QUINZIÈME DICTATEUR
M. r'URIUS CAM1LLUS 111.
38g.-3hVJ. L'interrègne dèiaugea l'année consulaire : il y eut , suivant Tite-Live , trois interrois , savoir une fois P. Cornélius Scipion et deux fois Camille ; et comme l'ad roinittration de trois inierrois , dura quinze jours , l'année consulaire, qui était fixée au 1*'. juillet, ne se renouvela que le 16 du même mois. Rome ayant été délivrée le i3 do mois de février de cette année civile par la protection spéciale des dieux, il n'y eut point de motif qui dut porter les
fionlifes à supprimer , après la cessation du péril , l'inlerraation de droit qui tombait après le a3 du même mois ; ainsi nous croyons qu 4* l'ont laissé subsister. Quelques clirono logistes modernes après avoir rejeté l'année de l'inlerrcgr» qui eut lieu l'an 334 s 00 1 cru pouvoir, la remplacer en supposant que la dictature qui fut déférée a Camille , lors de la prise Je Rome, a duré une année entière, et en plaçant cette dictature entre le tribunat militaire précédent et ce tribunal-ci. Mais Tite-Live ne permet pas d'admettre
DE L'HISTOIRK ROMAINE.
celle magistrature intermédiaire. Cet auteur dit ( H». VI, chap. i. ) que comme on ne jugea pas i- propos de laisser présider aux comice» consulaires des magistrats sous lesquels était arrive le sac et l'embrasement de Home , on en vint a nommer des inierrois. Il n'y a donc eu aucun intervalle entre l'interrègne et le jour où a fini l'année des précédents tribuns militaires. Si Camille était resté dictateur après que les tribuns militaires furent sortis de charge, on n'aurait pas eu besoin de recourir a l'interrègne. Le diclateur éubli pour gérer toutes les affaires publiques, revêtu de l'autorité suprême aurait eu le droit de convoquer les comices, et de présider a l'élection des magistrals de cette année-ci. Tite-Live , en rapportant les événements arrivés sur la Gn du tribunal al lâche a cette année 366, ajoute ( chap. {. ) que les secours donnés par l'état a ceux qui se disposaient à rebâtir , le soin et la vigilance des Ediles qui regardaient la reconstruction comme un devoir public , le besoin même et le désir que les particuliers avaient de se loger, ayant accéléré l'ouvrage , Rome se trouva rebâtie dans une année. Or , si l'on séparait ce tribunal militaire du précédent , en y intercalant une magistrature annuelle, on trouverait que la reconstruction aurait duré deux ans , et il ne serait point
ignorance qui affermissait leur ponvoir, continuèrent a les cacher. On s'occupa alors de la religion ; le jour où s'était donnée la bataille d'Altia . fut déclaré néfaste : et comme les sacrifices offerts le lendemain des ides par Serv. Sulpicius ne lui avaient pas rendu propices les dieux qu|il avait invoqués, on défendit de faire aucun acte de religion le lendemain des ides , et cette défense fut étendue par une sorte d'analogie â tout lendemain des calendes et des nones. Guerre des Volsquet. I«es anciens ennemis de la république, ses alliés, ses colons même, croyant tontes les armées de Rome détruites , et sa puissance ensevelie sous set mines, cherchaient à se venger, à se rétablir dans l'indépendance , et voulaient exterminer le nom romain. On apprend que toute l'Elrurie se prépare a la guerre. Soulèvement des Latins et des Herniques, peuples qui depuis la bataille du lac Regillc, c'est -a-dire depuis environ cent ans, dit Tite-Live (il y avait cent huit ans. Vojtt l'an a58 de R ime ci-dessus. ) , étaient constamment attachés a l'amitié des Romains. Dictature de Camille. Il prend pour maître de la cavalerie C. Srrvilius Ahala. Victoire de Camille sur les Volsques : il met le feu â leur camp , le prend , abandonne le butin a son armée, et ayant poursuivi les fuyards et ravagé les terres de ce peuple, il l'oblige, dit Tite-Livc, a te soumettre après soixante-dix ans de guerre. Tite-Live prend pour base de sa supputation l'année ayS, quoi qu'elle ne soit pas l'époque du commencement de la guerre, mais seulement celle Je son renouvellement. De lâ le dictateur va attaquer les Eques qui avaient recommencé les hostilités , bat leur armée près de la ville de Bolo, et non-seulement il prend leur camp , mais leur ville. Vainqueur des Eques ; il marche aux Etrusques. Camille croyait les trouver faisant le siège de Sutri , ville alliée du peuple romain. Mais les Sutriens venaient de se rendre le jour même que Camille arriva. Le dictateur sa doutant de l'étal de confiance et d'inattention auquel ils se seraient livrés dans le premier moment de leur succès , traverse le territoire de Sutri , arrive aux portes, se saisit des murs avant que les Etrusques se soient aperçus de sa marche , et rend aux Sutriens leur ville le même pur qu'ils l'avaient perdue. Triomphe de Camille , vainqueur dans trois guerres. Ordre donné aux Romains , qui pour s'épargner la peine de bâtir l'étaient retirés a Veïes, de revenir â Rome. La peine de mort dont les réfractaires sont menacés, le* oblige d'obéir. Le droit de citoyen romain est accordé aux Veïeos, aux Ca pénates et aux Falisques , nui pendant le* dernières
Suerres avaient passé du coté des Romains, et on leor istribue de* terres. Les pontifes prétendent avoir trouvé dans la cour de Mars au Palais , sous un las de cendres et de ruines, la baguette recourbée, dont Romulus se servit pour consulter les augures. Le* Romains crurent que ce présage leor annonçait que leur ville serait éternelle. (Plut. Vie de Camille, pag.
Tribuns militaire* : T. QuiHCTlUS ClHCntltATO* , Q.
Suvtuus Patscos Fidenas V , L. Juutu Jolus ,
|„ AOUILIUS CORVUS, L. LUCRETICS TaiClFITIMCS 11,
Sbrv. Sulficios Rufcs , entrent en charge le 16 juillet romain 36^ , 37 juillet julien 3Sy.
3d8.-387.-3H6. Une année où avait été retrouvé le bâton auctiral de Homulus, où la ville elle-même avait été rétatablie, et où l'abattement dans lequel avait jeté le péril d'une entière ruine était dissipé par des victoires signalées, dut être annoncée comme heorense par les pontifes Ainsi nous croyons qu'ils la prolongèrent par l'intercalation. Ravage des terres des Kques. Prise de deux villes des Tarquiniens. peuples de l'Elrurie. Mouvements de la part des tribuns du peuple pour tes loi* agraire*. Us proposaient de distribuer les terres du Pomptio , dont la propriété n'était plus contestée aux Romains depuis la dernière défaite de* Volsques par Camille. Le peuple , occupé â se loger , et appauvri par les dépenses de la bâtisse ne songeait pas â avoir <fcs terre* qu'il n était pas en état de mettre en valeur, et n'écouta pas se* tribuns. Reconstruction du Capitole en pierres de taille t ouvrage, dit Tite-Live , que dans ce siècle même (c'était celui d'Auguste), on se plait â voir et â considérer. Le sénat, plus scrupuleux depuis les derniers malheurs de la république , inge â propos de prévenir le danger que pourrait attirer la nomination vicieuse des magistrats dans le cas où quelque vice se serait glissé dans l'élection de ceux qai devaient présider aux comices ; ainsi on crut que pour renouveler les auspices , la nouvelle élection ne devait pas être faite sous les tribuns militaire* actuels, et on la suspendit jusqu'à ce qu'ils furent sortis de leur charge. Interrègne.
Tribuns militaires : L. Pafirios Cubsob, C Sinon» Fidenas, L> Ataïuus Mambrcihus II, L. Mehenius Laratos , L. Valerics Poflicola III , C Coawelic» Cossus, entrent en charge le.3i juillet romain 366, 34 août julien 386.
386.-385. Il y eut trois inierrois (Tite-Live, liv. VI, chap. 5. )• Ainsi l'année consulaire, auparavant fixée au 16 millet , s'avança jusqu'au 3i du même mois. La reconstruction du Capttole , siège de la religion et de l'empire , demeure auguste île Jupiter, que ce dieu avait, suivant les Romains, défendu lui-même contre les Gaulois (Tite- Live , liv. V, chap. 5o. ), dut porter le* pontifes â présenter au peuple cet acte de religion et de gouvernement comme le sceau de sa réconciliation avec les dieux. Dédicace du temple de Mars qu'on avait fait voju de bâtir pendant la guerre des Gaulois. Quatre nouvelles tribus sont composées de* nouveaux citoyens qui étaient venus â Rome, et qui avaient obtenu le droit de cité en l'année 366. On le* ajoute aux vingt-et-une tribus qui existaient. La loi pour le partage des terres du Pomptin , portée par le tribun Sicinius est plus favorablement reçue par le peuple , qu'elle ne l'avait été 1 année précédente. Cependant elle ne fut
Pas autorisée. Dix-huitième lustre : le dernier avait été fait an 363, cinq ans avant celui-ci. On vient de voir que les Romain* avaient formé quatre nouvelle* tribu*. Or , l'augmentation de tribut ne se faisait jamais que dans le terns du cens et du lustre.
Tribuns mUitiùrtM : M. Ftjrius Camillc-s IV, SlxW. Cobxeuus Maluciniksm Ii , Q. Sebvilius Paiscv* Fidenas VI , L. Qontcnus Circihi» atto , L. Horatu's Pclvillus , p. Valerics Potitus Poflicola , entrent en charge le 3t juillet romain 36g t 5 septembre julien 385.
385. -38 4- La dédicace du temple du dieu Mars, auteur et dieu tutélaire des Romains, l'établissement de quatre nouvelles tribus, et l'augmentation de peuple, de force et de puissance qu'elles assuraient â la république, portèrent le* pontifes à prolonger cette année civile par l'intercalation. Guerre des Volsques Antlates, soutenus par les Latins et les Herniques. Ces peuples , sans donner publiquement des secours , avaient permis à leurs citoyens d'aller servir comme volontaires. Bataille entre les Volsques et Camille : la victoire te décidait pour les Romains lorsqu'un orage sépara les deux armées. Les Latins et les Herniques ayant abandonné les Volsques le jour même qui suivit l'action , ceux-ci , affaiblis par cette désertion , se renferment dans les terres de Satnque. Camille prend celte ville par escalade , et part pour consulter le sénat sur le projet qu'il avait formé d'assiéger Anliuro , capitale des
Volsques. Le sénat préféra de l'envoyer 4 Népeté et i Sutri. Ce» villes alliées du peuple romain et barrières de la république du côté de la Toscane, assiégées par les Eli
que» avaient demandé ua prompt secours ; déjà les assiégeants s'en étaient rendus maîtres. Camille 1rs reprend- Plajote*. du sénat aux Latins et aux Herniques , du secours (ju'iU avaient do noe aux Volsques , et de Leur négligence 4 fournir aux Romains le contingent en troupes qu i|s dévalait. Leur réponse ne satisfit pas le sénat ; suais Rome,
attaquée par d'autres ennemis, crut devoir remettre à a» autre tenu la guerre contre ces peuples.
Tabwu wlitaires : A. Mahucs CamoLtuuï II , P. COMU.WS Cossus II , T. Quirctiu* Cantouw* , L. Qutacrius Cahtoluitm, L- P*?iatBS Cuuoa H, C. Suciua tTtuuiAS 11 , entrent en charge le 3t juillet romain 370,1 17 septembre julien 3©4«