DJ£S ROIS DE BABYLONE
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ou Ninève, de même, que Bixance prit le nom de Cornus linople, lorsque Constantin en eut (ail une seconde Rome, Il est marque dans le prophète Jonas ( chip. 3, v. 3. ) que celle ville avait trois journées de chemin ; ce qui semble, a M. Fréret, dcvoirs'enlendre de son circuit. Mais Jonas n'avait point été envoyé pour faire le tour de Ninive. Il paraît plus naturel de dire, qu'il fallait trois journées pour parcourir ses différents quartiers. En effet, Ninivc, suivant le témoignage des anciens , formait un carré long , dont les deux grands cotésavaienl chacun cent cinquante sudes , et les deux petits, quatm-vingt-dis ; ce qui forme un circuit de quatre cent quatre-vingts stades, qu'un évalue ordinairement a vingt-cinq ou trente lieues, en donnant au stade cent vingt-cinq pas géométriques. Mais les stades de la haute antiquité, selon M. Delisle, ( M «m. de t Acud. dei se. , m. «7*1 , p. 61 ) , doivent Aire évalués beaucoup plus bas. Suivant la réduction qu'il propose, Niuivc ne devait avoir qu'environ six lieues quarrees détendue, et , par conséquent, n'était qu'un peu plus de six fois plus grande que Paris. Diodore de Sicde, donne cent pieds de hauteur a ses murs, et une épaisseur si considérable que trois chars, dit-il, y pouvaient passer de front. A l'égard de la population , il est dit, dans le prophète Jonas, qu'il y avait, de son tenu, a Ninive, vingt mille personnes qui ne savaient pas distinguer leur main droite Je leur main gauche, ce qui s'explique des enfants qui n'avaient pas encore l'usage de la raison. Or, les enfants de si* ans et au-dessous, forment environ la vingtième partie d'une ville. Ainsi, la population de Ninive était d'environ deux millions quatre cent mille habitants, et , pai conséquent inférieure a celle de Pékin , qu'on fait monler à plus de dois millions.
Ninus, dans les dernières années de son règne, entreprit la conquête de la Baelriane. \xs peuples de ce royaume I eiaienl , dit-on, nombreux et aguerris, et ses places bien fortifiées. Cependant il n'y eut que la ville de Baclrcx qui soutint un siège. Il fut long, et Ninus y aurait échoue sans la ressource que lui fournit ."scmiranits, femme de Mcnnonès, gouverneur de Syrie. On ignore le stratagème qu'elle ploya pour le rendre maître de cetle place. Epris de son mérite et de sa beauté, Ninus la demanda a son époux, qui ne pouvant ni l'accorder, ni U refuser, se doona la mort de désespoir. Ninus, après avoir eu , de celte princesse, un fil» nommé Ninyas, mourut la cinquante-deuxième dé son règne.
1916. SêmiAMls, m>re et tutrice de Ninyas, se fit reconnaître reine de Babylonc et d'Assyrie , après b mort de son époux, et conformément a ses dernières volontés. Portée, par son caractère, aux grandes choses, et dominée par la passion d'immortaliser son nom , elle entreprit de rebSlir Babylone , et d'en faire une ville superbe par l'étendue de son enceinte et U brauté de ses édifiées. Elle y réussit, de manière que Babylone fut regardée comme uue des merveilles du monde. On n« doit pas néanmoins admettre, sans critique, tout ce que les anciens racontent de la magnificence et de la grandeur de celle ville. Pour nous donner une idée de sa vaste enceinte, Aristote rapporte sérieusement que, lorsqu'AlexaniIre la prit , il y cul tel quartier où, trois jours après, la nouvelle de cet événement n'était pas encore parvenue. Hérodote est moins hyperbolique a cet. égard, et d'autant plus digne de foi , qu'il avait vu Babylone dans un tenu où elle n'était pas entièrement déchue de son ancienne splendeur. Babylone, suivant cet historien , avait de circuit quatre cent quai re-vingU stades, de même que Ninive; mais, comme elle formait un carré parfait , elle était plus grande que celte dernière, et son emplacement, selon la déduction qu'on a ci-dessus indiquée, doit être évalué a environ sept lieues de surface , d'où il but conclure qu'elle était plus de sept fois plus grande que Paris. Mais Babylone n'était pas peuplée a proportion de son étendue. Toutes les maisons étaient isolées, et la plupart environnées de cours et de jardins C'est ainsi que sont encore bit ies plusieurs villes modernes dans le* pays chauds, pour éviter le* suffocations cl les autres ma ladies où l'on s'expose en habitant des maisons trop serrées. I* même Hérodote , donne aux murailles de Babylone deux cenlt coudées de hauteur et cinquante d'épaisseur. Mais il n'en parlait, peut-être, qne sur le témoignage des habitants; car lui-même nous apprend que les murailles de Babylone étaient plus des trois quarts détruites de son lems. Au milieu de la ville s'élevait le temple de Bel , composé de huit tours, qui allaient toujours en diminuant, et dont la première avait une siade de hauteur. Il était de figure quarrée et son
enceinte était de huit slades. L'Euphrale traversait la ville du nord au midi, et le pont sur lequel on le passait, avait près de quatre-vingt-seize toises de longueur , mais il n'en avait nue quatre et demie de largeur , et la distance d'une pile à l'autre n'était que de onze pied*; de plus ce pool n'etail point voûté. L'art des vailles n'était point encore connu- Hérodote fait honneur de cet ouvrage a Nitocris , femme d'Evilmerodac , ainsi nue d'un grand Tac creusé pour la décharge et la conduite des eaux de l'Euphrale. Cet historien garde le silence sur les jardins suspendus de Babylone ; et de tous les anciens écrivains, il n y a que Bérosc, prêtre chai Jeen et grand exagéraleur des beautés de son pays , qui en fasse la description.
L'attention de béroiramis ne se borna pas a l'embellissement de Babylone. Elle parcourut ses états , laissant partout des marques de sa magnificence et de son amour pour ses peuples. Plusieurs bourgs fuient changés en villes et fermés de murailles par ses ordres. Elle rit déssécher les marais oui inondaient les campagnes , conduire des eaux dans les lieux qui en manquaient, pratiquer, pour la facilité du commerce , de grandes roules , dont quelques -unes passaient a travers des montagnes qu'elle avait fait couper. On chemine encore aujourd'hui de Bagdad a Hamadan, sur la voie de Scmiramis , et on voil encore le bas relief qui fui sculpte dans le rnc qu'elle avait fait trancher pour l'alignement de cette voie.
Au milieu de «es paisibles occupations, Sémiramis formait des projets de conquête, el levait des armées pour subjuguer les royaumes qui rovoisiuaient. On n'a rien de bien certain sur ses premières expéditions militaires ; ce qu'il y a de moins équivoque dans les récits des anciens, c'est qu'elle soumit l'Arabie el l'Ethiopie, c'est-à-dire, la terre de Chus, voisine de la mer Bouge, mais non pas l'Ethiopie qui est au midi de l'Egypte, ni même ce dernier royaume qu'elle trouva dans un étal trop respectable , pour oser l'attaquer. I.a conquête de l'Inde lui parut plus facile. Elle assembla, pour y pénétrer, la plus grande armée qu'on eût vue jusqu'alors. Siabrobatès, roi Je l'Inde, apprenant la marche de Sémiramis, vient au Jevanl d'elle, a la léle de ses troupes, jusqu'au fleuve qui donne au pays son nom. La reine passe I Indus a la vue de l'ennemi qu'elle met en fuite. Elle avance dans l'intérieur du pays ; mais Siabrobatès étant revenu en forces, livre aux Assyriens un sanglant combat, où ils sont mil en déroule; la reine elle-même, après avoir reçu deux blessures, esl entraînée par les fuyards. Ayant répassé le fleuve, non sans peine, avec les débris de son armée, elle revint en Assyrie, bien résolue d'y travailler à réparer la honte de sa défaite. Mais un revers bien plus sensible lui fit oublier ce qu'elle venait d'essuyer. Ninyas, las de vivre sous la domination de sa mère, conspira contre elle, et réussit a lui enlever le tronc. D'autres disent qu'elle le céda volontairement dans la crainte que ce fils dénaturé ci 'attentat à ses jours. Quoiqu'il en soit, elle se relira dans une forteresse, où elle, passa le reste de ses jours dans le silence et l'obscurité, après avoir régné avec gloire l'espace de quarante-deux ans. Après h mort, elle fut honorée, la forme d'ui
1874. Nihyaj, nommé aussi ZamÈs, prit en main les rênes du gouvernement après U déposition ou la démissiou
de Scmiramis, sa mère. L'histoire ne nous apprend rien des actions de ce prince ; elle garde le même silence sur celles de ses successeurs. On attribue l'obscurité de leurs règnes, a la mollesse dans laquelle on suppose qu'ils étaient plongés. « Mais, peut être, dit M. Fréret, vient-elle moins » du repos dans lequel ils ont vécu , que de la tranquillité
• dont ils ont fait jouir leurs sujets. L'histoire ne se chargé
• guère que des, conquêtes et des révolutions éclatantes,
• surtout lorsqu'elle parle des pays étrangers. Or, ce sont
• de* Grecs qui nous ont transmis ce que nous savons » des rois d'Assyrie. » Quoi qu'il en soit , la chronnlogie a sauvé de l'oubli les noms et la durée du règne de ces princes . que I histoire a négligés. Nous avons deux catalogues des rois «l'Assyrie, l'un donné par Jules Africain et copié par Georges le »y ocelle, l'autre public par Eusèbe. Le premier, plus ancien et plus complet que le second, nous paraît mériter U préférence. Cesl celui auquel nous nous attacherons.
•836. Ninyas, après un règne de trente-huit ans, eut A tu us, qui tint le sceptre trente ans.
1806. An* uns monta sur le trône après Aura, et l'occupa l'espace de quarante ans.
CHRONOLOGIE HISTORIQUE
17(16. Xbbcès, successeur d'Aralius, régna treote ans.
17S6. A km a tu m 11 es remplaça Xercès , et régna trentehuit ans.
1698. Belochus vient règne «le trente- cinq ans.
iG63. Bai Et qui succéda a Belochus , régna cinquantedeux ans.
161 1. Sïthos parait, après Balœcus , sur le trône «l'Assyrie, qu'il remplit l'espace de trente-deux ans. I.e père Goar , dans l'édition du Syncelle . a suivi une mauvaise leçon en donnant cinquante ans «le règne à Séthos, ce qui w prouve par l'an du monde, où le syncelle place l'élévation de ce prince, et celui auquel il assigne le commencement du règne de son successeur ; car la première de ces deux époques est de Tan du monde 36a8, et la seconde 3'i6o. Séthos est le même , suivant M. Fréret , que Sésoslris , roi d'Egypte, a qui les Grecs, en effet , donnaient les deus noms , et dont Manethon raconte «fu'il avait soumis les Assyriens. Au lieu de Séthos, Eusèbe met Altadas dans son canon des rois d'Assyrie , soit que ce fut le nom assyrien de Sésostris , soit que ce fut celui du prince qui régnait alors sur l'Assyrie, et qui devint le tributaire des Egyptiens. Les successeurs de Sésoslris négligèrent tes conquêtes qu'il avait faites; mais plusieurs des provinces de l'empire d As- •y rie, a près s'être soustraites a la domination des roisd'I'.gypte, ne retournèrent pas sous leurs premiers maîtres , et fonnè-
1579. Mamythus 1 se mit en possession du trône de ses ancêtres après la mort de Séthos. On lui dunne trente ans de règne.
i54a ASCHAUVS, appelé Makca par^Eusibe, fut le suc-
de Mamythus, et régna
l5ai. S ru,* fus, qui suivit deux ans le tronc d'Assyrie.
plit
149g. Mamythus II, successeur de Spharus, régna
1469. Spabtacus remplaça Mamythus II, et
i4a;. Ascatades, substitué a quarante-huit ans de règne.
1379. A myrtes , qui occupa le trône après Ascatadès , mourut au bout de quarante-cinq ans de règne.
. 1339. Lahpaaes trente
ou LAMFABÈS suivit Sosarès, et régna
1199. Pasyas, cinq ans.
n3a. Mjtkhaecs remplaça sept ans.
t!o5. TAOTAHisI,
deux ans.
1073. Tectaeus vient a la suite de TauUoès , et régna quarante quatre ans. *
1039. Arabfj.cs, Chalacs, Amans et Babhts, quatre rois omis par Eusèbe, régnèrent , te premier, quarante-deux ans, le deuxième , quarante-cinq , le troisième, trente-huit et le quatrième, trente-sept. Ce qui fait en soixante-deux ans.