‹ L'Art de vérifier les dates des faits historiques, des inscriptions, des chroniques et autres anciens monumens, avant l'ère chrétienneChapitre 203 sur 532 · DES ROIS DE TYR · texte numérisé non relu

DES ROIS DE TYR

religion. Elise, sa sœur aînée, plus connue sous le nom de Dijon, avait époux- Sichce ou^icharhas , son oncle, prêtre d'Hercule, dont les riche*»» étaient immenses. Pygnulion, résolu de s'emparer de ses trésors, l'assassina, suivant Virgile , au pied de l'autel , où il sacrifiait. Didon , qui devina le motif Je cet attentat , couvrit sa douleur d'une profonde dissimulation. Elle continua de vivre en bonne intelligence avec sou frire , feignant d'ignorer l'endroit où Sichéc avait caché ses trésors, et ne témoignai! I nul empressement pour

les posscJcr. Quelque lenxs après, elle lui demanda permis sion d'aller s'établir a Charlica (8bii) , petite ville entre Tyr et Sidon . avec Barca, son frère, cl Anne, sa sœur. Pygtnalion y consentit d'autant plus volontiers, qu'il espérait avoir, après sa retraite, toute liberté do rechercher les richesses que $ichée avait enfouies. Didon obtint de lui des vaisseaux pour transporter ses effets. Elle y lit porter de nuit ses trésors, et partit à son insu avec un nombre de Tyriens qui s'étaient attachés à sa fortune. Pyguialion se voyant joué, fit courir après elle, mais inutilement. Elle arriva, sans qu'on eût pu l'atteindre, en l'ile de Chypre. De là. ayant fait voile vers l'Afrique , elle débarqua à tllique , colonie tyrienne , qui la reçut, elle et tout son équipage, avec tonte sortr u'hutnaoite. Peu ùe tenu après, elle choisit un terrain où elle fonda Carlhage. Revenons à Pygmalion. Ses ancêtres avaient fait des conquêtes en Chypre, et Etienne de Bitance dit qu'il Uiit la ville de Larpasic. Gadès, aujourd'hui Cadix, dans la Béliquc, province d'Espagne, était une autre colonie des Tyriens. Pygmalion y envova un présent magnifique pour être placé dans le temple d'Hercule. C "était une figure d'olivier, dont le tronc , les branches et les feuilles étaient d'or , et les fruiu des éroeraudes qui imitaient parfaitement la nature. (83a) Josephe donne a Pygnulion quarante- sept ani de règne. Il laissa un fils nomme PAPnos , qui le remplaça sur le trône , et qui était maître de l'ile de Chypre , comme lavait été son père, y fonda une ville de son nom. Les noms de ceux qui lui succédèrent pendant le cours d'un siècle , sont restés dans l'oubli.

7*6. Elulke, contemporain de la Salmanasar, roi d'Assyrie, est le premier roi de Tyr qui se montre dans l'histoire, après Pygmàlion. C'est Ménandre, dans Joscphe, qui nous le fait connaître. Les datons s étant révoltés, dit cet auteur, Elulèt alla contre eu» avec «use flotte , pnur Us fairt rentrer sont son oLéissance. La plupart des modernes croient que les rebelles dont il s'agit ici , sont les habitants de Geih , au pays des Philistins. iMai* celle ville n'était point maritime et le* Tyriens n'avaient pas besoin d'une (lotie , pour Nous pensons, avec Alphonse des Vignolcs, qne ce sott plutôt les habitants de Cittiuta, patrie du philosophe Zéoon , en Chypre. Les Ciiiiens , dans leur détresse, firent une députai ion à Salmanasar, roi d'Assyrie, pour le prier de venir a leur secours.

717. Ce prince, en effet , vint en Phénicie à la léle d'une armée, afin de faire une diversion en faveur de ceux qui l'avaient appelé. Mais Elulée s'élant accommodé avec lui , l'engagea i s'en retourner. Peu de teins après cette expédition , dit Ménandre, la *ilU d'Aeé {depuis nommée PtoUmaïde) , celle de Sidon , l'ancienne Tyr et plusieurs autres secouèrent le joug , pour se donner au roi d Assyrie. Comme les Tyriens (delà nouvelle ville) furent Us seuls qui ne voulurent point se à lui, il

itxwtte vaisseaux, que ent équipés et dans lesquels il y avait huit cents Mais Us Tyriens ayant été à ta rencontre de cette fiatU avec doute navires, la dissipèrent, firent cinq cents primruuers et acquirent, par cette victoire, une grande réputation. Le roi d'Assyrie reprit ta route de son pays; mais il laissa quantité de troupes le long du fleuve (qui traversait la ville du continent ), et des aqueducs ( qui conduisaient de l'eau à l'antre ville ), pour les empêcher de profiter de ce* secours ; ce qui ayant continué pendant dnq ans, ils furent obligés de creuser des puits. On voit encore une partie de cesacqueducs et les citernes d'où ils partaient , qui font l'admiratioo de* voyageurs.

71a. La mort de Salmanasar mit fin au blocus de Tyr, et rappela ses troupes dans leur pays. Depuis cet événement on trouve un vide de cent vingt années dans l'histoire de Tyr. Dans cet intervalle, le mole qui formait la communication entre les deux villes de Tyr, fut emporté par les Ilots, ce qui rendit à celle du continent, une partie de ses habitants , qui quittèrent l'île pour venir s'établir en terrefrrme. IU sy livrèrent au commerce avec une nouvelle

ardeur , et portèrent cette ville au plus haut point de prospérité. Trr, suivant l'expression d'Ezcchiel, était regardée comme la reine de* villes, et ses négociants allaient de pair avec les princes par leur opulence et leur faste. Leurs vaisseaux portaient dans toutes les places maritimes, les aliments de la molesseet du luxe. C'est ainsi qne Tyr corrompait les moeurs simples c^t frugales des contrées où

passions ; car son commerce ne se bornait pas aux choses de première nécessité. Les étoffes les plus riches travaillées dans le meilleur goût , les meubles rares, les bijoux, les parfums et d'autres superfluités, voilà ce qu'elle donnait en échange des denrées que son terroir lui refusait, et des matières précieuses qu'elle recevait pour les mettre en œuvre.

S91. Ithoial H parait sur le trône de Tyr. dans le tems que Nabuchodonosor régnait à Babylone. Ce dernier, après avoir subjugué la Judée, voulut se rendre maître de la Phénicie. SiJuu et la plupart des autres places de cette contrée, cédèrent en peu de tems à l'effort deses armes. (585.) Mais Tyr qu'il assiégea ensuite, lui opposa la plus vigoureuse et la' plus opiniâtre résistance. H fut l'espace de'lrrize ans devant cette place, n'épargnant ni stratagèmes, ni travaux pour la réduire, en aorte que dans son armée, suivant l'expression d'Ezéchiel , toute épaule en détint pelée , et toute ttu en détint chauve. A la fin les assiégés réduits aux abois , chargèrent leurs meilleurs effets sur des vaisseaux, et se retirèrent dans l'île.. Nabuchodonosor, en entrant dans Tyr, se rit cruellement trompé dans son attente. Furieux de la trouver presque déserte et dénuée de ces grandes richesses, qu'il avait promis Je partager avec le soldat, pour le récompenser de ses fatigues, il passa au fil de l'épée ce qui restait d'habitants, et fit raser ensuite la ville jusqu'aux fondements. Telle fut la déplorable fin de la superbe Tyr ; et c'est ainsi que furent accomplies les menaçantes prédictions qui annonçaient sa destruction. Voyez dans les chapitres XXVI et XXVH d'Ezéchiel , la description de cette ville , qui n 'avait point d'égal», et les malheurs que Dieu lui annonce par la bouche de ce prophète.

Il paraît qu'lthotol périt durant ce siège. C'était, suivant le portrait qo'Ezécbief en fait, un prince fier, insolent et assis sur un trône d'or, que la fortune avait enivré, qui couvert de pierreries, n'était occupé qu'à s'admiier, oui, prétendait savoir tous les secrets, être aussi sage que Daniel, et mériter même d'être mis au rang des dieux : arrogance qui lui attira cette sévère condamnation : parce que votre cœur s 'est élevé, comme si c'était celui d'un dieu, je ferai venir contre tous des étrangers les plus puissants d'entre les peuples , et ils viendront l'épée à la main exterminer votre sagesse-... , ils vous tueront et vous précipiteront du trône. fEiéekiel , c. XXVIII.) Retirés dans lenr (le, les Tyriens changèrent la forme du gouvernement , et au lieu de rois , ils établirent des suffîtes ou juges.

S73. Baal fut le premier sufTete de la nouvelle Tyr. Durant son gouvernement nui fut de dix ans , il n'oublia rien pour fortifier son tle, I embellir et la rendre semblable à l'ancienne Tyr, Mais pour lui éviter le sort de celle-ci . il la rendit titulaire du roi d'Assyrie, ce qui lui assura une longue paix et une entière liberté pour le commerce.

56a. Ecnibal, Chelbis , Abbabe , Mytcon et Gerastrate furent 1rs suffetes qui succédèrent à fiaal , l'un après l'autre, à l'exception des deux derniers qui furent collègues. Ceux-ci régnèrent pendant six ans, et les \to\* précédents, quinze mois en tout. On revint ensuite à la royauté.

554. Balator fut créé roi de Tyr, du consentement des Assyriens, Mais il n'occupa le trône que l'espace d'un an.

553. MERBAl, Babylonien, fut choisi par les Tyriens, eh es qui apparemment il s'était établi , pour remplacer le i Balator. Son règne fut de

54g. lftoxf fut le successeur de Méritai. Ce fut la quatorzième année de son règne, suivant les Annales phéniciennes, que Cyrus monta sur le trône de Perse, par la mort de Cambyse, son père. Ces mêmes Annales donnent à Irom vingt ans de règne.

539. Mapem . fils et successeur d'Iran , servit sur la flotte de Xercès, roi de Perse, et fut un de ceux qui conseillèrent

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CHRONOLOGIE HISTORIQUE

à ce prince d'attaquer la flotte grecque à .Salamine : conseil funeste dont Xercès ne dut pas lui «avoir gré, après l'événement. Mapen était atdrs dans la 49*. année de son règne. Il paraît qu'a son retour a Tyr , il y périt dans la révolution suivante. Les esclaves qui étaient alors en grand nombre dans cette ville, ayant formé une conspiration contre leurs maîtres , les égorgèrent tous pendant uoe nuit, a l'exception de Stratoo , a qui le sien, par affection , conserva secrètement la vie. Ayant ensuite délibéré de se donner un roi pris d'entre eax , ils prorogèrent l'assemblée au lendemain, et convinrent que celui qui le premier aperceverait les rayons do soleil, serait reconnu roi. L'esclave de Straton, conseillé par son maître, remplit la condition, en tournant le dos a l'orient ,et regardant? l'occident le faîte des maisons. Sommé de dire qui lui avait appris ce secret , il nomme Stralon. On court chercher ce sage citoyen, non pour l'immoler, mais pour le couronner. C'est ainsi que St&atos devint roi. Il immortalisa son nom en le donnant a une tour qu'il fit construire sur le bord de la mer , et autour do laquelle Hérode le Grand bâtit dans la suite une ville qu'il nomma Césarée, en l'honneur de l'empereur Auguste. C'est le seul trait que l'on sache du gouvernement de Straton.

Après sa mort son fils , dont on ignore |r nom , fut placé surlejtrûne, et le sceptre passa de main en main a leurs descendants jusqu'à AZELMIC, quiful ledernitrioi connu de Tyr. Celui-ci était contemporain d'Alexandre le Grand. J-orsque le cours des conquêtes de ce prince l'eût amené en Plienicie , Azrlmic envoya au-devant de lui des ambassadeurs , parmi lesquels était son fils, avec des présents pour lui et Iles provisions pour son armée. Alexandre reçut favorablement le tout. Mais ayant demandé a entrer dans Tyr, sous prétexte d'y offrir un sacrifice a Hercnle, il essuya un refus qui l'irrita au point , qu'il résolut de prendre la' ville d'assaut (33a). Ces menaces n'effrayèrent point les Tyriens. Nulle place n'était aussi bien fortifiée que Tyr , dont les murs hauts de cent cinquante pieds et baignés de tout côté par la mer, la ville s'étendaot sur tout le terrain de l'île, ne laissait aucun lieu aux approches, ni à la surprise. La place était d'ailleurs pourvue de toute sorte de machines de guerre, et de vivres pour long-tems. Les Carthaginois de plus, maîtres alors de la mer, avaient promu aux Tyriens de venir a leurs secours. Alexandre sentit les difficulté* qui s'opposaient a son dessein, et n'en fut que plus animé a le suivre. Apprenant qu'une chaussée avait autrefois joint l'île au continent , il entreprit de renouveler cet ouvrage, poor lequel il employa les matériaux de l'ancienne Tyr et les bras des peuples voisins qu'il avait subjugués. L'entreprise était déjà fort avancée, lorsqu'une tempête emporta tout ce qui était fait. Alexandre ne perdit point courage , et recommença sur de nouveaux frais. Les Tyriens voyant les progrès de l'ouvrage dont ils d'abord moqués , songèrent sérieusement à l'arrêter, sur leurs vaisseaux , Us harcelaient continuellement les travailleurs , que les soldats étaient assez occupés a défendre. Alexandre cependant faisait venir sa flotte Je Grèce. Lorsqu'elle fût arrivée et la chaussée finie , il commença a battre la place et par mer et par terre. Il est incroyable avec quelle ardeur, quels efforts et quelle obstinai ion les attaques furent livrées; avec quelle vigueur, quelle industrie et quelle constance elles furent repoussées. Vingt fois Alexandre se repentit d'avoir tenté ce siège , et fut sur le point de l'abandonner. Il y eût été infailliblement contraint, si les Carthaginois avaient fourni aux Tyriens les secours qu'ils leur avaient promis. Mais les troubles domestiques qui les agitaient, ne leur permit ent pas de tenir parole. A la fin Tyr, après avoir perdu ses plus habiles ingénieurs et ses meilleurs combattants , après avoir vu tomber une partie de ses murs, fui emportée dans un dernier assaut , au bout de sept mois de siège. Le vainqueur ne la traita point avec la modération que sa brave défense semblait mériter. Huit mille de ses habi- ,lants forent passés au fil de l'épée, deux mille c trente mille vendus a l'encan , et la ville brûlée

, fil grâce aux

descendants de Straton. Le roi Azelmic s'était réfugie dans le temple d'Hercule. L'ayanfrtiré de cet asile, non-seulement il lui accorda la vie , mais il lui remit la couronne sur. la tête, roulant qu'il continuai de régner dans Tyr, qu'il

Mahiox, qui prit le parti d'Antigône contre Hérode. Marion fut battu avec son allié, et le vainqueur, dil l'historien

des Juifs , en usa envers les Tyriens avec une générosité qui lui concilia leur affection.

Depuis que l'ancienne Tyr eût été détruite par Nabucho-

qut i

prince, passa de la dom nation des des Perses, et fut gouvernée par les satrapes qu'ils pour commander en Phénicie.

Les Sidoniens mécontents de celai qu'.

avait chargé de ce département, traitèrent Nectanébe , roi d'Egypte, après quoi s'étant , ils se révoltèrent hautem

avec roi ,

TtMtfes

Perses. Le satrape entreprit de les réduire. Mais s'élant saisi de sa personne , ils le traînèrent ignominieusement au supplice. l>nr fureur n'en demeura point là ; ils coupèrent les aibre* du jardin que le roi de Perse avait près de Sidon, et mirent le feu au fourrage destiné à nourrir ses chevaux. !«es gouverneurs de Syrie et de Cilirie accoururent pour étouffer le mal dans sa naissance. MaisTennès ayant marché contre eu», les mil eu fuite. Artaxercès à la nouvelle de cet échec vint lui-même en perso one (4Si ) , avec une armée de trois cent mille hommes de pied et trente mille chevaux , ayant de plus une flotte de trois cents vaisseaux de guerre et cinq cents navires chargés de provisions, pour aitaouci Sidon par mer et par terre. Les Sidoniens avaient de leur enté une flotte considérable et de bonnes troupes qu'il» avaient rassemblées de toute part. Munis de La sorte, ils étaient en état et dans la résolution de se bien défendre. Mais après quelques jours de siège, leur roi Tennès et son lieutenant seiaul laissé corrompre par les Perses, les trahirent et livrèrent la ville a l'ennemi. Le seul parti qu'ils eurent alors à prendre, fut de recourir à la clémence cTArlaxercè*. Ils loi députèrent , pour le fléchir , cinq cents hommes portant à la main des branches d'olivier. Mais le roi de Perse . loin de les écouter , ordonna de tirer sur eux et les fit percer de coups de flèches. Réduits au désespoir, les Sidoniens s'enfermèrent dans leurs nuisons avec leurs femmes et leurs enfants , y mirent le feu el périrent ainsi , au nombre de quarante mille personnes. Ainsi furent accomplies les menaces des prophètes contre cette ville qui , de même que Tyr , outrageait le Seigneur par son impiété , et ipait par son luie et ses mœurs dépravées les autres - qui elle commerçait. Sidon renaquit aussi de orsqu'Alesandre vint en Phénicie , elle se soumit volontairement à ce conquérant, et lui fournit même des troupes pour l'aider à subjuguer la ville de Tyr. Mais au sac de celle-ci , les Sidoniens , se souvenant de leur ne fraternité avec les Tyriens, en sauvèrent secrét le plus grand nombre qu'il leur fut

Sur l'invention de t 'écriture.

Au commencement de l'article de Tyr, on attribue l'invention de l'écriture aux Phéniciens : c'est celle a fait dire à Lucain , dans la Pharsale :

Phemictr primi , fsmm si enéilue , truri Maajurmm IvJitus tvctm tiftrt figurit.

Vers que Brébeuf a traduits ou imités par les deux vers suivants:

C'est de lui (■) qoe nous vient cet arl ingénieux De peindre la parole et de parler aux yeux.

Cadmu», fils d'Agéaor, originaire d« Phénicie, apporta, dit-on , ea Grèce , la connaissance de» lettres.

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