ET DES COMTES DE MONTECHIARUGOLO
Gt ASTALLE sur le Crostolo , ou le Crustolo , près do Pô , (ondée au commencement «lu septième siècle Je 1 église par les Lombards, oui la nommèrent, dans leur langage, Wardstall, est la capitale d un comté , puis duché, dont l'étendue est d'environ quatre lieues en longueur, sur une de largeur, et dix lieues tjunrrécs de surface, en y comprenant la seigneurie de Luzzara , située sur la mPme rivière. Ces villes n'étaient proprement que d« cours (cur/«) faisant partie du comté de rleggio, lorsque l'empereur Louis 11 en fit présent , le a novembre 864, à l'impératrice Angilberge, sa femme, qui en prit possession le 1 5 du même mois. Cette princesse, dont le dessein était depuis long tenu de fonder a Plaisance un monastère en l'honneur des martyrs saint Sixte et saint Fabien , l'exécuta en 874. ( Murât. Atttiq. med. avi, tom. 11 , Dissert, afi , col. 453 ) ; et l'an 877 , par son testament, elle légua a cet établissement les terres de Guastalle et de Lauara. A la faveur des lettres d'affranchissement qu'elle accorda aux habitants de Guastalle, la population commença dMors a s'y accroître. Apres la mort de son époux , Angilberge obtint de Carloman , roi d'Italie, de nouvelles cours et de nouvelles églises pour enrichir son monastère. Ermengarde , sa fille , Hait alors mariée a Boson, comte de Provence, qui prit ensuite le titre de roi. Charles le Gros, successeur de Charles le Chauve dans l'empire , devint jaloux de la puissance de ce nouveau monarque ; et, pour l'abattre, il vint, l'an 880 , mettre le siège, en son absence, devant la ville de Vienne, en Dauphiné Ermengarde, qui s'y était renfermée, la défendit en héroïne l'espace d'environ deux ans. Charles , pour se venger , fit arrêter l'impératrice , sa mère . et l'emmena prisonnière en Allemagne. Mais le pape Jean VIII , qui n'avait pas encore donné la couronne impériale à Charles le Gros, oulint , pour condition de celte cérémonie, qu'Angilhergc fût relâchée et lui fût renvoyée a Rome. Charles, réconcilié avec Boson , accorda , le 18 avril a l'impératrice Angilberge, un diplôme confirmât if de toutes les donations qui lui avaient été faites par Louis II , son époux , et par Carloman , roi de Bavière , diplôme dans lequel sont formellement énoncés Guastalle et Luzzara. Pour donner pins de consistance au pieux établissement qu'elle avait fait , elle eut recours , dans le mois d'avril 8M5 , a un concile , présidé par le pape , mais dont ignore le lieu. Par une bulle du 1 7 avril de la tnèine année, le pontife accorda au monastère l'exemption Je dîmes dans ses possessions , et , ce qui est plus singulier , il le mit sous la juridiction immédiate du saint siège. (Murât. Aimul. d'itai. , tom. V.) Il y eut dès-lors un archiprêtre établi à Guastalle , qui exerçait dans l'abbaye de Saint-Sixte et ses dépendances , l'autorité presque épiscopale. Angilberge, pour
Bérenger I, roi d'Italie. Après la mort de cette Ermengarde, sa fille, renouvela, en 890, les donations qu'elle avait faites a Saint-Sixte; ce qui fut ratifié en 901 , par Louis III. l«s successeurs de Louis au royaume d'Italie l'imitèrent en ce point; savoir: Bérenger I, en 91*6 et en 917 ; Rodolfe II , roi de bourgogne, en ga4 ; Hugues, comte de Provence , en 936; Bérenger 11, marquis d'Ivrée, et Adalbert, son fils, en o5i ; et Otton 1, roi d'Allemagne, en q5s ; mais l'an 980, Landolfe Bonixon , archevêque de Milan , favori de l'empereur Otton 11 t tu donner en fief par ce prince la terre de Guastalle à son frère libertin , avant la fin du même siècle. \jc monastère de Saint- Sixte perdit alors ses privilèges , et bientôt après tomba sous h domination de 1'évéque de Heggio , qui céda Guastalle par bail emphytéotique a Boniface , marquis de Toscane, l a célèbre comtesse Malhilde, sa fille et son héritière, fit rétablir, en 1096, par le pape Urbain 11, l'église de Guastalle dans son ancienue indépendance, et restitua la ville, le 4 juin 1 10a, à Imilda, abbessc de Saint-Sixte. Guastalle alors était assez considérable pour être le siège d'un nombreux concile que le pan t'asrhal II y tint le sa octobre iiwfi. (Voy. Chnmùl. hist. atnai. ] Déjà les religieuses de Saint-Sixte commençaient a déchoir de la sainteté de leur état. Malhilde trouvant trop de difficulté a les réformer , engagea le même pontife , l'an ma, a leur substituer des moines de Cluni. tebronia , la dernière abbesse de Saint-Sixte . s'était laissé engager par les Crémonais a leur céder le tiers de la ville de Guastalle, et cette coures— session fut confirmée par la faiblesse il'Odon , premier abbé de ce monastère. L'abbé Bernard , qui vint après Odon , fit encore pis. Les Crémonais, abusant des termes équivoques d'un traité qu'il fil avec eux vers l'an 1 16a, se prétendirent entièrement maîtres de Guastalle , et en chassèrent l'abbé. Ce fut l'occasion d'un long procès, qui fut porté, dans le mois juillet 1 18.Î, devant l'empereur Frédéric I En attendant qu'il fût jugé, ce prince mit sous sa main les deux terres de Guastalle et de Luzzara , qu'il fit régir par ses officiers. Frédéric et son fils Henri VI, ayant laissé l'affaire indécise, les Crémonais, après la mort du dernier, se mirent, l'an H98, en possession d«*s deux lerres contestées. Gandolfe , pour lorsabbede Saint-Sixte, se pourvut A Rome contre relie nouvelle invasion. Mais ni le pape Innocent III, ni son successeur Honore III. n'ayant pu dompter leur obstination , même avec les foudres de l'église , employées en iao3 et laao, l'abbé Gandolfe consentit, l'an 1**7 , à leur rendre les deux lerres litigieuses, moyennant une somme dont il fut lonvenu. Toutefois ils n'en jouirent paisiblement que l'espace de vingt ans. Kichard de saint Boniface, seigneur véplu» grande sûreté, fit confirmer \ en 'bNM, sa°foodauon' par rouais, grand partisan des Guelfe», vint a bout par adresse et
CHRONOLOGIE HISTORIQUE
p»r force de leur enlever , en ia4" » Guastalle et Luzzara. Bientôt cependant elles leur furent rendues par le fameux Eccrliti , qui les avait reprises.
Gilbert de Corregio, l'un des plus puissants nobles de Parme, avant pacifié les troubles qui agitaient cette ville, en y rétablissant les familles guelfes qui en avaient été chassées , mérita par ce service, d'en rïre proclame, l'an i3o5, seigneur absolu Azzon VIII J'Est ne vil pas sans jalousie cet accroissement je puissance. I .a guerre s'étant élevée entre lui et Gibert , le» Crémonais se déclarèrent pour Azzon. Mais Gibert avant mis dans son parti les Mautouans , sortit de l'arme la veille de saint Barthelemi i3o7 , à la tête de ses troupes, et ravagea les terre» des Crémonais. Ceux de Guastalle, pour éviter un pareil irai tentent , offrirent leurs soumissions au vainqueur , qui vint aussitôt prendre possession de leur territoire. Cependant Gibert , craignant que les Crémonais ne revinssent assaillir de nouveau Guastalle , en 6t combler les fosses, abattre les murs et détruire entièrement les remparts. Ce qu'il avait lieu de prévoir arriva. Les Crémonais s'etant unis , en i3o8, aux Lupi et aux Rossi, qu'il avait bannis de Parme, le chassèrent luimême de cette ville , et rentrèrent ensuite sans peine dans Guastalle , où ils se firent prêter serment par les habitants. Mais les Scaliger et les Bonarossi, oui soutenaient Gibert de Corregio, accoururent bientôt avec les Véronais et les Mantouans , et , pour châtier les habitants d'avoir abandonné leur maître, en se livrant aux Crémonais, ils saccagèrent la ville qu'ils laissèrent ensuite sous l'obéissance de Gibert C'était alors Clément V qui occupait le saint siège. Gibert de Corregio , après lui avoir témoigné un grand attachement, commença a se laisser gagner par les Gibelins, lors de la venue de l empereur Henri VII, en Italie, l'an i3io. Ce prince l'ai chevalier a Milan, le jour de l'Epiphanie i3ti, avec cent soixante autres seigneurs et nobles du pays. Pendant ce teins , les Crémonais s'étaient emparés de Guastalle , que des traîtres leur avaient livrée. Gibert alors se déclara décidément pour l'empereur, qui, passant a Crémone , obligea les habitants a rendre Guastalle a son premier seigneur , auquel il donna l'investiture , en le créant en même teins son vicaire a Keggio Dans le même tems, l'empereur investit Passcriuo Bonacossi. seigneur de Mantoue , de la ville de Luzzara ; et les deux fiels qui avaient été jusqu'alors unis , se trouvèrent soumis, pendant
Iilusieurs siècles, à des maîtres différents. La protection de 'empereur détermina les Crémonais, au mois de mars i3ia , a se démettre de leur prétention sur Guastalle en faveur de Gibert Corregio , et a lui confier, même pendant cinq ans, le gouvernement de leur patrie. La mort de l'empereur Henri VII Tannée suivante , un nouvel ordre de choses. Les Crémonais s'élant partagés en deux factions , celle des Ponzoni et celle des Cavalcabo , Gibert se déclara pour les derniers. Mais les premiers s'étant mis sous la protection de Mathieu Visconti, seigneur de Milan , de Cannes, seigneur de l'Escale et de Passerino Bonacoisi , parvinrent a lui enlever, l'an i3i6, la ville de Parme. Il se releva toutefois de celte perte. Mais , sans entrer dans le détail de ses autres exploits, nous dirons que, n'ayant depuis cessé d'inquiéter les Parmesans, il alla moutir a Castelnuovo , vers la fin de juillet t3ai , laissant pour héritiers quatre fils légitimes, Simon, Gui, Azzon et Jean. Il ne dégénérèrent point de la valeur de leur père , et en donnèrent des preuves dans les vicissitudes de la fortune qu'ils éprouvèrent. En i335, la faction de Mastin de l'Escale, auquel ils étaient attachés, ayant prévalu dans le Parmesan , ils se trouvèrent paisibles possesseurs de Guastalle , dont ils entreprirent de relever les ruines. Mais s'étant tournés ensuite contre Mastin, les quatre frères, appuyés secrètement par Luchin Visconti , seigneur de Milan, et ouvertement par les Gonzagues, lui enlevèrent Parme , dont Gui , l'un d'entre eux, prit le gouvernement. Par le traité qu'ils avaient fait avec Luchin , il était
dit, qu'après avoir joui quatre ans de Parme, ils lui remet- AdircDVj^atTeùtTVaMM,
traient cette place. Le terme étant expiré, Azzon et Jean Corregio , sans consulter Gui , leur frère , vendirent Parme à Obiz> zon , marquis d'Est, au mois d'octobre i344- Gui, voyant la place inondée des gens de la maison d'Est , prit la fuitr avix Gibert et Azzon , ses enfants. Obizzon ne put néanmoins conserver son acquisition, et se vit obligé par les Milanais de 11 céder, 1 an i3+<> , à Luchin, moyennant le prix quelle lui avait coulé. Guastalle suivit le sot t de Parme, et tomba également sous la puissance des seigneurs de Milan.
Guastalle demeura soumise l'espace d'eaviron cinquante-sis ans aux seigneurs de Milan, durant lequel teins elle fut en proie aux dissentions et aux guerres multipliées qui troublèrent cette partie de la Lombardic ( Voyez Us dues de Mdan et les ducs de Mantoue). Pendant les années i4o3 et 1404 , irrroN de Terri , général du duc de Milan, Jean Marie Visconti , s'élaot rendu maître absolu de Parme , comme nous l'avons rapporte ( voy- les durs de Parme et de Plaisance ) , Guastalle et Montechiarugnlo tombèrent alors dans sa dépendance. Ce seigneur avait eu l'adresse de conserver toujours la faveur des ducs de Milan. Ce dernier s'étant ligué avec les Vénitiens pour chasser de ses états François Ca-
rarra , seigneur de Vérone, Otlon de Terzi marcha le combattre; l'armée combinée était commandée par Jacques dnl Verme , et François de Gonzague , marquis de Mantoue. Gui Torelli , a la sollicitation de Terzi , y prit parti , et entra arec l'année , le S janvier i4o5, dans Vérone; mais ils jouissaient à peine de leur victoire , que Jacques Carra ra vint a la tfie d'une troupe considérable faire le dégât autour de la place. Les confédérés étant sortis pour les repousser , on en vint a un combat furieux, où Torelli , avec d'autres capitaines , demeura prisonnier. Sa captivité fut courte ; les confédérés ayant rassemblé leurs milices dispersées , reprirent Vérone , délivrèrent Gui, et par la ruinèrent entièrement la puissance de la maison Cararra. Otlon de Terzi , occupé du soin d'augmenter sa puissance, trouvait son intérêt à voir dans Guastalle Gui Torelli , son parent, son ami, et qui lui était entièrement dévoué ; il représenta à Jean-Marie Visconti l'obligation où il était de récompenser ce seigneur des dépenses qu'iiavait laites pour son service , et la grande utilité dont il pouvait lui devenir par la suite ; ses remontrances furent si efficaces , que le duc donna, l'an 1406 , en fief a Gui Torelli , Guastalle, qui faisait alors partie du Crémonais. ( Affo , Istor. di GuaslaHa, lom. I , lib. 4» pag. 287, tom. Il , lib. 5 , pag. 3. 1
Mohtecih a rugolo, château fort, situe dans le Parmesan, sur une éminence . à un mille environ de l'Enta ou la Lenu , rivière qui sépare les leriloires de Reggio et de Parme, à la Jistance de neuf milles de celte dernière ville, devint, par la suite, un endroit assez considérable. H appartint quelque tems aux San - Vitalli, qui le perdirent en i3i3. Gui Torelli l'obtint d'abord d'Otton de Terzi , puis des ducs de Milan, en i4i5.
GUI TORELLI , bit LE GRAND, cours db Guastallï
ET DE MOMTECHIAAOCOLO.
i4oB. Guido II du nom , ou G01 Torelli , dit le GtAJfl) , né de Marsilio , issu , à ce qu'on croit , du sang royal de Saxe , et descendant au troisième degré de Salinguerra III , souverain de Ferrare , fut le premier seigneur de Guastalle (1).
Il avait fait ses premières armes sous le général Carmagnole.
mérita comme lui , en 1 —
de Jean-Marie-Visconti, duc de Milan. Ce prince lui fil épou-
II avait tau ses premières armes sous le gênerai ^armagnoic. étant attaché a la fortune d'Otton de Terzi , son parent , il érita comme lui . en combattant sous ses enseignes , l'estime
(1) Du mariage de Salihgckera III, fil» de Gîaeomo Torelli, avec Jeanne, fille du fameux Obert ou Albert Patlavieini, seigneur"" Plaitsnre, naquit BotacIRO , qui épousa Béatrix (fille d'Albert, marquis Malaspina et de Fiesca Firsehi , petite - nièce du pape
( fille d'Abertdel
DES COMTES DE GUASTALLE
ht Obsina , sa couine, et l'investit de» fiefs de Guastalle et j «le Montrcliiarugolo , avec les droits d'empire pur et mixle , et le pouvoir de les transmettre à sa postérité mile. Ce fut François de Goncague . seigneur de Manloue , que le duc de Milan chargea de le mettre en possession de celle seigneurie ; ce qu'il exécuta le 3 octobre 1^06. Ter», après divers avantages remportés a l'aide de 1 orclli sur le fameux Sforce Altendolo de Coitignob , lui ayant fait proposer une entrevue dont le jour était fixé au 37 mai 1+09, pour faire la paix à Valverde, près de Hubbiera, Sforce partit de Modèoeavec cent cavaliers pour venir au rendez-vous. Terzi , accompagné de TordU et de plusieurs nobles d'élite, s'y achemina de son cAlé: sur la route, les deux rivaux s'elant rencontrés , Terzi se détache de sa troupe, et s'avance vers Sforce; mais comme il étendait les bras pour l'embrasser , Sforce , suivant les ordres qu'il avait reçus du marquis Nicolas d'Est , tire un poignard , et l'enfonce dans le sein de Terzi , qu'il étend mort sur la place. ( Voyez les ducs de Parme. ) Indigné d'une si noire trahison , Torelli , malgré ta surprise et l'infériorité du nombre, anima ses gens a la vengeance. Le succès ne couronna point son couiage. Les soldais de Sforce l'ayant environne , le firent prisonnier avec trenic-cinq hommes de sa suite , qu'ils emmenèrent à Modène pour les remettre entre les mains du marquis d'Est* Ce prince lui offrit sa liberté , a condition qu'il combattrait pour lui désormais avec les forces qu'il avait a Guastalle et Montechiarugolo , et l'aiderait a recouvrer les pays que Terzi lui avait enlevés. Guido, qui voyait tous les liens qui l'ai tachaient au parti de Terzi, rompus par sa mort, accepta la proposition , et pour gage de sa sincérité, offrit de lui donner en otages Marsilio, son père, sa femme Orsina, et Christophe, son fils, encore enfant. S'étant rendus tous trois, le 6 joui , a Ferra re , ils furent logés dans le palais du marquis d'Est , et traités par lui avec les égards dus a leur condition. (De Layto Annal. Estent. Rerum. italir., toro. XV (11.) Cependant Jacques de Terzi, frère d'Olion, s'étant uni a Charles t'ogliano, faisait tous ses efforls pour se maintenir a Parme et 1 Ki'ggio; mais il fut dépouillé rapidement par Sforce de tous les châteaux. Le marquis Nicolas d'Est le poursuivit jusque dans b citaJelle de Parme, d'où même il le chassa , avec le secours des Sao-Vitali. Les Terzi, auxquels il ne restait plus que Castel - Nuovo, Guardasone, Borgo - San - Uonnino et riorenzuob , qu'ils risquaient encore de perdre, recoururent a la médiation des Vénitiens pour obienir la paix. Le marquis d'Est ne donnant pas de réponse favorable aux ambassadeurs de la république, elfe fit partir sur-le-champ une flotte dirigée fers Guaslal le , alors presque entièrement dépourvue d'hommes et de munitions : les troupes vénitiennes s'emparèrent sans oUiade de la place , et successivement de Brescello , Colorno et Casai - Maggiore. Pendant ce teins , le marquis d'Est triompha d'un autre côté dans le Parmesan , où son armée , renforcée par les troupes des Scolti, des Pallavicini et d'autres sei- (neurs, contraignit les Terxi a demander la paix à des conditions bien moins avantageuses que celles proposées la première fois- Les Vénitiens s'étant retirés de Guattalle, Gui Torelli , sprès le retour de ses otages, y rentra au milieu des signes dallégresse de ses sujets. Le marquis Nicolas d'Est envoya bientôt Gui, son nouvel allié, s'emparer de Forli ; ce qu'il fit d autant plus aisément que les Torelli , établis a Forli (1) , lui
Cirttto, des marquis de Savonc ). Torello eut pour fils Guido I, ■ané à tuéooore ( fille de Philippin de Gootaaue , seigneur de Man— t»ue), qui fut père de Mauiliq I. dit le Puissant. Do mariage de M»r»ilio I avec Hélène, des comte* d'Arco, maison illustre, naquirent Çuido le Grand , premier comte de Guastalle , et trois autrrs estants , Nicolas, qui mourut jeune , Guillaume et Arouralb . dont la postérité s'éteignit quelque tenu après. ( Voyei let émet Je Parme et Pimente, let teigaenrt Je Milan et let teigneart Je Manioae. (■) Celte branche descendait de Giacomo II Torelli, second fils de 1 III, et de Jeanue Pallavicini. Elle e*t comlammeut restée
en facilitèrent les moyens, en disposant les esprits en sa laveur. Hais le pape ayant demandé que cette ville fût remise entre les mains de Georges et d'Antoine d'OrdelafG, le marquis d'Est manda à Gui d'en faire la restitution ; ce qu'il exécuU en s 4 • «• (Kubeus * Hist. Ravenn. , liv. 7.) Le duc Jean - Marie Visconti ayant lassé la patience de ses sujets, avait péri dan* Milan par leurs mains, le 16 mai t4>a. Philippe - Marie , son frère, en lui succédant, vonlut regagner leur bienveillance et s'assurer les grands vassaux ; il s'occupa a détacher Gui de l'alliance du marquis de Ferra re , et pour l'cntrainer dans son parti , il lui expédia , le xi janvier 14* S , l'investiture de Montcchiarugolo. La guerre s'étant élevée , en t4«H, entre le duc de Milan et les Gonzagues , le marquis de Mantoue , secouru des Florentins et du marquis de Montferrat , s'empara par surprise , le t4 février, de Guastalle, mais la rendit presque aussitôt. La paix faite avec le duc , les Gonzagues se déclarèrent ouvertement pour lui , ainsi que Gui Torelli , qui , entrant en campagne , déploya la bannière des Visconti. S'étant joint , l'an t4ao , aux Terzi et aux Pallavicini, Gui ravageait les environs de Parme , et cherchait a enlever cette ville au marquis d'Est , pour y rétablir le duc de Milan ; ce qui s'effectua au mois de novembre 1431. (Voy. Diario Femrese, Rer ital-, lom. XXIV.) Philipe-Marie voulant ôter Gènes aux Frégoses, nomma Gui Torelli pour y commander ses forces de mer et de terre , avec l'autorité la plus étendue , comme on le voit par les lettres qui lui furent expédiées a ce sujet, de Galiate, le 18 mars i4aa. Orsina , sa femme, resta , pendant son absence ; chargée du gouvernement de Guastalle , dont la municipalité était alors régie par deux consuls.
Pendant que Gui soumettait Gènes au duc de Milan ,
Jeanne II, reine de Naples, pour se mettre a l'abri des armes d'Alfonse V, roi d'Arragon, implorait les secours de Philippe- Marie ; et ce prince s'étant décidé a les lui accorder a la recommandation du pape Martin V, donna ordre a Gui d'aller croiser vers Naples. a b tête d'une flotte de douze gros vaisseaux et de vingt cinq galères. ( lleriano istor. di Genooa , fol. i6y et 173 ; I>eodrisit Cnbelli , de Vita Sfortut Vicecom, Rerum ital., tom. XIX.) Gui, ayant mis de Gênes, à b voile, en novembre t4*3, arrive rapidement i Gacte , et en force le port, la ville et la forteresse, remplies des troupes d'Alfonse, capitulent ; et leur exemple entraîne les autres villes maritimes , qui , soumises à Gui , rentrent bientôt sous l'obéissance de la reioe. ( Corio , Istor. di Mitano, fol. 3*3 ; Angeii, Istor. di Parma , liv. 4, fol. 4n. ) Cet amiral alb ensuite bloquer Naples en même tenus que François Sforce l'assiégeait parterre. La prise d'une des portes et b famine, obligèrent bientôt Jacques Caldora , qui commandait pour le roi Alfonse dans b place, de b rendre a Gui , le ta avril i4»4- De la , Gui alla soumettre Capoue, et revint ensuite a Naples. ( Guistinbno , Istor. di Genooa, fol. 184 ; Folietta , fol. aa5 et 4*7 ; Muratori ann. d'ital , tom- IX.) Jeanne 11 , rétablie sur son trône , reçut magnifiquement son libérateur, auquel, dans une fête publique, elle donna elle-même un riche bouclier d'or, où était écartelé, avec les armes du vainqueur, un lion d'azur, ayant sur le cœur, une flamme de gueule, symbole de son courage (1). Outre cela,
depuis environ l'an i3oo, a Fosui, et subsiste aujourd'hui (1787) rnla personne du marquis Silvio, qui en est le dernier rejeton. Ce rameau a fourni plusieurs hommes célèbres, tel* que Tito I , qui servit avec distinctiou sous François Sforce ; Christophe, son fils, qui défit, à Colle-Fiorito , Nirolas Forte-Bracchio , si redoutable ennemi de l'église ; Càme, évique de Camerino en 1719; et Thumas-Louis-SiNio Torelli, des comtes de Caslro-Falcia», évèque de Forli, auteur de I* Anaatnentarimm hittorico-legale arJiaam eoaettr. et militer., 3 vol. io-fol. , imprimé à Forli , 17S1.
(1) Le» To.elli avaient alors leurécn partie d'or à l'aigle Je toile , et Ja taartaa fartent J'or au team? Je eveules , ayant poar itteat l'aigle impériale, portant tar ta poitrine, suivant quelques auteurs, ao petit iem it geealts aa même tmartaa J'or, suivant d autres, an cieeal gai
ito
Jeanne le déclara , la même année, premier baron du duché de la Fouille el de la principauté de Capoue , et l'investit des fiefs de Turetta , Caluzia et deCajazzo. ( Voy. Carlo de Lellis , tom. 1, pag. aao ; et Muralori , Rer. ital., tom. XIX.)
Gui , de retour à G' ; nes, où il aborda , le *6 mai de la mênir année, se rendit aussitôt à Milan, pour faire part au duc des succès de la guerre de Nantes. ( Joan. Stella, annal. Gen. ; Mural. Rer. ital., tom. XVII. ) Dans leur entretien, il s'exhala en regrets sur la mort de Sforce Attendolo de Cottignola, qui s'était noyé dans la mer , en voulant secourir un de ses do xnestiques. 11 fit ensuite avec tant d'énergie l'éloge de la bravoure ri des talents de François Sforce , Gl» naturel d'Altendolo,
3ue Philippe-Marie l'admit dans sa faveur; et ce fut l'origine e cette grande fortune qui l'eleva depuis jusqu'à la dignité de duc de Milan. ( Simonetta, de Reb. gett. tronc. Sjortùz. Muratori anna. d'Ital. , tom. IX, )
Gui étant revenu a Guaslalle, en décembre, s'appliqua a la fortifier, pour la mettre en état de résister aux Vénitiens qui , le 27 janvier 1 4^5 t signèrent une ligue avec les Florentins et les marquis d'Est et de Montferrat contre les ducs de Milan. La guerre, en i4 2 ^i étant devenue plus sérieuse , Gui amena •es troupes à Philippe-Marie Visronli. \x siège de Brcscia occupait toute l'armée ducale, lorsque le 17 mars , François Carxnagnola s'y présenta à la téle des Vénitiens, tes derniers profitèrent de ce moment qui attirait toute l'attention , pour faire remonter le long du Pô, des troupes de débarquement. S'étant divisées sur Casai- Maggiore et Brescello , elles attaquèrent en même lems ces deux forteresses, dnut la dernière n'eut pas été plutôt emportée , que l'armée vénitienne , réunie , marcha vers Guaatalle, cl en entreprit le siège pendant l'absence de Gui. Oisina Visconti, qui était a dix milles de là, apprenant celte nouvelle, rassemble aussitôt l'élite de ses vassaux, monte a cheval a leur tête , et les conduit a la vue des assiégeants. Alors passant dans les rangs, rouverte d'une cuirasse el le casque en téte, elle leur dit: soldats Jidèles^c'est ici que j'attends ta preuve de votre valeur. Allant , marchons , courage ; quant à moi, je ne dépouillerai pas les armes dont vous me voyes. revêtue , que je n 'aie avec vous vaincu nos ennemis et délivré mes enfants et vos jrères. En même teins, elle attaque avec tant de vigueur, que les premiers rangs sont rompus : le désordre se met dans l'armée vénitienne, qui. dispersée en un instant, prend la fuite , laissant beaucoup de blessés et plus de cinq cents esclavons morts sur le champ de bataille. Philippe de Bergame( de Claris Alutier. cap. 1S7 , fol. i^'â), rapporte qu'un vit celte femme eu rageuse , pendant la bataille , conduire elle-même des secours aux endroits le* plus chauds , que plusieurs des ennemis périrent de sa propre main, el que sesarmrs étaient tuules couvertes de sang au sortir du combat. Les habitants deGuastalle tirent peindre a Irejque celte glorieuse action sur les mois de l'église de Saint -Barlhelemi. ( Affo, Istor. di Guastalla lib. 5.) A cette nouvelle, Milan et toutes les villes et châteaux de ce duché firent éclater leur joie par îles feux et d'autres marques d'allégresse Tan'hs qu'lirsina se couvrait de gloire , Guiilo amenait de Gênes a l'armée ducale quatre millechevaux el truis mille cinq cents fantassins , qu'il jela dans la citadelle d. Brescîa. Mais pendant qu'il servait si bien Philippe-Marie , les Marano , nobles de Monlechiarugolo , avaient conspiré de livrer cède place au marquis d'Kst. Heureusement le comte Alheric da Barbiano el Ludovic da Fermo, qui commandaient dans lès environs pour le duc de Milan, avant découvert ce Complot , jetèrent, dans celte forteresse, des troupes qui la garantirent. Gui fit grâce aux conjurés, dont les biens furent seulement ronGsqués Les hostilités cessèrent l'an 1438; et la paix s'etanl faite par les soins du marquis de Feriaie et durar-
CIIR0N0L0G1E HISTORIQUE
d'argett dans va champ de pourpre. Deniii* les donation» «1rs armoirir»
Milan , Gui et se*
de la reine de Naple» et de> écartclticui leurs arnica.
dinal Albergati , éveqne de Bologne , les Vénitiens rentrèrent dans Bcrgame et Brcscia ; cl la Lombardie recouvra sa tranquillité. Sensible aux services que Torelli lui avait rendus en cette guerre, le duc de Milan lui en marqua sa reconnaissance, en séparant a jamais le fief de Guaslalle du Crémonais , et celui de Monlechiarugolo du Parmesan, et les érigeant en comté, pour lui et ses descendants miles et collatéraux , par un diplôme du ti juillet i4a<V, à quoi il ajouta le don des armes Visconli (0, pour en écarter les siennes. ( Bonav. d'Angeli, Istor. di Forma, lib. 4; Carlo de Lellis, tom. I, pag. aao. )
François .Sforce qui avait aussi des droits à la reconnaissance du duc de Milan , était a la veille d'éprouver un sort bien différent. Accuse par ses envieux de conspirer contre ce prince avec les Génois alors rebelles , il vit deux lois le conseil assemblé opiner pour le faire jeter dans une prison , et condamner à mort; sans le secours de Gui qui prit hautement sa defenw, ce parti eût vraisemblablement prévalu. ( Simonetta , de Rei, test. Francis. Sforc. , lib a. ) La guerre, rallumée , en i-iao,, entre le duc et les Florentins , fit sentir a ce premier , le besoin qu'il avait du bras de l'accusé comme de celui de son défenseur. Tous deux conjointement avec Piccinino firent prendre le change a Carmagnole, pour l'empêcher de secourir Nicolas Trivisano, et pendant ce lems, délirent entièrement la flotte de ce général , le aa mai de la même année , à trois milles audessous de Crémone. ( Voy. Jean-François de Goougue, premier marquis de Mantuue. ) Le duc de Milan voulut encore récompenser Gui en l'investissant des fiefs de Casri , Cornale et Seltimo avec le litre de marquis pour lui et ses descendants a perpétuité. Les lettres d'investiture sont du 1 + juin i43 1 . Ce prince 1 envoya ensuite , Fan i43a, avec l'autorité la plus étendue pour gouverner, en son nom, la Valiehne, la Val-Camonique, le Bressan et le Bergamasc, et par lettrespatentes du i cr . mai 1441 » le créa , ainsi que ses descendants, patrice, né a perpétuité de Milan, Parme et Pavie. Pendant son absence , le jeune comte Christophe , son fils aîné , gouvernail Guaslalle et Monlechiarugolo, conjointement avec Orsina , sa mère , et par leurs soins et de bons règlements , il» surent préserver ces deux villes de la peste , qui ravagea dent fois les environs , en 1 444 et 1 447- Cette dernière année, Philippe-Marie Visconti ayant fini ses jours le i3 août , François Sforce, qui lui succéda, fut d abord inquiété par les Vénitiens et le marquis de Mantoue. Gui fit alors avec ce dernier une convention pour mettre Guaslalle a l'abri de toute insulte , el en même lems envoya Christophe , son fils, à l'année de Sforce. Ce jeune homme qui , a l'âge de dix-huit ans , s'était déjà distingué , en 1437 , à l'affaire de Macalô , ( André Bilia, hist. Medivl. , l. 6. Mural. Rer. ital. , tom. IX ) , fil des prodiges de valeur, près de Casai- Maggiore , et surtout « la sanglante journée de Caravaggio , dont on lui dut loul les succès. ( Simonetta , lib. a , foL 108-300. ) Cette dernière fui si importante , qu'à Milan , on en fit de grandes réjouissances , et , pour en remercier le ciel , des processions pendant trois jours. ( Carlo de Lellis , Famigl. uob. , tom. I . pag. aa«. ) Gui attendait à Milan que son (ils lui ramenât son ami François Sforce triomphant , et espérait le voir couronner duc j nuis il n'eut
f 0 On sait que les armoiries de» VWconli sont d'arpent à la Util, <* ga/./r, J 'azur, en pal, dèromat aa enfant an a I issaat degaemlrs. tamrvtatt dm même. En voiri, dit-on, l'origine : au >U'ge J> Jéru>»lrn> , tout Goderroi de Bouillon, un rhef des Sarrasin», nomme Volore, .-»p«e de géant d'une force prndigieUM.- , «'avança dans 'a plaine ponrd^btf le plu, vaillant rhrtalier de ïarmee ctaré ieooe Otton Vi ron.i te présenta aunitol combatiit le g^aot . le perça de sa lann-, et ayant aperça nue l'aigrette de son ca qje était une vioerc formant mille replis autour <i un enfant qu'elle xvnbla<t dé*, rer, il l'arracha el la cloua sur «Ml hoitrlier, qui dettnl depui, l'ecu de la maUon di via*, Orig. délie case lUatf. éilal. , page 9. )
DES COMTES DE GUASTALLE
pas cette satisfaction. Une maladie hata le terme de ses jours. Gui, à juste titre surnomme le Grand, mourut le 8 juillet i44^t âgé d'environ soixante-dix ans. Sou corps fut transporté 4 l'église de Saint- François de Mantoue , et déposé dans le tombeau de ses pères. De sa femme , qui mourut après lui , il laissa Christophe et Pierre-Gui , qui suivent, avec une fille, Antonia (i) , marié*; avant septembre i4>8, à Pietro-Maria de Rossi, cinquième marquis de San-Sccondo. Gui ût a Guastalle , plusieurs établissements utiles, et bâtit la forteresse de Montechiarugolo , fort remarquable pour ce
CHRISTOPHE rr PIERRE-GUI I.
i449- Christophe et Piehre-Gi'I succédèrent à Gui, leur père , dans les seigneuries de Guastalle et de Montechiarugolo, qu'ils gouvernèrent d'dburd p*i iuditis. Pierre-Gui , à la mort de son père , élail occupe a détendre dans Final , Galcotlo det (Jarret lo , son beau père , contre les attaques de Jean de Frégose. Mais Final, étant tombe la même année au pouvoir des Génois , il s'en revint à Guastalle , laissant Madeleine , sa femme , auprès d'Agnès, sœur de celle ci , et femme d'Albert Pii , prince de Carpi , qui lui fut renvoyée quelque tenu après Christophe , qui était pareillement absent , étant revenu , les deux frères prirent possession des états de leur père , après quoi le premier retourna au service de Sforce , qui continuait le siège de Milan. Sforce , devenu maître de la place et proclamé duc de Milan , confirma les privilèges de nos deux comtes , qui juveriièrenl en commun leurs états héréditaires. Ce fut vers e mime tenu, a ce qu'il paraît , que furent dressés les statuts de Guastalle , qui s'observent encore de nos jours en celte ville.
La guerre s'étant renouvelée , Tan i»»o3 , entre Sforce et les Vénitiens, Christophe alla faire, pour le premier, le siège de Mancrbio, qu'il emporta malgré la longue et vigoureuse résistance de la place. Mais bientôt après , un bombardement qui dura trois jours , l'obligea de la rendre a Jacobo Piccinino.
La concorde ne fut pas durable entre Christophe et Pietro Guido, son frère. I.e second ayant demande partage a l'autre de la succession paternelle, celui-ci voulut bien y consentir , exceptant , néanmoins , les fiefs qui devaient être possédés en commun, ainsi que les citadelles de Guastalle et de Montechiarugolo , où il fut convenu qu'ils auraient chacun un domicile séparé; ce qui fut arrêté le 3o janvier i4*tô. Peu de jours après, Jacques Piccinino, fameux capitaine , s'étant retiré du service des Vénitiens, s'était jeté avec sa troupe d'aventuriers dans la Toscane , et avait mis le siège, devant la ville de Sienne. Le duc de Milan , ami des Siennois , cliargea Christophe, entr'autres allies, de leur porter du secours. Mais pendant son absence , Pierre-Gui , son frère , s'étant associé un brave, nommé François de Montiglio , s'approcha, vers la mijuillet, de Montechiarugolo , dont il demanda 1rs clefs au chà- -, que les deux frères y avaient mis
(t) Anton ia fut aussi courageuse que sa mire. Parme s'étant révoltée contra François Sforre, Anionia raurrablc a la bâte de» troupes, se met » leur tète, court il Parme, te rend maîtres»* de la ville el la restitue an duc. ( ï'oj. Filip. de Bcrgimo , lie Clar. Stleetitf. Métier. , «I Giusenpe Betusu, Dette Daaae illmst , fol. 146 ) Sau-Sovino, page 77, dit qu elle eut neuf enfants, entr'autres Donella, mariée à Gibert San- Vilati, auquel elle porta en dot le château de Noceto. Cette même Donetla. pendant l' absence de son mari , étant aisie'géc a Sala . pre* de Parme, en septembre i4&3, par Amurath Torclli , son rousin, qui commandait une armée de Vénitiens contre le duc de Milan, soutint un axant, se défendit long-teros sur la bièrhe, empêcha la pri»e de la place . el d'un coup d'arquebuse tua elle-même le malheureux Amurath. ( V'ojex Franccsro Carpesano, Commet/. Je tempi saci ; apud Marteo. , Vtl. Script., lom. v ) Il est as<et »ingulier que Irai» femmes de la même maiion, la mère , Il fille et la petite-fille aient eu dans leur vie trois oeca»ions de se distinguer par trois actions du même genre, extrêmement ure» pour leur sexe, el qu'elles aient toute* trois réussi data leurs entreprise».
ait
d'un commun consentement. Celui-ci s'étant excusé de les lui remettre , sur ce que Pierre-Gui n'était pas le seul maître de la place, ce dernier les lui arrache de force, et joint a. Simon un autre châtelain pour la garde de Montechiarugolo. Mais ce fut au seul François de Montiglio que la garnison eut ordre d'obéir. La comtesse Taddéc Pu , femme de Christophe, étant survenue pour entrer dans la place, Montiglio lui en refusa l'entrée. Le duc de Milan, sur les plaintes que Christophe lui fit passer de Toscane contre son frère, réforma les changements que Pierre-Gui avait faits , en rétablissant les choses comme elles étaient auparavant. Mais l'année suivante , au retour de Christophe , il consentit à la demande qu'il lui fit , d'un partage nouveau de toute la succession paternelle , et par-la Christophe devint seul maître de Montechiarugolo el de ses dépendances, du marquisat de Casei et Cornalc , de la moitié des allodiaux de Guastalle , avec une somme annuelle surles impositions de cette ville, Pierre-Gui conserva le château de Guastalle avec les Gefs de Scttimo, de Misano, et quelques petits bourgs dans le Milancz.
Pierre Gui , devenu maître de Guastalle , y nomma podestat Colomb de larcano. H aurait pu vivre heureux , et avec la réputation d'un seigneur sage et prudent , s'il ne se fût pas rendu ingénieux à s'inquiéter lui-même et a troubler le repos de ses voisins, dont quelques-uns étaient bien plus puissants que lui , tels que les comtes de Novellara et Louis «le Gonzague , marquis de Mantoue, qui pouvaient l'écraser en un instant. Il ne put même vivre en paix avec son frère , depuis la séparation de leurs domaines. Mais la mort, l'an i4fc>» mit fin à leurs querelles ; car tous deux moururent dans le cours de cette année, i un mois près l'un de l'autre; Christophe, le 6 mars , à Montechiarugolo , après avoir fait son testament (1) , le 10 août i45S , dont il nomma exécuteur François Sforce , duc de Milan , et Louis III de Gonzague, marquis de Mantoue; et Pierre-Gui i Carpi, le 18 avril, après avoir fait la veille son testament , par lequel il laissait l'usufruit de ses biens a Madeleine del Casbetto , sa femme , avec la tutelle de ses deux fils, Gui-Galeotlo et François-Marie. Pierre-Gui eut encore deux tilles, Antoinette el Lucrèce , mariée au comte Frédéric Ippoliti.
Christophe laissa de Tardée Pii , sa femme un bien plus grand nombre d'entants , savoir, six fils et sept filles: 1*. Marc Antoine , mort sans postérité; a». Marsilio, qui fut comte de Montechiarugolo, après son frère; 3°. Giacobo ou Giacoroazzo, qui eut pour épouse N. , fille de Spinetta Malaspina , marquis de Fivizzano, et mourut sans postérité; 4°. Amurath, marie a une autre fille du marquis de Fivizzano , mort en septembre i483 ; 5". Guido, destiné d'abord à l'église et protonotaire apostolique, dignité alors regardée comme la première après celle de eard in al , qu'il quitta, pour épouser Françoise Bentivoglio, fiUe de Jean 11 , seigneur de Bologne(i) ; 6*. Gio-
(i) Par ce testament, Christophe établit, a l'exemple de Gui le Grand , son père , une tub»litulion de ses fiefs à perpétuité ponr ses descendants miles, suivant l'ordre de primogénilure , rappelant a leur défaut ses trois filles mariées aux marquis Rangone, Pallavicini et Gnnzagua ; et à l'cilinclion d'elles el de leurs enfants , les descendants de la romlesse Autonia, sa sœur, mariée au marquis Pierre-Marie de Hossi; et en cas d'extinction de tous ses héritiers quelconques, il ordonne qu'il soit construit, lur lot biens qu'il pouede à Luxiara, une église et un couvent de Récollets ; que ses terre» situées dan» le Milaiies soient attribuées a la Chartreose de Pavie ; et quo le reste de ses biens soit en entier employé a faire balir, dans la ville de Parme, une égli<« el un hôpital , capable de recevoir des malades et des pauvre» de tous lieu» el oe toutes les nation».
(1) Il fut père de Marc— Antonio, marie à Hippolita Gonsagve, souche de la branche des marquis Torclli, établi» a ravie, qui subsiste aujourd'hui dans la personne de François Torclli , marqui» de Casei et Coruale, comte de Sercone , chevalier de Saint-Etienne; el d'ilippoliia, née en 1S01 , mariée , en l5i6 , a Baldastar Casliglione, comte de Novellara , chevalier de la Jarretière , auteur du 4,'er/egiaa».
vanne Antonio, touche de U branche établie au royaume de flapie» , éteinte au commencement de ce tiède. Les sept filles •ont , i*. Hélène , qui épousa , du vivant de son père, Uguccione Hangone de Modène; a°. Anastasie, alliée à Jean-Louis, marquis de Pallavicini ; 6'. Aida, femme de Georges deGonzague ; 4* Catherine , mariée a Jean-Pierre de Gonzague ; 5». Taddée , femme de René Trivulce , frère de Jean-Jacques , maréchal de France; 6». Biama; 7*. Bernardina. De ces deux dernières , l'une fut mariée a BattUtino da Campo Frégoso , doge de Gènes.
GUI-GALEOTTO, et FRANÇOIS-MARIE.
1460. Gui-Galeotto et François-Marie succédèrent a leur père sous la tutelle de Madeleine del Carretto , leur mère. Gui-Galeollo , parvenu a l'âge de majorité en 1 4?4 1 commença a prendre les rênes du gouvernement , indépendamment de la comtesse Madeleine. Il contraria d'abord la municipalité ; elle le desservit a son tour auprès du gouvernement de Milan , oui, dès 1475, voulut conduire les affaires de Guaslalle. Soit délations secrètes contre les deux comtes, soit politique jalouse, ils déplurent tellement à Galéas-Marie Sforce, que Jacob Govenzate , commissaire de U chambre ducale, fit publier, le aS juillet 1476 , la sentence de confiscation de la portion de Guaslalle, appartenante au comte François-Marie , et ordonna au domaine d'en prendre possession ; ce qui fut exécuté le ■5 décembre de la même aunée. François-Marie se mit sous la protection de Robert San-Severino , parent du doc ; et ce seigneur, jouissant alors d'un très grand crédit, diminua la rigueur avec laquelle on le traitait. Gui-Galeotto , qui aurait dû partager le crime de félonie, s'il en eût existé un , fut laissé en possession : on l'éloigna seulement des affaires ; et ces ména gemenls furent dus à ce qu'il avait épousé Maiigoeritb Sl- MOMETTA , parente de Cecco Siniooelta , alors secréiaire d'état et ministre absolu. Sur ces entrefaites, Galéas-Marie Sforce ayant été assassiné à Milan le 36 décembre 1476, la duchesse Bonne , sa veuve , tutrice de Jean-Galeas, son fils , commença par accorder un pardon général a tous ceux qui avaient été accusés auprès de son époux , et leur fît rendre les biens qui leur avaient él«* confisques. Le comte François- Ma rie recouvra pour lors les allodiaux de sa maison qui lui appartenaient par indivis avec son frère ; mais il parait qu'il ne put rentrer dans la partie féodale. Il se rendit ensuite à Guaslalle, en 1477 « avec la comtesse Loi'UB , fille de Robert San-Severino , qu'il venait d'épouser. La même année, le comte Gui-Galeotlo députa a Milan Pierre Pelizzari , son chancelier, et François- Marie , de son côté , l.aurenzo de < azoli , pour demander chacun la conBrmalion des investitures ; elle fut refusée a ce dernier. De désespoir , il alla se ranger sous les drapeaux de Robert San-Severino, partisan de Sforce, duc de Bari, qui s'ciTorçait de diminuer la puissance avec laquelle Cecco gouvernait le Milanez. Mais Simonetla ayant triomphé de ce rival, et humilié les Sforces , François- Marie retomba dan» la disgrâce auprès de ta duchesse, qui ordonna aux GuaslalUis de ne prêter serment qu'au comte Gui-Galri>Ho et a ses descendants. Cependant , après la mort de Sforce , duc de Rari , arrivée l'an 1479, son frère Louis le More , s'etant insinué dans l'esprit de la Jù chesse Bonne, prit bientôt un grand ascendant dans les affaires du gouvernement. Le malheureux Simonetla se vit alors en butte à tous ses ennemis, qui pressaient pour qu'on le mit en prison , et qu'on lui ffl sou procès. Parmi ceux ci , Robert Saii-Severino et François- Marie n'étaient pas les moins ardents. Ct' dernier, par rabaissement de Simonetla, selanl relevé de l'clai d'infortune 00, il s'était vu initialement plongé , ht bientôt déchoir son frère du grand crédit dont il jouissait , et qui n'était dû, comme on Pa dit , qu'à sa parenté a*ec Cecro. Nonacutemrnt Louis le More le fit bientôt absoudre par la duchesse, " — "u partage de biens entre lui cl Gui-
CHRONOLOGIE HISTORIQUE
Galeotlo , par lequel celui-ci eut pour ton lot la seigneurie de Sellimo, et abandonna a François-Marie celle de Guaslalle. Gui-Galeotto s'était rendu célèbre dans les tournois : on ignort l'année de sa mort , mais il vivait encore en i4<)5> De Marguerite, sa femme, il laissa une fille, N..., mariée à Hermès Viscooli , et quatre enfants mâles : i°. Pierre-Marie, auteur de deux bâtards légitimés et de Madeleine , fille naturelle , marié* i Hercule Gonzague, de la branche de NovelUra; a». Frédéric; 3*. Alexandre ; 4*. Louis, marié i Camille Marlioengw , d.-nt il eut Aida Torelli , alliée k Jean-Marie Lonali : elle rit connue par des poésies très-agréables, que l'on trouve au nombre des Rime délie cinquania poétesse , rœcoite dal Domemchi id 1559, et parmi les poésies qu'Antoine François Rainieri a imprimées en i5 7 4.
FRANÇOIS-MARIE , seul.
i479> François— Marie , relevé du crime de félonie , le 6 octobre , par la duchesse de Milan , rétabli dans ses états et seul maître de Guaslalle, en fil prendre possession, le 8 du méat mois , par Maffeo Visiolo, auquel on remit, avec les défi de ta ville et de la forteresse , l'artillerie et les munitions de guerre. Il s'y rendit bienlAt lui-même, et y reçut , l'année suivante, hobert San-Severino, son beau-père, tandis que l'infortuné Simonetla, leur ennemi commun , laissait sa tête sur un éclufaud. La guerre s'élanl élevée, l'an »4«a, entre le duc de Mibn et les Vénitiens , protecteurs des Rossi , le comte François- Marie se montra fidèle au parti du duc ; et après avoir bien recommandé la défense de Guastalle a François Riccio.dit Achillino, et à Galèas de Pori, ses châtelains, il joignit le camp. Les Vénitiens, l'an 1484» ne pouvant pénétrer plus avant , st replièrent sur le duc de Ferrare, qui appela a son secours François-Marie. Dans le mois de juin, celui-ci alla ravager le lires*», et tint la campagne jusqu'à U conclusion de U paix, qui rat lieu au mois d'août de la même année. H revint â Guastalle avec une santé fort dérangée par les fatigues qu'il avait essojeo dans cette expédition. Il avait alors perdu , â ce qu'il parait, Louise , sa femme, dont la fidélité lui était suspecte. La mort de cette dame \ loin d'éteindre ses soupçons , ne fit que In augmenter et lui persuader qu'Achille , le second fils qu'rlk avait mis au monde, n'était pas de lui : tel était l'effet delà mélancolie où sa maladie l'avait réduit. Désespérant de sa goérison, il fit, le 10 octobre 1^85, ton testament, par lequel il déclara ton héritier universel Pierre-Gui , ton fils, tans exclure néanmoins de ta succession le comte Achille , au cas que le premier vint â manquer, et les mit tous les deux sous la tutelle de Madeleine del Carretto, leur aïeule et sa mère. Mais celte femme , avide de commander , ne trouvant pas encore tes dopoti lions assez avantageuses pour elle , engagea son fils, en sève m bre suivant, a se transporter à Manloue , chez Lucrèce, sa saur , mariée â Frédéric, comte de Gazolo. Lucrèce servit u mère o mme elle le désirait , en persuadant â ton frète de faire, le 16 janvier de l'année tuivanle, un autre testament, par lequel il exrluait ^rhille de la succession , et ordonnait aue Pierre- Gui resterait sous la garde-noble de son aïeule jusqu à l'âge de trente ans ; mais la cour de Milan, ayant eu connaissance Je ce» nouvelles dispositions, les déclaia nulles, et régla «au* Pierre- Gui et Achille , son frère , partageraient également la succession de leur père. Fiaoçnis-Maric mourut vers le mois de fevrirt ■ 4Nfi. Outre Pierre-Gui et Achille, qui suivent , et qu'il laits de Ixiuise San-Severina , son épouse , il eut deux filles naturelles , Orsina et Jeanne, dont la dernière fut mariée à llecwr Torelli , aussi bâtard de sa maison , 1