‹ L'Art de vérifier les dates des faits historiques, des inscriptions, des chroniques et autres anciens monuments, avant l'ere chretienne (volume 2)Chapitre 85 sur 93 · JEPHTÉ · texte numérisé non relu

JEPHTÉ

I2|3. Les Israélites poussent des cris vers le Seigneur, qui se laisse enfin toucher. Il inspire aux habitans de Galaad , qui étaient les plus exposés aux incursions des Ammonites, lapi nsée d'appeler à leur secours Jephté leur compatriote , qui , chassé par ses frères consanguins ou ses cousins , parce» que sa mère était étrangère , s'était mis à ta tête d'une troupe de Brigands. Jephté commence par envoyer une ambassade aux Ammonites, pour savoir les motifs de la guerre qu ils font aux Israélites. C'est, répond le roi d'Ammon, parce que Israël venant d 'Egypte s 'est emparé de mon pays depuis les confins de l'Arnmon jusqu'au Jaboc et jusqu'au Jourdain. Rcndez-te moi présentement , et nous vivrons en paix, Jephté réplique par une> deuxième ambassade , qu'Israël n'a point conquis ce pays sur les Ammonites > mais sur les Amorrhéens qui en étaient pbs-». sesseurs alors, et cela pour lui avoir refusé le passage sur leurs, terres ; que c'est par l'ordre de son Dieu qu'il s'en- est rendit maître. Ne croyez-vous pas , ajoute t-il , avoir droit de posséder ce qui appartient à voire dieu Chamos^ et ce dont il vous a accordé , selon vous , la jouissance ? (t) Pourquoi donc né voulez—

(i ) Nonne ea quœ possidet Chamos Deux tu us > tibi iure de?/entur? W est clair que ce raisonnement de Jephié est un argument par supposition» ou, comme l'on.uarle vulgairement, un. argument ad.

vous pas que je jouisse de ce que le Seigneur notre Dieu s 'est oc— quis par ses victoires? Jephté leur oppose enfin la voie de près-, cription. lly a trois cents ans, dit -il, que je possède ce pays. (Jud* XI.) On prescrit par cent années tle possession. C'était donc une triple prescription qu'alléguait Jephté. 11 y avait inOmeencore soixante -deux années de plus , mais il les supprime ^ parce qu'elles n'étaient pas suffisantes pour former une quatrième prescription*

Jephté voyant les Ammonites sourds à ses remontrances** lève une armée avec laquelle il entre dans leur pays. Sur le point de livrer bataille, il fait vœu d'offrir au Seigneur, ea holocauste, s'il retourne victorieux, ce qui sortira le premier de sa maison pour venir au-devant de lui. 11 bat les Ammonites , leur prend vingt villes, et ruine le pays* A son retour à Maspha, lieu de sa demeure , sa fille est la première chose qu'il rencontre. Il la dévoue sans pitié à la mort, après luiavoir permis d'aller pleurer sa virginité pendant deux mois , sur les montagnes. Ainsi, dit l'Ecriture, elle n'eut commerce avec aucun homme. Quelques - uns concluent de là que Jephté , loin d'égorger sa filfe , se contenta de la condamner à un célibat perpétuel. Mais cette opinion souffre de grandes difficultés. L'historien Josephequi est de l'opinion contraire, dit que le sacrifice de Jephté ne fut ni conforme à la loi , ni agréable à Dieu.

Ceux de la tribu d'Ephraïm., jaloux de la victoire de Jephté, à laquelle ils n'avaient point eu de part, viennent le trouver en colère pour lui demander raison de ce qu'il ne les a pas appelés contre l'ennemi commun. Jephté tache de les appaiser. Nullement satisfaits de ses excuses , quoique très raisonnables, ils font le dégât dans le pays. Jephté ayant rassemblé quelques troupes, leur livre bataille, et les met en déroute. Comme la plupart de ses soldats étaient de la demi-tribu de Manassé, placée au delà du Jourdain, ceux qui étaient échappés du combat se vengent contre eux par des reproches sanglants sur leur pays. Les vainqueurs irrités de cette instance se saisissent ucs gués du Jourdain, résolus de ne faire

ho mi ne m. Telle est Y explication que donnent à ce passage tous le* interprètes. Loin d'établir aucune parité entre le dieu d'Israël et ceux des autres nations, les Hébreux ont toujours regardé ceux-ci comme de vaines idoles. C'est ainsi que l'on nom me Cliamos et/ Moloch. (3/qf.ii, 17.)

aucun quartier à tout Ephraïmite qui viendra pour le passer. ]a prononciation du mot Schibboleth , qui veut dire épi , est le signal auquel on convient de le reconnaître. Quiconque sommé au passage de dire ce mot , répond Schibboleth , est reconnu pour Ephraïmite, et sur-le-champ mis à mort.

Jephté meurt après avoir gouverné Israël pendant six ans. Saint Paul (Heb.II.) le met au rang des héros d'Israël; mais ce n'est pas à raison du sacrifice de sa fille , dont il ne dit rien , quoiqu'il parle de celui d'Abraham*

ABÉSAN.

1^3^. ÀBÉSAN Bethléeraite, succéda à Jephté dans la Judicature. Il avait trente fils et autant de filles qu'il maria tous. Son gouvernement fut de sept ans, au bout desquels il mourut, et Fut enterré à Bethléem.

ÀHÏALON.

ia3o. àhialon , de la tribu de Zabulon , successeur d'Abésan dans la fonction de juge , gouverna le peuple d'Israël l'espace de dix ans, et fut inhumé dans Zabulon.

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