DES BAKO>S ET DUCS DE MONTMORENCI
fil à l'empereur dans la capitale au commencement de l'an i54o. On avait conseille' au roi, maître comme il était alors de la personne de Charles-Quint, de l'obliger à promettre par e'crit la restitution du Milanez. Le connétable, dit-on, ne fut pas de cet avis , et persuada au roi de s'en tenirà la parole de l'empereur. (Ponius Heulerus, 1. 12; Belleforest , j4nn. ) On sait commentée dernier s'en joua. Quoi qu'il en soit , depuis cette époque le refroidissemont du roi envers !e connétable alla toujours en croissant, et parvint en iS/fi , au point que ce fut à ce dernier une ne'cessite' de quitter la cour et de se retirer à sa terre de Chantilli. Son e'Ioigneuient fut un sujet de triomphe pour la duchesse d'Etampes , son ennemie de'clare'e. La mort de François 1er fut le ternie de cette disgrâce. Henri II , son successeur , en montant sur le trône rappela le conne'iable maigre' la promesse qu'il n'avait pu refuser à un père expirant de ne jamais se servir de lui. Non-seulement il re'lablit Montmorenci dans toutes ses charges , mais il lui fit payer la somme de cent mille e'cus (i) , à quoi montait le produit de cinq anne'es de ses gages qu'on avait cesse' de lui payer depuis qu'il s'e'tait relire'.
On a parle' ci-devant de la se've'rité qu'il exerça, l'an i548. sur la ville de Bordeaux , pour venger la mort de Tris'an de Monneins , son gouverneur, que le peuple avait massacré dans une se'dilion (2). On ne peut disconvenir qu'en cette occasion il n'ait manifeste' la durele' de son caractère , d'autant plus que Monneins e'iait son parent. La ville de Bordeaux ne se serait peut-être pas relcve'e des peines auxquelles il la condamna, si la cour n'avait pris soin de les mode'rer. La conquête du Boulonnais sur les Anglais ayant e'te' re'solue dans le conseil, le conne'table accompagna le roi , l'an 1649 ' ^^"S celte expe'dition , qui se termina , le v4
Seigfwurs de Nivelle.
grand-maître de France , la seigneurie de Saint-Leu-Taverni , le Plessis-Bouchard , et la quatrième parlie qu'il avait de la baronnie de Montmorenci et ses dépendances, pour la somme de 26,87 oliv. Etant allé à Bologne , en Italie , pour y assister au couronnement de l'empereur Charles Y, il y tomba malade , et y mourut à la
(t) Ils elaienthla salamandre, ou à la croisetie, et le litre de ces espèces était à 33 oarats et de la taille de 71 1/6 au marc; par conséquent, 100 mille de ces écus devaient peser i4o5 mates 1 once 1 gros -j deniers 4 grains , qui , h raison de 794 livres i sou 6 deniers le marc , produiraient de notre monnaie actuelle 1 ,1 1 5,796 livres : ainsi les gages du conne'table , pour une année , étaient de -j^SjiBg livres 4 sous.
(ji) Le meurtre de Monneins est du •z 5 août i548, et l'arrivée du connéiablç en Guienue du 8 octobre ^ <;t uoa août j «uivuuu
4o CHRONOLOGIE IIISTOBÎQUE
mars de l'année siiivanle, par un traité qui fut l'ouvra<^e du connétable, etassura à la France la possession du pays qu'elle revendiquait.
Anne de Montmorenci n'avait jusqu'alors que des titres et des honneurs personnels. Le roi , jugeant à propos de lui conférer une dignité' he're'dilaire , érigea , par lettres données à Nantes en juillet i55t , et registrées le 4 août scivaiitau parlement et en la chambre des comptes, la baronnie de Montmorenci en duchépairie pour Anne et ses descendants en ligue masculine^i ).
La France avant déclaré la guerre à l'empereur en i552 , notre armée , conduite par le connétable-duc, vint se présenter, le i5 ( et non le 25 ) mars de cette année , devant Toul , qui lui ouvritinconlinent ses portes. Metz, le voyant ensuite approcher, fit quelques diilicultés de le recevoir ^ mais bientôt, effrayée par ses menaces, elle admit dans ses murs le lo avril, les troupes françaises. Après avoir réduit sans peine les trois évêchés , il mena , sous les ordres du roi , son armée victorieuse en Alsace , où il ne trouva pas les mêmes facilités.
Anne de Montmorenci perdit , l'an i557 , la bataille de Saint- Quentin, où il fut fait prisonnier, couvert de blessures, après s'être défendu comme un lion. Conduit en Flandre , il obtint du roi d'Espagne, l'an i5r>8, la permission d'assister aux conférences qui se tinrent à l'abbaye de Cercamp, dans le comté de i>aint- Pol , avec les plénipotentiaires du roi de France, pour le rétablissement de la paix entre les deux couronnes. Elles n'eurent •d'autre succès que de lui procurer sa liberté moyennant une rançon de deux, cent mille écus (2).
La mort du roi Henri II, arrivée le 10 juillet iSSg, fit tomber le crédit du connétable , et l'exposa au ressentiment de la reine
Seigneurs de Nivelle.
fleur de l'âge, en i55o. Son corps fut transporté à Weert , au comté de Hornes, où il fut inhumé. Il avait épousé, en i525,
(i) Le roi , pour composer ce duché, « unit à la baronnie de Montmorenci » les terres d'Ecouen, Char)iilli, Montepilloi , Champursi , Gourteil, V.uixj! lez-Crcil, Tillai, le Flessicr, la Villeneuve, h condition qu'au défaut d'hoirs M mâles, la dignité de pairie sera éteinte, et qu'il ne ('emeurera que la qua- M lité de duché. L'u'abé de Saint-Denis s'opposa îi cette érection; et quant » aux fiefs d'Ecouen et de Villiers-le-Bel , le procureur du riii déclara qu'il y » avoit lettres de dislracnoii. Le procnrenr-i;('néral re|)r('si;nta aussi depuis » que cette érection diniiniioit le domaine du roi ati bailliage do Setdis. Le » dédommagement ayant été estimé à \'-^îi livres de rente, le duc de JNIontmoj> renci les donna au roi, par lelirts rcgi^irées, le i5 décembre i565.» ( iju JBcuf , Hist. Ecc.l. de Priris , T. UI , p. ;i8i). )
^'i) Les écus qui avaiciit cours alors s'appelaioal hcaris: ils étaient au Utiu
DES BARONS ET DUCS DE MOaTMOIIENCI. /^ï
Catherine de Me'dicis. Cette princesse ne'pouvait lui pardonner d'avoir conseille au roi son e'poux , pendant les premières anne'es de son mariage , de la re'pudicr comme ste'rile, et d'avoir ose' dire jîar la suite que , de tous les enfants de Henri II , Diane , sa fille naturelle, était la seule qui lui ressemblât. Les Guises, ses rivaux, s'e'tant joints à la reine, le contraignirent d'abandonner la cour et de retourner à Chantilli. Mais sous le règne de Charles IX , successeur de François II , ses talents le rendant nécessaire , il fut rappelé' l'an i56o et nomme' gène'ralissime des arme'es. Il de'ploj^a toute l'autorité' que ses charges lui donnaient , et ne garda j)lus de me'nagement avec les Calvinistes. Ce fut alors que se forina contre eux ce fameux triumvirat , compose' de lui , du duc de Guise, avec lequel il s'était réconcilié, et du maréchal de Saint-André. L'an i562 se donna la bataille de Dreux, où il remporta la victoire et perdit la liberté. L'ayant recouvrée l'année suivante , par la paix d'Orléans , il quitte la cour jiar mécontentement et va se confiner dans ses terres. La reine ayant trouvé moyen de le regagner, il va faire la même année le siège du Havre , ayant sous ses ordres le maréchal de Montmoreuci , son fils, elle maréchal de Brissac. Cette expédition, commencée le 20 juillet i563, fut terminée le 28 par la reddition de la place. La bataille de Saint-Denis , donnée le 10 novembre 1667 , fut le terme de ses exploits et de sa vie. Il mourut le surlendemain des blessures qu'il avait reçues. Un cordelier, son confesseur, avant voulu exhorter ce héros à la mort , pensez-vous , lui dit-il , (jue J'aie vécu près de quatre-vingts ans{\) avec honneur pour ne pas savoir mourir un quarl-dlieure ? A la cour et dans les armées il montra la même intrépidité, et fit briller dans tout le cours de sa vie de grandes vertus dont l'éclat fut néanmoins amorti par
Seigneurs de Nivelle.
Anne d'Egmont , fille aînée de Floris , seigneur de Lecrdam , chevalier de l'ordre de la Toison d'Or. Leurs enfants furent :
1° Philippe , dont l'article suit j
2" Floris , qui viendra après son frère aîné ;
3° Marie, mariée, 1°, à Charles II, comte de Lalain, chevalier
de la Toison d'Or ; 2", en j 562 , à Pierre-Ernest , comte de
Mansfeldt, gouverneur de Luxembourg-,
de 9,3 carats et «le la taille de G7 au marc ; ainsi, deux cent mille c'cus , pesant 2g85 marcs 4 gi'os 2 deniers ■j grains , i< raison de 794 livres i sou 6 deniers, produiraient aujourd'hui 2,3^0^372 livies 19 sous 7 deniers
(1) Il n'en avait que 74*