JEANNE II ET EUDES
i55o. Jeanne II , fille ainée du roi Philippe le Long et de la reine Jeanne, et marie'e depuis le 18 juin i5i8 avec Eudes IV , duc de Bourgogne, se mit en possession du comte' d'Artois après la mort de sa mère. Le roi Philippe de Valois lui accorda , le 5o août 1220, des lettres royaux , qui l'admirent à faire hommage de ce comte' avec le duc son (ipoux. Après avoir rempli ce devoir , Jeanne fit assigner le comte de Beaumont à de'duire les moyens sur lesquels il fondait sa pre'tention sur l'Artois Ce fut alors que Robert produisit les quatre lettres dont on a parle'. Jeanne et sou e'poux s'inscrivent en faux contre ces pièces , dont le roi se saisit. Jeanne de Divion, accusée d'avoir eu part à leur fabrication , fut arrèle'e ; elle avoua tout , et nomma ses complices. Ceux-ci interroge's , déclarèrent n'avoir agi qu'à l'instigation du comte de Beaumont. Arrêt de la cour des pair.' qui jirononce que les lettres sont fausses , ordonne qu'elles soient lace're'es , et condamne La Divion à être bri^ilèe vive, ce qui fut exécute' le 6 octobre )55l. Rol)ert d'Artois, ajourné personnellejnent , laisse prendre quatre défauts contre lui ; et enfin , le 19 mars i532 (N. S.), la cour des pairs le condamne au bannissement perpétuel et déclare tous ses biens confisqués. Robert n'avait pas attendu cet arrêt pour s'exp.itricr ; il s'était retiré d'abord à Namur , puis en Brabant, d'où il passa , l'an i554, en Angleterre auprès d'Edouard III, qu'il engagea à disputer la couronne de France à Philippe dcValois. Ce prince écrivit en vain au monarque anglais et au sénéchal de Gascogne pour demander que Robert d'Artois fût renvoyé en France sous bonne et sûre garde; il ne reçut pas même de réponse. Piobert alors fut déclaré ennemi du roi et de l'état par lettres du 7 mars i3S7 ( V. S. ). Ce nouveau iugeinent ne servilqu'à l'aflenuir danslepariiqu'il avait embrassé. Il suivit Edouard dans la descente qu'il fit aux Pays-Bas. Ayant assiégé Saint-Omcr , il fut battu sous les murs de la place , le 26 juillet 1540, et obligé de lever le siège. Il commanda ensuite l'armée navale qu'Edouard envoya sur les côtes de Bretagne , et s'empara de la ville de Vatiucs. Mais bientôt ayant été assiégé par
DES COTVÎTES d'aRTOIS» ZjS
les Français dans cette place , il reçut tant de coups en la de'fcndant , qu'elanl retourne' à Londres , il y mourut de ses blessures l'an 1342. Sa femme , complice d'une partie de ses crimes , avait été enfermée , l'an i554 , par ordre du roi Philippe de Valois , son frère, 'au château Gaillard (et non à Chinon ) , et finit ses jours le q juillet i563. Elle avait eu de son mariage, contracte' J'an i3i8, Jean, comte d'Eu j Jacques et Robert, tous deux enferme's d'abord au château de Noviex où ils e'talent en i542, puis au château Gaillard j Charles, comte de Longucville j Louisj mort jeune ; et Catherine, femme de Jean de Penthièyre, comte d'Aumale. (Anselme.)
La plupart des historiens pre'tendent que la duchesse Jeanne remit, en i555, le comte' d'Artois à Philippe, son fils. Mais il y a bien peu d'apparence que cette princesse s'en soit dessaisie en faveur d'un enfant de douze ans. Si Philippe a donc porte' le titre de comte d'Artois, ce ne peut être que comme he'ritierpre'somptif de sa mère ; on ne le qualifie pas cependant ainsi en i'55'j dans le traite' de son mariage avec Jeanne d'Auvergne , où il est simplement nomme' Philippe de Bourgogne, taudis que par cet acte, le duc et la duchesse , ses père et mère, prennent, parmi leurs titres , celui de comte et de comtesse d'Artois , que celui-ci garda jusqu'à sa mort arrivée l'a» i^^j. ( F'qy. Eudes IV^ due de Bouigogne, )