‹ L'Art de vérifier les dates des faits historiques, des inscriptions, des chroniques et autres anciens monumens, avant l'ère chrétienneChapitre 241 sur 532 · DES ROIS DE BACTRIE · texte numérisé non relu

DES ROIS DE BACTRIE

Aja Bac trie ou Baclriane, connue présentement sous le nom <le Cborassan, était bornée s l'occident par la Margiane ; au septentrion par le fleuve Oxus ; au midi par le mont Paropamisus; et a l'orient par la Scylhte asiatique et par le pays des Massagètes. Conquise par Ninus, elle fut gouvernée

Sar les rois d'Assyrie, ses successeurs , et ensuite p*r ceui e Perse sous le grand Cyrus ; après quoi elle tomba sous la puissance des Macédoniens ; passa entre les mains des Sélcucidet rois de Syrie « et y demeura depuis Séleucus fiicalor, jusqu'à Antiocbus The os ou le Dieu (a).

Tbéodotb ou Diodote, était gouverneur de la Bac I rie, pour Antiochus 11. Il était grec et non Macédonien , comme étaient les Séleucides. Il y a lieu de croire qu'il descendait de ces colonies grecques qui habitaient dans l'Asie. Quoi qu'il en soit, pendant que le roi de Syrie était en guerre avec le roi d'Egypte , Theodote souleva les Bac- I riens contre leur souverain (aSti), se Gt déclarer roi de la Bactrie , et s'affermit si bien sur le trûnc où il s'était élevé qu'il n'y eut plus moyen de l'en chasser dans la suite. Il laissa trois fils, Theodote, Eulhydème , Ménandre ; et mourut vers l'année a«.3.

Theodote II, fils aîné de Theodote I, fut aussi son successeur- 11 fil alliance avec Arsace II, roi'des Partîtes, (a35) et recula considérablement les bornes de son empire, pendant que les deux frères , Séleucus Callinicus , et Antiocbus lliérax, consumaient leurs forces a se disputer la couronne de Syrie. Mais il fut défait en baiaille rangée , chassé du trône et tué avec ses enfans par Eulhydème.

ait. EtrrHYDEME (4), prince aussi prudent que valeureux, défendit la couronne et le pays qu'il avait usurpés contre tous les efforts d'Antiochus le. Grand , et obligea ce prince , après plusieurs années de guerre (ai i) a renoncer pour toujours I l'espérance de se rendre ma tire de la Bactrie (aoS). Le roi de Syrie consentit même, dans la suite, a ce qu'Euthydéme pnl le titre de roi. Eulhydème laissa un fils nommé Démétrius.

ig5. MÉnahdhe , frère d'Eulhydème, ou son parent,

(t) Il y » des auteurs qui font remonter a l'an a6a, le démembrement de la Syrie et de la Bactrie , et le rapportent à un Eulhydème, Grec d'origine, qui était gouverneur de la Baclriane, pour Antiochus I. Ma» ils ajoutent que cet Eulhydème n'osa jamais prendre le litre de roi. L'opinion, ou plutôt l'erreur de cej auteurs ( Vaillant et Longuerue ) vient d'un endroit auet obscur et mal entendu de Slmboo. Mais Strabon lui-même, dan* un autre endroit , remet aon lecteur dam la ban chemin , en disant qu'au tenu on les rois de Syrie et de Médie se faisaient la guerre , ceux qui avaient en garde la Bactrie ( Théodote et Ariace ) commencèrent par toustraire ce pays a l'obéissance de ces maîtres; mï£vthjdtme tu fit a*t**t i l éga^Jt ternit U nffiûa «wj/m , c'est-àdire l'Inde , et qu'ensuite Arsace envahit la Partbie et s'en empara. ( Vojtt enrore la note suivante ).

(/) Cet Eulhydème n'était point de la race de Theodote peut être de celle de celui dont il est parié dans la note dente.

avait été roi de l'Inde ; mais voyant son neveu trop jeune pour régner, il prit lui-même les rênes du gouvernement de la Bactrie, passa le fleuve Hypanis avec une bonne armée , subjugua le royaume de Sigertis , la province de Pallalène

et plusieurs autres piys inconnus, même à Alexandre. Il se préparait a d'autres expéditions, et même à attaquer le roi de iyrie, lorsqu'une violente fièvre le précipita dans le tombeau. Plusieurs villes se disputèrent l'honneur de donner la sépulture a son corps : pour contenter leur affection , sans causer de trouble, ses cendres furent partagées entre ces villes , et la plupart lui élevèrent des monumens superbes (c).

18t. Eucralide (cf), fut le successeur de Ménandre et se maintint en possession , non -seulement des conquêtes de son prédécesseur, mais en fil encore de nouvelles. Les Sogdiens, les Drangiens, subirent son joug; après quoi il eut affaire avec le roi des Indes, Démétrius , qui , après la mort de Ménandre , s'était emparé de toute l'Inde; durant cette guerre (148) il fit alliance avec les Parlhrs, et Démétrius

I fut chassé de tout le pays (e). Après cette victoire, il bitit sa ville d'Eucraiidie , fit de bons rvglemens pour ses états,

Jet parvint a une très-grande vieillesse ; mais il eut une fin in<figne de ses vertus et de ses belles actions. Pendant son absence , il avait confié a son fils le gouvernement de la Bactrie. Ce fils dénaturé l'assassina licitement autsilôt après son retour dans ses étals, et n'eOt pas plus de honte de son parricide que du meurtre d'un ennemi) car après avoir roulé son r bar dans le sang de son père . il le laissa sans sépulture, en proie aux bélcs carnassières (/).

Eucratide II ne jouit pas long-temps du fruit de son parricide. Les Scythes cl les Parihes ayant attaqué la Bactrie, chacun deleur cote (1 46) , Eucrat i.le fut chassé du trdne (141), et tue dans la suite en faisant effort pour y remonter. A sa mort, 1rs Parthes s'emparèrent des provinces d'Aspionia el de Turiva , laissant tout le reste aux Scythes Tocha riens, Sacauriens et Asianirns, qui tuèrent tous les Grecs Bactriens, et gardèrent la Bactne(ia7). Les rois qui régnaient dans ce pays du teins des empereurs Adrien, Anlonin le Pieux et Valérien, étaient tous Scythes d'origine ; mais ces Scythes furent à leur tour chassés par les Huns.

(e) Vaillant fait Démétrius parent de Ménandre , et le lui donne pour successeur -, mais aucun des anciens n'a reconnu Démclrii» pour roi de Bactrie.

(a*) Des monumens obscurs , et cependant dignes de Toi, nous persuadent qu'Kocralide surcéda, relie année, à Me'naotlre Oi ne sait de quel pays il était Vaillant le fait fila de Démétrius el petit-fils d'Eulhydème, mais »ur un fondement nul ou trop léger.

(e) La date de cette victoire est constatée par une médaillé du médailler de ta csarine. L'époque 108, qui est aussi marquée sur cette médaille, prouve que l'ère du royaume de Bactrie ett bien

plua haut, tout «ivantia do incurables.

Mais Alexandre le Grand avait aboli cet usage barbare , même à l'égard des morte j et Ménandre fut mis sur un bucAcr , à la manière des Grecs.

fixée a Tan aSS-aS6, et qu'on ne peut la remonter (/) Lea Bactriens étaient dans l'usage de jeter l «-hieni dresses k rel office . les vieillards ou 1rs mt

CHRONOLOGIE mSloUKH. fi

CHRONOLOGII

DES ROIS

Kmese, Emise , ou F-missB, placée sur 1m bordi de > (ironie «ntrc A pâmée el Laodicée, était une ville de Svrie, Elle ne devint un royaume qu'à l'occasion de» 1 rounds domestiques des Syriens, lorsque l'empire des Séieucides approchait de la fin.

69. SAMPSii.taAMUS, arabe de naissance , s'empara d'Emèse et d'Aréthuse (celle-ci différente d'Areihusc que Compte délivra de la domination des Juifs) el de quelques julres lieux voisins de U Syrie , sous le règne des enfants d'Antiochus Grypus, et ayant pris le titre de roi, il gariiù sa conquête sans qu'Antiochus jLI , qui avait de plus importantes affaires sur les bras, se donnai le moindre mouvement [iour la lui oler. Pompée étant venu en Syrie , le fit seulement tributaire de la république (64). Ce roi d'Emèse laissa deux Gis.

Jamblique , l'aîné des deux enfants de Sampsicéramus , succéda à son père. Il était fort dans les intérêts des Romains, et ce fut lui qui instruisit Cicéron , proconsul en Cilicie (5 1), des desseins el des mouvements des Parthes, qui se préparaient à envahir la Syrie. Cicéron , dans l'une de ses épîtres Ijtnilîères, lui donne le litre d'ami de la republique romaine. Durant les guerres civiles de Rome (49) > Jamblique se déclara pour César contre Pompée , et dans la suite pour Antoine contre Ociavien (3a). Après la journée d'Aclium , Antoine appréhendant que Jamblique ne se déclarât pour le vainqueur, i l'exemple des princes voisins, fil souffrir au roi d'Emèse une mort cruelle sur ce simple soupçon (il).

Alixamdbe, frère du roi précédent, reçut le royaume llimèse, après la mort de Jamblique, des mains d'Antoine. Il resta fidèle à son bienfaiteur; mais il fut fait prisonnier

DÉMESE.

par Ociavien, dont il orna le triomphe (ag) ; après quoi il fut mis a. mort par ordre du vainqueur.

Janbmqde U réussit a gagner les bonnes grâces d'Octavien, qui le rétablit sur le trône de son père Alexandre, après qu'il eut vécu quelque tems en exil (19).

Sampsic.EA AMUS II était, selon quelques auteurs, petitfils de Jamblique II. U régna plusieurs années a Emèse, et laissa deux fils, Alite et Sohémus , avec une fille nomme e Jolape.

Dceak

Azize, étant devenu amoureux de Drusille , sœur ou fille d'Agrippa l'Ancien, roi des Juifs, embrassa la religion judaïque pour 1 rpouser. C'était une femme extrêmement belle. Félix, gouverneur de la Judée, l'ayant vue, lui promit une condition si heureuse, qu'elle consentit à devenir son épouse, et abandonna pour cela son mari el sa religion (54 depuis J. C). Axize mourut cette aouee.

SoBÉNUS succéda, sur le trône d'Emèse, à son frère Asize. Il alla au devant de Vespasien, à qui l'armée romainr, en Syrie, venait de déférer 1 empire; el les forces du roi d'Emèse n'étaient pas alors méprisables suivant Tacite {bu ilcjiuis J. L. ).

L'an quatrième du règne de Vespasien , Corsenniu* Pcetus, préfet de Syrie, faisant 1a guerre pour les Homains contre Anliochus, roi de Comagène, Sohémus fournit du secours aux Romains.

Il y a apparence que le petit royaume d'Emèse fut conquis par |es Arabes, s'étant trouvé quelques années «près i entre le* mains des lluréena. ' 'j

CHRONOLOGII

DES ROIS

Edbssb , ville autrefois fameuse par un temple consacré s la déesse syrienne, passait pour une des plus riches villes de la terre , el surnommée , à cause de ce temple , Hiérapolis , ou ville sainte, élait située dans la Mésopotamie, sur les Imrds du Scirlus, entre le mont Masius et l'Euphrate. Jusqu aux irouuies oornrM iqu< s tjui a^ii( reni et aKJiuiireni ta Syrie, cette ville n'avai( elé que la principale d'une province qui appartenait aux Séleucides; mais durant ces troubles, un particulier se rendit maître d'Edessc el de son territoire fertile, el en forma un royaume qui passa à sa postérité.

Augabe, ou Abgabe , est le nom d'un particulier qui se fit appeler roi d'Ldrsse. Nous ne savons poini précisément sous quel roi de Syrie arriva celle révolution, {.'histoire nous apprend seulement que le fondateur de ce nouveau

l HISTORIQUE

DEDESSE.

royaume défit souvent les Syriens, et laissa, i sa mort, sa petite principauté dans un état florissant.

Abiamke, ou Abgab II, était fils d'Augare, et prit, comme son père, le nom d'Abgare, qui fut commun à tous Jes rois d'Ëdesse. Ce prince se rendit maître de toute la province d'Osroëne , et ayant fait alliance avec Pompée contre Tigrane le Grand, roi d'Arménie, il fournit a son armée tous les vivres dont elle avait besoin (64V Dans la guerre des Romains contre les Parlhes, il feignit d'être pour Lrassus, mai» entretint avec l'ennemi une correspondance secrète , qui fut la principale cause de la défaite des Romains a Carres (5i).

Nebasias succéda a son père Abgare II , et eut pour Gis et successeur Abg.irc III , qui suit.

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