A LA CHRONOLOGIE HISTORIQUE DES EMPEREURS DE LA CHINE
Lia Table de la correspondance de* année* chinoises a celles avant Jésus - Christ qui est de l'autre part , est J cessée pour quarante cycles, c'est — à — dire , depuis l'an 3^97 avant notre ère, jusqu'à l'an 3 de Jésus-Christ inclusivement, et dont celle qu'on a insérée dans la 3*. ainsi ({ne dan* la 4*. édition de l'Art de vérifier le* Dates depuis J. C, est la suite. La raison de faire commencer cette table a l'an «397 , est que l'histoire chinoise, traduite en langue tartare , par ordre de l'empereur Kang-hi , commence a inarquer le* caractères du cycle a l'an 3,357 » première année du règne de Yao ; ce* caractères sont Kia-tcnin , qui appartiennent a la quarante-unième année d'un cycle ; ainsi ce. cycle a dû commencer , comme nous le faisons à l'an avlçn avant Jésus-Christ. Cependant dans le tribunal des mathématiques, c'est un usage immémorial de fixer la première année du premier cycle a la quatre-vingt-unième année de l'empereur Yao, c'est-a-dire a l'an 3377.
La première colonne gauche contient le* soixante années du cycle chinois, et à coté de chaque année se trouve le caractère qui la désigne.
Les chiffre» romains qui sont en tfte de la table , indiquent l'oedre numérique de chaque cycle, etc. Dan* la colonne au-dessous de ce chiffre se trouvent les années avant Jésus-Christ qui concourent avec chaque année du cycle chinois qu'on voit dans la première colonDc a gauche.
On observera que le même caractère chinois revenant de soixante an* en soixante ans, les années avant notre ère vulgaire correspondantes, qui se trouvent dans le» calonnes
ligne horixontale de la colonne précédente. Ainsi , par exemple. Tannée *3q7 avant Jésus-Christ , est la première année du premier cycle , et l'an a33y est la première du cycle suivant : il en est de même de toutes les autres co-
lonnes qui
du haut en bas l'ordre
Pour compléter cette notice , on fera bien de consulter l'article intitulé : Principes de la Chronologie chinoise. ( Voytt l'Art de vérifier les Date* depuis J. C. , 3*. édition in-fol., tom. Il ; et 4«. édition, tom. VUl in-tK et tnm. 11
Nous profitons de l'occasion pour prévenir les personnes qui aiment les calculs rigoureux, quau lieu de 37 il faut lire ao, dans le titre de laTable du cycle de 60 jours. (Voyn l'ouvrage ci-dessus , 3*. édition, tom. Il, pag. i30 ; et 4*. édition, lom. VIII in-fl». , pag. 371 , et tom. 11 in-4*., p. . ) Cette correction est fondée sur de* date* données par le P. Gaubil, Hi*t. de l'Astr. chinoise, pag. 191, édition de 1814, et par Fréret, Mém. de l'Acad. des Inscr. , lom. XV1U , p. «9 et ailleurs. {Eiiumrt.)
Autre correction pour l'Art de Vérifier le* Date* après J.-C On pense qu'il faut lire tchia au lieu de Ma, i*. troisième édition in-fol., t. Il, p. cycle de XII, n*. 5; même tome, p. t38et suiv. cycles de 60 jour* et de 60 ans, •5, 17, 29, 41 et 53; a», quatrième édition, t VIII, in-8». 370 et suïv. , et c 11, in-4°- > P« » »"* endroits cotres-
CHRONOLOGIE HISTORIQUE
CHRONOLOGIE HISTORIQUE
DES EMPEREURS DE LA CHINE
La Chine, le plut ancien et le plu* vaste empire de l'univers, située dans l'Asie orientale , s'étend sur environ sept cent cinquante lieue* de largeur et cinq cents en longueur. Elle est divisée en quinze provinces, dont sis connues sou* le nom de Cataï situées vers le nord , sont Pékin ou Petch&U , bornée au nord par la laineuse muraille d'environ quatre cents lieues qui la sépare de la grande Tar-
tine , au levant
par
orientale et la
province
de
Chan-tong, au midi par celle de Hooau et au couchant par celle de Cbaog-M. a du midi au nord cent soixante lieues de France, et cent lieue* du levant au couchant. Cbah-Tong, deuxième province de la Chine est bornée au nord et a l'est par la mer orientale , au midi par la province dp Kiang-nan, ou de Nankin , au couchant par celle de Petcheli et de Honan. Narquin ou Kiang-nan , troisième province de la Chine, est bornée au nord par celle de Chan-tong , a l'est par la mer orientale , au midi par la province del'che-kian, et au couchant par celle de Iloug-nang et celle de Honan. Du midi au nord elle s'étend sur cent cinquante de nos lieues et sur cent vingt-cinq du levant au couchant. T chez. I AN G , quatrième province de la Chine , Imrnée au nord et a l'ouest par celle de Kiang-nan , a l'est par la mer orientale et au sud par la province de Fokien, s'étend du midi au nord sur cent de nos lieues , et du levant au couchant sur quatre-vingts. Fokien , cinquième province de la Chine , qui comprend l'ile Formose , sur la mer orientale , est une des moindres provinces par son étendue , n'ayant du nord au midi que cent vingt-cinq lieues, et quatre-vingts du levant an couchant , mais son heureuse situation pour la navigation et le commerce la rend une de* plus riche* de l'empire. Quang-tong , sixième province de la Chine , bornée au nord par celles de Houâ-nang , de Kiansi et de Fokien , au levant et au midi par La mer orientale et la mer méridionale, et au couchant par la province de Quangsi et le Tonquin , a'étend le long de La cote du levant au couchant, k deux cent trente de nos lieues, et i quatre-vingts du midi au nord, non compris l'ile d'Hainan, qui en dépend. La province de Quanc-sm, septième province de la Chine, bornée au nord par crlles de Kotsei-tcheou , et de Hougnang, au levant par celle de Quang-tong, au couchant par relie de Yunnan et le royaume de Tonquin, au midi par les mêmes provinces , comprend cent cinquante de nos lieues dans sa plu* grande longueur du levant au couchant , et cent vingt du midi au nord. Yunnan , huitième province de la Chine, bornée au nord par la Tartarie indépendante et la province de Setchuen, au levant par celles de Kouei-tcheou et de Quaog-si , au midi par les royaumes de Tonquin et de Laos , et au couchant par celui d'Ava et la Tartarie indépendante, s'étend du levant au couchant snr cent quatre-vingts de nos lieues, et sur cent soixante du midi au nord. Setchuen , neuvième province et l'une des plus grandes de la Chine , est bornée au levant par celle de Iloug-nang , au midi par celles de Kouei-tcheou et de Yunnan , et au couchant par le Tibet et la Tartarie indépendante. Son étendue est de cent quatre-vingts lieues en tout sens. Ses mines, son ambre , srs cannes a sucre, sa rhubarbe , ses chevaux, forment les plus grands objets de son commerce. Chensi , dixième province de la Chine , séparée au nord de la Tartarie chinoise par la grande muraille , bornée au couchant par une chaîne de montagnes, au levant par la province d* Chang-ci , et au midi par celle de Setchuen , comprend du nordau midi deux cent* de nos lieue* , et cent soixante du levant au couchant. La principale de ses rivière* est le Iloang , dit la rivière Jaune, qui partage celle pro-
vince en orientale et occidentale. Chanc-SI , l'une des province* les moins étendues de la Chine, dont «Ile est la onzième , confine par le nord k la grande muraille , au levant k celle de Petcheli , au midi k celle de Honan , et au couchant k celle de Chensi. Du midi au nord son étendue est de cent soixante de nos lieues , et d'environ soixante-dix du levant au couchant. Le grand fleuve Huang la sépare du Chensi. Honan, douzième province de la Chine , bornée au nord par le Chang-si et le Petcheli , au levant par le Kiang-nan et le Chan-tong, au midi par le Hong-nang, et au couchant par le Chensi , s'étend sur environ cent soixante de nos lieues du midi au nord , et autant du levant an couchant. HoHG-NAHC , treizième province de la Chine et la plu* étendue de toute* , cootiguë par le nord au Chensi , par le levant au Kiang-si , par le mini au Quang-tong et au Quangsi , s'étend sur deux cent vingt de nos lieues du midi au nord , et de cent soixante-dix du levant an couchant, !-<■ Kiang, ou fleuve Bien, qui la traverse, sépare en deux grandes villes sa capitale nommée Vouc-thang. Kiang-si , quatorzième province de tfe Chine, a pour bornes au nord le Hong-nang et le Kiang-nan. Du midi au nord son étendue est de cent cinquante de nos lieues, et de cent du levant au couchant. La rivière de Kan-kiane la Inverse du midi au nord. C'est dans cette province qu on fabrique la plus belle porcelaine. Kooei-tcheou, quinzième province de la Chine et l'une des plus petites , a cent dix lieues en tout sens , et pour bornes au nord le Setchuen , le Hong-nang aq levant , le Quangsi an midi , le Yunnan et le Setchuen au couchant. Telles sont les quinze province* qui composent 1a Chine. Quelques-uns y ajoutent le Leong-longou le Chin-yang, dit aussi le Quan-tong, pays considérable situé au-deli de la grande muraille , séparé de U Tartarie chinoise , dont il est censé faire partie , par une barrière de pieux ou de palis-
C'est des plaines de Sennaar que partirent , après La confusion de* langues, les enfants de Sem , qui allèrent chercher un établissement aux extrémités de l'Orient. S'étanl arrêté* dans la partie septentrionale du pays qu'on nomma depuis la Chine, ils y vécurent des fruilaque la terre produisait d'elle-même. Convaincus de la nécessité de se donner un chef capable de les gouverner et de le* défendre, il jetèrent le* yeuz sur Foc-hi , ou Fo-aii , qui leur ava plusieurs preuves de sa valeur et de son habileté. Le p usage que Fou-bi fit du pouvoir souverain fut de pourvoir k la sûreté des mariages. Il commença par diviser lont le peuple en cent famille*, k chacune desquelles il assigna uq nom particulier, et celle loi aubsiste encore k 1a Chine , où il n'y a encore que cent noms pour désigner toutes les familles de ce vaate empire. Fou-hi établit , comme une loi essentielle de la validité du mariage, que chacun ne ferait alliance qu'avec ceux d'un nnm Afférent du sien , et par conséquent d'une famille différente. La nécessité de défricher les terres , pour les mettre en valeur et en écarter les animaux nuisibles , obligea Fou-hi de mettre le feu aux brouasaille* et forêls dont elles étaient couvertes. Cet incendie ayant fait résoudre en fer les mines sur lesquelles il s Vien J a , Fou-hi profita de cette découverte pour amasser une certaine quantité de fer , dont il se servit pour armer le bout d'un bâton en forme de javelot. Il apprit par U k faire usage de cette arme pour la pêche et La chasse. Enfin , après s'être donné des soins infatigables pour humaniser et policer son peuple, Fou-hi mourut dans la cent quinzième de son règne, i Tchin-tou, où il tint
DES EMPEREURS DE LA. CHINE
u cour , et fut enterré à quelque «Juiance Je cette ville , ' qui subsiste encore mu* le nom de Tchin-lcheou (i).
a838 av. J. C Chir-MONG qne Fou-hi , en considération de set ulenu et de km application au travail , avait placé , quoique fort jeune , dan» un cooMil , fut élu pour lui succéder à l'empire. Ce fut lui qui apprit aux Chinois k labourer la terre, a y te mer du ble, a moudre ce blé et i le convertir en pain. La cbarrue qu'il inventa e*t la même, dit-on , dont on m sert encore de no» jour*. Sou cha , qu'il avait nommé gouverneur de l'un de* meilleur* pays de «es états , osa s'élever contre lui et m prétendre indépendant de sa juridiction. Ki-ouen , homme sage que Chin-nong lui avait donné pour conseil , s'efforça envain de lui faire sentir l'injustice et la témérité de sa conduite. Loin de déférer k ses représentations , il le fit mettre i mort. Se* peuples, irrité* de celte atrocité , forcèrent m maison et le mirent en pièce* ; après quoi , il* vinrent trouver Chin-nong pour lu' renouveler le* assurances de leur soumission. Cependant ce prince , mit par excès de confiance en la fidélité de ses peuples, Mit par l'effet du déclin de l'âge, se relâchait de son xèle pour leurs intérêt*. Tchi-yeou , esprit turbulent et d'upe force extraordinaire, s'etant Mulevé contre lui, osa lui déclarer la guerre. Heureusement Chin-nong avait donné le gouvernement de Yu-hiong à Son an - y uni , dont Ici rmuientes qualités s'étaient annoncées presque dès sa naissance. Après l'avoir inutilement Mllicilé de rentrer dans le devoir, l'empereur envoya contre lui un corps de troupes, avec ordre de le prendre et de le lui amener vif. Mais il fit léte 4 ce* troupe* dan* une bataille et les obligea de prendre la fuite. Sonan-yuen , indigné de cette défaite , revint i la charge , et ayant attaqué brusquement Tchi-yeou , sans lui donner le tenu de se reconnaître , il le contraignit , «près un combat assez rude, de s'évader A la faveur d'un épais brouillard , dan* la crainte de tomber entre les mains de Souan-yuen. La retraite de ce rebelle désarma ses gens , qui se rendirent à la discrétion du vainqueur. Les gouverneurs de* autres district* , frappés du succès des armes de Souanyuen, s'empressèrent k rechercher son amitié et lui marquèrent toute aorte de déférence. Cependant la conduite relâchée de Chin-nong laissait flotter entre ses mains les rênes du gouvernement. Les peuple* n'étant plus retenus par le frein de l'autorité, vivaient à leur fantaisie et ne se conformaient plot aux lois. F.rs grands, voyant que le grand âge de Chin-nong rendait le mal aans remède , engagèrent Souan-yuen a exhorter l'empereur de se démettre , par une abdication volontaire , d'une autorité dont il ne pouvait plus soutenir le poids. Chin-nong, loin de se rendre à ces semonces plusieurs fois réitérées, leva une année pour défendre sa couronne qu'il était menacé de perdre. Les gouverneurs , ayant Souan-yuen à leur téie , Mutinrent , pendant deux jours consécutifs, avec acharnement , mais avec peu de succès, les attaques qu'il leur livra. Le troisième jour auquel ils recommencèrent le combat , changea la face des affaires. Les troupes impériales furent battues , et le chagrin que causa ce revers a Chin-nong fui si grand , qu'il l'emporta, en fort peu de jours, après un règne décent quarante ans.
1698 av. J.-C HoAHO-Tt fut le nom sous lequel les gouverneurs soulevés contre Chin - nong , proclamèrent Souan-yuen empereur, après la mort de Chin-nong. Tchiyeou et ses partisans refusant de le reconnaître , il marcha contre lui promplement, et l'ayant fait prisonnier , U lui fit trancher la tète k la vue des deux arasées ; ce qui rétablit la paix dans l'empire. Pour transmettre k la postérité le souvenir de* événemens et des réglemens qui concernaient sa nation , il établit ma tribunal d'historiens , qu'il partagea en deux classes, l'une destissée k recueillir les faits , l'autre a mettre par écrit les paroles et le* discours mémorables. L'écriture consistait alors ea cinq cent quarante caractères { elle a été portée depuis k quatrevingt mille.
Jusqu'alors on n'avait sacrifié au Chang-ti ou à l'Etre Suprême , qu'en plein air sur des tertres. Hosng-ti ayant
(1) Voilà es qu'on raconte du fondateur de l'empire, de la Chine, d'après les plus fameui lettrés Chinois. Nous conviendrons néanmoins que ce qui concerna ton existence et ta suite chronologique d« ses loecrsseiirs , jasqa'a fan H 4 1 avant l'ère chrélieane , est contredit par d'habiles critlqsMsde no* jour» , qui Irsilenl de fables tout
inventé l'art de faire des briques et de tailler des bois de charpente , lai fit élever un temple , où il lui offrit un sacrifice avec un appareil inconnu jusqu'alors. S'étant fait bâtir ensuite une espèce de palais pour lui-même , il excita par la ses peuple* k quitter les trous et les cavernes qu'ils habitaient, pour se construire, avec des branchages d'arbres et de ta terre glaise , des habitations moins incommodes. Hoang-ii donna ensuite son attention au calendrier qui était fort défectueux , et a l'aide des observations que plusieurs de se* sujets firent avec lui du mouvement de* astres , il parvint à reconnaître que l'année lunaire était moindre de onze jours que l'année solaire , et que pour accorder l'une et l'autre il fallait intercaler dans la première sept lunaisons dans le cours de dix-neuf an*. 11 inventa aussi des voitures roulantes qu'il faisait tirer par des bœufs , des buffle* et des chevaux.
Tandis que Hoang-ti s'occupait de ces noble* travaux , Si-ling-chi, sa femme, ayant rassemblé un grand nombre de ver* à Mie, dont le* mûrier* étaient couvert*, travaillait a filer leur duvet avec les femmes qui la servaient , et leur apprit k en faire des étoffes dont elles s'habillèrent au lieu des habits de peaux dont les deux sexes faisaient usage. Cette invention se répandit promplement dans l'empire , dont les bornes étaient déjà fort reculée* , et dont la population augmentait en raison de son étendue.
Autant Hoang-ti se faisait estimer par ses inventions , autant se rendait-il redoutable par la sévérité avec laquelle U faisait observer ses ordonnance*. Quelques restes des rebelles qui avaient suivi Tchi-yeou , s étant avisés de lui refuser l'obéissance , il marcha contre eux , et les ayant fait prendre tout vifs , il leur fit couper la tête sur une coline k la vue de tout le peuple.
Dan* le* diflerens voyages que Hoang - ti faisait dans l'empire , il découvrit des mine* de cuivre dont il tira parti pour faire fondre des vases de différentes figure*. Mai* il n'eût pat la satisfaction de voir tout le succès de cet établissement. Etant tombé malade dans le cours de son dernier voyage , il mourut le dernier jour de la huitième lune, après un règne de cent ans. La Chine le regarde comme son premier législateur , de même qu'elle appelle Fou-hi Ma fondateur.
a5q8 av. J.-C Chao-hao, appelé Siuen-hiao du vivant de Hoang-li , Mn père , fut préféré par les officiers et le peuple a ses autres frère* qui étaient en grand nombre , pour le remplacer. Un de ses premiers Mins fut d'établir da* distinction* pour le* habillrmens entre les grands officiers qu'il psrlagca en différentes sorte» de mandarins , portant sur leurs habits des figures d'animaux qui annonçaient le grade qu'ils occu paient. C'est tout ce que l'histoire nous a transmis du règne de Chao-hao , qui fut de
r Ire-vingt quatre ans. Son indolence el un faux amour la paix , donnèrent cours k de grandes superstitions qui altérèrent considérablement la religion du peuple.
aSi4 av. J.-C. Tchubm-hio, fils de Tchang-y et petitfils de l'empereur Hoang-ti , fut élu d'une voix unanime par les mandarins et le peuple, pour succéder à l'empereur Chao-hao, a la cour duquel il avait exercé les premiers emplois. Dès qu'il fut assis sur le trône, la première chose i laquelle il s'appliqua fut d'arrêter le cours de la pernicieuse doctrine qui avait cours dans l'empire. On n'y voyait que magiciens qui effrayaient les peuples par de* spectres qu'ils leur faisaient apparaître , même au milieu des sacrifices. Pour couper le mal par la racine , il ordonna que l'empereur aurait seul le droit de sacrifier au Chang-ti , et ne pourrait le faire que conformément au cérémonial qu'il établit. Passionné pour l'astronomie , il institua une espèce d'académie , composée de gen* de lettre* les plus versés dans celte science. Après plusieurs années de travail , Tcbuen-hio détermina qu'i 1 avenir , l'année commencerai! a la lune la plus proche du premier jour du printems. Son règne , qui dura Mixanle-dix-huit ans ,
fut paisible el
glorieux par le soin
qu'il eut d'entretenir la lance dans l'empire. Il
ce nui , jusqu'à celle époque ,
est rapporté dans les Annales etn- ■I
noises. Sans entrer dans la discussion de cette controverse , nous mènerait I monements bisl s'éloigner de 1a
3 as es
* Cl llf,
.delà
ce qui bobs a paru le tnoiai
CHRONOLOGIE HISTORIEE
mourut a l'âge de a Po-hiang.
ans, et fat inhume
a43€av. J.-C. Ti-ko, petit-fil» de Chao - hao , assoc ié par celui-ci dès l'Age de quinze ans au gouvernement , soutint sur le trône la haute réputation de sagesse et de probité qu'il s'était acquise avant que d'y parvenir. La mort te ravit a la Chine après soixante-dix ans de règne»
*366 av. J. -C. Ti-Tchi, fils aîné de Ti-ko , fut élu pour lui succéder par ta considération que son père sVtail attirée par la sagesse de son gouvernement. Ce choix ne fut point heureux. Ti-Tchi démentit la haute idée que la conduite de son père avait fait concevoir de lui. Ce fui un prince livré au plaisir, ennemi do travail, emporté, ne pouvant souffrir aucune remontrance. Dans l'espérance que Tige et la réflexion le corrigeraient, on attendit plusieurs années qu'il revint i résipiscence; mais son obstination
Sersévéranie dans le désordre ayant enfin épuisé la patience c ses sujets , les grands , accompagnés des principaux d'entre le peuple , amenèrent au palais le prince Yao , frère puîné de Ti -Tchi , et le proclamèrent empereur maigre lui , a la vue de Ti-Tchi , et malgré la réclamation de ce dernier.
335? (4i'< année kia-chin du tw. cycle.) TAO parvenu au trône impérial , se montra d'autant plus digne de cet honneur, qu'il avait fait plus de difficulté de l'accepter* La première chose • laquelle il s'appliqua , fut de rétablir l'astronomie qu'on commençait è négliger. Ayant appelé ceux qui étaient chargés de cette partie , il leur ordonna d'examiner avec le plus grand soin les mouvemens des astres, aCn que les peuples, guidés par le calendrier public, fussent instruits des tenu propres a la culture de la terre. Les ayant envoyés en quatre lieux difFcrcns, il leur ordonna di examiner l'étoile qui apparaissait a l'entrée de chacune des quatre saisons, et de tenir un registre exact des jours, des heures et des minutes dont chacune est composée. La réputation de sagesse que Yao s'était acquise , engagea de princes voisins à venir Ini faire hommage et se ranger sou ses lois.
La 61*. année du règne de Yao, il y eut nne si grande inondation i la Chine, que les eaus du Hoang-ho se mêlèrent avec celles do ho-ai-ho et du Kiang, et ruinèrent les cam pagne» dont elles ne firent plus qu'une vaste mer. Ce prince ayant assemble Les grands pour aviser avec eux aux moyens de remédier i ce terrible fléau , le S«e-yo , ou chef des
Pnuverneurs des provinces, lui proposa Pe koen comme homme le plus capable de faire cesser l'inondation. I.'em pereur l'ayant agréé , non sans quelque répugnance , fondée sur certains défauts qu'il lui connaissait, Pe-koen mil incontinent la main a l'oeuvre. Neuf années qu'il employa a cette entreprise, furent presque sans succès, non qu'il manquât d'intelligence, mais parce que se confiant trop » ses propres lumières , il ne demandait conseil à personne , pas ra<me 1 l'empereur, et maltraitait ceux qui le servaient.
Yao , dans la soixante-dixième année de son règne, sentant ses forces affaiblies par Pige, pense i se donner un collègue pour l'aider a soutenir le poids du gouvernement. Ayant jeté les yeux sur Chua , descendant de Hoang-li , sur la réputation de la haute sagesse doot il jouissait, il le fit venir a sa cour et lui donna ses deux filles en mariage. L'inondation continuant toujours ses dégâts , il chargea son gendre d'aller visiter les montagnes et de prendre avec lui Yu, fils de Pe-koen. Yu, né avec un excellent esprit, vint i bout , en perçant des montagnes et creusant de nouveaux lits aux rivières, de faciliter l'écoulement des eaux et de lent faire prendre un libre cours vers la mer. Tandis que Yu parcourait les provinces pour l'exécution de ces travaux , Chun donnait ses ordres pour remettre en valeur les terres qui venaient d'échapper i l'inondation. Dans le cours de trois ans, il réussit a leur rendre leur première fertilité. Ravi de ce succès oui augmentait von siderableraent de 1 état , Yao ayant as-
semblé les graods , témoigna en leur présence la satisfaction nue lui causait la conduite de Chun , après quoi il lui ordonna de monter sur son trône et de venir s'y asseoir à côté de lui,
Chun commença son gouvernement l'an aa84 avant J.-C par offrir, le premier jour de la première lune, un grand sacrifice au Chang-li, après quoi il sacrifia aux esprits célestes qui président au soleil , à la lune , aux planètes ,
aux étoiles , aux quatre saisons et a la terre pour se les rendre favorables ; et enfin A sacrifia pareillement aui montagnes, aux fleuves et a tous les esprits. Après s'être acqoiué de ce devoir, il reçut la soumission de tous les grands, qu'il divisa, le premier, en cinq différentes classes, ayant chacun une tablette d'ivoire appelée Choui, qui était une sorte de tessère gravée de quelques marques qui devaient se rapporter justes avec celles que l'empereur gardait de son cdlé. Lorsque les princes allaient a la cour, ib avaient soin d'y porter avec eux ces marques et ces preuves du rang qu'ils testaient dans l'empire.
La Chine était alors divisée en neuf provinces qu'il entreprit de parcourir pour en connaître l'étendue et les forças, et réformer les abus qui pouvaient s'y être glissés. Quatre des gouverneurs qu'il trouva rebelles à ses ordres dans le cours de ses visites , éprouvèrent la rigueur de sa vengeance, par des exils auxquels il les condamna.
Charmé de la conduite de Chun, Yao s'applaudit du choix qu'il en avait fait pour son collègue , et se reposa entièrement sur lui du soin de l'administration. Il mourut l'an aaSH av. J.-C. , a l'ige de cent quinze ans , dans b quatre-vingt dix-neuvième année de son règne , et b vingt huitième après qu'il se fut associé Chun. Son peuple porta le deuil de sa mort l'espact de trois ans.
aa55 av. J.-C, (23*. année ping-su , du 3*. cycle), Chum, collègue d'Yao dans l'empire , devint son successeur et s'abstint , pendant les trois ans de deuil qui suivirent la mort de ce prince t de prendre les ornenirns impériaux. U avait partagé , comme on l'a vu , du vivant de sou prédécesseur, la Chine en neuf provinces. J-a population qui s'augmentait chaque jour , rendant ce partage insuffisant , il en fit un nouveau qu'il porta jusqu a douze provinces auquel les il préposa autant de gouverneurs choisis du consentement des grands. Niais ce nouveau partage ne subsista pas long-tcms, et l'on en revint au précèdent. Chun pensa ensuite è établir des tribunaux relatifs aux différentes affaires de l'empire. De l'avis de son conseil , • il mit è b téte des ministres i Yu , qui , prosterné en terre, s'excusa, mais en -vain, d'accepter cet emploi. Chun ne borna pas è ces marques d'estime, son attachement pour Yu , il voulut partager le trône avec lui , et dans la trente cinquième année de son règne, il It fit reconnaître par tous les grands dam une grande assemblée qu'il tint a ce sujet. Il n'y eut que le seul Y eau-mi ao , esprit turbulent , qui refusa de déférer i ce choix. L'empereur Chun ayant suspendu pendant deux ans sa vengeance, pour donner le tenu i ce rebelle de rentrer dans le devoir, envoya Yu è la tète de ses troupe* pour dompter son obstination.
Mais voulant épargner le sang, Yu se contenta de le seoir assiëg» dans son royaume. Un mois se passa sans qu'il parui que Yeoo-miao ni les autres révoltés se disposassent à se soumettre. Yu paraissait déterminé è leur livrer bataille ; mais sur les remontrances de Pé y , it ordonna, sur-le-champ, à ses troupes de se retirer, et les fît camper dans un endroit fort éloigné de Yeou-miao. Il parait que celui-ci revint à resipisence, puisqu'on ne voit pas qu'il ait fait de nouveaux mouvements pour soutenir sa révolte.
Chuo était occupé i visiter les provinces de l'empire lorsque la mort le surprit à Ming-tiao, l'an **o8, dans la Quarante-huitième année de son règne, et b cent dixième de son âge. La sagesse avec laquelle il avait gouverné ses I peuples, lui mérita les regrets sincères et durables de ses peuples qui le citent encore tous les jours comme un m©-
aao5 avant J. C. (»3*. année ping-tse, du 4*. cycle.) Yu, de collègue de Chun , étaol devenu son successeur, voulut remettre b dignité impériale è Chang-kiun , auquel Chun . son père. Pavait préféré , parce qu'il ne le jugeait pas capable de le remplacer sur le trône de b Chine ; mais les grands s'opposèrent à cette disposition, et contraignirent Yu de s'asseoir sur le trône. Il était alors âgé de quaire-viogttreixe ans, La troisième année de son règne, conformément i ce qui avait été ordonné par Chun , il lit un examen général de b conduite des Mandarins, tant de la cour que des provinces , et eut b satisfaction de voir qu'aucun d eux ne s'était rendu indigne de b place qu'il occupait. Mais l'année suivante, il s'aperçut que b superstition avait gagné les peuples des frontières, è qui on avait fait accroire que des esprits mal faisans s'étaient emparés des bois, des montagnes, des rivières et des étangs. Après avuir donné ses soins
DKS EMPEREURS DE LA CHINE
I pour dissiper cette illusion , il partit pour faire la visite i des provinces de l'empire; ce qui l'occupa l'espace de trou ans. Dans le cours de ce pénible voyage, il tomba malade <)e fatigues, et mourut a Hoei-ki , la huitième année de son règne, et la centième de son âge,