ROBERT DE FRANCE
L'an 1269 (N. S. ), le roi saint Louis, par lettres du mois de mars , donna à Roblrt , sou sixième fils , dans le comte' de Clermont ce qui suit : Oest à sçavoir , dit le monarque, nostre chas tel de Clei nionl avec toutes ses appartenances, la Neiivilleen-Hès , la forest tl les appartenances d'icelle , Cieicj avec toutes ses appartenances , Sachy avec toutes ses appartenances, et tout ce c/ue nous avons à Gournai-sur-Aronde, etcpielcun'ques autres choses que nous avons et possessons en la comté de Clermont et Mori , avec les appartenances , fle/s et domaines et quelcunqucs autres choses que nous avons illeuc. Et toutes ces choses devant dites ycil Robers et si hoirs tenu en fié et hommage-lige de nous Roj- de France Et de ce seront tenu rendre service de huz àjceitx ; des choses toutes vojes que IL Comte de Clermont ont tenu ou devront tenir des Evas- Ques de Biauvais et de VAhbé de S. Denis , sont temijcleux nostre fieux comme le hoir faire hommage à L'Evesque et à V Abbé qui aront es'é pour le tems. ( Martenne , '^Thes. Anecd. T. !«'■ , col. 1 125 j Ord. du Louvre , T. XI , p. 542, ) Robert, ne' , suivant la chronique de Saint-Etienne de Limoges , l'an 1266, avait e'te' baptise' par Philippe , archevêque de Bourges, et avait eu pour parrain Humbert, ge'nér il des Dominicains, que le roi son père avait fait venir exprès de Ptome pour cette cére'monie. Dans son enfance, 11 avait e'te' fiance' , selon, la même chronique , avec Marie , fille de Gui VI , vicomte de Limoges , pour l'e'pouser , lorsqu'elle serait parvenue à l'âge nubile, si cela lui plaisait et au roi son père : Huicfuit dc'^ponsiita filia Ticecomitis Leivovicensis , si sibiyjlaceret ac régi cùm nubiles essenl. (Labbe, Alliances Chron., T. II, p. 660.) Mais celte alliance n'eut point lieu , comme ou l'a remarque' ci-dessus.
Robert accompagna, l'an 1272, le roi Philippe le Hardi, son frère , dans son expédition contre Roger-Bernard , comle de Foix. La même anne'e , et peut-être avant son de'part , il e'pousa Béatkix , fille de Jean de Bourgogne , seigneur de Charolais , et d'Agnès, dame de Bourbon. C'était une chàtellenie que Hugues IV, duc de Bourgogne, aïeul deBe'atrix, avait dcriicm])ro'c du comté de Chàlous , et don::ée par son Icslaiuent , en 1272 ,
IJÔ CHR. HIST. DtS COMTES DE CLE RM. EN BEAUVAlSlS^
à sa peîite-filie. Celte disposition fut ratifiée en 1277 , au mois d'avril, par transaction passe'e entre le duc de Bourgogne, Robert II, et la même Béatrix , sa nièce, assisle'e de sou e'poux , ( Pérard , p. 5/(4), puis confirme'e deux ans après, par traite' conclu au mois d'août entre les mêmes parties , sous la médiation du roi de France. L'an 127Q (N. S, )^ le comte de Clermont fut fait chevalier à Paris. Cette ce're'monie occasiona un tourjioi où Robert jouta avec une adresse qui le fit admirer. Le prince de Salerne e'tant arrive' quelque tems après , on fit à son honneur un nouveau tournoi, qui fut aussi funeste à Robert, que le premier avait e'te glorieux pour lui ; car il eut le malheur d'y recevoir des coups à la tcle, dont son esprit se ressentit le reste de ses jours. Mais il n'est pas vrai qu'ils lui firent perdre la raison , comme le pre'tend M. Velli : la suite de sa vie de'ment cette assertion. Piobert succéda , l'an i2o5, avec sa femme, à sa bellemère Agnès, dans la sirerie de Bourbon, dont il prit alors le nom, mais en retenant toujours les armes de France. Celle sage précaution , dit M. de Percfixe (Vie de Henri IV ) a beaucoup servi à ses descendants pour se maintenir dans le rang de princes du sang, que ceux de Courienai ont perdu pour n'en av'oir pas usé de la sorte. Robert, l'an 1297, fut un des quatre ])rinces qui reportèrent sur leurs épaules à Saint-Denis les ossements de saint Louis , qu'on avait leve's de terre lors de sa canonisation, et apportes à la Sainte-Chapelle de Paris ])0ur être exposés à la ve'ne'ration des fidèles. L'an i5io , il fut dJpute' avec Louis Hutin , alors roi de Navarre et depuis roi de France , pour conclure un traite' d'alliance entre le roi Philippe le Bel et îlcnriVII, roi des Romains. Robert mourut le 7 février i5i8 (N. S. ) , et fut enterre' aux Dominicains de Paris , dans la chapelle de Saiut-ïhoinas d'Aquin , oii l'on voit son tombeau de marbre noir. Il eut de son mariage Louis , qui lui succéda dans le comte de Clermont, et à sa mère dans la sirerie de Bourbon , laquelle en sa conslde'ration fut èrige'e en duché' j Jean, qui fut baron de Charolais, et ne laissa, l'an i5i6, à sa mort qu'une fille, Be'atrix II , en faveur de laquelle le Charolais lut érige en comte parle roi Philippe le Hardi, lorsqu'elle eut èpouse'Jcan I-';, comte d'Armagnac j Pierre, grand-archidiacre de Paris ^ Blanche, mariée à Robert VII, comte d'Auvergne j Marie, morte religieuse à Poissi en 1572; et Marguerite, femme de Jean, comte de Namur. Robert eut pour baiUi, dans son comté de Clermont, le célèbre Bcaumanoir, qui , l'an i235, recueillit et rédigea par écrit les coutumes de Bcauvaisis, le premier , dit Loisel, le plus grand, et le jdus liardf œuvre qui ayt été composé sur les couslumes de France. (^ Vovez pour la suite des comlcs de Clcriiiont les sires de Dourbon.)
DES
COMTES DE VERMANDOIS
ET
DES COMTES, puis DUCS, DE VALOIS.
COMTES DE VERMANDOIS
JLje Vermandois, Pagiis Veromanduoruni , faisait partie , sous les Romains, de la seconde Belgique. Sa capitale , nomnie'e alors Augusta J^etomandaorum , et plus anciennement Samarobrive , a pris ensuite le nom de Saint-Quentin , depuis qu'elle possède les reliques de ce saint martyr. Prétendre avec Cluvier et Samson qu Augusta J^erowandiiorum est le village de Vermand, situe' à trois lieues de Noyon , et quatre de Pe'ronne , c'est une erreur de'truite • par l'abbe' de Longueroe, qui prouve , par les actes de Saint- Quentin , par Gre'goire de Tours et plusieurs chroniques , que le corps du saint fut enterre' près à' Augusta Veromanduorum , et qu'on l'a toujours garde' dans cette viUe; d'où il suit que la viUe de Saiut-
xir.
IjE Valois , Pagus T^adensis, tire son nom du lieu que les anciens monuments appellent T'adum , aujourd'hui Vez , entre Villiers-Cotterets et Cre'pi, capitale du pays , depuis qu'il fut érigé en comte'. Son e'tendue n'a pas toujours e'te' la même.
Sous les Romains , il était compris dans la cite' de Soissons.
Sous les deux premières races de nos rois , il s'étendait sur les territoires de Soissons , de Senlis , de Meaux et de Reims.
Aujourd'hui il a pour bornes, au Nord , le Soissonnais , à l'Orient , la Champagne , au Midi, la Brie et l'Ile de France, et à l'Occident le Beauvaisis.
Le Valois, dans le moyen âge, s'appelait , du nom de sa capitale , le comté de Crépi , cornitatus Crispeius , Crispeieusis , Crispeicus. La maison des
COMTES DE VERMANDOIS
Quentin est à la même place i]u'Jiigiista Veromanduorum.
Ce seutiment se prouve encore, dit M. Butler , par le voisinage de la rivière de Somme.
Les anciens comtes de Vermandois tirent leur origine de Bernard , roi d'Italie , et par conséquent de Charlemagne , dont Bernard était petit-fils par Pépin , son père. Bernard en mourant laissa un fils en bas âge , nomme Pépin comme son aïeul, qui fut prive' du royaume d'Italie par l'empereur Louis le Débonnaire , et reçut en dédommagement une partie du Vermandois , savoir ; les seigneuries de Saint-Quentin et de Péronne. Vignier lui donne la qualité de comte de Vermandois, mais sans preuve.
L'an 854, i' se joignit à l'évêque Ratold , au comte Boniface, et aux autres grands du royaume, pour soutenir l'empereur contre 6on fils Lotbaire , et le rétablir sur le trône. Pépin ne fut pas également fidèle au roi Charles le Chauve ; il s'allia contre ce prince, l'an 840 > avec ce même Lotbaire dont il avait été l'ennemi déclaré. On ne sait ni le tems ni le genre de sa mort. De sa femme, dont on ignore le nom et la naissance , il eut, suivant la chronique saxone et Reginon , trois fils :
Bernard, dont le sort n'est point connu; Herbert, qui suit; et Pépin Ce dernier lit la branche des comtes de Valois.
premiers comtes de Valois est une branche cadette de celle de Vermandois , suivant l'opinion comnmne , qui fait descendre l'une et l'autre de Bernard , roi d'Italie.