‹ L'art de vérifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques, et autres anciens monumens depuis la naissance de NotreSeigneur, par le moyen d'une table chronologiqueChapitre 444 sur 582 · MARC CORNARO · texte numérisé non relu

MARC CORNARO

i365. Marc Corna ho , personnage d'un grand savoir et d'une rare prudence , mais plus qu'octogénaire, est élu doge, le aS août. ( Murât. ) Nouvelle révolte , Pan i3«6 , dans l'île de Candie , excitée par les Grecs, et soutenue par les Vénitiens, rétablis dans le pays. On envoie trois provéditeurs, pour les soumettre, et ils y réussissent dans la même année, après avoir enlevé , aux rebelles, toutes les places où ils s'étaient fortifiés. L'an 1367 , le doge Marc Cornaro termine ses jours M i3 janvier.

ANDRÉ CONTARÉNO.

1367. André Contaeéno est élu doge, malgré lui , le ao janvier, à l'âge de soixante ans. La ville de Trieste s'etant révoltée, le sénat envoie une Hotte, au mois de juillet i36S, pour la réduire. Les rebelles soutinrent un siège de i5 mois, pendant lesquels Léopold , duc d'Autriche, qiTils avaieot appelé à leurs secours, fit de raina efforts pour obliger les Ve-

DES DOGES

niliens 1 se retirer. Enfin la place, manquant absolument de vivres, se rendit, à discrétion, au mois de novembre i3t>o,. Le sénat de Venise, l'an 1^72 t déclare la guerre à François Carra ra I , seigneur de Padoue , pour arrêter les entreprises

L'il taisait sur le territoire de la république, henicr Vase h , entin , est mis a la létc de l'armée vénitienne; il entre, au mois d'avril, dans le Padouan, et y répand la désolation. Les Hongrois étant venus, l'an i3y3, au secours des Padouans, défont, lé 9 mai, Taddee Giustiniaui , général vénitieu , sur les bords de la Piave , et l'envoient prisonnier à Padoue. f*e 1". juillet suivant, Gibcrt de Corregio, qui avait remplace Gius— tiniani , fait a son tour prisonnier le général hongrois dans une grande bataille qu'il gagne sur l'armée ennemie. Cette victoire et "ordre que le roi de Hongrie, peu de tems après , donne a ses troupes de revenir, déterminent le seigneur de Padoue à de mander la paix. H l'obtient à des conditions dures , énoncées dans le traité: signé le 11 septembre, par les deux partie* belligérantes. Celte paix ne rendit pas Carrara plus ami des Vénitiens. L'an 1S76, il engage le duc d'Autriche à faire une descente dans la Marche Trévisane. L'armée vénitienne bat ce prince, près de Guero, dans le Fcltrin , dont elle lait ensuite le siège. La place, attaquée avec du canon, machine inconnue jusqu alors , ne tarde pas a capituler. ( Laugier. ) On fit une trêve, l'an 1377, qui fut convertie en paix Tannée suivante, l'ne ligue terrible éclate, l'an 1378, contre les Vénitiens. Elle était composée des Génois, du roi de Hongrie, du seigneur de Padoue et du patriarche d'Aquilée. Voici quelle fut 1 étincelle qui causa cet incendie. Au mois d'août 1^76, les Génois ayant pris le parti d'Andronic Palcologue , fils de l'empereur Jean 1 , dit Calo-Jean, l'avaient mis sur le trône, après avoir déposé son père , ami des Vénitiens. Pour récompense de ce criminel service , Andronic leur avait promis l'île de Ténédos. Mats le gouverneur , fidèle a Calo-Jean , refusa de la consigner aux Génois ; depuis même , il la remit aux Vénitiens , ce qui mit en fureur , contre ceux-ci , les Génois, qui , dés lors , ne s'occupèrent qu'à leur susciter des ennemis. Le roi de Chypre et les Visconli se déclarèrent pour les Vénitiens : mais il ne leur fournirent presque aucun secours. Cependant la campagne de 1378 fut très-favorable aux armes de la seigneurie. Victor Pisani , qu'elle avait nommé général, battit, entr autres exloits , la Hotte génoise , commandée par Louis de Fiesque , et ui enleva cinq galères. L'année suivante , les Génois eurent leur revanche , et remportèrent de si grands avantages sur les Vénitiens, que ceux-ci , désespérés de leurs pertes, s'en prirent au général Pisani , et le mirent en prison a son retour. 11 fallut bien , néanmoins, l'en tirer peu après, et lui rendre le commandement, après qu'on eut vainement demandé la paix aux Génois. La guerre continua encore deux ans, et presque toujours au désavantage des Vénitiens. Enfin la médiation d'Amédee, comte de Savoie, rétablit la concorde entre les deux républiques et leurs alliés , par un faud, ou jugement , qu'il rendit comme arbitre , le 8 août i38i , à Turin. Le château de Ténédos fut mis en dépôt entre les mains d'Amédée , pour le garder deux ans, et le faire ensuite démolir: toutes les

Çrises faites de part et d'autre, furent rendues; mais la Marche Yévisane resta au duc d'Autriche, a qui les Vénitiens l'avaient cédée, le a mai précédent, ne pouvant plus la défendre contre le seigneur de Padoue. Après la publication de la paix , le sénat anoblit, le 4 septembre, trente des familles citadines, pour recompense des services qu'elles avaient rendus à la patrie durant la guerre , et cela en exécution d'un décret qu'il avait fait le 1". décembre i3iq. Le doge Contaréno meurt, le 5 juin i38a , épuisé des fatigues qu'il avait essuyées au siège de Chioza, où il avait commandé en personne. Un noble lut chargé de prononcer son oraison funèbre; distinction qui n'avait été accordée a aucun de ses prédécesseurs, et que l'usage a depuis rendu commune à tous ceux qui l'ont suivi. Ce fut sous son ligne qu'on vit, pour la première fois, uu cardinal vé r

DE VENISE. a 5S

nitien , dans la personne de Louis Donato, le même qu'Urbain VI, lit depuis mourir en prison, pour avoir conspiré contre lui.

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