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DES COMTES DE BOULOGNE. OOQ

son enlèvement , se luit en roiUe pnnr venir la délivrer; mais licnaiid , informe' par la comtesse elle-même, qu'il avait su regagner, de la marche de son rivai , le fit arrêter à Verdun, et enfermer sous la garde d'Albert, e'vêquc e'iu de cette ville. Pour recouvrer sa liberté, le prisonnier fut oblige' de renoncer à la main de la comtesse , que Renaud épousa ensuite sans contradiction. Renaud, l'an iic)i, rendit hommage au roi Philippe Auguste pour le cor.ile de Boulogne, ( Très, des Ch. lajeile Boulogne, pièce I. ) le P. le Quien se trompe donc en plaçant le mariage de Renaud et d'Ide en i ic^o. Ce fut vers cette dernière anne'e , suivant la conjecture très-probable de M. de Brequigni , que Renaud et son épouse établirent des lois municipales et des coutumes à Calais.

L'an 11975 Renaud étant à la cour de Philippe Auguste , à Compiègne, y prend querelle , en présence du monarque, avec Hugues IV , confie dei)aint-Pol. Celui-ci applique à Renaud sur le visage un coup de poing si rude , qu'il fait jaillir le sang. A l'insîanl le comte de Boulogne tire son coutelas pour en frapper son adversaire ; mais le roi et les barons s'étant mis entre deux , les séparent. Renaud ayant quitté la cour en colère , le roi lui fait dire de s'en rapporter à lui sur la réparation de l'injure qui lui avait été faite, (c ily consens , répond le comte de Boulogne, » pourvu que le roi fasse remonter à ma tète le sang qui en esî M découlé ». Renaud après cela continue sa route, se rend auprès du comte de Guines , et l'ayant mis dans ses intérêts , ils vont ensemble trouver Baudouin, comte de Flandre, auquel ils foni hommage de leurs comtés , sans égard pour le traité d'Arras , qui les mettait sous la mouvance immédiate de la France. Le roi Philippe Auguste, apprenant cette félonie, se met en marche pour la punir. Mais la paix se fait, l'an 1199, par le traité de Péronne. Cette même année, Renaud et le comte de Flandre, chacun avec leurs femmes , suivant Raoul de Diceio , prennent ensemble la croix pour la Terre-Sainte. Mais Renaud ne tint compte de cet engagement, malgré les ordres que donna le pape Innocent lU de le contraindre par la voie des censures à s'acquitter de son vœu.

Renaud , l'an 1204, au mois de décembre , cède le château et la chàtellenie de Mortemer au roi Philippe Auguste , qui lui donna en échange le château et la chàtellenie de Domfront en Passais avec la forêt d'Andenne. { Rec. de Colùert , vol. 3, p- 679. ) Renaud était cependant en différent avec Henri le guerroyeur , duc de Brabant , qui ayant épousé Mathilde , sœur cadette d'Ide sa femme , répétait sa portion du comté de Boulogne et des autres biens de Mathieu d'Alsace , père de ces deux princesses. '^L'aa i2o5 (IN. S. ) , ils font ensemble à Vernon , au naois de

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février, en présence du roi , un traite' par lequel Henri cède à Renaud toules sespre'tenlions sur le comte' de Boulogne , mojeunanl une renie annuelle de 600 livres, que celui-ci s'engage à lui payer. A l'e'gard des ferres situe'es en Angleterre , sur lesquelles les femmes du duc et du comte avaient des droits , il fut convenu qu'ils travailleraient à frais communs pour les recouvrer • mais que,, si l'un des deux faisait une expédition dans ce pays sans l'autre, le fruit qu'il pourrait en tirer lui appartiendrait à lui seul. ( Bntkens . pr. p. 56. ) La même année, vingt-trois seigneurs de Normandie, le comte Renaud à leur tète , s'étant assemble'^ le dimanche après l'octave delà Toussaint (i5 novembre; à Rouen, s'engagent par serment à défendre contre les entreprises du clergé , les droits dont ils étaient en possession sous les règnes de Henri H et de Richard I*^ (DuChesne, Script. Norm. , pp. io59-ioGo).

Le roi Philippe Auguste avait cependant des sujets de défiance à l'égard du comte de Boulogne. L'an 1211 ou 1212, ce monarque , instruit de ses liaisons avec Ferrand , nouveau comte de Flandre, le fait sommer de lui livrer, pour gage desa fidélité, ses châteaux, et cela conformémentà un acte de l'an 1196, par lequel il s'était obligé à servir le roi envers et contre tons , en donnant pour garantie de sa promesse le comté de Boulogne avec l'hommage du comté de Saint-Pol qui en relevait. Renaud le refuse j et en conséquence le roi confisque , l'an 1212 , le comté de Boulogne pour cause de félonie. Renaud, plus irrité qu'effrayé de ce coup de vigueur, va trouver Otton ÎV^, roi de Germanie, et l'excite contre la France. De là il passe en Angleterre auprès du roi Jean , qu'il engage facilement dans ses vues. Ferrand , comte de Flandre, y était déjà entré, si ce n'était pas lui-même qui l'avait déterminé à la révolte. Renaud revient le trouver pour concerter avec lui les opérations de la guerre.

L'an i2i5 , le roi de France et le prince Louis, son fils , après avoir subjugué une partie de la Flandre , tombent sur le comté de Boulogne , dont ils font en peu de tems la conquête en l'absence de Renaud , qui s'était réfugié chez le comte de Bar, son parent. (Nangis.)Mais après leur départ, les deux comtes, Ferrand et Renaud, avec leurs alliés, se jettent à leur tour sur le comté de Guines, d'oii ils emmènent prisonnière la comtesse Béatrix. ( T^oy. Arnoul H , comte de Guines. ) La ligue du comte de Flandre se fortifie par les soins de Renaud. 11 y fait entrer plusieurs princes, tant des vassaux de l'Empire que de ceux de la France. Le roi d'Angleterre lui ayant donné le commandement de sa flotte, il attaqua celle de France qui avait mouillé à Dam , ^»ii coula à fond cent vaisseaux, et en prit trois cents. Ayant ensuite fait mettre pied à terre aux Anglais, il forma le siège de

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Dam. Mais Philippe Auguste e'iant survenu , tailla eu pièces trois mille liommes des ennemis , et délivra la place. {R. S. jMariani Chronol. )

L'an 1214, l'arme'e des confe'de'rés fut défaite IC27 juillet, à la fameuse bataille deBouvines. Renaud y futpris, aprèsavoir fait des prodiges de valeur et renverse' Philippe Auguste : peu s'en fallut même que ce monarque ne pe'rit dans l'action j car ayant e'te' foule' aux pieds des chevaux il ne dut son salut qu'à la bonté' de son armure et à la valeur de ses chevaliers, qui vinrent à bout de le de'gager. Bapaume fut le lieu où Renaud fut d'abord envoyé prisonnier. Mais sur ce qu'on apprit qu'il négociait de là avec Otton pour l'engager à continuer la guerre, le roi se le fit amener. L'entrevue fut terrible pour le comte de Boulogne. Philippe Auguste lui reprocha publiquement sa perfidie et son ingratitude ; après quoi il le lit charger de chaînes , et conduire prisonnier au château de Péronue , où il mourut de désespoir, l'an 1227 , vers le tems de Pâques, suivant Albéric. D'autres, avec moins de probabilité , mettent sa mort en 1224. Mais l'historien moderne de Calais se trompe évidemment , et se contredit même en la plaçant en 1216. Pendant sa captivité, ce fut le prince Louis , fils aîné de France, qui gouverna le Boulonnais. [Chron. Andr.) Renaud avait l'âme vraiment guerrière : heureuisil eût fait un usage pluslégitime de sa valeur ! La ville d'Ambleteuse , dont le port était connu dès le tems des Romains , lui doit son rétablissement. Ce comte était d'une taille des plus avantageuses. Voulant néanmoins , à la bataille de Bouvines , paraître plus grand qu'il n'était , il avait ajouté à son heaume , suivant Guillaume le Breton , des cornes faites de côtes de baleine pour en imposer davantage à l'eimemi.

Cornua conus agit, siiperasqne eduxit in auras E coslis assumpta nigiis, tjuas faucis m antro Branchia balense Briiici colit incola pond-, De qui maguus er;it , m.i^naî superaddita nioli Majorem faccret phaniasùca pompa viden.

Dès l'an 1201 , au mois d'août , Philippe Hurepel , fils de Philippe Auguste et d'Agnès de Méranie , ayant à peine un an , avait e'té accordé avec Mahaut , fille de ce comte et d'ide. ( Baluze , Hist. <ï Auv. pr. , p. 98. ) Il y eut dans la suite plusieurs actes relatifs à ce mariage, dont le plus remarquable est celui du mois de mai 1210 , par lequel Renaud donne à Philippe , son gendre futur, pour tenir lieu d'autres conventions précédemment faites au sujet de son mariage , toutes les possessions qu'il a in Caleto , à la réserve de Lillcbonneet d'Alysy. On a cru que, par ces mots in Caleto , il désignait la ville de Calais ; mais on s'est mépris : c'est le pays de Caux , où Lillcbonne et Alysy sont situés. Le roi

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fit celc'brer le mariage au mois d'août 1216 , du consentemenl de la comtesse Ide , qui s'était retiréo en Flandre après l'emprisonnement de son mari. Ide mourut la même année dans un monastère d'Ipres , d'où elle fut transportée dans la principale e'glise de Boulogne. Celle comtesse avait hérite de l'affection de ses ancêtres pour l'ordre de Clutii , comme le prouve la charte sans date par laquelle elle confirme à cet ordre le droit de péage qu'ils lui avaient accorde', et prend sous sa garde et protection les sujets et les biens qui lui appartiennent dans le Boulonnais : f t sint , ditelle , in citstodin et cotidiictu jneo et poienlia comilaïus Uolotiiœ in perpetnum, sicut corpus menm et Tes meœ. Parmi les témoins qui sont de'nomme's dans cet acte , on voit un Henri , oncle de la comtesse, Henrico avimcu/o rneo. {Archiv. de Cluui.') { T^oj. Renaud , comte de Dammarlin. )

PHILIPPE, DIT HUREPEL.

I29.4. PnrLipPF, , dit Hurepfl , c'ost-à-dirc Rudepeau , comte de IVIortain et de Clermont en Beauvaisis , ne' l'an 1200 , prit le titre de comte de Boulogne et de Dannnartin après son mariage célèbre' , comme on l'a dit, en 1216(1) avec Mahaut. Mais il ne fut investi de ces comtés, ainsi que de celui d'Aumale, qu'en i223, au mois de février ( V.S. ) , par lettres du roi Louis \UI , son frère. Philippe accompagna, l'an 1226, ce monarque dans sot» espédilion contre les Albigeois. La même année, après la mort

(t) Ce mariage est ncanmoiiis rapporté à l'an nt4 dans la gciu-alogic ea ■veis des Comtes de Dammarlin , CDiiiposce vers le milieu du xv* siècle,' dont le premier qui l'a citée rejette l'auiorilé sur ce point, pour adopter la date yue nous suivons d'après Meyer , les annales de Flandre . lu géncalcgic versifiue des Comtes de Boulogne, le P. Labbe et le P. Anselme. Elle fait parler ainsi Renaud :

Comte de Dammarlin , de Boulogne et Montreuil ,

Je ne mourus jamais que je ne vi,-.se à l'oeil

Mahaud , ma fille, mariée h mon veuil.

Comte fu de Varenne el aussi fu d'Aumaîe.

Je n'eus que celle fille, et n'cus point d'hoir màlc :

Mais Dieu-Donné Philippe à ma fille donna

Son fils nommé Philippe, et tout me perdonna,

y.1 Cela m'avint l'an mil deux cens et quatorze;

La Chronique en fait foi , et n'y met point de gloze.

Loin de lai p.irdonncr , le roi Philippe Auguste et Louis VIII, son sur. cesstiir, retinrent le comte Benaud dans la captivité lant qu'il» vv'curcni. ( Le Conscrvaiour, Juillet , 1707 , pp. 101-103.^

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tîc Louis VîII , il assista au sacre de Louis LX , son iipvcu , où il |)oila l'e'pëe royale pour Icriniiier le dci)at des comtesses de C'iajupagnc et de Flandre, qui se disputaient ce droit en l'absence do leurs maris

Philippe dévorait en sccrel le de'pil qu'il avait de voir entre les mains de Blanclie la régence qu'il croyait lui appartenir par le droit de sa naissance j mais il n'osa éclater tant queve'cut Renaud, su beau-père. Ou ne retenait en cflct cehil-ri en prison que pour assurer à-son gendre la paisible possession de ses domaines , qu'il n'eût pas manqué de revendiquer, s'il eût éie mis eu hberlé. Cependant Philippe travaillait à se ménager une communication avec l'Anglelene, soit pour en tirer du secours, soit pour y lr<uivcr un asile en cas de besoin. C'est dans celte vue qu'il fit cutourer de murs épais et lortiiier de bonnes tours, l'an 1227 , le bourg de Calais, qui jusqu'alors était resté ouvert et sans déiensc , quoique depuis loug-tenis célèbre par la pêche du hareng. Ces travaux , dont il dissiiuuiait le motif, ne donnèrent aucun <unbrage à la cour. Mais après la mort de Kenaud , le comte Phi- ]i])\)e n'ayant plus les mêmes rais'ous de ménager la régente , fit éclore le dessein qu'il avait de la sujiplaiiter. l'our y réussir, il concerta , l'an 1 220 , avec plusieurs seigneurs, le projet d'enlever le roi , lorsque d'Orléans , où il était al irs , i! reviendrait à Paris. Instruits du complot sur la route par Thibaut, comte de Champaîjne,lc monarque et sa mère en donnent avis aux Parisiens, et se jettent dans Moullhéri. Les liabitauls de la capitale volent au secours de leur souverain , et le ramènent en triomphe dans leurs niurs aux yeux des rebelles consternés. Ce coup maucjiié, Philippe j quelque tems après, ht une nouvelle tentative (jui n'eut pas un meilleur succès. L'an 12J9, pour se venger de Thibaut , contre lequel il était le plus irrité pour n'avoir pas épousé la filie du duc de Bretagne , Philippe se mit à la tète des partisans de hi reine de Chypre , qui lui disjîutait le comté de Champagne. Les confédérés, dont le nombre était augmenté, s'élaut rassemblés près de Saint-Florenliu , dans le Tonnerois , eiilrent après la <piinzaine de Saiul-Jean ( />03i (/uittdenam Sitncli-Joannis) dans la Champagne , qu'ils parcourent le fer et la torche à la main , ]iubliant, afin de rendre Thibaut odieux , qu'il est auteur de la jiiort du roi Louis Vlll. Plusieurs des vassaux de Champagne , trompés par ce bruit calomnieux , se joignent aux confédérés. Thibaut est à la veille de perdre sa capitale , malgré la brave défense du gouverneur , Simon de Joinville , père de l'historien qui nous sert ici de guide. Le roi et la reine-iuere arrivent à propos pour le secourir. En vain lus conléderés font-ils prier le monarque de ne se point mêler de leur querelle ; Louis, tout jeune qu'il est , les élonue par la fcrmelé de sa réponse , et les oblige à se retirer.

11 les harcèle même et les poursuit jusqu'à liaigne, dans le Tonnerois. ( Voj. Thibaut IV , comte de Champagne. ) La régente cependant faisait faire une irruption dans le Boulonais par le comte de Flandre. Philippe, rappelé' chez lui par cette diversion , y trouve la plupart de ses places envahies ou saccage'es par l'ennemi. Les fortifications de Calais , qu'il venait d'e'Iever , sont menacées d'être de'truites. Mais des me'diateurs engagent le comte de Flandre à faire la paix au moyen de quinze cents marcs , et vingt muids de vin , qui lui sont offerts. {Chron. Andr.) Philippe fit dans le même tems son accommodement avec le comte de Champagne , et pre'para celui de Mathieu , duc de Lonaine , et de Henri , comte de Bar. qui se faisaient la guerre, appuye's jusqu'alors, le premier par Thibaut, et le second par Philippe. Nous avons les lettres du comte de Boulogne, datées du mois de septembre i25o , par lesquelles il déclare qu'il a fait la paix avec le comte de Champagne par la médiation de leurs amis comimuis ; que le comte de Bar et le duc de Lorraine se sont soumis à leur arbitrage pour les difllc'rents qui étaient entr'cux, et qu'au cas qu'ils ne pussent les terminer, ils s'en rapporteront à la décision de la reine-mère. ( Mss. de Fonlanieu. ) Philippe aide le roi, la même année , à repousser les Anglais, qui avaient fait une descente en Basse-Bretagne. Ce prince et l'archevêque de Reims , munis des pleins pouvoirs du roi , concluent, l'année suivante , avi camp devant Saint-Aubin , dans le mois de juillet, une trêve de trois ans avec le duc de Bretagne et le comte de Glocester, traitant au nom du roi d'Angleterre. ( Trésor des Ch. cote Britania , i4-?4- ) Au milieu de ces occupations, Philippe ne laissait pas de faire travailler à l'embellissement et aux fortifications de la ville de Boulogne par de nouveaux murs dont il la fit environner dans une enceinte à la vérité plus étroite, mais plus régulière, et par un château qu'on voit encore à l'extrémité de la ville, au levant. La date de ces ouvrages est marquée sur une pierre qui est au-dessus de la porte du pont-levis de ce château. On y lit celte inscription : Philippe fieuxle roi Philippe , cuens de />ou~ lugne , jit faire ce caslel comme est , Van de l'incarnation laji , auquel an Simon de T^^illiersfut créé premier sénéchal.

Le comte Philippe s'étant rendu, Tan 1254? avec Mahaut, sa femme, à Corbie , d'aulres disent à Noyon , pour un tournoi qu'il avait lui-même indiqué , y fut témoin de la passion que la comtesse témoigna pendant les joutes pour Florent , comte de Hollande , le seigneur le mieux fait et le plus adroit de la troupe. Trans])orlé de jalousie , il se fait armer , descend dans l'arène; f t , après s'être abouché avec le sire de ISesIe et les autres Français , il attaque le comte à leur tête. Florent, qui croit que c'est «ne suite des jeux , se laisse renfermer dans un coin où Philippe

îe pefce de ea lance. Le comte de Clèves venf^e sur-le-cHamp la mort de Florent , son frère d'armes , sur l'assasin ; et les Allemands , s'élanl rassemblés, facilitent sa retraite. {Ane» Chron. limée de Holl.) La chronique d'André', qui est du tems, ne convient pas de ce récit , et dit au contraire que Philippe , à ce qu'on croit , mourut de poison : . Nobilis Cornes Philippus , gloriosi Régis Philtppi filius , qui , sicut credilur , potionalus obiit. ( Voyez Florent IV, comte de Hollande. ) L'auteur de cet ouvrage fait un grand éloge de la prudence du comte Philippe, de sa magnificence, et du soin qu'il eut d'e'Iever, dans ses places, de nouvelles fortifications et de réparer les anciennes. On voit, par ce qui vient d'être raconté , les modifications qu'on doit mettre à ces louanges. Il laissa de Mahaut , sa femme , qui lui survécut loDg-lems , un fils nommé Albéric , qui , à ce qu'on croit , passa en Angleterre , oii il s'établit ( J'^oyez Mahaut , comtesse de Dammarlin) , et une fille nommée Jeanne, que sa mère , par contrat du mois de décembre de l'an i256 , maria à Gaucher de Châtillon , quatrième du nom , qui devint l'un des fameux guerriers de son tems. Nous avons le traité de Hugues de Ghàtillon, comte de Saint-Pol et de Blois , père de Gaucher , fait avec Mahaut au mois de décembre i2;56, portant (qu'elle jouira toute sa vie , comme de son propre héritage , des comtés de Clerrnont , d'Aumont et de Lillcbonne , pour lesquels elle plaidait à la cour du roi, prétendant qu'ils lui appartenaient par droit de succession. Hugues s'engagea par cet acte , sous peine d'excommunication , à le faire ratifier aux tiancés , lorsqu'ils seraient en âge de le faire. ( Mss. de Camps. ) Jeanne mourut sans enfants l'an 1261 , un an après son mari, qui fut tué en Egypte. ( \oyez les comtes de Clermont en Beauvaisis. ) Cependant le roi saint Louis , craignant que les principales places du Boulonai» ne devinssent la proie des Anglais sous le gouvernement ûiible de Mahaut , engagea cette comtesse à lui en céder pour dix ans la garde, sans préjudice des revenus qu'il lui laissa en entier, avec tout ce qui en dépendait. Mahaut n'était pas encore remariée. L'an 1258 (et non pas i9.4' ) j du consentement du roi son fils , la reine-mère lui fit épouser Alfonse , son neveu , frère de Sanche II , roi de Portugal , et de Ferrand , comte de Flandre. Dans le même tems ce monarque ayant érigé l'Artois en comté , mit dans sa mouvance celui de Boulogne, qui ne fut plus désormais qu'un arrière-fief de la couronne. Alfonse était destiné à une plus haute fortune que celle d'un comte de Boulogne. L'an i245, à la demande des Portugais , il retourne en Portugal pour administrer ce royaume qui dépérissait entre les mains de son frère. 11 ne lui restait plus qu'un pas à faire pour arriver au trône , et il y arrive enfin. L'an 1248, il est proclamé roi de Portugal après la

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