DES COMTES DE BOISSONS
€të tué ou fait prisonnier sans les efforts he'roiques qu'il fît pour le sauver. Mais , l'an i557, ii se déclara pour l'Angleterre dans l'assemblée de Hall , oii plusieurs seigneurs de l'empire s'e'taient rendus à l'inviiation d'Edouard III. S'etant rendu, l'année suivante, le i*"^ de septembre, avec ces mêmes confédérés à Malines, il signa avec eux le cartel de déli qu'ils envoyèrent au roi de France. Son dévouement pour le parti qu'il avait pris étouffa dans son cœur jusqu'aux seulunents de la nature. Jeanne, sa liile, avait épousé Louis de Châlillon , fils de Gui , comte de Blois , qui demeura fidèle au roi de France. Le comte de Soissons , au lieu d'épargner la ville de Guiie, qui appartenait à son gendre et où saillie était renfermée , décliargea toute sa fureur sur cette place et ses dépendances , brûla la ville , fit abattre les moulins qui l'avoisinaient , et ravagea tous les environs. La trêve que la comtesse douairière de Haiuaut ménagea , l'an i54o , entre les deux couronnes , ayant suspendu les liostililés , le comte de Blois profita de cet armistice pour travailler à ramener le comte de Soissons, son beau-frère , dans le parti de son légitime souverain. Il y réussit, et depuis ce tems , le comte Jean servit le roi Philippe de Valois avec autant d'ardeur qu'il en avait montré pour les iiitértts d'Edouard III. On le vit à la funeste journée de Créci , çu i54b' » arracher de la mêlée le roi son maître, lorsque tout était désespéré, l'accompagner, lui cinquième, jusqu'au chàieau de Broyés , €t de là, avec un peu plus de compagnie, jusqu'à la ville d'Amiens : « Service, dit judicieusement Donnai, qui, en tirant le roi du dan- }) ger de la mort ou de la prison, empêcha la perle du royaume ». Jean de Hainaut n'avait point servi l'année précédente avec le même bonheur le comte Guillaume , sou neveu dans son expédition contre les Frisons révoltés. La Hotte qu'il commandait avec lui ayant été séparée par les vents , il aborda le premier, et n'écoutant que son courage, il attaqua le-, rebelles avant que son neveu l'eût joint avec le reste de la flotte. Guillaume étant arrivé comme son oncle les poursuivait , infila son imprudence j et , sans attendre que toutes ses troupes eussent débarqué . il courut; la campagne , le fer et le feu à la main, n'étant soutenu que de cinq cents hommes. Sa témérité eut le sort qu'elle méritait ; il tomba dans une embuscade où il périt. Son armée fut ensuite battue avec perte de trois mille sept cents hommes ; et Jean de Hainautne regagnaqu'àgrandc peine ses vaisseauxavecceuxqui avaient échappé au carnage Celui-ci n'était pins alors comte de Soissons. De concertavec sa femme, ii avait cédé ce comté , l'an i344 , à sa fille et à son gendre. Marguerite, sa femme , termina ses jours eti i55o. Il lui survécut près de sept ans , étant mort le i i mars iSSy. (N.S. ). Son corps fut enterré aux Cordeliers de Valenciennes.