‹ L'art de vérifier les dates (volume 2)Chapitre 199 sur 299 · REGNIER · texte numérisé non relu

REGNIER

882. Régnier, dit aussi Raginairk ou Vj^gitstaire, fils d'Hernequin , lui succéda au comlé de Boulogne. Il avait ete' élevé à la cour de Baudouin P*", comte de Flandre j et la liberté' dont il y avait joui avait dégénère' en licence. 11 en revint avec des mœurs fort dépravées, que l'exemple d'AoÉLAÏDE, dame très-vertueuse, qu'il avait épousée par les soins de Baudouin , ne put corriger. Régnier fut un prince féroce , qui ne prenait conseil que de son caprice , et ne suivait d'autres lois que celles de sou intérêt et de sa cupidité. Les seigneurs deTournehem, de Lens, d'Amiens , ses vassaux , les autres nobles qui relevaient de lui , et les roturiers de ses terres, qui commençaient à réparer leur fortune après la retraite des Normands , furent les principaux objets de son avarice. 11 en exigea des droits excessifs , dont il poursuivit le payement avec une telle violence , que plusieurs prirent le parti de la fuite pour mettre leur vie en sûreté- llerfrid, baron d'Ardres, ayant voulu prendre la défense des opprimés , Régnier alia un jour chez lui et l'assassina. La veuve d'Herfrid ne laissa pas impunie la mort de son mari. Ayant assemblé ses gens, elle attendit le comte dans une embuscade la veille de Noël , con)me il revenait de la chasse , et le fit poignarder au milieu de ses chiens. Cet événement est antérieur à l'an 900.

ERKENGER.

Erk-Enger, que quelques-uns donnent pour fils de Régnier, fut son successeur au comté de Boulogne. L'historien moderne de Calais prétend qu'il ne fut que gouverneur amovible de ce pays sous la dépendance de Baudouin le Chauve , comte de Flandre, à qui le roi Charles le Simple, dit-il, avait confié le comté de Boulogne, après l'avoir confisqué sur le comte Régnier en punition de l'assassinat du baron d'Ardres. C'est en efiet ce que nous apprend Iperius dans sa chronique de Saint-Bertiu. Cependant Erkenger est appelé comte de Boulogne dans la vie de saint Bertulfe de Renti , où il est dit qu'il était illustre par son extraction et sa puissance : Boiioiiiensium cornes fuit Erkei" gariiis génère et poientni non parùm egregius. (Bouquet, T. IX , p. i53.) De son tems le Boulonnais fut exposé à de fréquentes incursions des Normands. Témoin des miracles qui s'opéraient au tombeau de saint Bertulfe à Renti , Erkenger lit transporter son corps à Boulogne , afin que la présence d'un patron si puis»

548 CHRONOLOGIE IHSTORIQCE

sant servît de sauve-garde à celle viîle contre les incursions des barbares. Boulogne, esl-il dit dans la même vie, e'iail dès-lors une cite' libre et forlifie'e ; elle était de plus consacrée par un sie'ge e'piscopal : Seds insiipr.r episcopnli cotisée aia {î/ji'd) ; ce qui veut dire seulement que Tévèque diocésain résidait laulôt à Terrouenne , tantôt à Boulogne, comme l'explicjuent BoUandus et D. Mabillcn, Erkenger suivit d'abord le parti du roi Charles ]e Simple j mais, l'an 896, Herberl, comte de Ycrmandois , Venlrama avec lui dans celui d'Eudes, rival de Charles. On ignore Vanne'e de sa mort.

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