ÉTABLISSEMENT DES JEUX OLYMPIQUES
Les jeux olympiques étaient célébrés de quatre en quatre ans, etvtre fa nouvelle et la pleine lune qui suivait immédiatement le solstice d'été , sur les bords du fleuve Alphée , proche de la ville de Pise (i) et du temple de Jupiter Olympien , dans l'Elide, province du Péloponèsc (a). Ils furent institues par Hercule , sut funérailles de Pélops , bisaïeul materne) de re héros , l'an période julienne 33Co, avant l'ère chrétienne i854, ce qui peut cadrer avec le détail da sa vie et de ses actions, quoiqu'il puisse y avoir quelque* difficultés. Mais ces jeux , qui duraient cinq jours, furent dans la suite interrompus, et tombèrent en désuétude pendant un grand nombre d'années.
Iphitus, souverain d'un canton de l'Elide, de concert avec Lycurguc de Sparte et Cléosthene de Pise, les rétablit 470 ans après leur institution, c'est-à-dire l'an période julienne 383o avant Jesus-Christ 884< Mais ce ne fut que cent huit ans après ce rétablissement par Iphitus, qu'on commença à inscrire dans le gymnase d Olymnic , ectui qui avait remporté le pris de la course du stade. Le premier de ceux qui furent inscrits est Co rébus , et c'est a lui que commence la suite des olympinniques , ou vainqueurs d'Olympie. Les nomade ces vainqueurs servirent dans la suite à désigner les olympiades , lorsque l'on commença à les employer Bans la chronologie comme une indication des terns commune a toute la Grèce, et plus convenable dans une histoire générale que les magistratures annuelles d'une ville particulière ou les années du ri-gne d'un prince.
De tous les combats en usage dans les anciens jeux , la course fut d'abord le premier que l'on rétablit. Cet exercice fut , pendant long temps, le seul genre d'adresse que l'on couronnât a Olympie. I J lutte vint ensuite , et fut instituée l'an 708 avant Jésus-Christ. On y ajouta, l'an 688, le pugilat , ou les combats du cestc. En 68n , on admit la course Jes chars a quatre chevaux. La course a cheval est de l'an 656 , et la course des chars a deux chevaux est de l'an 476. (Fréret, UiJ.de Ut Chronologie antienne , part. 1 , pag. 1 56 et
. Tout le monde convient que l'olympiade de Corébus , ou la première olympiade vulgaire fut célébrée au solstice d'été de l'an période julienne 3g38 avant l'ire chrétienne 776 , et environ vingt-trois ans , selon Varron , avant la fondation de Rome. Les historiens grecs commencèrent un nouveau compte a la première année de celte olympiade : l'accord est parfait sur cet article , et il est fondé sur les preuves les plus fortes. Eratoslhène , Apnllodorc, Aristodèmc d'Elis, rolybert presque tous le» anciens chronologisies ont reconnu qu'il y avait eu vingt-aept olympiades célébrées enlre Iphitus el ~
(1) Sons l'empire de Claude . b vil'e d'Antioche acheta de la ville de Pise le droit de célébrer Ici jeux olympique», qui n< furent transférés S Anliocbe que sous l'empire de Commuée ; et ce» jeui continuèrent d'y élre célébrés jusqu'au règne d* Justin , qui les abolit entièrement dans le siiieme siècle de notre ère. (Le P. Lebrun , tr. «V/y«* de théâtre . p. S; et 67. )
(a) Krérel , Défense de la Cbron. anc , pr. part. , pag. i56
et suiv.
t FORME DE L'ANNÉE OLYMPIQUE.
Geminus nous apprend {in Elément. Aslron. , t. vt. ) que , suivant l'oracle, tous les Grecs devaient régler leur année sur le cours du soleil , et les mois et le* Jours sur le cours de la lune. Comme l'année lunaire est de 354 jours , ils pensèrent que le mois lunaire était de 39 jouis ~ , et que les deux mois taisaient 5g jours. Ainsi ils établirent alternativement un mois plein et nn mois cave , pour correspondre aux 69 jours, qui forment deux mois lunaires; d'où il s'ensuit qu il y a dans l'année six mois pleins et six mois caves, dont le premier est plein el le second cave , et ainsi successivement. Or, l'année solaire étant , dit-il, de 365 jours un quart , huit de ces années font 3933 jours , et la durée d'une lunaison moyenne étant, suivant le même auteur , de 39 jours 12 heures et environ r\ de jour, (ou /tour mieux dire , de ai) jours eJ |j partie de jour) , donne pour itg mois lunaires , dont était composée l'oclacteride, aga3 jours el demi.
Cependant loclaSteride n'était composée que de agaa jours, ou de o/j lunaisons , lesquelles étaient divisées en' 5i mois pleins et en 4H mois caves. Entre les huit années de cette période , il y en avait cinq de communes el trois d'embolismiques. Les années communes étaient composées de ■ a mois lunaires , qui font 354 jours; les années embolismiques avaient treize mois lunaires , qui font 384 jours ; elles tombaient a la 3'., 5*. et 8'. année de la période, comme Geminus le dit formellement. ( hoco cilato.y.
Ainsi les olympiade; étant réglées sur l'octa&eride, avaient alternativement 49 el 5o mois lunaires , et huit années olympiques , dans celle hypothèse, étaient parfaitement égales a huit années juliennes. L'inlercalation d'un mois dans chacune Jes trois années que nous venons de marquer , nous donne l'explication d'un vers de Pindare, qui, dans sa troisième ode, nous dit que les olympiades arrivaient tantôt après 4g mois, tantôt après 5o. Fit t»rt rertamen aune pott quudraginla novem mentes , nunr «erà quittquagiata.
Ce qui suit naturellement de ce que dans les quatre premières années, il n'y en avait qu'une seule, savoir la 3* , qui était intercalaire, el par conséquent , les quatre n'avaient que 4g mois; au lieu que dans les quatre suivantes, la 5«. el la 8'. se trouvant intercalaires, elles devaient nécessairement avoir 5o lunaisons. Il parait par-la que non-seulement les olympiade* étaient alternativement de 49 ct de 5o lunes , mais aussi que les jeux olympiques tombaient alternativement dans une année commune, el dans une année embolismique, par la raison que ceux qui se donnaient & la 4'- année de l'octaëleride, tombaient nécessairement dans une année commune, puisque la précédente était une des trois où se faisait l'inlercalation. Nous avons dit que la durée d'une lunaison moyenne était de 29 jours la heures et environ ; en conséquence, Geminus nous dit que les anciens ne lardèrent pas a s'apercevoir que l'oclat'teride était vicieuse, quant au cours de la lune. Ils reconnurent aussi que, pour corriger ce défaut , et pour se conformer au cours de cet astre, qui était une des conditions prescrites par l'oracle, il fallait ajouter 3 jours tous les seize ans , c'esl-a-dire a la dernière année de chaque deuxième octaè'ieride. Ainsi l'beccarderacieride , ou cycle de 16 ans, anticipait de 3 jours sur le cours du soleil, quoique d'accord avec le cours delà lune.