‹ L'Art de vérifier les dates des faits historiques, des inscriptions, des chroniques et autres anciens monuments, avant l'ere chretienne (volume 2)Chapitre 82 sur 93 · GÉDÉON · texte numérisé non relu

GÉDÉON

1349. Les Israélites ayant jelé Jes cris vers le Seigneur^ un prophète vient de sa part , qui leur reproche leur ingratitude et leur malice. Peu de tcms après, un ange apparaît à Gedéon (1), (ils de Joas , de la tribu de Mariasse,

(1) Ge'déouest plusieurs fois nommé, dails l'Ecriture , Jérobaal oa Jérubbaal. Ce nom lui vient de l'aventure suivante. Gédc'on

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dans Taire où il battait son blé. 11 lui annonce qu'il délivrera son peuple des mains de ses ennemis. Gédéon demande un signe, en preuve de ce que l'ange lui prédit. L'ange ayant toucbé de sa baguette, la pierre sur laquelle Gédéon lui avait dressé un repas, il en sort une flamme qui consume les mets , et dans le moment il disparaît. Gédéon offre un sacrifice au Seigneur sur la même pierre , après quoi il va détruire l'autel de Baal , dans le bois qui lui était consacré.

Les Madianileset les Amalécites, avec d*autres peuples, leurs alliés, viennent camper dans la vallée de Jesrahel. Gédéon rem. pli de l'esprit de Dieu sonne de la trompette, assemble des troupes, et ayant formé une armée de trente- deux mille hommes, il marche à l'ennemi fort de cent vingt mille hommes , vers la frontière d'Harad. Dieu trouve cette armée trop considérable pour l'exécution de ses desseins. Il donne à Gédéon une marque pour reconnaître ceux qu'il a choisis, et ils se trouvent réduits à trois cents hommes. Ayant armé cette troupe de trompettes et de lampes renfermées dans des pots de terre, Gédéon fait irruption pendant la nuit dans le camp des Madianites , et y jette l'épouvante, en faisant retentir à la fois le son de toutes les trompettes, et paraître toutes ces lampes, après qu'on eut cassé les vases qui les renfermaient. Les ennemis tournent leurs armes les uns contre les autres ; ceux qui échappent au carnage , prennent la fuite. Les Israélites s'étant rassemblés des tribus d'Aser, de Nephlali et de Manassé , les poursuivent jusqu'au Jourdain, prennent Oreb et Zeb, deux de leurs chefs, qu'ils font mourir, et taillent en pièces tout le reste de l'armée.

Gédéon , à son retour, écrase les anciens de Soccoth sous des épines , suivant la Vulgate , pour lui avoir refusé des vivres à son passage. Mais selon le texte original, il les frappe seulement avec des épines par manière de correction, non toutefois jusqu'à les faire mourir ; ce qui serait contradictoire. Il détruit ensuite la tour de Phanuel , dont il tue les

ayant renversé, à Ephra, pendant une nuit , un autel de Baal, qui appartenait à son père, et coupé le bois qui était auprès; ceux du lyieu, qui s'en aperçurent le matin , vinrent trouver son père, demandant qu'il leur livrât Gédéon pourle faire mourir. Joas leur répondit : « Est-ce à vous a venger Baal, et à combattre pour lui— v même ? Si Baal est Dieu, qu'il se venge de celui qui a détruit son autel. » ( Juéic, M , 3a. )

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nabi tans pour lui avoir fait u ri pareil refus , peut-être avec plus d 'outrâge ; après quoi il fait exécuter à mort Zébée et Salmana, deux autres chefs des Madianites, qu'il avait pris en poursuivant les fuyards.

Après ia victoire que Gédéon venait de remporter , les Israélites le regardant comme leur libérateur, le prient de régner sur eux. Il le refuse ; je nè serai' point votre Seigneur * leur dit-il, c'est Dieu qui doit l'être. Gédéon demande seule-4ment qu'ils lut apportent les pendans d'oreille dW qu*ils ont jpris sur l'ennemi. Ayant obtenu celte dépouille, il en fait iin Ephod, ou ornement sacerdotal , accompagné de figures superstitieuses , qu'il plaça dans Ephra sa patrie. Ce fut pour la maison d'Israël une occasion de chût e , parce que le peuple «Hait consulter ces figures au mépris du tabernacle du Seigneur et ce fut aussi ce qui causa la ruine delà famille de Gé* déon. Après quarante ans de gouvernement , Gédéon meurt à Ephra, dans une heureuse vieillesse, laissant soixante -onze) fils de plusieurs femmes.

ABIMÉLECH.

i3oq. ÀMMÉLFCH, fils de Gédéon * qu'il avait eu d'une concubine de Sichera , nommée Druma , persuade aux habita ns de cette ville de lui obéir à lui seul, plutôt qu'à tous ses frères qui étaient, au nombre de soixante-dix. H lève une armée avec laquelle il vient à Ephra dans la maison de son

Î>ère , où il massacre sur une même pierre tous ses frères , à 'exception de Joathan le plus jeune de tous , que l'on cacha pour le soustraire à sa fureur. Alors les Sichémites s'étant assemblés, élisent sous un chêne, Abimélech pour leur roi ou pour leur juge, espérant que dans la suite tous les Israélites se soumettront à lui.

Joathan témoin de cette élection du haut de la môVitagné de Garizim, voisine du lieu de l'assemblée ^ élève la voix pour reprocher aux Sichémites leur ingratitude envers Géclé'on, leur cruauté envers sa maison, et la folie du choix iqu'ils viennent de faire ; après quoi il s'enfuit, et va demeurer à Bora.

Abimélech règne paisiblement à Sichem l'espace de trois ans. Mais ensuite la discorde s'étant mise entre lui et les Sichémites, ceux ci se révoltent contre lui pendant son absence, et lui dressent des embûches pour le tuer sur le "passage à son retour. Abimélech instruit de tout par Zé* lv 5a

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bul son lieutenant à Sichem, revient en force, bat déiiit fuis les Sichemites en rase campagne , assiège la ville, l'emporte d'assaut , la détruit de fond en comble, et y fait semer du sel , après en avoir passé tous les liabitans au fil de l'épee. 1! restait une tour extrêmement forte dans laquelle élan le temple de Baal-Bcrith , dix inité des Chananéens. Ceux qui avaient échappé au massacre , s'y étant réfugiés, il en forme le siège , et comme il éprouvait une vigoureuse résistance, il met le feu à la tour, ce qui fait périr, par la flamme ou par la fumée, tous les assiégés.

De là il marche à Thèbes , autre place rebelle , qui n'élait pas loin de Sichem. Il l'investit et Passiége. Les principaux habitants se retirent dans une haute tour qui était au milieu de la ville, et de là ils se défendent par lescrénaux. Abimélech combat vaillamment au pied ae la tour; mais s'élant approche de la porte pour y mettre le feu , il est blessé mortellement d'un éclat de meule jeté d'en haut par une femme, Pour s'épargner la honte d'avoir reçu la mort d'une main si faible, il oblige son écuyer de l'achever.

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