‹ L'art de vérifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques, et autres anciens monumens depuis la naissance de NotreSeigneur, par le moyen d'une table chronologiqueChapitre 449 sur 582 · AUGUSTIN BARBARIGO · texte numérisé non relu

AUGUSTIN BARBARIGO

Accwrra Barrarigo, le a8 août. Le'

eurde Saint -Marc, des dix envoie, l'an

■ 488, Georges Corna ro en Chypre , pour amener la reine Catherine , sa sceur, a. Venise , et s emparer de son royaume au nom de la seigneurie. François Priuli part des cotes d Istrie avec une flotte pour aller a la suite de Cornaro, et l'appuyer en cas de résistance de la part de la reine. Catherine, après avoir beaucoup hésité, prend le parti de se soumettre aux volontés delà seigneurie. En conséquence de son abdication , le général Priuli prend possession de l'île, le 26 février 1489, et fait arborer l'étendard de Saint-Marc dans Famagousle. Le 14 mai suivant , Catherine s'embarque avec son frère sur la galère <k Priuli, et arrive le 6 juin a Venise, où elle est reçue avec de grands honneurs. Ou lui assigna, pour sa résidence , le château d'Azolo, dans le Trévisan , où elle vécut en reine jusqu'à la lia de ses jours. L'an 1490 , Ascraf-kaïtbai , sultan d'Egypte, dont le royaume de Chypre était tributaire , accorde , le a mars, i l'ambassadeur de Venise, l'acte authentique par lequel il admet la seigneurie dans la légitime possession de la couronne de Chypre, et lui en donne l'investiture moyennant le tribut ordinaire de huit mille ducats. C'est ainsi que, par une usurpation manifeste , Venise demeura maîtresse d'un royaume qui appartenait a Charlotte, fille et héritière de Jean III, roi de Chypre. {Voy. les rois de Chypre. )

L an 1494 1 Charles VIII , roi de France , étant sur le point d'entrer en Italie , envoie Philippe de Comine à Venise , pour disposer la seigneurie à favoriser ses desseins sur le royaume de Naples. Le sénat se tire de cette ambassade par une réponse courte et sage, qui ne concluait rien. Mais l'année suivante, les succès rapides de Charles donnant lieu aux Vénitiens de craindre pour la liberté de l'Italie , ils concluent , le 3i mars, dans Venise même, une ligue offensive et défensive contre ce prince , avec le pape Alexandre VI et le duc de Milan. Le marquis de Gonzague est déclaré général de l'armée vénitienne , et le comte de Cajazze l'est de l'armée milanaise. Le 6 juillet, ces deux généraux attaquent le roi de France a Fornooe, et sont battus par une armée beaucoup inférieure a la leur. On rejette cet échec sur Bernardin Contaréno , commandant de la cavalerie légère des Vénitiens, qui , dans le moment le plus critique de l'action , laissa sa troupe s'amuser au pillage. Lia 1496, les Vénitiens fournissent à Ferdinand , roi de Naples, une bonne flotte , un corps de troupes considérable , sous lis ordres du marquis de Manloue , et une somme d'argent ; tontes choses dont il avait grand besoin pour être en état de chasser les Français du royaume de Nantes. Ils envoient , dans le même tenu , un puissant secours aux Pisans , pour se défendre contre les Florentins, qui voulaient de nouveau les assujettir.

L'an i499> Louis XII , successeur de Charles VIII , tout occupé a s'aplanir les voies pour la conquête du Milanez et pour celle du royaume de Naples , dont il se prétendait héritier , pratique une ligue avec les Vénitiens , qui fut publiée le a5 mars. Le monarque leur avait promis, pour récompense de leurs services, la Chiara-d'Adda cl Crémone, dont Ludovic Sforce , duc de Milan , s'était emparé. Il tint parole pour Crémone , après la conquête du Milanez ; mais on ne voit pas qu'il leur ait cédé la Chiara-d'Adda. La seigneurie soutenait , dans le même tems, une guerre très-rude contre le sultan Bajatet, non-seulement dans le Levant , mais dans le Frioul , où les Turcs avaient pénétré et commettaient d'horribles ravages. Le» ' rniers mois de la même année 14^9 , virent éclore une nouvelle guerre dans la Roroagne et la Marche d'Ancdne, dont es différentes villes étaient occupées par différents seigneurs qui les tenaient du saint siège, en vertu des bulles des souverains pontifes. Alexandre VI, comptant pour rien ces titres, avait résolu de recouvrer ces deux provinces, peur en faire un état à César de Borgia, son fils. Déterminé par ce motif, il entre dans la ligue des Vénitiens avec le roi de France, et leur promet une partie des places qu'ils l'aideront à conquérir.

L'aa i5ot , le doge Augustin Barbarigo

DES DOGES DR VENISE

i l'âge de quatre-vingt-deux ans. Apris sa mort, le grand conseil, assemblé pour élire son successeur, établit le tribunal des inquisiteurs d'état , composé de trois magistrats, revêtus d'an pouvoir absolu sur tous les citoyens , pour veiller a la conservation de la république.

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