XII. 5i
entra, l'an i4^4> dans le Laonnais avec cinq mille conabattanta ,. et mit tout à feu et à sang jusqu'aux portes de Laon On fit, dans nn con:iLat qui se livra près cette de ville, plusieurs prisonniers qui furent massacre's. Le comte de Ligni eu fit tuer quelques-uus par son neveu, lequel y dit Monstrelet ,j'- prenait grand plais i j^ : c'e'tait vraisemblablement pour l'accouluiner au car- Tiage. Quel plan d éducation I s'e'crie judicieusement M. Villaref. L'an ii55 , il se trouva avec ce même tuteur à la célèbre assemble'e d'Arras , et tous deux, par attachement pour les Anglais , refusèrent de jurer le traite' qui y fut conclu entre le roi Charles VII et le duc de Bourgogne. Le roi , l'an il\l^o , faisant emmener l'artillerie de Tournai à Paris , les gens du comte de Saint-Pol eurent la te'mèrile' d'enlever ce convoi. La Hire , Cliabannes et Rohaur , reçurent ordre à cette nouvelle d'entrer sur les terres du conte, qu'ils ravagèrent. La comtesse-douairière de Saint-Pol étant venue trouver le monarque à Laou, fit la paix de son fils, à condition qu'il ferait hommage et serment de fide'lite' au roi, tant pour ses terres que pour celles qu'il tenait par la comtesse sa femme, et lui remellrait pour garant de sa foi la ville de Marie. Le comte s'e'tant rendu à la cour pour s'acquitter de cet engagement, y reçut un favorable accueil. Dèslors il rompit ses liaisons avec l'Angleterre, et travailla efficace-, ruent à délivrer entièrement la France de sa tyrannie. Ce fut lui qui acheva de chasser les Anglais de la Normandie, par la prise d'Harfleur, qui capitula le 24 de'cembre i449- ^^ J entra , le premier janvier suivant , accompagnant le roi, sous les ordres duquel il on avait fait le sic'ge. Froissart rapporte que le chanfrein (armure de la tête) de son cheval de bataille était estime? trente mille e'cus. Plusieurs villes des autres provinces , avec Iç secours qu'il y porta, secouèrent le joug de ces dangereux ennemis. Il marcha, l'an i452, au secoure du duc de Bourgogne contre les Gantois re'volte's. Son attachement à ce prince le fit entrer, l'an i465 , dans la ligue qui avait pour prétexte le bien public , d'où elle tira son nom. La moine année , le roi Louis XI e'tant à Tourn:u, le comte de Sainl-Pol, après bien des délais, vint lui faire hommage des terres qu'il tenait de la couronne. Le roi , dans celte rencontre , fit tout son possible pour l'attirer à son service et le détacher de celui de Charles, comte de Charolais , auquel il était eulièrenient dévoué^ mais il no put riea gagner.
L'an 1465, le comte de SaInt-Pol , à la tête de trois cents hommes d'armes , de quatre cents archers et de plusieurs seigneurs , va joindre l'armée de la ligue , dont il commanda l'avant-gardc à la bataille de IVIonllhéri , donnée le i6 juillet. Louis, voulant ^aguer à quelque prix quq ce fiât le comte de
Saint-Pol, lui donna, le 5 octobre suivant, l'ëpee de connétable; et pour ôteraii comte de Chirolais toute méfiance à cet eVard, il feignit d'accorder à son favori cet honneur en sa considération. Le comte de Saint-Pol , attaché ar r'>i par sa place , continua de se ménager avec le comte de Charolais jn?qu'à la mort du vieux duc de Bourgogne, Philippe le Bon. On ie vit même servir dans l'armée de ce prince contre les Liégeois ,. comme son feudalaire , à raison des terrss qu'il possédait eu. Picardie et aux Pays-Bas. Mais Charles étant devenu duc dc' Bourgogne, le connétable se déclara hautement pour le roi' dans les démêlés de ce monarque avec le duc. L'an l/^'Jo, au mois de décembre , il enlève à ce dernier , sans coup férir , la ville de Saint-Quentin , qu'il garda pour hiij et au commencement de l'année suivante , il engage par ses émissaires la ville d'Amiens à se donner au roi. Mais comme il trouvait son avantage à continuer la guerre, il traversa sous main les projets d'accommodement qui furent proposés.
L'an 1474 5 ^^ '"<'* ^t le duc , s'apercevant que le connétable trahissait également leurs intérêts dans la vue de se rendre indépendant de l'un et de l'autre, se concertent pour le perdre* I^a chose fut conclue par les ambassadeurs des deux princes aux conférences de Bouvines, où , par traité signé de part et d'autre, les deux princes convinrent de déclarer à son de trompe le connétable , leur ennemi commun, criminel de lè?e-majesté, coupable de félonie, promettant que celui des deux qui le feraitar-i réterle premier, le feraitm.ourirhuitjoursaprès ou le rendraità l'autre pour en faire briève justice. Mais le roi n'ayant pas voulu ratifier le traité, les signatures furent rendues par les ambassadeurs dc Bourgogne. Le connétable, instruit de l'orage qui lemenarait, demande une entrevue avec le roi pour se justifier. Elleeslaccordée. On convient d'un pont -sur une petite rivière entre la Fcre et Noyon pour le reu«lez-vous. Le connétable y vient accompagné de trois cents hommes d'armes , et a la hardiesse de faire mettre une barrière entre le roi et lui. 11 parle pour sa défense en peu de mots. Le roi lui promet d'oublier (e passé , après quoi l'on se sépare. Mais l'insolence avec laquelle le connétable avait paru devant son maître , laissa une profonde plaie dans ie cœur dc ce monarque. Le connétable , oui connaissait le caractère vindicatif du roi , chercha son salufuans l'intrigue et la fourberie. Il engage le roi d'An£;leterre , Edouard IV", son neveu , à faire une descente en Picardie , et lui promet le sccoTirs du duc de Bourgogne, qu'il délermiue en effet à seconder cette entreprise. Mais la chose n'eut pas le succès qu'il espérait. Louis XX s'accommode avec le roi d'Angleterre , à qui le duc de Bourgogne avait manqué de parole , et l'engage à s'en retouraer. Le coiiné-
4o4 CHUONOLOGtE H ISTORIO? T-
lablfi , voyant ce coup manqué, de'jDêche au roi son secrcfaive pour iui ]><jijuader qu'il est ennemi du duc. Fvi conversation est rcîidue à ce dernier , qui jure la perte du connétable. Eiitrovue du roi et du duc à Soleure dans le Luxembourg le i3 sepiembre i/^yS. Ils y signent un traite par lequel ils promettent de se livrer réciproquement leurs ennemis communs, à la tète desquels ils mettent le couue'table. Celui-ci demeurait cantonne' à Saint-Quentin, dont il avait fait sa place d'armes. Le roi marche contre celte ville, oii le connétable ne juge pas à propos do l'attendre. II se re'fugie sur les terres du duc , après lui avoir promis de lui remettre toutes ses places de Picardie , él arrive à M.)ns. Le duc , occupé pour lors au siège de Nanci , donne ordre de l'arrêter; puis, sur les instances <l,{ roi , il ic fait reuiettre, par son cliancelicr Hugonct, entre les mains du bâtard de Bourbon. Le connétable , amené à Paris, est enfermé , le 27 novembre i475 , à la Baslille. On iusiruit son procès, et par arrêt du parlement, rendu le i g décembre suivant, il est condamné à perdre la tête en place de Grève: supplice qu'il souffrit avec beaucoup de constance et de résignation. Telle fut la fin de cet homme en qui tout élait grand, dit le P. Daniel, l'esprit , le courage, l'habileté dans !a guerre, la naissance , les honneurs , les richesses, l'ambition. Son corps fut enterré aux. Cordeliers. Le roi céda au duc de BoTirgogne , comme on en était convenu, les villes de Saioi-Quenlin , da Ham , de Bohain, avec les trésors du connétable, et hérita poîjr sa part des terres que ce millieureus seigneur possédait en France; mais ensuite il les donna, pour lî plupart, au mai'cchal de Gié. Louis de Luxembourg avait épousé , 1°, le 16 juillet 1^55 , à Bohain , Jean^je de Bia , comtesse ds Soissons, vicomtesse de Meaux , (ille unique de Robert de Bar, morte en 146a; 2°, l'an 1466, le premier août , Maiwk, fille de Louis, duc de Savoie , sœur de la reine Charlotte , femine de Louis XI, décédée l'an i475 » quelques mois avant son époux. Du premier lit il eut Jean , comte de Snissons et de Marie, tué dans l'armée du duc de Bourgogne, le 22 juin 147G, à la bataille di' Moiat; Pierre, qui suit; Antoine, qui portait le titre de comte de Rouci quoupi'il n'eut par, !a terre , et tige des comtes de Brienne ; (^h^rles, évêque de Laon; Jac(juelinc, femme de Philippe, sire de Croi et comte de Porcien ; Hélène, mariée à Jauus, comte de Genève ; Philippe, abbesse de Moncel. Du second lit vinrent Louis , comte de Ligni, Prince d'Andrie ot grand-chrimbcllan de France , mort le Si décembre i5o3; et Jeanne, religieuse.
DFS COiMTES DE SAINT-POL. 4^^
PIERRE II
PiEURE II, second fils do Louis de Luxembourfi;^ fut ap)icl(^ comte de Brieune du vivant de Jean, son aine. Mais après la laorl de celui-ci, qui fut tué , comme on l'a dit, à la bfitaille de Morat, il prit les titres de comte de Saint-Pol, Je Marie , de Soissons , etc. •, titres qui furent sans re'alite', Pierre n'ayant jamais joui des domaines de son père situe's en France , tant à cause de la confiscation , que parce qu'il e'tait au service du duc de Bourgogne. Pierre étant à Gand , l'an i477> après la mort du duc de Bourgogne , contribua beaucoup à soulevei* les Gantois contre le chancelier llugonet , et à le faire condamner à mort. Le motif qui le fit agir eu cette occasion , fut le ressentiment de la mort de son père, dont iingonet avait e'té cause en exe'cutant trop pre'cipitamment l'ordre que le duc de Bourgogne lui avait envoyé' de le livrer aux commissaires de Louis XI j ordre qu'il avait re'voqué rrois beures après. La même anne'e i477 > ^^ princesse Marie, fille et he'ritière du duc Charles, cède et transporte , par acte du 20 août, aux enfants du conne'table tous droits , causes et actions que le feu duc son Père et elle pourraient avoir , soit à titre de confiscation, ou à titre de dons et transport du roi auparavant ou depuis le trépas de M. Louis de Luxembourg en In comté de .^ii/int-Pol, en toutes les autn^s terres et seigneuries qui appar— iinrenl audit Louis de Lu.Tembo7u\^.(V PiviWon > notes sur Vhist. de Luxeinhourg par >^7j^72i(?r.) Pierre mourut au château d'Ln- .ihiev^ le aS octobre 1482. De Margukuite, sa femme, fille de Louis, duc de Savoie, sœur aine'e de M^rie , sa belle-mère, rf veuve de Jean IV Pale'ologue , marquis de Montferrat , dece'- «îfc'e le 5 mars i4^^> il eut trois fils morts jeunes; Marie, qui ...lit^ Françoise, dame d'Engliien, femme de Philippe de Clèves, i.omte de Ravestein. Pierre II et sa femme sont enterres à Cercamp.