc. Celle guerre lui fournit les occasions de donner toutes sortes de pieuves de son habileté et de son courage. Il commandait les Vénitiens, en i43i , dans le Bressan , et Carmagnola dans le Crémonais , lorsque Sforce , Torelli et Piccinino ayant donné le change â Carmagnola , attaquèrent , sur le Pô, le aa mai de la même année, la flotte vénitienne, à vingt-trois milles environ au-dessous de Crémone. Nicolas Trivisano , qui la commandait , fut totalement défait. Jean- François de Gonzague , Trivisano et Carmagnola furent mandés â Venise ; la république fit trancher la léte â Trivisano, pour avoir été battu, â Carmagnola, pour ne l'avoir point secouru, et remercia Jean-François de son zèle et de sa conduite. Philippe-Marie Visconti lui opposa bientôt Gui Torelli, qu'il envoya, le 7 décembre i43a, avec le litre de commandantgénéral de ses forces, dans la Valleline, le Bressan et le Bcrgamasque. la réputation de ce grand homme et son 'adresse , contribuèrent à hâter lapais que Nicolas d'Est, marquis de Fcrrare , chercha â négocier , et qui fui enfin conclue par ses soins, en i433. Cette même année, Jean-François reçut magnifiquement , â Mantoue , l'empereur Sigismond. Ce prince y arma chevaliers Louis, Charles et Alexandre, ses fils; et, pour marquer mieux i Jean-François sa reconnaissance , il le créa marquis de Mantoue, et lui permit, ainsi qu'à sa postérité, de cantonner la croix de gueules de la ville de Mantoue, qui supportait son écu , de quatre aigles de sable , membrées et becquées de gueules. Celte érection et cotte donation, furent
Su
c'est â-dire qu'il lui donna les droits de la souveraineté, sous la directe de l'empire. la réputation de sa valeur engagea les Vénitiens, en 1 4^7 • a le choisir pour leur général. Mais il ne resta pas long-tems i leur service ; mécontent de ces républicains, il les quille le 3 juillet de l'année suivante , et fait un traité d'alliance avec le duc de Milan. Les Vénitiens ayant renouvelé l'ancienne ligue avec les Florentins contre ce prince , nçois Sforce, qui avait abandonné Philippe Marie, fut fait commandant des troupes florentines, vénitiennes et génoises. Jean-François de Gonzague les battit en plusieurs occasions , défendit le cours du Pô, couvrit le Mantouan, prit , le 1". mai 1439, Lignago; et peu après, Lunigo, Monlebello, Brandola, Montelino, infesta les environs de Vérone, et surprit celte ville, qui , quatre jours après , fut reprisa par Sforce , au commencement de i44o- Le marquis de Mantoue, étant allé avec Piccinino, â Milan , y pardonna â Louis le Turc, son fils , qui, jaloux de la préférence donnée à Charles, son frère, s'était retiré cbex les Visconti ; il s'occupa ensuite i faire reprendre par
ao» CHRONOLOGIE
Charles et Louis, ses fils, les différentes petites places que Sforce lui avait enlevées. La paix se fit enfin, en i44> > et marquis Nicolas d'Est eu Fut encore le médiateur. Jean- François, après avoir jeté les fondements du couvent des Carmélites et de celui des Chartreux , fait construire le fort du bourg Saint-Georges et plusieurs palais. Il meurt , le a3 septembre i444t Uissant de Paule Malatksta, sa femme, qu il avait épousée l'an i4io, Louis le Turc, qui suit; Charles, seigneur de Gonzague , Bozzolo et autres lieux; Alexandre, marié, le 5 mars i445, à Agnès de Montefeltro , mort le 16 janvier 1466 ; Jean Lucide, qui était bossu, destiné a l'église, mort le n janvier i448; et Marguerite , première femme de Lionel d'Est , seigneur de Ferrare. Jean-François , premier marquis de Mantoue , établit l'étiquette à sa cour, et poussa même la magnificence jusqu'à la prodigalité. Il introduisit le premier dans ses états, l'usage de baiser la main, qui, avant Jean-Galéas Visconti , était inconnu en Italie. ( Voy. Eauicola, liv. 3. ) 7 V
LOUIS III , dit LE TURC , second marquis de Maktoue.
i444- Louis III , fils et successeur de Jean-François, né Tan i4«4» le 5 juin, élevé par Vitlorio di Feltro, l'un des philosophes de son siècle , avait fait ses premières armes sous le fameux capitaine Piccinino ; le surnom de Turc lui fut donné, parée qu'il introduisit l'usage de porter de longues moustaches , qu'il regardait comme la parure du militaire. L'an t^So , il se ligue avec François Sforce , devenu duc de Milan. Charles, son frère, lui redemandait , en i4$3 , certaines terres de la succession paternelle , qu'il prétendait être de son lot ; ne pouvant les obtenir de gré , il entra dans le Mantouan , l'an i453 , a la têle de trois mille hommes de troupes vénitiennes, pour les recouvrer de force. Le marquis , apprenant cette irruption , va au-devant de lui pour le repousser. Les deux frères se rencontrent le iS juin; et après un combat de cinq heures , où François Secco , l'un des officiers de l.ouis , fit des prodiges de valeur; Charles est mis en déroute ; mais le duc de Milan , ayant pris son parti , obligea le marquis a lui rendre ces munies terres en j 4- t >4- Charles avait épousé, en i44'» Lucie d'Est, fille de Nicolas III, marquis de Ferrare, et mourut le iq décembre i45b\ Le ppe Pie 11 ayant dessein d'engager les princes chrétiens a se réunir pour reprendre Conslanliiioplc sur les Turcs, indiqua , pour ce sujet, une grande assemblée a Mantoue, où it arriva sur la fin de mai 14% ; il y resta jusqu'à la mi-janvier de l'année suivante, ne cessa'nt de conférer sur l'objet de son voyage avec les ambassadeurs de diverses puissances , qui s'y étaient rendus. Mais la plus grande satisfaction qu'il remporta fut celle du bon accueil que le marquis l.ouis lui avait fait (Gobelin, Persona, Comment., liv. 3.) François Sforce vint voir deux fois Louis en décembre i453 et en octobre 14^7. On parle aussi d'une visite qu'il reçut de l'empereur Frédéric III , et Je Christ iern I, roi de Danemarck, mais sans en marquer la date. Les Vénitiens, étant disposes i faire la guerre au duc de Milan, nommèrent, en 1462, le marquis de .Mantoue pour commander leurs troupes de tene. La guerre n'ayant point eu lieu, Louis manqua l'occasion de signaler sa valeur et son habileté. (Chron di Bologna. , tom. 18, Rer. Italie.) Quoiqu'il n'ait presque jamais fait la guerre pour son propre compte , il eut toujours soin d'entretenir un bon corps de troupes réputées pour les plus belliqueuses de l'Furope, qu'il vendait aux princes voisins; espèce de trafic qui lui rapportait des sommes considérables , au moyen de*quelles il se trouva en état de faire chez lui de grandes et utiles entreprises sans grever ses peuples. Sa mort arriva, le 12 juin 147K , à Goito. De Laiibe, son épouse, de la maison de Brandebourg, Louis le Turc laissa , i°. Frédéric , qui suit ; a°. François, ne en 1441 , c-rdinal en 14S1 , mort leao septembre 1483 ; 3". Jean-
FIISTORIOL'E
François, né en i44% marié, le 17 juillet >479t ' Antoioette Balza, fille de Pyrrhus, duc d'Audria, mort le 28 août 1 49^ ■» souche de la branche des ducs de Sabionnetla et princes de Boxxolo ; 4°- Rodolphe , né en 14S1 , marié, en 1480 » a Catherine Pic de la Mirandole, mort le 6 juillet i4y5, dont sort la branche des marquis , puis prince de Casliglione et Sulpherini , existante encore aujourd'hui ; S*. Louis , né le a8 mars 1*58, évéque de Mantoue en i4**3, mort en i5i 1 ; et de plus , trois filles : savoir, Dorothée , épouse de Galéas- Marie Sforce , duc de Milan ; Paule , frmme de Léonard , comte de Goritz ; et Barbe , femme d'Eberhard V , doc de Wurtemberg. Catherine , sa fille naturelle et légitimée, fut mariée i Franciuolo Secchi d'Arragona , général célèbre, la ville de Mantoue est redevable à Louis le Turc d'une partie de