CHARLES III, NEUVIEME DUC DE
i63 7 . Charles III, fils de Charles II et de Marie de Gonzague, né le 3i octobre itao,, succéda au duc Charles I, son aïeul, à l'âge de huit ans, sous la tutelle de sa mère. Il épousa, le i3 juin 1649, Isabelle-Claire d'Autkiche, fille de l'archiduc Léopoid , petit-fils de l'empereur Ferdinand I , par Charles II , son père, souche de la branche de Styrie. Lan 16^7, pendant l'interrègne qui suivit la mort de l'empereur Ferdinand III, il prétendit exercer le vicariat général d'Italie, ea vertu d'un diplôme que ce prince lui avait récemment accordé. Le duc de Savoie réclama ce droit pour lui-même , allegant une ancienne observance en sa faveur. Le iluc de Mantoue fut évince, et ses lettres de vicariat furent cassées par les électeurs dans la capitulation de l'empereur lyéopold. Charles mourut le 14 août it>65, laissant de son mariage un fils unique, qui suit. Le duc Charles III avait d'abord embrassé le parti de la France; il le quitta, l'an 160a , pour s attacher a l'Kspagne. Mais les Français, commandés par le duc de Mouène , étant venus prendre des quariiers d'hiver, l'an i658, dans le Manlouan, l'obligèrent île renoncer a cette alliance. Ce fut lui qui vendit, en i65g, au carJinal Mazaiin , tous ses domaines de France, (foret Charles 111 , duc de AW),
CHARLES IV, dixième doc de MaivTovb.
ifî65. Febdwand-Caarles , ou C ha a lu IV, né le 3i aoâi i6-ïa, succède au tluc Charles, son père, mus la régence de sa mère. « La guerre de la succession d'Espagne , dit un
• prince de ta maison , où il n'avait aucun intérêt à démêler, » l'entraîna dans l'abîme. La politique eiigeait qu'il restât » tranquille spectateur de celle grande querelle , dont il pre- » voyait qu'il serait la victime ; mais enfin , déterminé par les - menaces de Louis XIV, il lui vendit Casai. Celait lui » donner la clef pour ouvrir ou fermer les barrières d'Italie. » Tant que l'armée française fut triomphante , Charles eut à » se féliciter de celte alliance : mais après la bataille de Turin, » qui enleva la moitié de l'Italie à Louis XIV, les états de » Mantoue furent envahis par le vainqueur. Charles, souve- » rain sans états, sans sujets, fut chercher un asile en France, » où Louis XIV le consola par des promesses, qu'une conti- » nuité de malheurs l'empêcha de réaliser. L'empereur, irrité
■ de ce qu'un prince , son parent , se fut déclare son ennemi,
• le mit au ban de l'empire , et le conJamna sans daigner » l'entendre; mais, comme aucune des formalités prescrites » par la loi ne fut observée, celte infraction donna lieu a
• une juste réclamation. Charles, dépouille de ses états , erra
• dans différentes villes d'Italie , où d traîna les restes de sa
■ grandeur expirante. Ce prince opprimé , sans avoir mérite » de l'être , fit ses observations a la dièle de Kalisbonne , où » il établit ses droits par des raisons victorieuses. Il ne tinl » point le langage d'un suppliant; son éloquence, fière avec » noblesse , est celle d'un souverain qui vient invoquer la » justice dans une assemblée de rois ses égaux. Il reclama » l'assistance des électeurs et des autres princes germains in » téresses comme lui à restreindre le pouvoir arbitraire du chef » de l'empire. Mais Joseph pouvait-il être arrêté par des » princes qu'il avait rendus les arlisanls de sa grandeur? » Après avoir dicté des lois a Louis XIV, ne pouvait-il pas » se regarder comme l'arbitre des destinées de l'Europe i » Tous les membres de la diète furent muets , et le faible fut
» opprimé » Charles avait été lié d'amitié avec le comte
Joseph Torelli, des comtes de Montcchiarugolo , malheureux cl dépouillé comme lui; lorsque le duc apprit la fin de son ami mort empoisonné a Paris, en 1707, « Je ne lui survivrai
■ pas long teins, dit-il, et peut-être me feront-ils périr de » même ». Sa prédiction s'accomplit. Il mourut a Padoue , le 5 juillet de l'année suivante , dans la cinquante-sixième année de son îge, empoisonné, si l'on en croit les bruits qui coururent alors , par une dame qu'il aimait. Ce prince avait épousé , i*. le 7 avril itm, Anne-Isabelle de Gonzague, fille de Ferdinand 111, duc de Guastalle, morte le 18 novembre i7o3; a", le 8 novembre 1704, SiîSanwe-Hksriettb, fille de Charles III de Lorraine, duc d'Elboeuf, morte à Paris, le 19 décembre 1710, en sa vingt-cinquième année. Ces deqx mariages furent stériles. La succession du duc Charles fut contestée entre les ducs de Guastalle et de Lorraine. Cependant le duc de Savoie avait une prétention fondée sur un droit plus ancien; celui que Jean II Paléologue, marquis de Mont ferrât , en mariant, l'an i33o, Yolande, sa sœur, a Aimon , comte de Savoie , lui accorda de succéder a ce marquisat , au défaut d'hoirs mâles. (Voyez Us durs de Sacote.) Mais l'empereur Joseph I les mil d'accord , en prenant
Sossession du Mantouan , où il mit un gouverneur, et en onnant au duc de Savoie l'investiture du Montferrat , le 7 juillet , ainsi que les villes et les districts d'Alexandrie et de Valence, la Lomelline, et le Val de Sessia que Léopold avait assuré aux ducs de Savoie, par le traité de 1703. Ainsi finit la dynastie des ducs de Mantoue , qui régnait depuis l'an i3a8 , et aurait dû intéresser presque tous les souverains de l'Europe auxquels elle avi.il donné dos mères,