‹ L'Art de vérifier les dates des faits historiques, des inscriptions, des chroniques et autres anciens monumens, avant l'ère chrétienneChapitre 155 sur 532 · ARISTOBULE I · texte numérisé non relu

ARISTOBULE I

107. Arutoiuu, CU aîné de Jean Hyrcan, lui raocéda dans la grande aacrificalure et dans le gouvernement d< l'elal. Sa mère entreprit de lui disputer ce dernier point en vertu dn testament de son époux. Arisiobule l'ayant faii arrêter, la confina dam une prison où il la fit mourir de faim. Trois de set frère* furent renfermes de même par ses ordres. Antifione fut le seul qo'îl épargna ; il le chérit même su point qu'il partagea les soins de Padmioiilralion publique avec lui.

Arisiobule voyant son autorité bien affermie, ceint le diadème, et prend le titre de roi, qu'aucun de ceux qui avaient gouverna la Judée avant loi depuis la captivité , n'avait porté.

io*î. Arisiobule va faire la guerre en Ilhurée,- dont il soumet la plus grande partie , c'est-a-dire celle qui était renfermée dans la Célésyrie, et qu'on nommait quelquefois l'Auronite. 11 propose aux vaincus l'alternative ou d'embrasser la loi de Moïse, on d'aban-onnre le pays. (Cetir pratique fut toujours une des maximes fondamentales des Asmonéens.) Les llhoréens ayant préféré le premier parti, sont en conséquence réunis au peuple juif. Une maladie ne permettant pis à Arisiobule d'achever par lui-même sa conquête, il en laisse le soin a Anligoae, et va se faire irai 1er a Jérusalem.

Antigone répond parfaitement aux vues de son frère , et réduit ce qui restait de l'Illiurée i subjuguer. Cependant Ij reine Salomé, sa belle-soeur, jalouse Je sa faveur, s'appli quait a le noircir dans l'esprit de son époux. Antigone arrive » Jérusalem , et va tout armé rendre grices a Dieu dans son temple, l.a reine persuade i Arisiobule qu'Amigonc doil venir de 11 pour l'assassiner. Arisiobule envoie dire à son frère de mettre bas ses armes avant d'enlrer dans le palais, et donn* ordre en même trois a ses gai des de le mettre à mort s'il n'obéit pas. Le messager corrompu par la reine, va rendre l'ordre du prince dans un sens coulraire, invitant Antigone de la part de son frère à venir ëialer son armure devant lui. Le jeune prince en conséquence s'aclieiniur vers le palais dans l'elal où il est entré dans le temple. Les gardes aussi loi qu'il paraît, le massacrent. Arisiobule ne larda pas à reconnaître l'enormilé de son crime , et le joignant au meurtre de sa mère, il conçoit du loul de si violeos remords, qu'il en meurt de désespoir au bout d'un an, après avoir vomi une partie de son sang. L'affection régulière qu'il avait pour les Grecs, le fil surnommer l'HlLittLLW». Après sa mort, Satomé fil élargir les trois frères de ce prince, qui étaient toujours restés jusqu'alors en prison. ( Jotepht Amiy., L XIII, c ii).)

ALEXANDRE JANNÉE.

106. AlfXatTM J a HUÉE, l'aîné des trois frères d'Arislobuk, est couronné roi de Judée malgré l'opposilion de relui qui le suivait dans l'ordre de la naissance. Pour se venger, il fait aussitôt après ce couronnement mourir ce rival. Mais il donne à son autre frère, Absalon , 1 qu'il lui conserva toute sa vie.

io5. La ville de Ptolémaïde profilant des troubles de la Syrie, avait secoué depuis peu le joug de celle puissance pour s-'ériger en république. Alexandre Irouvanl celle place a sa bienséance, entreprend de la conquérir, et vient en faire le siège. Ptolémée Lalhyre, roi de Chypre, accourt à la délivrance des assiégés , qui l'avaient d'abord appelé a leur

secours, mais qui s'etant ravisés , l'avaient de ses services. Alexandre lève le siège pour aller au-devani de Lalhyre. Il I rompe ce prince, en faisan I avec lui un traite qu'il viole presqu'austiiot par l'alliance qu'il contracte avec Cleopàtre , reine d'Egypte , mère et ennemie de l.athyre.

10L L'année suivante, Lalhyre, poor se venger de la •rfidie d'Alexandre et de 1 inconstance des habitants de 'lolémaïde, rentre en Palestine avec de si grandes forces, qu'en même terni il fait assiéger Ptolémaïde par ses généraux, et conduit lui-même une armée considérable en Judée. B.u.iilfe donnée sur les bords du Jourdain en Ire Alexandre et Lalhyre. Le premier est défait avec une perte de trcnie mille hommes, uns compter les prisonniers que Lalhyre fil après la victoire.

io3. Alexandre, dans son désastre, a recours a la reine ]'Egvple. Elle vient en personne avec une armée commandée par les deux juifs, Chelcias et Ananias. Cette princesse marche droit 1 Ptolémaïde, dont elle fait un nouveau siège , jui fut bien plus durable que le premier.

10a. Chelcias meurt devant celle place ; mais Cléopâire , sans se déconcerter , pousse les travaux avec tanl de vigueur, qu'elle force a la fin les assiégés de se rendre.

Alexandre vient trouver CléopStre dans Plolémaïde avec de riches présens, qu'il lui offre pour gagner ses bonnes

Srices. Quelques-uns conseillent a celle princesse de profiter e l'occasion pour se rendre maîtresse de la Judée. Mais le uif Ananias, parent d'Alexandre, la détourne de ce dessein par des raisons d'honneur.

Lalhyre cependant ne pouvant faire tête i sa mère, avait fait une descente en Egypte pour s'en emparer en son absence , croyant le pays dépourvu de troupes ; mais il echou. dans cette entreprise.

10t. Alexandre Jannée, après un siège de dix mois, s* renJ maître de Gadara: il tourne ensuite ses armes contre Amathus, autre place forte au delà du Jourdain, qu'il preml en beaucoup moins de lems Mais Théodore , prince d<- Philadelphie, qui gardail son trésor dans Amalhus, le rhare* inopinément au retour de cette conquête, avec tant de vigueur, qu'il lui lue dix mille hommes, reprend son lr<- .or, et enlève même lebogage d'Alexandre. Ce revers plonge le prinre juif dans un profond arcabhmcnl ; mai» il ne l< mil pas hors de mesure. Dès qu'il fut renJu â lui-même, il pensa a de nouvelles conquêtes.

100. Résolu de se venger de Gara , qui avait fourni def troupes a l-athyre, il prend Raphia et Anthedon qui ser vaient comme de boulevards 1 celte place qu'd bloqua ensuite a sou aise.

9H. Deux ans après, il convertit le blocus en siège. Apoltouole, gouverneur de Gaza, la défend avec toute la valeu" el l'habileté possibles durant une année entière. Il eûï peutr-lre a la (in obligé 1rs assiégeants a se retirer; mais l.vsi maque, son frère, jaloux de sa gloire, forme une conjuration rontre lui, el le fait assassiner. Les conjurés, après ce coup, livrent la place a l'ennemi. Alexandre y elanl entré tarifait passer toul au fil de l'épee. Nais les Gaxeens vemlencher leur vie, el lui loenl presque autant de monde qu il étaient a ux mêmes. Alexandre ne sort de Gâta qu'après 11 avoir fait un monceau de ruines. Celle ville iul d»us la sum rcblï ie par Pompée , après qu'il eut (ail la conquête de ia ludec, puis par Gabiniu*; mais elle ne recouvra tamais son premier eiai. Pendant l'absence d'Alexandre, le» l'Iiaririenv . ennemis de sa famille, s'elaient appliques, el avaienl réusu a le rendre mi-prisable aux yeux du peuple. De retour .. Jérusalem, il n-svenlit les rfïels de celle disposition èpidemique dans un sanglant alTronl qu'on lui fil. On crlebraii alors la fêle des tabernacles. Le dernier jour de celle solennité, dans le lems qu'il se préparait a oflrir des sacrifices, le peuple, à l'envi, lui jelle à la léle le fruit des branche* de citronnier, qu'il portail alors suivant l'usage. Celle insu lence fui accompagnée de discours Qui étaient assorti*. L> ponlife irrilé commande a ses gardes de faire main-bassi <ur le peuple ; ce qui fut exécuté avec lant de promptitude il d'ardeur, qu'il y en eut six mille de tués. Alexandre m voulant plus désormais se fier a ceux de sa nalion , preml a sa solde un corps de six mille Pisidiensel Ciliciens, pour leur confier la garde de sa personne. S'étant remis en ram- (94), il va faire la guerre aux Arabes. Il les bal en ontres, el rend tributaires les Moabiic* et lu

rencmii re» , habitants de Galaad.

le Théodole, fils de Zénon Colylas, prince île PhdaJe phie. Il y entre dans la vue. principalement d'v prendre I forteresse d'Amalhus, où étaient les trésors Je ce priuc 1 hui

es , il était parvenu aur état»

la

priiicr

qu'il avait pris, el reperdus huit ans auparavant. Theodnt (ut si effrayé de so

la place vide et

mil arrivée,

u'il s'enfuit ausvilitt, laissarn Alexandre la fil

qa. Nouvelle expéJilion d'Alexandre au-delà du Jourcontre Obodas, roi des Arabes. Heureuse au comelle devint malheureuse * la fin: rc pnrio

DE L'HISTOIRE SAINTE

I ayant donne dans une embuscade des Arabes, où il perdit la plus grande partie de son armée.

Révolte des ennemis domestiques d'Alexandre , a la nouvelle de cet échec il revient en diligence pour apaiser le trouble. Sa présence ne sert qu'à l'augmenter. La guerre civile s'allume; clic dura six ans, et coûta la vie a plut de

I cinquante raille

87. Quoique toujours vainqueur , Alexandre se lasse le premier d'une guerre, qui ne tendait qu'a la ruine de son pronre pays. 11 propose aux Pharisiens divers plans d'accom modement , oui sont tous rejeté*. Il leur (ait enGn dvuian der ce qu'il doit faire pour les contenter gorgt, répondent-ils, c'est 1

tout k tarif .,<«. 'U u rtpandu. A cette .i^y. mw> , « dre comprend qu'il n'y a aucune composition a taire avec ces forcenés. Il pousse donc la guerre avec une nouvelle

\es rebelles, toujours vaincus, Implorent le secours de bémetrius Eucliére, roi de Syrie. Ce prince vient en Judée avec trois mille chevaux et quarante mille hommes de pied L'armée d'Alexandre n'était que de vingt -six mille hommes , dont six mille étaient grec* et le reste juifs , de la secte des Sadducéens; car tout ce qui s'appelait Pharisien , était contre lui. F-es deux chefs, après avoir essaye vainement de s'entre-debaucher leurs troupes , en viennent a une bataille décisive. Alexandre, suivant Josephe, zélé pharisien, fut défait, et obligé de chercher son salut dans les montagnes avec un petit nombre des steos. L'auteur du quatrième livre les Machabées dit au contraire qu'il fut vainqueur, et pour suivit le roi de Syrie jusqu'à Antioche, où il le tint assiégi pendant trois ans; et qu'au bout de ce terme, Démetrius en étant venu aux mains avec lui , fut tué dans l'action. Il | aioute qu'après cette seconde victoire, Alexandre fut reçu fans Jérusalem avec de* démonstrations de joie. Ce qui est certain, c'est que depuis cette bataille, Démetrius, soit par mort , soit par retraite, disparut de la Judée, et qu'Alexandre se trouva en forces pl ia guerre contre les

87. Bataille près de Bethom , entre les deux partis , qu décida tout. Alexandre v remporta une victoire complète. Lrs vaincus s'etant retires dans la place, y sont assièges, et forcés de se rendre, l'année suivante, à discrétion. Huit cents d'entre eux envoyés a Jérusalem , y sont mis

sous leurs yeux , tandis qu'ils expirent . leurs remise enfants. Alexandre, par les fenêtres de son palais,

dans un même lieu; et pour comble d'atrocité, l'on égorge sous leurs yeux , tandis qu'ils expirent . leurs femmes et leurs enfants. Alexandre, par les fenêtres de son palais, contemple cet affreux spectacle au milieu d'un festin qu'il donnait à ses courtisans.

Effrayés de ces horreurs , les restes des mutin nèrent le pays pour n'y plus reparaître. Leur retraite fin à une guerre civile de six ans, et laissa Alexandre libre d'agir contre les ennemis du dehors , après avoir ceux da dedans.

Antiochus-Denis était alors sur le trdne de Damas, Syrie. Voulant envahir l'Arabie-Pétrée , il traverse avec son armée une partie de la Judée, pour prendre le plus court chemin. Alexandre, prévenu de son dessein , craignant pour ses propres étals, lait faire un grand retranchement depuis Capasarbé, connu depuis sous le nom d'Antipatride, jusqu'à la mer de Joppé , qui était le seul chemin par où Von pût entrer. Aniiocbus force le passage, et pénètre en Arabie, où peu de tenu après il est tué. Alexandre alors pense luimême à faire des conquêtes en Arabie, et surtout à recouvrer les pays de Moab et de Galaad qu'il avait pris autrefois, mais qu'il avait été obligé de rendre aux rois arabes pour empêcher qu'ils ne vinssent au secours de ses sujets révoltés. Aretas, maître de Damas depuis la mort d'Antiochus, fait une irruption en Judée, ce qui oblige Alexandre a revenir sur ses pas.

Bataille entre ces deux prince*. Alexandre battu . fait un traité avec Arétas, qu'il engage à s'en retourner. Libre alors de poursuivre ses conquêtes, il soumet, dans le cours de trois ans, tout le pays où Démetrius commandait, et dont les principales villes étaient Dion on Dia, Pella, Esta, ci sous leVom de Gensa , Gaulo*» , Seleucie et Gamala.

fta. De retour à Jéi usaient , il s'abandonne à la chère et à l'excès du vin. Son intempérance lui cause une fièvre quarte, qui ne modère ni son ardeur pour les conquêtes, ni son goût pour les plaisirs.

70, Alexandre, épuisé de fatigues et de débauches, meurt sur Ta frontière des Géraseniens, pendant qu'il assiège le chiteau de Ragaba dans la vingMeptième année de son règne et la quarante-neuvième de son âge. Il laissa deux fil», Hyrcan et Aristobule ; mais il remit les rênes du gouvernement entre les mains d'ALEïAPDRA, sa femme, qui était présente à sa mort. Alexanuka cache la mort de son époux jusqu'à ce que la place soit prise, et revient triomphante i Jérusalem. Elle assemble aussitôt les chefs des Pharisiens , et leur déclare qu'elle veut se gouverner par leurs conseil*; alors toute leur haine pour Alexandre se change en regret* ; au lieu des invectives et des injures qu'ils avaient toujours vomies contre lui, ce ne sont qu'éloges et panégyriques où ils relèvent jusqu'à l'eiagération les grandes actions du prince défunt. Le peuple, dont ces hypocrites ambitieux disposent à leur gré, devient leur écho. Tout retentit des louanges a Alexandre; et on lui 6t une pompe funèbre plus somptueuse et plus honorable qu'aucun de ses prédécesseurs n'en avait eue. 1

78. Alexandra solennellement établie, suivant le testament de son époux , administratrice souveraine de la Judée, fait élever à la dignité de grand prêtre Hyrcan, son fils aîné âgé de trente trois ans. Les Pharisiens devie nnent alors les maîtres des affaires. L'une de leurs premières opérations fut de casser le décret qu'Hyrcan sur la fin de ses jour», avait rendu pour abolir leurs constitutions traditions] les ; il les font revivre , cl y en ajoutent de nouvelles, dont il* exigent rohservalion avec rigueur. La loi écrite , étouffée sous re ratras, n a plus que le degré de force qu'ils veulent lui donner; ils tirent des prisons crux que l'attachement à leur doctrine y avait fait mettre, et rappellent ceux dont il avait causé 1 exil. Se trouvant alors en forces par le retour de ces proscrits , ils usent de représailles envers les Sadducéens , et en I reprennent de venger la mort des huit cents Pharisiens qu Alexandre avait fait crucifier, sur tous ceux qui avaient conseillé celte exécution au prince. Diogène, qui avait eu le plus de part à la confiance d|Alexandre , est une des premières victimes qu'ils immolent i leur vengeance ; sa mort devint comme le signal d'une persécution générale contre les ennemis des Pharisiens. I.-, reine voit chaque jour avec des regrets impuissans les plus fidèles serviteurs de sa maison tomber sous le glaive de leur* ennemis.

73. Quelques chefs de la secte opprimée échappés au carnage, mettent Aristobule i leur tête, et vont supplier la reine de faire cesser leurs calamité*. Alexandra , touchée de leurs remontrances appuyées par son Gis , leur confie la garde de plusieurs place* du royaume pour les mettre à l'abri de

7a. Aristobule , par ordre de la reine sa mère , marche ••ne armée contre Ptolémée, fils de M en née, prince de , au pied du mont Liban, qui était le fléau de ses . ; mais il ne fait rien de mémorable dans cette expédition , s'étant beaucoup plus appliqué à se concilier les chefs de l'armée pour se procurer là couronne après la mort de sa mère , qu'à repousser l'oppresseur et à faire sur lui des conquêtes.

.- d'Hérode-le- Grand, dit l'Ascalonite du 00m de sa patrie. Son père Antipas ou Antipater, avait été fait gouverneur de j'idumée, où il était né , par Alexandre professait par conséquent la religion Judvïque , lent tous ses compatriotes depuis que Jannée les eût soumis. Cypre, sa mère, était d'une famille illustre d'Arabie.

ft. Siège de Ptolémaïde, formé par Tigrane, roi d'Arménie. Alexandra lui envoie une ambassade pour lui demander son amitié. Tigrane sentant que sa présence est nécessaire en Arménie pour mettre ce pays à couvert des attaques des Romains, déjà maîtres d'une partie de la Cappadoce et du Pont , reçoit ces ambassadeurs avec d'abandonner son entreprise en et retourne dans ses états.

joie apparente, feint de la Reine,

70. La reine Alexandra meurt à l'âge de 73 ans, princesse 'une g* aade capacité , et dont le règne eût été sans tache , si elle n eût pas accordé trop d'empire sut Pharisiens, ou si elle eût pu les contenir. Pendant sa dernière maladie, elle l déclaré son héritier universel Hyrcan • son fils aîné 1

arkk<;k chkomoi.ogique

Aristobule, son secuuJ (ils, s'clanl dérobe de Jérusalem , avait été s'assurer «le toutes le* places furies t ce qui lui fol d'autant plus aise, que les ch«6 des garnisons étaient amis de soa père.

Page 1