‹ L'art de vérifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques, et autres anciens monumens depuis la naissance de NotreSeigneur, par le moyen d'une table chronologiqueChapitre 367 sur 582 · DES DUCS DE MASTOUE · texte numérisé non relu

DES DUCS DE MASTOUE

ao3

JEAN-FRANÇOIS II, quatrième marquis de Mantoue.

i4&4- Jean -François II, né le 10 août 1466, succède au marquis Frédéric , son père. 11 commandait en 149.4 » I e * troupes des Vénitiens, lorsque le roi Charles VIII entra en Italie. Le 6 juillet de l'année suivante, il signala sa valeur contre les Français au combat de Fornoue , où il fit prisonnier le bâtard de Bourbon. Les Vénitiens le Grent alors généralissime de toutes leurs forces, par lettres du 37 juin 141p. La paix s'étant faite le 18 octobre , Jean-Francois fut trouver Charles VIII a Verceil ; il partit ensuite de Mantoue, en février 1496, pour conduire les troupes des Véuitiens au secours du roi de Naples. La république ne reconnut pas la manière dont le marquis l'avait servie en Calabrc; mais l'empereur, en échange, le fit alors son capitaine-général en Italie. Venise voulut le ramènera elle en i4;>8; mais Ludovic Sforce , duc de Milan , les gagna de vitesse, et le créa, par lettres du i3 octobre 1498, commandant-général de ses troupes , lorsque ce prince ayant , en 1409 , perdu Alexandrie, abandonna Milan a Louis XII, qui, le 6 octobre, y Gt sou entrée. Parmi les grands seigneurs qui vinrent lui faire leur cour, le roi distingua beaucoup Jean Prançois, l'honora du collier de l'orde de Saint-Michel , et l'attacha, en i5oo,à son service. En i5o3, il l'envoya vers Naples délivrer Gaëte que les Espagnols assiégaient ; et, le 37 juillet de cette année, il le fit son lieutenant général et vice-roi dans ce royaume. Jean-François, consumé par une fièvre opiniâtre, fut obligé de retourner à Mantoue en 1.S06. Jules II , par lettres du a5 octobre de la même année, données à lmula, le fit lieutenant -général de l'armée qu'il destinait pour enlever Bologne aux Bentivoglio. A peine Jean-François eut remis cette place entre les mains du pontife, que Louis XII le réclama pour marcher de la contre les Génois Le marquis de Mantoue les fit rentrer dans l'obéissance. Louis XII ayant passé les Alpes en avril i5oj, Jean- François , qui avait accédé a la ligue de Cambrai , prit au mois de mai Casalmaggiore , et défit Bartholoméo d'Alviano. Il alla ensuite faire sa cour au roi à Casciano sur la rive de l'AdJa. et fut reçu de ce monarque avec toutes sortes de bontés: I . .r * 1..1 — a. 1. . t 1... r :.

après la bataille d'Agnadei, gagnée le 14 mai, les Français s'étant avancés jusqu'à Pescl.iera sur le Mincio , Louis XII ,

par humeur contre Maximilien , qui au lieu de s'aboucher avec lui , s'en était retouré a Arco ( 1 ) , s'empara de Peschiera , qui courrait d'une part ses conquêtes , et de l'autre ouvrait un pastage sur les terres impériales. Le roi oublia dans ce moment que Peschiera appartenait au marquis de Mantoue , qui l'avait servi ti fidèlement. Cette injustice faisant un très-mauvais effet dans l'esprit des Italiens, on offrit des dédommagements a Jean-François; mais celui-ci, plus offensé du manque de procédé du roi, qu'affligé de la perte de sa place, les refusa. L empereur l'envoya bientôt occuper Vérone. Les secours d'hommes et d'argent, que Maximilien avait promis , n'arrivant pas , le marquis fut obligé d'évacuer la place. Etant allé de la camper à douze milles dans l'île de la Scala, il y commit la faute de trop diviser ses quartiers. Lucio Malvezzi , commandant des Vénitiens , en étant instruit, vint le surprendre pendant la nuit. Louis de. la Mir.111dole , commandant des troupes papales , qui étaient campées séparément à Vagaso et Rebé , au lieu d'accourir a son secours lors de l'attaque, s'enfuit précipitamment vers Mantoue. Les troupes de Jean-François furent mises en déroute ; lui-même se sauva en chemise , et se cacha dans un champ de millet ; un paysan, qui, l'ayant découvert lui avait promis le secret, le

(0 Arco , petite ville du Tyrol sur la Ssrla , appartient depuis plus de cinq cent» an» aux comte» de Bogen ou d'\reo, »orti« d'une branche de la maison de Bavière. Le chiteau , qui tU.it très-fort, et qui commande la ville, renferme de» richesses diplomatique» ronndc- " ' » , que le» tarant* qui auront lieu de passer par-là , feront bien de t. Arco fut eria/ en comté, en i4»3, par l'empereur Sigismond.

trahit. Il fut arrêté prisonnier le g août de la même année i5oç,, couduit de Lignano à Padoue , et de Padoue à Venise. Il y fut reçu d'une manière bien différente de celle dont il y était entré après la bataille de Fornoue, où, quoiqu'il eût été défait, le sénat , pour tromper les peuples , et leur faire accroire que la république avait remporté la victoire , lui décerna , dit-on (ce qui est difficile a croire), les honneurs du triomphe. L'an 1S10, il est élagi , au mois de juillet , a la recommandation du pape Jules II, qui lui donna, le 3 octobre suivant, la dignité de gonfalonier de l'église. C'est ainsi , dit Muratori, qu'il épousa , du moins en apparence , les intérêts du pape et des Vénitiens , envers lesquels il se comporta avec beaucoup de sagesse. Il fallut en avoir beaucoup , pour avoir préservé ses états de toutes hostilités au milieu de l incendie général. Les fatigues de la guerre avaient depuis long teins altéré sa santé ; une fièvre lente le saisit au commencement du mois de mars t5iq , et le aq de ce mois fut le terme des jours du marquis Jean -François il , qui avait donné , dit le même historien , en tant d'occasions, les preuves d'une grande valeur, et avait mérité l'affection de ses sujets, par la modération de son gouvernement. Il avait épousé, le iS février 1490, Isabelle d'Est, fille d'Hercule I, duc de Ferrare (morte en i53o,) , dont il laissa Frédéric, qui suit ; Hercule, qui devint cardinal en i5»7 , mort le a mars i563; et Ferdinand, comte de Guastallc , qui s'acquit un grand nom parmi les capitaines de son siècle ; ( voyez Fcrrand de Gonzaguc , comte de Guastalle); Eléonore , femme , i". d'Antoine de Montalte , a», de François - Marie de la Rovère, duc d'Urbin , morte en 1570; Hippolyteet Paulc, religieuses, Marguerite et Théodore, mortes sans avoir été mariées.

FRÉDÉRIC H , cinquième marquis et premier duc de

Mantoue.

iSiçj. Frédéric II, né le 17 mai i5oo, succéda, le 3 avril, à Jean-François , son père. On parle d'un magnifique tournoi qu'il donna au mois de février i5ao. Six chevaliers français l'ouvrirent, et il y lit preuve de sa bravoure et de son adresse. Frédéric s'occupa ensuite a terminer les différents qui s'étaient élevés entre les ofliciers de sa juridiction et ceux de l'évêque de Mantoue, pour lequel le pape Léon X s'était déclaré. Le marquis envoya au pontife le fameux Balthasar Castiglione (1), qui mit Léon dans les intérêts de Frédéric , au point que ce pape le nomma capitaine-général des troupes de l'église, et le confirma, ensuite dans cette charge, par un bref très-honorable, donné, en plein consistoire, le 1". juillet i5ai. Obligé, par là, de faire la guerre a la France, contre laquelle Léon était

(1) Balthasar Castiglione , ne' d'une maison illustre à Mantoue, en 1478 . se distingua dan» la littérature et la politique. Il est auteur d'une tragédie de Cléopitre. estimée de» connaisseur», et d'un grand nombre de poésies fugitive», italiennes et latines. Scaligerle compare à I.ur.iin, pour l'élévation des pensée», et à \irgile, pour 1 élégance du style. Son livre , intitulé le Courtisan , est un ouvrage que In Italiens ne peuvent se lasser de lire. Il avait épousé Hippolyle , fille de Guido Torell! , marquis de Caséi , et de Françoise Kentiroglio. ( Chaiot , géaêal. des M. Sont , tome II , page 681. ) Cette dame, émula de 10a époux, composa, comme lui, des poésies latines. et italiennes. Leur union ne dura qu'environ quatre an*. I-a mort enleva Ilippolyte a ton époux au moi» d'août en iSao. Balthaiar , inconsolable de cette perte, relisait sans cesw une élégie latine que sa femme . quelque tenu avant de mourir, lui arait adre»»ée , pour »e plaindre de son absence, pendant qu'il était auprès du pape Léon X. Ce ponlife, pour le consoler, voulut lui donner le chapeau de cardinal, qu'il refusa. Clément VII l'envoya à Charles-Quint, qui conçut pour lui une telle estime, qu'il te proposait de le choisir pour ton teeond, si te cartel proposé p« r François 1 avait eu lieu. Balthasar, après avoir beaucoup hésité, te

ur ^ révéche*

à Tolède, en , des

gen» de lettres et ■

dérida pour l'état ecclésiastique. Nommé par Tempère d'Avila, il en remplit les devoirs arec xèle, et mourut i5ag, à l'âge d'environ cinquante an» , regretté des se

ao4 CHRONOLOGIE allié pour lors avec Cbarlcs-Q uint, le marquis renvoya au général Laulrcc le collier de Saint-Michel , dont le roi François I l'avait honoré, il accompagna Prospère Colonne , et lui futtrèsulile dans la défense du Si i la nez. L'an 1S27, il entra dans la ligue des princes d'Italie contre Charles-Quint, pour la délivrance du pape Clément VII : mais l'an i5açi, sur la fin de novembre, il alla trouver, en grand cortège, l'empereur a Bologne, et fut très-bien accueilli de ce prince. Il entra dans la ligue que l'empereur y conclut, le a3 décembre, avec les ducs de Savoie et de Milan, les Vénitiens et le marquis de Montferrat, pour la sûreté de l'Italie. L'année suivante, il reçut, a Mantoue, Charles-Quint, oui lui conféra, par un diplôme du a5 mars, le tilre de duc. Etant venu, l'an i536, trouver ce prince à Gènes, il obtint de lui, le 3 novembre, une sentence, qui lui adjugeait le marquisat de Montferrat. Cette principauté, depuis 1 533 , époque de la mort du marquis Jean- Georges Pairologuc , décédé sans enfants, était en séquestre entre les mains de Charles-Quint. Trois princes se la disputaient, le duc de Savoie, le marquis de Saluées, et le duc de Mantoue. Le dernier l'emporta , comme ayant épousé ( le 16 novembre i53t ), Marguerite , Bile de Guillaume VI Paléologue, et nièce de Jean-Georges Palénlogue. Frédéric mourut a l'âge de quarante ans, le 28 juin i54o , laissant de son mariage François, ouit suit ; Guillaume, qui lui succéda ; Louis (né le aa septembre i53<j), qui devint duc de Nevers, le 4 mars i565, par son mariage avec Henriette de < lèves ( Voyet Louis de Gonzague, duc de Nevers) ; Frédéric, évéque de Mantoue, puis cardinal en 1563, mort le ai février i565 11 eut de plus un fils naturel appelé Alexandre, et une fille nommée Isabelle, mariée à François d'Avalos, marquis de Pescaîre.

FRANÇOIS H ou III , deuxième duc du Mantoue.

i54o. François II, né le 10 mars i533, succède au duc FrédVric, son père, sous la tutelle du cardinal Hercule, son oncle. Il se noya le 21 février i55o, sans laisser d'enfants de sa femme Catherine d'Autriciir , fille de Ferdinand , roi des Romains, puis empereur, qu'il avait épousée le aa octobre 1 54g- Elle se remaria, le 5 juillet i553, avec Sigismond- Augusle, roi de Pologne, veuf de sa soeur Elisabeth, morte le »5 juin i545.

GUILLAUME , troisième duc db Mantoue.

i55o. Guillaume, né l'an i536, succède, dans le duché de Mantoue et le marquisat de Montferrat, a François II , son frère. L'an 1567 , les habitants de Casai , dans le Montferrat , s'elant soulevés, pour faire revivre le privilège de ville impériale, dont ils avaient autrefois joui, le duc Guillaume envoya d abord la duchesse, son épouse, pour tâcher d'adoucir les esprits; il se rendit ensuite lui-même sur les lieux , pour étouffer les germes de révolte. Mais Conrad Mola, Olivier Capello et Flaminio, bâtard des Palcnlogues, conduisaient une conspiration contre lui. Assurés de l'appui du duc de Savoie, ils devaient, au son des cloches, que les habitants de Casai feraient retentir, entrer dans la ville avec les habitants de la campagne, massacrer le duc, la duchesse et ses gardes, s'emparer de la citadelle, et établir alors un gouvernement tel qu'ils le jugeraient à propos. On avait choisi, pour l'exécution du projet, un dimanche dans les premiers |ours d'octobre , où le seigneur Ambroise Aldegalti, prenant possession de l'évéché, chanterait sa première messe, a laquclh- le duc et la duchesse devaient assister. Comme ils étaient au saint sacrifice, accompagnés de Louis de la Mirandolect de Vespasien de Gonz>gue, duc de Sabinnrlla, on apporte, pendant le credo, une lettre au duc, qui lui révèle la conspiration , lut apprend qu'elle doit s'effectuer le jour même, el que le eo.<p Je cloche, qui doit servir de signal, sera donné au commetuxmtnt de ta pi4face K Le duc montre la lettre a

Vespasien. Celui-ci , sans interrompre l'office divin , prend son parti sur-le-champ, fait serrer ses hallebardiers alentour du duc, sort, el envoie enlever incontinent toutes les cordes et les échelles des cloches. Dans le même instant , il fait monter à cheval Rartoloméo Mazncro , qui se trouvait a la porte de l'église avec sa troupe, et fait publier, a son de trompe, défense a tout propriétaire de sortir de sa maison sous peine de mort. Par cette présence d'esprit , il sauve le doc et la duchesse, et empêche la révolution. I.e duc fit ensuite arrêter le» principaux conjurés. Marc-Antoine Cotlo fit, par ses ordres, mettre a mort Olivier Capello, dans Chieri. Flaminio arrêté, périt depuis a Goïlo , où il avait été transféré. L'ordre et la tranmiillité rétablis, Guillaume s'en retournai Mentone, laissant Vespasien de Gonzague , son parent , pour commander à Caw! , où , par sa conduite sage , il regagna l'affection des habitants. ( Campa na , nia de! re Fitippo II, pag. 3 , lib. 1 , Caroldi , rita di Vespatian» Gont. Ireneo Affo, «Va di Vesp. Gont.) L'an 157a, Guillaume alla voir, è Rome, Grégoire XI 11 , lors de son exaltation. En i574, il reçoit magnifiquement le roi Henri III , qoi , fuyant la couronne de Pologne, avait pris sa route par l'Italie, pour se rendre en France. ( t'oyet Sansovino. Orig. délit eut tllusl. d'Ilal. pag. 36a.) La même année, Guillaume fait ériger, par l'empereur , le Montferrat en duché. Ce prince mourut a Bozxolo, le 14 août 1587. Il avait épousé, le 26 avril 1S61, Eleonore, fille de l'empereur Ferdinand I, née le a novembre i534 , et soeur de Catherine , veuve de François 11. Cette priacesse mourut le 5 août i5q4» laissant Vincent, qui suit ; Anne- Catherine, mariée, en i58a, à Ferdinand d'Autriche, archiduc d'Inspruck ; el Marguerite , femme d'Alfonse II , «lac de Ferra re. Le duc Guillaume était mal fait de corps; mais il rachetait ce défaut par de grandes qualité* d'esprit.

Page 1