‹ L'art de vérifier les dates (volume 2)Chapitre 152 sur 299 · DES COMTES DE SOISSONS · texte numérisé non relu

DES COMTES DE SOISSONS

voit son épitaphe rapportée par dom Marlenne ( Voy. Ut. p. 1 1 ) en ces termes :

A. Comiiissa pia de Soissons f(iise jaces hîc, Regno felici tecuin sit virgo Maria, Mater egcnorum , miilioriiin piena bononim; Hca! laus Ixoriim cibus est verixiiculorum.

JEAN II

1257. Jean II de Nesle, dit le Box et le Bègue, chevalier, fils aîné' de Raoul , lui succe'da au comte' de Soissons , qu'il gouvernait depuis plusieurs annc'es avec lui. Il avait assiste' , l'an i25o, au jugement des pairs, rendu contre Pierre Mauclerc , son cousin , duc de Bretagne ; et quatre ans après , celui-ci ayant fait sa paix dans la ville d'Angers avec le roi saint Louis , le duc de Bourgogne , Hugues IV" , et Jean de Soissons, se portèrent pour garants de sa fide'lite'. L'an i25r, Jean de Soissons ayant établi des garennes dans la terre de Buci-le-Long , et en d'autres apparlenanlcs à la cathe'drale de Soissons , s'attira de la part du cliapitre une excommunication pour n'avoir pas voulu renoncer à cette entreprise. Comme il ne tenait compte de l'anathènie lance' contre lui , celte compagnie le fit confirmer , au mois de septembre i aSa , par trois commissaires apostoliques , savoir , Guiinond, doyen de Meaux, Geoffroi , archidiacre de Brie, et Simon de Luzanci , chanoine aussi de Mcaux. Ce rc'aggravat ne servit qu'à irriter le coupable. Ne gardant plus aucune mesure , il fit main basse sur tout ce qui appartenait à l'église de Soissons , hommes , chevaux, et autres effets ; il porta même la main sur un des chanoines , qu'il mit en prison. Le roi saint Louis , informé de ces violences , donna ordre à ses baillis de les réprimer. Jean de Soissons voyant l'orage prêt à fondre sur lui , commença de rentrer en lui-même , et proposa à ses parties de s'en remettre au jugement du métropolitain ( Henri de Dreux , archevêque de Reims ) ; ce qui fut accepté. Par son jugement , rendu au mois de juin 1 255 , le prélat condamna Jean de Soissons à se désister de ses prétentions sur les terres du chapitre, restituer ce qu'il lui avait enlevé , relâcher ses hommes qu'il tenait en prison ; et pour avoir eu la témérilé d'y mettre un chanoine, il fut dit qu'au jour qu'on lui indiquerait , il viendrait à la cathédrale nu-pieds, eu chemise et en braies, tenant un paquet de verges entre ses bras, et qu'en cet état il marcherail à la suite de la procession , au retour de laquelle il présenterait ses verges au doyen pour recevoir de lui la discipline. La même pénitence fut enjointe à ceux qui l'avaient aidé à

prendre le chanoine. {Archiv. de Vé^lise de Sois, layette g'5, lias. 4. J Ce cliàliîiient lui fut salutaire , et le rendit plus circonspect dans ses démarches.

L'an 1240, le comte Jean fut pre'seut dans Sauraur , le 2,5 juin , à l'assemblée des barons, où saint Louis donna le comte' de Poitiers à son frère Alphonse , après l'avoir fait chevalier. On remarque qu'au festin qui se donna dans cette occasion , le conilc de Soissons eut Thonneur de servir le roi , comme Raoul , son ])ère , avait fait à la de'dicace de l'e'glise de Long-Pont. Il suivit ce monarque, l'an 124^ , dans la guerre qu'il fit au comte de la Marche. L'an 1248 , il fut du voyage d'oulre-mer ; et fut accompagne', dans celte expédition , de Raoul , sire de Cœuvres , son frère , et de plusieurs de ses vass-iux. Ayant de'barqué en Egypte avec le roi saint Louis l'anne'c suivante , il se distingua dans toutes les occasions contre les Infidèles. Le sire de Joinville , qui était mari de sa cousine , raconte plusieurs faits d'armes , par lesquels ils se distingua dans celte expédition j et dans ce re'cit on voit qu'ils joignaient, l'un et l'autre, l'enjouement et la valeuro A l'affaire de la Massoure , comme ils gardaient ensemble un pont sur un bras du ]Nil , ils se virent tout-à-conp assaillis par un gros de Turcs. Après les avoir repousse's , le comte dit à Joinville : Sénéchal , laissons cimier et braire cette (juenaille. Et par la quoiffe-Dieu , ai/tsi quUl jiirolt , encore parlerons-nous , vous etmoj- , de celte jonmée en chambre devant des dames. Mais à la fin il fut fait prisonnier par les Musulmans avec le saint roi et toute l'anne'c chrétienne. L'an i9,5o , après sa délivrance, il s'excusa d'accompagner le roi en Palestine. Le monarque admit ses excuses , et lui permit de partir. Il s'embarqua donc le 27 mai avec les comtes de Flandre et de Bretagne pour retourner en France. Rendu à son royaume, saint Louis employa le comte de Soissons en plusieurs affaires importantes. Ce fut un des seigneurs que le monarque chargea du soin de tenir les plaids de la porte , c'est-à-dire, d'entendre les plaintes de ses sujets etde recevoir leurs requêtes. Car de coutume , dit le sire de Joinville, après ce que les sires de Neelles et le bon seigneur de Soissons, inoj et aultres de ses prouches avjons esté à la messe , il falloit que nous alU^ sions oir les pletz de la porte , que maintenant on appelle les requestes du palais à Paris. Et quant H bon roj estait au matin venu du Moustier , il nous envoj'oit quérir , et nous deman doit comment tout se portoit , et s'il y en avoit nul quon ne peust despescher sans luy. Et quant il en y avoit aucuns , nouz le lui disions. Et alors les envoyoit quérir , et leur demandoit à quoi il tenoit quilz n avaient agréable V offre de ses gents , et tantost les contentait , et mettait en raison et en droicture. Charles d'Anjou, frère de saiul Louis, ayant entrepris la conquête du

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