OU MAGISTRATS DE LA RÏ
C abtiiacï, capitale, pendant plusieurs siècles, de l'Afrique proprement dile, était située au fond d'un golfe , sur une presqu'île. I.cs historiens ne sont pas d'accord sur l'origine île son nom , et les chronologisles ne s'accordent pas plus avec eux sur l'année de sa fondation. Cependant les uns et les antres conviennent que les Phéniciens, c'est-à-dire îles Tyrirns , furent le* premiers fondateurs de cette ville. Ces Phéniciens descendaient , selon Procopc et Kusébe , de rcs Cananéens , uihi en fuite pasJosué ( vers i5yo av. J.-C. ) Ils avaient déjà (onde Clique, à quelque distance de Cartilage, l'an iiiio avant J.-C, et deux cents soixante-un ans a'fès, ils bâtirent Carthagc (laSg). Vingt-huit ans ensuite , Z «rus et Cari b<-iJon , tous deux Tyriens , y firent quelques .igraudisscmens (jaii) qui u'en faisaient pas encore une ville considérable. Plus de trois siècles et demi après, Elise, plus connue sous le nom de Didon, abandonna Tyr [y'oytt Tyr) sons le règne de Pygmalion , son frère , roi de celle ville. Pygmalion «vait fait mourir son oncle Sichée, mari de Didon , pour s'emparer de ses grands biens. Mais son avarice fut trompée. Didon sut les soustraire a ses recherches , et emporta ses trésors avec elle , dans l'Afrique proprement aile, où elle arriva avec Anne, sa saur. Kllc y acheta un lerrein pour s'y établir, avec la prlitc troupe d'hommes induslrieuxqui l'accompagnaient. Les naturels du pays exigèrent que les nouveaux venus consentissent a leur payer, pendant plusieurs années, un tribut annuel, moyennant quoi ils leur fourniraient , pour de l'argent , roule* 1rs choses nécessaires à bâtir et à peupler (i). Peu tic teins après , les nouveaux Carthaginois s incorporent aux anciens, et bientôt la ville de Cartbage se trouve augmentée d'une nouvelle ville, et d'une citadelle appelle Byisa (2) par les Grecs. Un prince voisin, nomme larbas, pour se rendre maître, sans effusion de sang, de celle ville peuplée et florissante, recherche Didon en mariage. Celte princesse , qui voulait bien se sacrifier & la conservation de son piys, mais ne pouvait se résoudre a manquer à la fui qu'elle avait jurée à Sichée, son époux, fait préparer un uûrhcr, monte dessus, tira un poignard qu'elle tenait caché sous sa robe , et se donne la mort. On ne sait pas combien de leros elle avait régné a Carl liage.
Après la fin tragique de Didon, il y a dans l'histoire de celte ville, un vide de plus de trois siècles. On y ipprend seulement que le gouvernement des Carthaginois était partie monarchique, partir aristocratique, partie démocratique, la puissance souveraine étant partagée entre les suffetes , le sénat et le peuple. Tant qu'elle fut balancée dans une juste proportion entre ces trois corps, la république de Carthagc fut heureuse et florissante. Mais quand le peuple eut pris trop d'ascendant , l'esprit de cabale et de (action jetta les Carthaginois dans un abîme de malheurs.
Les suffi tes étaient les premiers magistrats de Carthage. Ils étaient élus tous les ans, au nombre de deux, et devaient vxtv imiin^ut s u<> aiurts cnojros paria ïiodicsac ,
ï HISTORIQUE