‹ L'art de vérifier les dates (volume 2)Chapitre 182 sur 299 · ROBERT II DE LA MARCK · texte numérisé non relu

ROBERT II DE LA MARCK

1480. Robert II de la Marck , fils aîné' de Robert !•' , et so^' juccesseur dans la seigneurie de Sedan et le gouvernement de Bouillon , fut nommé le grand Sanglier des Ardtnnes , parce que ses terres étaient situées dans ce canlon, et qu'il faisait autant de ravage dans les environs que les sangliers en font dans les campagnes. Il continua la guerre commencée par son père contre l'évêque de Liège, Elle fut terminée, l'an 1492, par la médiation du roi de France. On accorda une amnistie aux Liégeois (^ui avaient porté 1rs armes en cette guerre contre leur évèque ; et, pour étouffer toute semence de division entre les maisons de Horn et de la Marck, les trois états des pays de Liège, duché de Rouillon , et comté de Loos, s'obligèrent de payer à celle de la Marck la somme de cinquante mille florins du Rhin dans le cours de huit années, à termes égaux. Ceux du Luxembourg , sous la conduite du marquis de Bade , leur gouverneur , s'étant emparés du château de Bouillon l'an 1495 , et y ayant mis le feu , Robert y fut rétabli l'année suivante par un traité conclu, le 27 décembre, entre lui et l'archiduc Maximilien. Alors il prétendit l'occuper , non plus à titre de gouverneur, mais par droit de réserve, quoiqu'il n'eût pas été engagé à Robert, son père, mais à Guillaume, son oncle, qui avait laissé des enfants. Robert II servit avantageusement le roi Louis XII dans ses guerres d'Italie. Il y fit preuve, non-seulement de valeur, mais aussi d'industrie, par l'invention d'une espèce de parc de bois, composé d'échelles entrelacées les unes dans les autres, pour servir de barricades à la tête du camp. L'an i5i5, il commanda les bandes noires à la journée de Novarre , où il soutint l'effort des Suisses, avec

j;rainsd'aloi,et de la taille de 69 au marc, qui valait 9 liv. 9 sous 9 deniers; ainsi 3o, 000 liv. devaient peser 3,iG2 marcs i gros 2 dcdiers ii grains, qui à raison de 5i liv. 4 sous 7 deniers cinq douzièmes le ra irc , produisent aujourd'hui î6i " " ''■■ ,-S- ') den.

5o4 CHRONOLOGIE HISTORIQUE

beaucoup de courage , le malin du 6 juin. Après l'action, apprenant que ses deux lils aiii(*à étaient restés blesse's dans un lossé au milieu des ennemis, il fendit les bataillons avec sa compagnie d'hommes d'armes, et les tira de danger, chargeant l'un sur son cheval, et l'autre sur celui d'un de ses gens. Cependant, malgré ces actes de valeur, Fieuranges, son fils, avoue dans ses méxnoires qu'après le premier choc, s^ilfint demeuré en soneslat , comme il lui étoit ordonné (par le général Louis de la Trémoïlle), la bataille neusl pas été perdue. Après cette défaite, oij nous ne perdîmes , suivant le même Fleuranges , que deux mille hommes , et non pas huit à dix , comme d'autres l'assurent , Robert et ses enfants eurent ordre d'emmener les restes de notre armée en Picardie, où l'on en avait grand be^soin. Le roi François I" ayant succédé, l'an i5i5, à Louis XII, renouvela l'alliance que son prédécesseur avait contractée avec la maison de la Marck. Mais, en i5i8, sous prétexte de quelques désordres arrivés sur la frontière de Champagne , ce monarque réduisit à moitié la compagnie de cent hommes d'armes , commandée par Ptobert de la Marck. Les pensions de celui-ci, qui se niontaient à quinze mille livres par an (i) , étaient d'ailleurs fort mal payées : double sujet de mécontentement, dont Charles-Quint, roi d'Espagne, étant instruit, fit offrira Robert une compagnie de vieilles ordonnances des Pays-Bas , avec vingt raille livres d'appointements , que les meilleures villes du Brabanl se chargèrent de joaver. Robert accepta d'autant plus facilement ces offres , qu'il y lut porté par Evrard, son frère, également mécontent du roi de France , pour lui avoir fait manquer le chapeau de cardinal. Mais il eut bientôt lieu de se repentir d'avoir violé la foi qu'il avait jurée au roi François I"'", Le seigneur d'Aymeries ayant appelé d'un jugement rendu contre lui par les pairs de Bouillon, r£mpereur reçut cet appel au préjudice de la justice souveraine que Robert prétendait avoir dans ce duché. Cette injure affecta si vivement Robert, qu'il fit sa paix, le i4 février 1421 (N. S.), avccle roi de France, promettant de le servirenvers et contre tous. Il poussa même le ressentiment contre l'Empereur , jusqu'à lui déclarer la guerre en forme à VVorms , en pleine diète , par le ministère d'un héraut. Cette témérité fut punie par son propre

(i) Au commencement du règne de François I^"" l'argent monnaye, qu'on appelait testons, était à 11 deniers i8 grains d'aloi , et du la taille de aS et dcuii au marc , (jui valait 11 livres i5 sous; par conséquent iS.ooolivres iont 1176 marcs 3 onces 6 gros 8 grains, qui à raisou de Sa liv. 6 sons 10 deniers dix-sept vingt-quairièmes le marc, produiraient de uoire monnaie actuelle, Gi , 58i livres 17 sous lo deniers.

DES PRINCES DE SEDAN , PUIS Dl'CS DE BOUILLON. 3o5

frère , l'ëvêque de Liège , qui le poursuivit et lui enleva toutes ses places , a l'esceplion de Sedan. Il était menace' d'une ruine entière, sans la guerre qui se fit entre Gharles-Quint et François 1er. Robert mourut vers la fin de novembre id56. On peut juger de la religion de Robert II de la Marck, par le trait suivant, que Brantôme rapporte : « 11 avait pris, dil-il, pour » devise, ou palrone , sainte Marguerite, que l'on peint avec » un dragon a ses pieds , repre'sentaat celui qui voulait la dévo- )) rer en sa prison j et ce dragon repre'seatait le diable. Et offrant » deux chandelles à cette sainte , il en vouait une à elle et » l'autre à monsieur le diable, avec ces mots : Si Dieu ne mo » veiiL aider., le diable ne me sauioii mancjuer. Devise certes » fort e'Irange et bizarre, qui est pareille à celle de Virgile, i) introduisant Junoa , parlant par ces mots païens : Fleclere si » nequeo Superos , Aclieronia movebo. » Il avait e'pouse, l'an 1491 , Cathkrine, fille de Philippe de Croï, comte de Cbimai, dont il eut Robert , qui suit 5 Guillaume, seigneur de Jamets, mort, en .1529 , sausligne'e; Je<7n , seigneur de Jamets; trois autres fils et deux filles. ( Vojez Evrard de la Marck, évêque de Liège. )

Page 1