ET DU ROYAUME DE MACEDOINE
Athé>
VU , nommée d'abord Cecropis, du nom de son premier roi, ne fui dans »on origine qu'un petit bourg, et ne prit le nom d'Athènes que lorsque son troisième roi l'eut consacrée a Minerve , nommée en grec Ahti. Douze bourgades, composées de soixante-quatorze familles, qui formaient son district, avaient chacune son magistrat; et, rassemblées pour leurs affaires communes , elles décidaient, sous l'autorité du souverain , les querelles qui s'élevaient entre elles. Voici les noms des rois qui les gouvernèrent.
iS8a. CÉcnops, qui de Saïs, sa patrie, dans la basse Egypte, amena une colonie dans l'Attique,où il s'établit vers l'an iS8a avant J. C. La douceur, mêlée a la force, lui soumit ce pays , dont il augmenta la population. Pour assurer la tranquillité de ses su jeu , il balit une citadelle nommée Cécropia, et établit parmi eux les mêmes lois qu'il avait apportées d'Egypte. C esté lui qu'on attribue l'institution du tribunal connu sous le nom d'Aréopage , et si redouté par l'impartialité de ses jugcmens. On doit enfin a Cécrops û culture des oliviers en Altique, etl'art d'exprimer l'huile de leurs fruits. Après un règne de cinquante ans , il
iS3a. Cranacs, sous le règne duquel on place le déluge de Deucalion, que les poftes ont orné de fictions analogues a la vérité de celui de Noé. Entre plusieurs filles dont Cranaiis fut le père, Althis, la plus remarquable, donna son nom a l'Auique , et épousa Amphictïoh , -qui détrôna son beaupère (im3) , et qu'on a mal-a-propos confondu avec Amphictyon, qui régnait dans le même teins aui Termopyles. Celui-ci , pour réunir les difTérens états de la Grèce par un lien commun , établit , l'an i5ai , une confédération entre doute villes grecques , dont les députés se rendaient deux fois l'année aux Termopyles , pour y délibérer sur leurs affaires communes. Par ce moyen , il cimentait l'union et l'amitié entre les villes grecques , et les assujélissait a l'uniformité du culte envers la divinité, seule capable d'adoucir les moeurs des peuples les plus sauvages. Ce tribunal , appela du nom de son instituteur, le Conseil det Amphîctyom , ac quit, par l'intégrité de ceux qui le composaient, la plus grande célébrité. Chacune des villes de la confédération y envoyait deux députes , qui devaient être exempts de tout reproche.
i5i i. Araphictyo» reçut la peine du talion de la part d'E- RlCTHONius , qui le renversa du trône comme il en avait renversé son beau-père. Ericlhooius passe pour avoir établi dans Athènes l'art de battre la monnaie.
pAWDIOt» , successeur d'Ericthonius , eut deux filles, Pro-
f;né , qui épousa Terée , roi de Thrace , et Philomèle , que es polies ont changées, l'une en rossignol, l'autre en hirondelle, faisant allusion a leurs aventures.
EïiEcsmtÉB, fils aîné de Pandion, le remplaça sur le trône. De son tems, dit-on, Cérès courant le monde pour trouver sa fille enlevée par un prince nommé Pluton , arriva en Egypte, où elle enseigna l'art de semer le blé et d'en faire du pain.
Lïcus (i), IKfila de Pandion, fut le successeur d'Erechthée. Mais à peine fut-il sur le trône, qu'il fut chassé par Egè», son troisième frère, qui se mit en sa place, (/ierodote , L. I. ) Mioos , roi de Crète , pour venger la mort d'Androgée, son fils, força Egée (iayS) de lui fournir tous les ans , par forme de tribut , sept jeunes garçons et autant de filles pour le* immoler a sa cruauté. Egée avait alors d'Ethra , sa femme, fille de Pytbée, roi de Trezène , un fils nommé Thésée qui , la troisième année que ce tribut affreux devait se payer , demanda et obtint d'en faire partie. Arrivé en Crète , il fut enfermé dans un labyrinthe , où il eut à combattre un des enfans de Minos, que sa force égale à celle d'un taureau a fait travestir par les poètes en un monstre moitié homme et moitié taureau , qu'ils ont nommé le Minoiaure. Thésée l'ayant défait et mu a mort , s'échappa du labyrinthe a l'ai Je d'un fil qu'Ariadoc, fille de Minos , lui avait fourni avant qu'il y eutrit. -Il emmena avec lui sa bienfaitrice, devenue sa maîtresse. Mais, arrivé dans l'Ile de Naxos, il l'abandonna. Thésée se distingua dans la suite par d'antres exploits , qui lui firent une grande réputation. Pirithou* , fils tl'Ixion , instruit de ses hauts faits , lui déroba uo troupeau pour l'obliger a m mesurer avec lui en le poursuivant , ce que Thésée n'ayant pas manqué de faire , ils en vinrent a un combat dont le résultat fut la plus grande estime qu'ils conçurent l'un pour l'autre, avec promesse de ne plus se quitter. Thésée , apprenant que les Centaures , peuple qui habitait au pied du mont Pelius , voulaient lui enlever Hippodamie sa femmc,vola à son secours, et le rendit vainqueur de ces brigands. C'étaient des hommes si exercés et si habiles a manier les chevaux , que les poètes les représentent comme de* animaux moitié hommes et moitié chevaux. On attribue à l'bésée divers établissements, dont le plus remarquable fut celui des jeux islhmiques , qui se célébraient dans l'isthme de Corinlhc en l'honneur de Neptune. Thésée étant allé faire un voyage en Epire, fut arrêté par Aidonée, roi îles Molosses. Pendant son absence, Moestbéc s'empara du trône d'Athènes avec le secours de Castor et de Pollux. Thésée ayant recouvré sa liberté, se retira dans l'île de Scyros , où l'on prétend que le roi Lycomède le fit périr en le précipitant du haut d'un rocher.
ia3o. MÉtiESTitix s'étant fait reconnaître pourrai d'Athènes, effaça , par la sagesse de son gouvernement , le vice de son usurpation. La douzième ou treizième année de son règne (laiS), il partit avec les princes grecs qui s'étaient ligués pour le siège de Troie, où n se distingua par sa valeur. A la fin de cette expédition il revint dans son royaume , où il mourut au bout de deux ans.
t ao6. DzMOPBOON, fils de Thésée et de Phèdre , monta sur le trône d'Athènes après la mort de Metiesthée. Il fut aimé de Phyllis , file de Lycurgue , roi des Dauliens , ou de Sithon , roi de Thrace. Ce fut lui qui commanda les troupes que les Athéniens avaient envoyées au siegr Je Troie. A son retour de cette expédition , il eut part a l'établissement de la fameuse cour des Epbètcs, composée de cinquante Athéniens et d'autant d'Argicns , puis réduite a cinquante-un juge* , tires des seuls Athéniens. L'objet de cette cour était le discernement de* meurtres invo-
(i) La
de . „„.,
r. etc.
, F.u«£be et le Svnctlle , suivis par Tan , placent Cécrops 11 et Pandion 11 , |
Lyeus , entre
et Eajie. ( à
DE LA RÉPUBLIQUE D'ATHENES
lontaires et des meurtres commis de propos délibéré. Le règne de Démophoon fut , dit-on, de trente-troisans (i 173), après lesquels il fut remplacé par son fils OxïNTBis. Après la mort de celui-ci, arrivée ta douzième année de son régne (1161), un certain A phi D as s'empara du trône, dont
droit héré on d'Aphidas.
Xanlhus, roi de deux peuples que la querelje
Murer avec Xanihus, fit publier qu'il
s celui qui combattrait pour lui Me i m... .V.,-..» l :
teins que l'archonte. Voici les noms des archontes I » qui ont échappé a l'oubli, jusqu'à ce joor (,).
1 160. Thymaetes, fils d'Oxynlhès monta, par ditaire.snrle trône après la mort ou l'expulsion Dans un différent particulier qu'il eut avec Xaml
roi de Béotie, et obtint la 1 .Les Ioniens, i
présenté, vainquit 1 ne d'Alliènes p. Dur prix de parles Héraelides, trouvèrent un asile dans les* étals de Melanthus, petit -OU de Nestor. Ce prince étant mort dans la trente-septième année Je son règne ( 1 ia3), eut pour successeur Codeus, qui eut une longue et cruelle guerre avec les Lacédcmoniens. Comme Ta victoire Hoitail sans cesse entre les deux partis , Codrusfit consulter l'oracle pour savoir quel serait définitivement le succès de cette guerre. La réponse fut que ceux-là seraient pleinement victorieux, dont le roi périrait au combat. Codrus alors se dévouant pour ses sujets, passe déguisé en bûcheron dans le camp des Lacédémoniens , et avant provoqué un soldat en le blessant , se fait tuer sur la place. ( ««5*5-)
Les Athéniens , désespérant de pouvoir donner à Codrus un successeur digne de lui , prirent le parti , apiès en avoir délibéré pendant un an, d'abolir la royauté parmi eux, et de lui substituer des archontes, ou premiers magistrats , qui furent d'abord perpétuels , avec une autorité qui dans les affaires d'étal , fut subordonnée a celle du peuple, dans les affaires criminelles a celle de l'aréopage, et dans les affaire» civiles a celle du prylanée, tribunal composé de cinquante ,uges, dont les séances se tenaient près du palais royal, dans un endroit nomme Tholus. Ce tribunal est le même que celui
ARCHONTES PERPETUELS.
toqL MtDOM, fils atné de Codrus, lui fut substitué sous le titre d'archonte , malgré l'opposition de Nélee, son frère, <]ui prétendait devoir lui être proféré, parte qu'il était boiteux. Son gouvernement lut de vingt ans. Il avait sous lui huit officiers qui étaient moins les siens que ceux de la république, savoir, le polemarque, ou commandant gênerai des troupes , sis thesmothetes ou protecteurs des lois , et le grand-prétre qu'on qualifiait de roi Basiieus.
Nélee et les autres frères de MeJon , refusant de plier sous l'autorité de leur aîné , quittèrent Athènes, et s'eiant joints aux Thébains et aux Ioniens, passèrent dans l'Asie Mineure, où ils fondèrent douze villes, savoir, Ephèse, Milel, Priene, Colophon, Myus, Téos, Lébédos , Clazomène, Erilhrée, Phocée, Chio etSamos, l'une et l'autre dans les Iles de même nom.
Les successeurs de Médon-, dans la charge d'archonte perpétuel, furent Acastk, Abcuippb, Tuersippe, Phoubas, Sibcacues, Diognète, PnenECXÈs, AaipaaoN, Thespieci, Agamestoh , jfisciULES, Aixméoh, dont le gouvernement, avec celui de Médon, remplit collectivement l'espace de 34o ans.