‹ L'art de vérifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques, et autres anciens monumens depuis la naissance de NotreSeigneur, par le moyen d'une table chronologiqueChapitre 427 sur 582 · Pierre TaiBONO, personnage de toute bonté, dit · texte numérisé non relu

Pierre TaiBONO, personnage de toute bonté, dit

Muratori , est élu doge au mois de mai , et reçoit , quelque teins après, de l'empereur Léon le Philosophe, le titre de protospathaire. L'empereur Gui , l'an 891 , lui fit expédier un diplôme de renouvellement des privilèges et exemptions accordés aux Vénitiens par les rois d'Italie et les empereurs d'Occident. L'an o/>6, il donna la chasse aux Hongrois, qui, après avoir ravagé l'Italie et saccagé plusieurs villes dans les Lagunes, étaient venus, le 28 juin, jusqu'à Malamocco, et même jusqu'à Rialto, c'est-à-dire à Venise. Pierre mourut ver» la fin de mai 91a, après avoir gouverné sagement l'état pendant vingt-trois ans et vingt-trois jours.

ORSO PARTICIACO IL

913. Oaso Pabticiaco II , surnommé Paubeta , devenu successeur du doge Pierre Tri buno, par l'élection du peuple, envoie Pierre, son fils, à la cour de Constantinople , pour y faire part de sa promotion. L'empereur grec devait être alors le jeune Constantin Porphyrogènèle , parce que son oncle Alexandre mourut le 6 juin Je celte année. Pierre fut comblé , dans celle cour , de caresses et de présents , outre le titre de protospathaire dont il fut décoré; mais en retournant à Venise, il fut pris, sur les frontières de la Croatie, par Michel, duc de Sciavonie, qui, après l'avoir dépouillé, le remit entre les manu deSiméon, roi de Bulgarie. Pour le ravoir, le doge son père fut obligé d'envoyer au roi bulgare, Dominique, archidiacre de M.ilamocco, avec de riches présents , au moyen desquels il le racheta. Ce service valut, dans la suite, à Dominique l'évecné de Malamocco, que le doge lui fit conférer. L'an cj3a,Orso Particiato, se voyant avancé en âge, abdique le dogat et se retire dans un monastère où il finit ses jouri.

PIERRE CANDIANO IL

933. Pierre Candiano II est élu doge, et envoie pirsqn* aussitôt Pierre, son (ils, à la cour de Constantinople , d'où il rapporta le titre de protospathaire. L'état de Venise s'étendit beaucoup par les conquîtes que ce doge fit sur les peuples voisins, el par les alliances qu'il contracta avec diverses puissances. L'an 93b , les habitants de Comachio ayant mis en prison quelques vénitiens, le doge Pierre envoya contre eux une armée qui prit la ville, y mil le feu , massacra plusieurs citoyens, et emmena prisonniers les autres, qui n'obtinrent leur liberté, qu'en promettant d'être , désormais , soumis à la seigneurie Jt Venise. Pierre Candiano mourut l'an 939,

PIERRE BADOËR.

q3q. Pierre Badoeb est donné pour successeur au doge

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PIERRE CANDIANO III.

q4a. Pierre Candiano III, dont la famille croissait en lustre à Venise, parvient à la dignité ducale par les suffrages du peuple. L'an q55, il se fait associer Pierre, un de ses fils; mais ce jeune nomme, bientôt méprisant les avis de son père, se révolte ouvertement contre lui. Les factions du père et du fils en viennent à un combat dans la place de Rialto. Celle du premier eut l'avantage, et le fils était près de succomber, si le père ne lui eût obtenu la vie par grâce. Mais, pour satisfaire à U justice et à la demande du peuple, il l'envoya en exil. Tous les ordrej de l'état firent alors un décret par lequel ils s'engagèrent avec serment à ne jamais l'admettre pour doge , soil du vivant < son père , soit après sa mort. Le dogr Pierre Candiauo fu..t ses jours l'an 909.

DES DOGES DE VENISE

PILRRK CANDIANO IV.

959. Pierre Candiano IV , le même que les Vénitiens avaient exclu du gouvernement à perpétuité, devient, par leur choix, le successeur de son père. Il était retiré à Ravennc, d'où il avait fait quelquefois îles courses sur les vaisseaux de ses compatriotes, pour se venger de son exil. Le clergé, la noblesse et le peuple , montés sur trois cents barques, allèrent le trouver dans sa retraite, et Pavant amené en pompe a Venise, ils lui conférèrent de nouveau la dignité Je doge. Durant plusieurs années, il la remplit avec honneur; mais sa conduite se démentit dans la suite, et lui attira une catastrophe sanglante, dont voici quelle fut l'occasion. S'élant dégoûté de sa femme , et l'ayant obligée , sous divers prétextes , à se faire religieuse , il épousa Gualdrane , ou Waldrade , sœur de Hugues, marquis de Toscane, et petite-fille, non du roi Dérenger, comme le dit M. l'abbé Laugier, mais du roi Hugues. Ce mariage lui procura des biens considérables , que Gualdrade lui apporta en dot ; et comme ses b en* étaient hors de l'état de Venise , il soudoya un grand nombre de soldats italiens pour les défendre. Mais sa hardiesse s'élant accrue avec son opulence, il commença à traiter le peuple de Venise avec une rigueur qui tenait de la tyrannie. Pour se mettre a l'abri des soulèvements, il introduisit une garde dans son palais , cl prit toutes les précautions odieuses que la méfiance inspire aux tyrans. Les sentiments alors changèrent à son égard. Il se forma contre lui une conjuration qui éclata l'an 970. Les Vénitiens l'assiégèrent dans son palais; mais ne pouvant l'y forcer à cause de la vigoureuse résistance de ses gardes, ils y mirent le feu par le conseil de Pierre Orséolo. Les flammes consumèrent non- seulement tôt édifice, mais encore l'église de Saint-Marc, avec deux autres églises et plus de trois cents maisons. Le doge fut pris en fuyant et mis a mort avec son fils du second lit, encore enfant. Il avait tu, du premier lit, un autre fils , nommé Vital, qu'il fil patriarche de Grade» , après l'avoir contraint d'embrasser la déneature.

PIERRE ORSÉOLO I.

976. Pieu nu Orséolo I , personnage , dit Muratori , d'une rare piété et de mœurs vraiment chrétiennes, est élu doge le laaoûl. Son premier soin fut de réparer le palais ducal et lVgli$e de Saint-Marc , dont il avait occasioné la ruine par ses cimwils. 1-e patriarche Vital, fils du doge défunt, était cependant à la cour de l'empereur Otton 11 , ou il sollicitait le secours de ce prince pour venger la morl de son père. Gualdrade , veuve de Caudiano , faisait les mêmes instances auprès de l'impératrice Adélaïde. Mais Orséolo sut mettre Adélaïde dans ses intérêts , et rendit inutiles, par son adresse , les mouvements de Vital et de Gualdrade. La sagesse de son gouvernement ne rut cependant lui concilier tous les esprits de ses concitoyens. Ji s'aperçut qu'il avait des ennemis secrets, et d'ailleurs touché de repentir d'avoir contribué à la mort de son prédécesseur , il

Eisa sérieusement à abdiquer. Il était dans ces dispositions upcGuerin , abbé de St. Michel de Cuxa, en Roussillon, étant trou à Venise, acheva de le déterminer. Ils partirent secrètement ensemble, à l'insu de Felicie, iemme du doge, et de Pierre, son fils, la nuit du i*'. septembre 978, accompagnés de saint Humuald et Je trois autres personnes, et se rendirent à Saint- Michel de Cuxa , où l'abbé donna l'habit monastique à Pierre Orséolo; il passa neuf ans dans ce monastère , et y mourut eu odeur de sainteté l'an 987 , et non pas 997 , comme le prouve D. Vaissète. de Long. , tom. 11 , p. 097. )

VITAL CANDIANO.

978. Vital Camdiano, frère de Pierre Candiano IV, est donne pour successeur à Pierre Orséolo. 11 ne tint le dogat que

quatorze mois, pendant lesquels H fut toujours i arriva sur la fin de 979.

TR1BUNO MEMMO.

»4 7 : sa mort

979. Taibdmo Memmo , homme d'un esprit médiocre , remplace le doge Vital. Son administration fut des plus orageuses par la dissension de deux familles puissantes de Venise , les Caloprini et les Morosini. Les premiers , appuyés par le doge, prirent les armes contre les seconds , qui nors d'état de résister, eurent le bonheur de se sauver, à l'exception de Dominique Morosini, qui resta victime de la fureur de ses ennemis. Les vainqueurs , enorgueillis de cet avantage , excitèrent de nouveaux troubles, qui déterminèrent le doge à exiler F. lien ne Caloprini , leur chef. Celui-ci s'élant retiré auprès de l'empereur Otton Il , gagna si bien l'esprit de ce prince, qu'il défendit lout commerce à ses sujets avec la seigneurie, jusqu'à ce que Caloprini fût satisfait et rétabli. La disette que cette défense occasion! parmi les Vénitiens , les anima contre les Caloprini , dont ils ruinèrent les maisons après les avoir chassés. La mort de l'empereur, arrivée l'an 9^3, apporta du changement aux affaires des Vénitiens. L'impératrice Adélaïde, toujours portée à la douceur, ménagea un accommodement, au moyen duquel la seigneurie se réconcilia avec l'empire en rappelant les Caloprini. Mais, bientôt après, le» querelles se renouvelèrent entre cette famille et les Morosini. Les batailles et les massacres recommencèrent. Le doge fil de vains efforts pour éteindre ce feu: il était trop peu considéré pour imposer à l'un ou a l'autre des deux partis. Enfin, l'an 991 , étant tombé malade, il se fit porter au monastère de Saint- Zacharic, où il mourut six jours après avoir pris l'habit monastique.

PIERRE ORSÉOLO IL

931. PlERRE ORSEOLO II, fils du doge Pierre Orséolo I, est élevé au dogat après la morl de Tribuno Memmo. Celait un

rpimir.

que les' villes maritimes de Dalmatic étaient disposées à se mettre sous la domination de Venise , qui ne possédait sur ces cotes que la ville de Zara, il équipa une Hotte avec laquelle il se rendit sur les lieux , où il n'eut qu'a recevoir les soumissions de Pola, de Spalalro, de Raguse et des autres villes et îles de celte contrée. U n'y eut que Corsola et Lésinia qui refusèrent de se soumettre : mais le doge les ayant attaquées et prises d'assaut , les contraignit de subir la loi. 11 entra ensuite dans le pays de Narenla, dont les habitants exerçaient impunément la piraterie dans la mer Adriatique ; et ayant forcé leurs places, il y mit tout à feu et à sang. A son retour a Venise, il commença a s'intituler duc de Datmatie. L'an 99S, il reçoit l'empereur Otton III, que la curiosité avait engagé i visiter incognito la ville de Venise. L'an 999, Basile, empereur de Conslaniino-

Ele, donne en mariage a Jean, fils du doge, sa nièce Marie, Ile de sa sœur et d'Argyrc, père de Romain Argyre , qui parvint depuis a l'empire. L'an 100S, Jean et son épouse meurent de la peste, occasionée par une famine qui régna dans toute l'Europe. Pierre Orséolo pie lui même le tribut à la nature vers le mois de mars «009, pleuré du peuple qu'il avait gouverné avec beaucoup de sagesse et de douceur. Il laissa deux fils , Otton , qui suit , et Orso , patriarche de Grado.

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