JEANNE DE ROUCI ET ROBERT (III) DE SAREBRUCHE
ï4»5. Jeanne, fille unique de Jean VI , porta les comtés de Rouci el de orainc avec la terre de Monlaigu eu Laouais dans la
DES COMTES DE ROUCÎ. 2(.fi
înaîson de Sarebruche on Saarbnick , par son mariage contracte vers l'an 'i^i'J avec Robert Df. Sakebhuche , sire ou damoiseau de Commerci. Cette maison tirait son origine de Simon de Montbe'liard , qui e'pousa , vers le milieu du treizième siècle, Mahaut , fille et héritière de Simon H , damoiseau de Sarebruche. Robert fut un seigueur inquiet et turbulent. De tems immémorial les fils des prêtres concubinaires appartenaient aux ducs de Lorraine. La ville de ïoul ayant donne' asile àqucl({ucs-uns de ces liâlards fugitifs, le duc Charles II , après les avoir inutilement re'péle's , lui de'clara la guerre, et vint mettre le sie'ge devant cette ville. Robert et plusieurs gentilshommes entrèrent dans cette querelle, et donnèrent du secours aux Toulois , qui d'abord remportèrent quelques avantages sur les Lorrains. Mais le comte de Vaudeniont ayant joint ses troupes à celles du duc, les bourgeois furent oblige's à demander la paix. Ceci est de l'an 1420. Robert , sept ans après , se brouilla de gaité de cœur avec cette même ville de Toul 5 et par une de ces fanfaronnades fort communes parmi la noblesse en ces tems-là , il vint avec vingt cavaliers défier les bourgeois de Toul au combat. Ce défi lui re'ussit mal. Les Toulois, par stratagème , le firent prisonnier avec sa petite troupe ; puis , l'ayant mis à rebours sur sou cheval , ils l'introduisirent dans la ville , où il fut reçu avec des hue'es qui le couvrirent de confusion .• il lui en coûta quinze cents livres , (ro5,o2 liv. B s. 9 d.) monnaie courante, pour sa rançon. Robert quelque tems après voulut prendre sa revanche , et il y échoua. Il commanda , Pan 14^1 , l'arrière-garde du duc René à la bataille de Bullegnéville, donnée, le 4 juillet, contre Antoine , comte de Vaudemont , c[ui disputait la Lorraine à René. Les plus sages de l'armée de ce dernier avaient été d'avis de ne pas liasirder le combat, attendu la difficulté qu'il j aurait à forcer l'ennemi dans ses retranchements. Mais Robert, ne faisant attention qu'à la supériorité des troupes de René , soutint que la défaite d'Antoine était infaillible. // nj en a pas pour nos pages , disait-il avec plusieurs jeunes seigneurs ; nous les forcerons au premier choc. Cet avis préva-lut ; mais on se trouva mal de l'avoir suivi. L'armée du duc fut défaite et ce prince fait prfsoimier. On accusa Robert d'avoir manqué de courage en cette occasion , et , au lieu de secourir à tems l'avant-garde , d'avoir lâchement pris la fuite. ( Calmet.) L'an ï454, des seigneurs de Bletz revenant d'un tournoi célébré le i ï mai à Pont-à-Mousson, Robert s'avise de les faire arrêter par ses gens , qu'il avait placés en embuscade dans un bois , et les retient prisonniers au iiomlire de treize. Ce trait de perfidie était d'autant plus noir, que Robert était pensionnaire de la ville de Metz , et qu'jV avait juré, dit une ancienne chronique, et promis cCétre lojaitx et
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Jéable pour ceulx de Metz. Le duc René, à qui Ja ville <Ïq Metz porta ses plaintes de cet attentat , vint avec les Messins pour en tirer vengeance, et assie'gea le château de Commerci. Hobert était sur le point d'y être force', lorsqu'Artus de Richement , conne'table de France, e'tant arrive' à Cliùlons-sur-Marne, manda le duc René' et Robert pour les accommoder. Robert promit tout ce qu'on voulut ; mais les assie'geants ayant mis le feu , en se retirant, à quelques maisons de la place, il refusa de signer le traite'. Il fut enfin contraint de le faire peu de tcms après avoir renouvelé' les hostilite's. Le siège avait commence' le 8 septembre , et le traite' fut signe' le i5 de'cembre suivant. L'aa 1456 , Robert, en revenant de la Terre-Sainte , se rend au concile de Bàle. Mais , au sortir de cette ville , il est pris , lui cinquième , par les gens du sire de la Loupe , que son père avait fait autrefois prisonnier et conduit au château de Guiperi. De'livre' au mois d'août de la même anne'e , il est remis entre les mains du duc René', qui ne lui rend la liberté' que le 23 novembre suivant , fête de Saint-Clément. ( Chronique de Metz. ) L'an I 459 , après la mort de Guillaume, seigneur de Château- Villain , il s'empare, le 17 décembre , de cette terre , sous prétexte d'ua doa que le défunt lui en avait fait. Bernard, frère de Guillaume , poursuit Robert au criminel. Le procès fut de longue durée : on ignore quand et comment il finit. L'an i44' » Robert, dit l'ancieaue chronique versifiée de Metz ,
Sans anhre débat ny querelle, Eecommença guerre nouvelle A ceulx de Metz et du pays :
Car toujours les avait haïs.
Et Jes Âlessains, pour eulx venger De leurs ennemis esirangers, Weirent leurs soldats aux champs Qu'en brief les furent approcheans.
Sans les hommes de petit pris , Trois Gentilshommes furent pris , Qu'ils amenèrent en la cité, Par leurs beaux dicts ne furent quittes. Il y avoit ( chose toute ccrtainej De Lorraine deux Capitaines ; Et l'aullre qu'estoit le tier, C'cstoit le Lasiard d'Arentier.
Xa même anne'e 144^ » ^c comte Robert, obtint de Philippe le feon , duc de Bourgogne, par l'entremise du roi Charles VII, la restitution de sa terre de Montaigu, dont il avait tâché de surprendre le château l'année précédente. Mais le dus ne rendit la place qu'après l'avoir fait démolir. Robert ayant voulu la
rtîlever, le duc fit raser ce qui e'tait déjà sorti de terre. Robert, l'an 144^ j suivit le dauphin au sie'ge de Dieppe , où il fit preuve de valeur. L'année de sa mort n'est pas certaine : tout ce qu'on peut assurer, c'est qu'on n'aperçoit plus de traces de son existence depuis le 5o mars 14^^^- Son tombeau se voit encore à la colle'giale de Gomrnerci. Jeanne de Rouci , sa femme, termina ses jours le 4 septembre i45c), laissant deux fils, Jean, qui snit, et Ame', comte de Brainc, et damoiseau de Commerci , avec deux filles, Marie, femme de Charles de Melun , sire d'Anloing, vicomte de Gand , dit le Chevalier duré (c'est ainsi qu'on nommait ceux qui avaient l'ordre du roi ] , et Jeanne , marie'e à Christophe de Barbançon.
JEAN DE SAREBRUCHE.
1459. Jean de Sarebruche , fils aîné' de Robert, succe'da à Jeanne , sa mère , au comte' de Rouci , en vertu de la donation qu'elle lui en fit le 11 mars 1459, à condition de porter le nom. et les armes de Rouci. Ce fut un des braves qui se distinguèrent pour la de'fense du royaume sous le règne de Charles VU, La Guienne , où. il accompagna le comte de Dunois, fut le théâtre principal de ses exploits. Il y combattit contre les Anglais, et ne contribua pas me'diocrcment à les chasser de ce ])ajs. Le grand attachement qu'il avait marque pour le roi Charles VII, ne fut pas une recommandation pour lui auprès de Louis XI, fils et successeur de ce monarque. Des eanemis achevèrent de le perdre dans l'esprit de Louis , qui le fit enfermer dans le château de Loches, où. il e'tait encore en i477 Remis en liberté', soit avant, soit après la mort de ce prince, iî assista aux e'tats de Tours, convoque's, en i485, par le roi Charles VIII. Il mourut au château de iVIontaigu en Laonois , le 19 juin i497 » et fut inhume' à Montmirel , sans laisser d'enfants de CATfihRitvE d'Orléans , fille de Jean , bâtard d'Orléans , comte de Dunois et de Longueville , qu'il avait èpouse'e le 16 mars 14(18; mais il eut deux enfants naturels , Louis , tige des seigneurs de Sissonne , et Marguerite, femme de Jacques de l'Epine, seigneur de Vêle.