JEAN SORANZO
i3n. JtAy Soranzo, homme de haute naissance, brave, quoique d'un caractère doux et modéré, fut élu doge le i3 juillet. Il avait commande a la prise de Ferrare en i3o8, et était nommément compris dans la bulle qui excommuniait , à ce sujet , tous les Vénitiens. Cet analhème n'était pas encore levé. L'an i3a3 , les Vénitiens, après bien des prières et des soumissions, obtiennent enfin, le 14 janvier, l'absolution des censures : mais elle leur coûta cher; car le pape Clément V exigea , pour l'accorder , cent mille florins d'or. Les formalités de cette absolution furent aussi humiliantes que le prix en fut excessif! Il fallut que la seigneurie envoyât un ambassadeur à Avignon où était le pape, pour ta recevoir. Cet ambassadenr fut N.... Dandolo. Avant de commencer la cérémonie , on l'obligea de mettre à son cou un collier comme celui des chiens, et le* grands pénitenciers le menèrent par une corde attachée à la boucle de ce collier jusqu'aux pieds du pape , à qui il demanda pardon. La maison de Dandolo subsiste encore a Venise, et la branche de cet ambassadeur y est encore désignée par le surnom de Dandoio del Cane, Dandolo du Chien. L'au i3a7 , le doge Jean Soranzo meurt sur la fin de décembre.