‹ L'Art de vérifier les dates des faits historiques, des inscriptions, des chroniques et autres anciens monumens, avant l'ère chrétienneChapitre 346 sur 532 · ROIS DES NUM1DES- MASSESYI · texte numérisé non relu

ROIS DES NUM1DES- MASSESYI

SlPHUX prétendait tirer son origine de Sophax, fils.

d'Hareakal ( vulgairement Uecoule, c es» -a-dire le commençant ), chef de l'une des colon»» orientales en Libye ; il régnait sur les Numides masséstlteos dans le même terni

C, Gala était roi de* Numimassiliens. Le* Romains recherchaient l'alliance de

Syphss , dan* la vue de l'opposer aux Carthaginois. Elle ne tut pas plus heureuse pour ksi que celle qu'il contracta ensuite avec les Carthaginois, comme on peut le voir dans l'histoire des Numides «rien-

VtnMIXA, fils de Si pliai ,

fut pas plus heureux que b père ( ra

son père ( r'oyet l'histoire des Numides orientaux). 11 pa-

s'il tut roi T il eut jasais que le titre.

h en

Aac-tuA-ZAV , était fils de Vermine, et ac régna point sur tes Matsésylieps qui depeis la délaite 4e Syphax , ne d'autre roi que

ai 3. Gala était roi des Numides massésyliens sous le consulat de Fabius et de Sempronius Graccluis, et encore dans b seconde guerre punique. Mécontent de l'alliance que Siphax avait laite avec les Romains , il en conclut une (aoii; , è l'instigation de son fils Massinissa, avec les

Carthaginois. Ceux-ci, pour s'assurer davantage M assi n usa, jeune homme de dix-sept ans, mais d'où courage et d'une force singulières, le fiancèrent avec Sopnonisbe, fille d'Asdrubal Giscon , la plus belle femme de toute l'Afrique. En conséquence de cette alliance , Gala envoya Son fils contre Siphax , avec une puissaute armée. Chemin faisant , elle fut renforcée par un corps de Carthagi mm. Les deux armées s'étant rencontrées , on en vint aux mains. Le combat fut sanglant et opiniâtre. La victoire se déclare enfin pour Massinissa, dont les troupes passèrent trente six mille Massésyliens au fil de l'épée, et obligèrent Siphax t se retirer daos la Mauritanie. Massinissa l'y poursuivit avec se* seuls Numides et acheva de le défaire entièrement. Après celle victoire , il mène ses troupes en Espagne , à l'armée d'Asdrubal. Siphax, en son absence, rentre dans ses étals et se rend t son tour redoutable aux Carthaginois. Ceux-ci , pour le détacher de* Romains , et le meure dans leur parti , lui donnent en mariage , a Vin su d'Asdrubal , la belle Sophooisb* , fiancée à Massinissa. Ce }eone ptijtot , outré de celte perfidie , se jette dans le parti des Roms» a* , fait Alliance avec Scipion et repasse en Afriejcjo. Gala , son père , meurt sur ces entrefaite*.

DiaAtXfcs, Isaiac, ou A sa icis , frère de GaJa, devint son successeur au trtVie de Numidic, conformément à l'ordre de anecesion établi pour le pays; mai* il n'en

(JAHUà , his aine de uesatee* , succède à ton père qui n'avait point laissé de frère. Ben de tons après son élévation, Mésétule, qui était du sang royal, excite une révolte, 1ère un corps de troupe* , tue Cap usa en bataille rangée , soumet toute cette partie de la Numidie qu'il gouvernait sou* le titre de te leur de Lacumac ou Lacumacès , jeune frère de Capuw, et obtient la conronne , comme fruit rie sa victoire.

MézfcrULI , maître du trône de Numidie, ne prit pat le titre de roi , et se contenta 4e celui de tuteur ou protecteur de Lacumac. Pour maintenir sa puissance usurpée , ■l épousa la veuve de DestJcas , nièce d'Annibal , qui , pat cela même , tenait a la plus puissante famille de Carthagr ,

ét envoya des ambassadeurs a Siphax , pour fitire avec lui. Massinissa, instruit de la mort de son oncle, et de l'usurpation de Mézétule, repasse en Afrique et se rend i la cour de Bocchus, roi de Mauritanie. Ce prince lui donne un corps de qaatre mille Maures pour l'escorter dans ses états. Massinissa, étant rentré en Numidie, rencontre Lacumac qui allait porter du secours a Siphax ; il l'attaque, le défait et l'oblige de se retirer dans la ville de Tliapsi. Grand nombre de Numides viennent se joindre è Massinissa. Lacumac, qoi avail rejoint Mézétule , avec an renfort de Massésyliens, s'avance i la

l£te d'une nombreuse ci , suppléant an de ses troupes ,

année, et livre bataille t Massinissa. Celui-ci , suppléant au nombre par sa conduite et par *remporte une victoire complète.

MAsaftum étant remonté par cette victoire sur le trône rie ses pères, accorde i Lacumac le même rang qu'avait tenu Isalac auprès du roi Gala , et i Mézétula , l'amnistie avec le rétablissement dans tout tes biens. Siphax , i la sollicitation d'Asdrubal , qui était alors dans son camp , refuse de consentir a ce traité, reprend le* arme* «t envahit , avec un corps de troupes , un district qui avait été long-iems disputé entre lui et Gala, mais dor

sinissa était actuellement en possession. La guerre est très-malheureuse pour le roi des Massyiierts , qui voit sa domination réduite à une seule montagne vers l'orient, pendant que son ennemi régnait seul dans la Numidie entière, dont Syphax entreprend de le déloger. Bocchar, son lieutenant . encouragé par la promesse d'une forte récompense, i\l tue Massinissa, et d'une bien plus considérable, s'il peut le prendre vivant, marche avec quatre mille hommes de pied et deux mille cavaliers contre les Massyliens, surprend Massinissa, enlève plusieurs de ses soldats , chasse les autres devant lui , poursuit leur chef jusqu'au haut de la montagne, ensuite, i travers plusieurs défiles, jusqu'aux plaines de Clupea, où il l'entoure ti bien que tous tes Massyliens sont Usés i IVxceplion de quatre seulement. Massinissa lui - même dangereusement blessé , se retire dans une caverne , on il subsiste quelque tems rie* brimdagcs de deux cavaliers demeurés avec lui. 1 Guéri rie sa blessure , il s'avance bediment sur les frontières rie «cei royaume. En peu de tenu il te armée rie six mifte fantassins et de quatre mil ce qui , avec son courage , lui suffit pour recouvrer ses état*. Il ravage même les frontières de* Massyliens, et se campe fort avantageusement entre Cirlhe et Hippone. Syphax , accompagné rie son fils Vermiru , charge l'ennemi, qui fait des prodiges de valeur; mais a la fin, il est obligé de prendre la fuite , après un

de «es troupes. Masssinista échappe à peine avec un corps de soixante chevaox , qui gagne avec lui ta petite Syrthe,

ou il demeure jusqu'à P arrivée de Ltriras et romaine sur la cote d'Afrique (ae3*. Alors »

de la' flotte affaires se

rétablirent. Il chaste successivement tous le* petits roit de Numidie. Asdrubal et Syphax sont vaincus dans une action décisive, ou le dernier est tait prisonnier et envoyés Scipion. Ce général le conduit en triomphe à Rome, où on lui donne ensuite pour prison la ville d'Albe, daos laquelle il meurt après deux ans de captivité. Massinissa prend d'emblée Cirthe, au il retrouve, dans le palais des rois , sa suturesse Sophonisbe , et se baie de l'épouser avant l'arrivée des Romains. Scipion et JUeiiut lui représentent qu'il faut opter entre l'amilié dos Romains et la possession de la fille d'iadrubal , ennemi juré de la république. Mattinitsa sacrifie l'amour t la reconnaissance et au repee de son royaume. Il envoie du poison t Sophonisbe, en lui mandant qu'il la laisse maîtresse de l'avaler ou rie tomber entre le* main* de Scipion dont elle avait déjt reçu de* reproches louchant son infidélité envers Massinissa. La princesse boit la coupe fatale en remerciant le roi ries Massyliens de l'avoir préservée des fers des Bornai*), Scipion met tout en oeuvre pour consoler Massinissa , et remmené au camp de* Romain*, oit il est comble d ' honneurs et de distisKtioo*. (a**) G* prince trouve bientôt a Zaroa l'occasion de reconnaître les bon* office* que lui avaient rendu* le* Romains , et ceus - ci se croyant obligés envers lui , le récompensèrent aux dépens des Carthaginois («y5) (Veye*. CorUutge.) Massinissa meurt celte année (î^tJ), âgé dè plus de rjualre-viné-dix ans, laissant i Scipion Emilien , pour Ion tribun du peuple , le pouvoir de disposer de ses bien* et de partager ion royaume entre «es en/ans, Il en avait trois légitimes ; sa-

CHRONOLOGIE HISTORIQUE

voir, Micipsa, Gulussa et Mastanabal , ou Manastabal , el quarante-un autre* de tes concubines. Stembal , ou Stemba ou Stembanut, le plui jeune de ses bâtard» , n avait que quatre ans a U mort de son pire. La succession de celuici était considérable, étant devenu l'un de* plu» puistan* prince de l'Afrique, dont il avait même civilise plusieurs habitans. Massinissa dut »ani doute la tan té forte et robuste dont il jouit jusqu'à la 60 d'une tongne vie, è ta sobriété et au soin qu'il avait eu, dès ta jeunesse, de s'endurcir «u travail et i la "

Micima on Misika, est mi* sur le trône de son pire jtr le choix de Scipion Emilien. Gulussa , doué de tous [es talent néceasairet pour la guerre, a b commandement des années et de toutes les affaires relatives à b guerre ou a la paii , et Hanastabal est chargé de (ration de la justice. Le tribun romain les h trois dû titre de rois. Ce partage était aux talent particuliers de chacun d'eux, fait voir de quoi il était capable dans la 1 il avait servi let Romains

punique, ou il avait servi

et l'application de Manaslabal è l'étude , devait lui avoir procuré des connaissances propres a remplir dignement let devoirs de sa charge; mais ces deux princes ne survécurent pat long-tcmt a leur pire. Leur mort laissa Microns seul mtiire du vaste royaume de Numidie. II avait deux fils , Adherbal et Hieinpsil , qu'il éleva dans ton palau avec Jugurtna, son neveu, douta connaissait et estimait le mérite. Mai» i la fin il lui fit ombrage; pour se delivrer de l'inquiétude que lui donnait l'estime que tout le monde avait pour ce jeune prince, Micipsa lui donna le commandement des troupes qu'il envoyait aux Romains

UrSki^^h ttendÊ iule"

aS. Cette année , la Numidie est couverte de sauterelles qui dévorent tous les fruits de la terre, et même jusqu'au bois sec. Un vent violent les emporte dans 1er mers d'Afrique , mais le mouvement des Bots ^ les rejette sur le rivage, elles causent une infection qui fait périr nn nombre infini d'animaux de toute espèce. La corruption de leurs cadavres rend l'air encore plus pernicieux pour les hommes. Dans la Numidie seule, il en meurt jusqu'à huit cent mille, et deux cent mille dans l'

dhe. . .

Cependant le succès n'ayant point répondu a 1 attente de licipsa, il testa secrètement toute sorte de moyens pour | a ter la vie i son neveu. Jogurtha, par sa prudence , se garantit de tous les dangers, et se concilie , à la fin, l'affection de son oncle , tellement , que Micipsa l'adopte , et le déclare, par ton testament , héritier de ta couronne conjointement avec set deux fils (laa). Trois ans après, le roi de Numidie meurt a Grtbe , ayant régné trente ai

AonjtBAL , Hizwsai, et

I niera devoirs i leur père, avec Ils s'assemblent ensuite pour ci l'état. La division se met dans mine à partager l'empire et les trésors

Jugurtha rendent les derune magnificence royale inférer sur les affaire t de rassemblée. On se déterdu feu roi. Jugurtha, Iquî ne veut "point de partage, gtgoe on homme cbesqui ffirmpsal était logé iThinnida. Des satellites Je Jugurtha introduits dans sa maison par cet homme , massacrent ceux qui dormaient , comme ceux qui voulaient résister , et après " bien cherché, trouvent enfin Hiempsal dans le bouge d'une servante. Ils lui coupent la tête et la portent a leur maître. Le bruit de ce meurtre, répandu dans toute l'A- | trique , remplit d'effroi Adherbal , et tous les fi jsuieta de Micipsa. Le plus grand nombre tient pour Adh bai , mais les meilleur! soldats s'attachent a Jugurtha. en rassemble autant qu'il peut, et s'empare, de gré ou de force, de plusieurs places. Adherbal , se fiant sur le nombre de ses troupes, veut tenter le sort des armes mais vaincu dès le premier choc, il t'enfuit sur les terres I de la province romaine , puis I Rome même , et son rival I achève sans peine la conquête de la Numidie (116).

Mei

était , comme on l'a dît, fils de Mastanabal I et d'nne concubine de ce prince. Après let premiers trans- | ports on son ambition , le nouvrau cosHfuétant de la Nu- " , comprenant bien que ma crime horrible, et son - exciteraient contre lui l'indignation du peuple

romain , envoie sur-le-champ des ambassadeurs à Rome. 1 Son argent , distribué à propos , et l'avarie* det grands , lui concilient d'abord la faveur et la ptutectton des plus important personnages de la république. Seau ru» , pnoce du sénat, l'homme de ton temt qui eut le plus de pouvoir et de réputation dans Rome, prend le parti d'Adherbal, et ne peut néanmoins empêcher que U faveur n'influe plut que la justice dira te décret du sénat. On y décide qu'on enverra de Rome dix députés, dont Opimius fut le chef, pour partager le royaume de Micipsa entre Adherbal et Jugurtha. Jugurtha, i force de présent et de promesses (ni), fait si bien, qu'Opimios lui sacrifie son devoir et sa réputation. Presque tout le* autres commissaires se laissent corrompre de la même manière. Jugurtha obtient pour sa part la partie occidentale de 1a Numidie , qui est la plus fertile et b pins peopiée ; l'antre pins | considérable en apparence qu'elle ne l'est en effet , est donnée au fils de Micipsa- Après le départ des commissaires (u4), Jugurtha, enhardi parle* promesses de ceux qui s'étaient bien trouvés de ses libéralités, reprend aussitôt le projet de détrôner AdherbaL 11 recommence les he tilitét avec une armée entière qui ruine sur son passage les villes et les campagnes. Adherbal se réveille enfin de son indolence, rassemble des troupes, et inarche au-devant de Jugurtha. Les deux armées te rencontrent (n3) non loin de Cirthe. Les troupes de Jugurtha fondent sur le camp ennemi , qu'elles mettent en désordre. Adherbal se sauve a gracie peine dans Cirthe, suivi de quelques cavaliers. Jugurtha investit la place. Le sénat , instruit de ce qui se I passe par des ambassadeurs d' Adherbal , dépêche en Afrique trois jeunes gens qui ordonnent ans deux rois de mettre >as les armes. Jugurtha, se croyant en droit de ne pas 1 déférer à ces ordres , continue ses hostilités , bloque Cirthe, et fait dea tentatives continuelles sur la place. Bientôt , Adherbal voit ses affaires désespérées. Deux des plus hardis I compagnons de sa fuite, percent à travers le camp ennemi (1 ta) , et portent à Rome de nouvelles lettres de sa part. Le sénat envoie en Afrique une nouvelle députation plus I solennelle que la précédente, dont Scaurua était le chef. Ils arrivent au port d'Utique, d'où ils écrivent à Jugurtha | de sa rendre dans la province romaine. Ce prince , avant son départ, donne un assaut général qui n'a point d succès, il se rend ensuite auprès de* députés. L entrevue passé comme les précédentes, en pourparlers mutiles, et les commissaires se retirent sans rien conclure. Le Latins , dont la valeur faisait la principale défense de 1 place, persuadent i Adherbal de se rendre sous la simple promette de b vte sauve. Adherbal consent è capitule celte condition. Mais il n'est pas plutôt en b disposition de Jugurtha f que celui-ci le fait expirer dans les tourment , et fait passer au fil de l'épie tous les Larins et Numides au-dessus de quatorze ans. Ce forfait n'est pas long-tenu inconnu 1 Rome. Le. sénat s'assemble. Memmius, tribun du peuple, ayant excité le peuple, le sénat nomme deux nouveaux consuls, Scipion et Catpurnius , dont le second eut la Numidie dans son département. On lève des troupes pour l'Afrique. Jugurtha envoie son fils a Rome avec deux hommes de confiance, a qui, pour toute instruction , il ne fait que répéter ce quSl leur avait dit après le meurtre d'Hiempsal : voilà d* far , attaquet tout U monde. Cependant , le consul , par ordre du sénat , fait notifier è ces envoyés qu'ils ayent « sortir de l'Italie dat dix jours, s'ils n'apportent un pouvoir de remettre la pe sonne et le royaume de Jugurtha a b discrétion^ de b république. Calpurnius entre en Numidie , et y tait d bord de grands progrès. Jugurtha lui oppose une somme d'argent considérable. Seau rut , autrefois si intègre, cède lui-même a la force du métal précieux. Le consul et son lieutenant mènent si bien l'affaire, que le rei de Numidie ne craint plus de te rendre i discrétion Memmius excite le peuple romain à demander vengeance de la prévarication des mandataires de ta république. Catsiot, sur le réquisitoire du tribun, part pour b Numidie. Jugurtha, sur b foi d'un sauf-conduit, contenta venir lui-même a Rome, rendre compte de ses actions. Bfrbius , autre tribun, gagne a force d'argent, se joue det cris, dos menaces, des in jures et de tous les mouvement ordinaires à une populace irritée. Jugurtha sort d'affaire plus audacieux que jamais. Cependant let remords de tes partisans , le trouble des uns , la mauvaise réputation des antres , l'indignation des gens de bien faisaient décliner de jour en jour son crédit. M asti va, prince Numide, fiU de Gulussa et petit-fib de

DES ROIS DE NUMIDIE

depuis la priie Je Cirthe et

Masiuiissa , était retiré a la mort d'Adherbal.

Albinus , nouveau cornai , met dan* la tête de ce prince de demander La couronne de Jugurtha, prêt à succomber sous le poids de la haine publique. Le roi charge Bomilcar, son confident et son allié , de faire assassiner Massiva qui s'exécute; mais l'assassin arrête, découvre tout le c

fdot. Bomilcar ayant été mis en justice , son maître trouve e moyen de le faire évader. Jugurtha , cependant , reçoit ordre du sénat de sortir de l'Italie. 11 part de Kotnc en criant : Ville à vtndrt n on trouve un acheteur. Albinus passe en Afrique sans délai. Le roi de Numidie l'amuse par divers artifices. Le consul, obligé de se rendre aux comices, laisse l'armée sous la conduite d'Aulus , son frère propréteur. Jaloux de la gloire de terminer lui-même cette guerre , ou aveuglé par la cupidité des richesses, Aulus sort de ses quartiers au milieu dun hiver très-rude (109), et se dispose a faire le siège de Suthul, ville où le roi tenait ses trésors enfermés, située sur un roc escarpé, et environnée d'une plaine fangeuse, surtout après les pluies d'hiver. Jugurtha accroît adroitement la folle confiance du propréteur, en lui faisant porter des paroles de paix et de soumission , et néan< moins travaille, par ses émissaires, a corrompre l'arméi romaine. Ses mesures prises, le roi Numide fond tout à coup , pendant la nuit , sur le camp romain. Les capitaines séduits, désertent, abandonnent leurs corps; des cohortes, des escadrons entiers de Romains passent au service du roi ; tout le reste est tué, mis en fuite ou dans les fers. Jugurtha accorde la vie a l'année romaine , a condition de passer sous Le joug et d'évacuer la Numidie dans dix jours. Home cous tentée, décide que le traité consenti par Aulus, tout charge qu'il était des pouvoirs de la république , est nul , et ren voie Albinus en Afrique. Mais le consul ayant trouvé ses soldats amollis par le libertinage et la négligence de la discipline militaire, ne croît pas devoir rien entreprendre. Q. Céc. Méiellus est nommé pour lui succéder. Le nouveau général , après avoir tout disposé a son gré , part pour la Numidie (10H), et commence par rétablir la discipline dans les troupes. Jugurtha , informé de son arrivée , et surtout de son intégrité , pense sérieusement a capituler. Métellus , sans égard pour les propositions de ses ambassadeurs, s'avance en bon ordre vers Vacca, la plus riche ville de commerce qu'il y eut en Numidie, et s'en rend maître. Jugurtha se détermine alors a combattre. Son armée et celle de l'ennemi s'étant rencontrées auprès du fleuve Hulbul, il donne le signal du combat, dont l'événement demeure loog-tews douteux. A la fin du jour, les Numides perdent le terrain, sont dispersés, et ne sauvent leur vie que par la promptitude de leur fuite, favorisée par la connaissance du pays. D'un autre coté, Rutilius défait un détachement d'Africain] commandé par Bomilcar, prend quatre éléphans et en assomme quarante. Les bois et la nuit préservent les vaincus de l'é— pée du vainqueur. Après celte double déroute de l'ennemi, le général romain fait des progrès continuels dans La Numidie , non plus en combattant, mais en ravageant la campagne, en réduisant en cendres les places mal fortifiées, ou mal défendues, et passant au fil de l'épée tous les hommes en état de porter les armes, cl réduisant les autres a l'esclavage. Jugurtha lui-même ne se défendait plus que par des ruses, des surprises, et des coups de main qui fatiguaient l'ennemi, le ruinaient peu-a-peu, et retardaient ses progrès. Méiellus qui souhaitait une action décisive, se détermine enfin au siège de Zama, l'un des plu* forts boulevards de la Numidie. La valeur de* assièges rend inutile celle des assiégeant. Le consul, obligé de lever le siège, et de donner des quartiers d'hiver à ses troupes, cherche des armes plus efficace* que n'avaient été les siennes jusqu'alors, et les trouve dans la perfidie de* amis du roi. Il vient à bout de corrompre Bomilcar, ce parent, ce confident de Jugurtha, qui s'était sauvé de Rome après avoir assassiné Massiva. Le roi , trompé par ce fourbe, livre au consul ses hommes et ses armes. Mais lorsqu'il est question de livrer aussi sa personne Tisidium , il se repent du consentement qu'il a donné au traité, se détermine a reprendre les armes, et recouvre tout : que le traité lui avait fait perdre inutilement. Les habints de Vacca, toujours portés d inclination pour lui, forment une conjuration pour se défaire de la garnison romaine. Un jour de fête, solennisée dans toute 1 Afrique, tes conjurés invitent a manger, en différentes maison*, les capitaines , les tribuns et le commandant de la place, Turpijius-Silanus, et les égorgent tous au milieu de* festins, à l'exception du commandant. Delà , ils se jettent sur les sol-

dats . et à l'aide de la populace , ils les massacrent tous ... en excepter un seul. Méiellus , accablé de tristesse è celte nouvelle, accourt; et après une marche forcée, arrive en deux jours devant la ville, ses drapeaux plié*, ayant en tête des cavaliers numides , sans faire aucun dégât, et avec toute la contenance d'un ami. Les Vaccéens ne doutant point que l'armée romaine ne soit relie de Jugurtha qui vient a leur secours, vont à l'instant en foule au devant de lui. Alors le consul ayant fait sonner la charge , tombe sur ce peuple epars , se saisit des portes, et s'empare des tour*. Celte riche et grande ville est abandonnée au pillage et détruite , sans avoir goûté plus de deux jour* les fruits de sa perfidie. Turnilius malheureux, mais non coupable, est condamné a être battu de verges, et exécuté a mort par ordre de Métellus. Bomilcar , devenu suspect au roi depuis La fausse démarche où il l'avait engagé, ne renonçait pas a son projet de trahison. Il y associe Nabdalsa, ou Nabdalaar, homme de qualité, riche et fort bien venu du peuple. Le secrétaire de ce traître découvre le complot à Jugurtha. Nabdalsa va lui-même en faire la confession , et se remettre entre les mains de son maître. La première fureur du roi étant assouvie par le supplice de Bomilcar et de beaucoup d'autres conjurés, se laisse désarmer par les pleurs du lâche complice , ou par la crainte de soulever le peuple ; mais le danger que Jugurtha avait couru, fait sur lui une impression si forte et si profonde , que depuis ce moment toutes ses actions ce ressentent du trouble de son esprit.

Méiellus, informé du mauvais succès de La conspiration , se prépare k repousser vigourcusetnens Jugurtha, dans la campagne prochaine. S'étant montré toul-a-coup, il range ses troupes en bataille a la hâte et présente le combat aux Numides. Le roi , qui , dans ses soupçons crueb , avait fait massacrer grand nombre de ses confidents , se trouve privé de conseillers , de généraux , et de tous ceux dont le secours loi était nécessaire. Il cède au premier choc ; puis se retire dans le désert, et de la se jette dans Thala, grande et riche ville, où étaient ses enfants. Méiellus l'y poursuit, fait le siège de La place et la prend au bout dé quarante jours d'une ■ défense opiniâtre. Les déserteurs romains , Voyant leurs affaires désespérées et n'attendant plus de grêce, transportent dan* le palais royal, l'or, l'argent et toutes les choses précieuses qui tombent sous leurs mains , puis mêlent le feu aux bâtiments , et après s'être gorgés de vin et de viande, se précipitent eux-mêmes dans les flammes pour éviter le supplice qu'ils redoutaient Le consul ne trouve plus qu'un monceau de cendres au lieu d'une ville. Cependant le roi de Numidie, qui , après la prise de Thala, n'espérait plua conserver aucun poste contre Métellus , traverse de grands déserts , vient dans le pays de» Gélules , réunit ce peuple de sauvages en un corps d'armée, le dresse aux exercices militaires , et engage Bocchus, roi de Mauritanie , dont il avait épousé la bile , a contracter alliance avec lui. Jugurtha , renforcé d'un bon corps de Mauritaniens , marche droit au camp de Métellus . et l'oblige à se retrancher sous les murs de Cirthe, où le fils du consul avait renfermé les prisonniers de guerre , le butin et tous ex bagages. Sur ces entrefaites, Mari us, récemment nommé consul, se rend â Ulique, et l'armée romaine lui est remise par Rutilius, lieutenant de Métellus, qui s'était retiré a Rome.

107. Le nouveau consul commence la campagne par s'emparer de quelques places et châteaux mal défendu* , bat en divers endroits Jugurtha , qu'il désarme même de sa propre main, auprès de Cirthe, et va, sur la Gn de l'été, surprendre la ville de Capsa , aussi fortifiée par l'art que par la nature. Tout lui réussit è souhait. Il réduit la ville en cendres, passe au fil de l'epée tous les hommes au-dessus de seize ans , met le reste dans les fers , et partage le butin aux soldats. Un coup aussi hardi et aussi heureux lui ouvre presque toutes les autre* place* fortes , qui sont pareillement livrée* au fer et aux flammes. Marina, avide des trésors des rois de Numidie , veut absolument faire le siège du château où ils étaient renfermés , près de la Mulucha. Servi par le hasard mieux que par la prudence, une entreprise qui devait ternir sa gloire, lui donne le plu* grand éclat , Capsa et les autres places de sûreté étant passées au pouvoir des Romains. Jugurtha et Bocchus , voyant qu'il n'y a plus de ressource aux affaires que dans l'événement d'une bataille , tombent ensemble sur le consul qui se retirait dans ses quartiers d'hiver. Après un combat qui dure tout le jour et dont l'avantage n'est pour personne , Marius

CHRONOLOGIE HISTORIQUE

fait retraite sur une Atoolagne. Vert le point du jour, il attaque k ion tour brusquement l'enoemi abandonné au sommeil , le renverse , le met en déroute , en tae plut que dan* toute* le* actions précédentes, prend ses armes, ses drapeaux , et tout le bagage. De la , continuant sa route ras la cote , il s'approche , après quatre jours de marche , de la ville de Cinhe. Une bataille , qui te donne en ce lieu , décide la défaite complète des deux rois. Cino jours après, Boccbut demande au consul une conférence. Mari ut envoie te* deux lieutenant* , Manliut et Sylla , auprès du roi de Mauritanie. On convient dans cette conférence, que Bocchus enverra de* ambassadeurs a Rome pour traiter avec le sénat. Sylla , avoué de la république pour traiter avec Boccbut, te rend en Mauritanie. Le Romain met pour condition de la paix de livrer Jognrtha. Bocchut affecte de se défendre de celle perfidie, et i la fin engage ta parole. Le roi de Numidie, de ton coté, propose a celui de Mauritanie de remettre Sylla entre «es mains. Bocchus consent a la proposition , mais change bientôt après de pensée. Il fait appeler Svlla et concerte avec lui, une dernière foi*,

e piège où devait tomber Jugurtha, nui était ton gendre Le jour de l'exécution arrive , Jugurtha va sans defianct :be* son beau-père avec quelques amis et sans arme*. Oi

Le

l'annonce ; honneur , le signal n

ses ami* toot massacrés ; livré a Sylla (iob) qui le remet a duquel il est conduit a Rome, (u>4) M

Gaules, et triomphe janvier, premier jour de ton

ce On

de lui comme par A. l'instant , Jugurtha de toute* pris;

,esl

, par l'ordre

, ouoiqu'absent, , «wiumandant dans les x calendes de La t. Les deux

Gis de jugurtha étaient enchaînés avec leur père, k la suite du char du vainqueur. Après la pompe du triomphe , le roi de Numidie est mené en prison, où les gardes, empressés d'avoir sa dépouille , lui déchirent sa robe et lui arrachent le* bout» des oreilles, puis le précipitent dans une fosse profonde , pendant qu'il s'écriait en souriant : 6 dieux , que «a* étuee* tant fnUes ! Il vit encore la six jours , luttant ronlre la faim et meurt îgé de 54 ant, dan* la quinzième année de son règne. Oxintha , l'un des enfant* de Jugurtha, ett mit en prison dans la ville de Venuse. Quelques années après, pendant ta guerre des Latins (qi), Papius, l'un des chefs , le lire de prison , le met des habits royaur et se sert de lui pour débaucher la cavalerie numide de l'armée romaine ( SallusU , Ptutarque. ). Cependant les Romain* ne réunissent pas la Numidie toute entière a leur empire. Bocchus obtient d'eux , comme récompense de ses services , le pays des Mastctvlien* , contigu a la Mauritanie. La Numidie, proprement dite , ou la contrée des Massylient, est divisée en trois parties. Hiempsal et Mandresial sont gratifiés de deux de ce* troit parts, et la dernière est annexée i l'Afrique, pi

Hiempsal et Ma RD H UT al , neveux de Jugurtha, ou plutôt fils de Gulutta et petit -fil* de Masiinista, régnent chacun dans la portion de la Numidie qui leur avait élé assignée par le* Romains, et ne font point parler d'eux.

Juia 1 (lOB, ou Hioca), fils afné d'Hierdpsal , succède è son père. Celui-ci avait ru un différend avec Matinlha, seigneur numide, qui porta ses plaintes devant le

César épousa la cause de Masintba, et insulta même Juba, qui voulait justifier son père, jusqu'à le prendre par la barbe. De là vint rattachement du roi de Numidie pour la faction de Pompée, et ton opposition i celle de César (4g). Cette opposition procura d'abord quelques avantages aux ennemis dû consul ; car Juba , étant venu à leur secours, détail Curion , lieutenant de César; Curion même, et grand nombre des tiens restent sur le champ de bataille. César et tet adhérents déclarent le roi de Numidie ennemi de la république , et adjugent la souveraineté de ses élatt à Bocchu* et à Bogud. Juba , ayant réuni ses forces a celles de Scipioo , réduit César 1 de grande* extrémité*. Mai* ayant reçu on secourt considérable, le Romain triomphe i la fin de Juba , de Scipion et de Labiénus, prêt de la ville de Thaptus. Juba te sauve en Numidie avec Peiréiut; afin de mourir les arme* a la main , il* se battent en duel. Pelréiu* y périt et Juba se fait donner la mort par un des sien* (Ce*»3 Celte victoire rendit César maître de toute la Numidie qui fut réduite en province romaine, et doot l'historien Saliuste fut le premier gouverneur.

Joba II , fila de Juba I , était encore enfant à la mort de ton père. Ayant été pris par les Romain* , il servît i orner le triomphe de César. Auguste eut soin de le faire élever a Rome, où il te rendit célèbre par ses taleni* littéraires. Auguste lui fit épouser Cléopàtre la jeune, fille d'Antoine et de Cléopàtre, reine d'Egypte, et lui donna les deux Mauritanie* avec la Gétulie. Juba gouverna tet états avec une grande sagesse qui le fit chérir de set tujets. On ne marque point Tannée de sa mort. Son royaume passa k ton

Tacfajuhaj , Numide dent lion , après avoir terri dant les armées romaines , s'érigea en chef de parti sous le règne de Tibère. IWséJitioo uuîlexciu (17 dep. J. C)ayantété étouffée par Furius Caraill ut , proconsul d'Afrique . il resta quelque lemt dans nn repos forcé que son caractère desavouait. Une bande de vagabonds et de brigand* «'étant formée en Numidie, il te ma a leur le le cl lit arec eus des courses qui

mandaT'pc-ur le? Rointîn?" TÂtZ Vrni»n qui^uù sortie pour se battre en rase campagne. Dedus, sans être découragé par ce revers , revint plusieurs fois a la charge et perdit un «il dan* une des attaque* qu'il livra. Ayant été tué dan* une dernière, tes soldats, au lien de penser a venger ta mort, prirent lâchement la faite : crime dont Apronius. successeur de Deciut, (»o dep. J. G) le* punit en les taisant décimer. Ce châtiment fit un tel effet sur les troupes du proconsul , que cinq cent* solJats ayant attaqué celles deTacfarinasquiassiegeaienllarilledeThala, 1rs mirent en fuite. Depuis cela , ce Numide changea ta méthode de faire la guerre, et ne fit plus que de* courses a la manière de ta nation. U ne laissa pas néanmoint de fatiguer Junius Blasus, envoyé contre lui par Tibère, et porta même l'insolence jusqu k demander à ce prince un pays dont il pût jouir en toute propriété. Cette demande ayant été reçue avec indignation , Dolabclla fut envoyé pour remplacer Bltesus. Ce nouveau général l'ayant forcé d'en venir a une bataille (*4), il t'y défendit avec le courage d'un homme qui n'a point de grke k espérer , et perdit , les armes s. la main, la vie après lavoir chèrement vendue. (Tacite , ht. I, IV,) * '

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