FRANÇOIS DE BOURBON II
' i4c)5. FiîANcois DE Bourbon, II"^ du nom , 5<= fils de Frsiiçois do Bourbon , comte de Vendôme , et de Marie de Luxembourg, comtesse de Saiut-Pol , de Soisspns , etc. , né à Ham eu Picardie le 6 octobre 1491 j porta le titre de comte de Saint-Fol après là mort de son père. Il accompagna, l'an i5i5, le roi François I*' dans son expédition d'Italie, et combattit, le i5 et le 14 septembre, à la fameuse bataille de Mariguan. L'an i52i, étant à Romorentin avec la cour, le sort le fait roi de la fève dans une partie faite avec ses amis la veille des Rois. François I^"" , l'ayant appris , envoie déiîer le nouveau roi. La maison du comte est assiégée. On attaque et on se défend avec des boules de neige , des pommes et des œufs. Le jeu s'écbaufiant, l'un des assiégés lance par la fenêtre une bâche enflammée ffui tombe sur la tête du roi et le renverse sans connaissance. Un veut rechercher l'inîprudent qui a fait le coup ; le roi ne le permet pas: C'est moi , dit-il, qui ai f au lafoVe) il est juste que je la boive. Il revint de cet accident dont il ne témoigna aucun ressentiment au comte de Saint-Pol. Ce dernier, l'an i522, secourut la ville de Mézières assiégée par le comte de Nassau , fit rentrer Mouzon et Bapaume sous l'obéissance du roi, et défit, l'an iSaD, l'arrîère-garde de l'armée anglaise au combat du Pas en Artois. Etant retourné en Italie avec le roi, l'an i524> i' sauva les débris de l'améc française à la retraite de Rcbec , et les ramena en France, Ayant repassé encore les Alpes l'année suivante, il fut pris à la bataille de Pavie , et eut ensuite l'adresse de se sauver. Voici comme ou raconte son aventure : Un coup de pique l'ayant renversé par terre à côté du roi , il perdait tout son sang, et paraissait mort : un Espagnol, le rencontrant en cet état, voulut lui couper le doigt pour avoir son anneau. La douleur réveilla ses sens , et le fit crier. L'ennemi le chargea sur son cheval, le conduisit à Pavie, et le fit si bien traiter, qu'il en revint. Le comte, <pii n'avaii point engage sa parole y prit le parti de s'en retourner Joriqu'il fut guérr. ••
"Prauçoîs de Bourbon fat pourvu, l'an iS^j, clu gouverucmcnt du Dauphfud. Nomme , l'an 1628 , par le roi pour commander l'arme'e franraise d'Italie , il prit d'assaut Pavie le 19 septembre, et saccagea cette place en mémoire de la dtifaite et de la prison de François I". Le 2 mai de l'anne'e suivante, il se rendit maitre de Mortare; mais, le 25 juin, il fut surpris à Landriano par Antoine de Levés, qui le fit prisonnier, jjes Lansquenets et les Italiens l'avaient abandonne' dans ce pe'ril , et sa cavalerie s'e'tait sauve'e à Pavie avec l'avant-garde. Sa Jiberte' lui fut rendue trois mois après par le traite' conclu le 5 août à Cambrai. L'an i554 , par contrat du c) fe'vrier, il promit sa mniu à Aor.îEXNE , fille unique et seule be'ritière de Jean III , sire d'Estouteville. En considération de cette future alliance . le roi François !>='' érigea la seigneurie d'Estouteville en duclie' , par lettres du mois d'août de la même anne'e. Une des cl'iuses du contrat de mariage portait que le comtes François de Bourbon prendrait le nom, le cri et les armes d'Estouteville. Il y satisfit , et fut appelé' le duc d'Estouteville , donï les armes furent écartele'es dans son c'en avec celles de Bourbon. Le roi , l'an i356, ayant de'clare' la gnerre au duc de Savoie, il fut envoyé' contre lui , et re'duisit presque tout son pays sous la domination de la France. Le comte de Saint- Pol e'tait cependant etitre les mains de l'empereur, qui s'en e'tait saisi comme d'un fief mouvant , selon lui , du comté de Boulogne dont il était maitre.
L'an 1557, au mois d'avril, le roi François I"'" traita d'e'cliange avec le comte François et lui donna le comte' de Montfortl'Amauri pour celui de Saint-Fol. L'ayant en son pouvoir, il fis travailler en ddigence aux fortifications du chef-lieu. Mais avant qu'elles fussent acheve'es, un détachement des impe'riaux, sous la conduite du comte de Rœux, vint les détruire, pass^ la gariu'son au fil de l'e'pe'e , et mit le feu à la ville, qui fut long-tems à se relever de ce malheur. La guerre s'e'tant renouvele'e, l'an 1642 , entre la France et l'empereur, le comte François suivit le dauphin charge' du commandement de l'arme'e qui fut envoye'e en Picardie et dans le Luxembourg. Le secours qu'il donna, l'an 1545, à la ville de Landrecies , secours qui n'empêcha pas qu'elle ne fût prise , est le seul exploit connu de lui dans les deux campagnes qu'il fit avec ce prince.
L'an i 544 ) le comte d'Enghien , ge'ne'ral de notre arme'e en Italie , dispose' à livrer la bataille de Ce'risolcs , députa le brave Montluc, alors officier subalterne, à la cour, pour en demander la peri-nission. Le comte de Saint-Pol , appelé au conseil que le roi tint à ce sujet, combattit vivement le discours que ait Mon.liuc, aussi présent, pour appuyer cette demande: les
/jOS CHRÔxNOLOGlE HISTOIIIQUE
raisons de Monlluc l'emportèrent. Le comte, au sortir du conseil, dit à ce guerrier: Fouj enragé que tu es ^ tu vas être cause du plus grand bien ou du plus grand mal qui puisse arriver au roi. Montinc, qui e'tait gascon, lui re'pond : Monsieur y soyez en repos , et assurez-vous que la première nouvelle que vous recevrez , c'est que nous les aurons fricassés et en mangerons si nous voulons. L'eVénement vérifia cette pre'diction. La paix s'e'iant faite à Cre'pi Je 18 septembre de la même anne'e , îe comte' de Saint-Pol fut rendu , par un de» articles du traite' , à François de Bourbon pour en jouir comme il faisait avant la guerre. Ce prince mourut , le premier septembre î545, à Cotignan près de Reims, et fut enterré à l'abbaye de Vallemont en Normandie. Le roi pleura en lui un Irère et un compagnon d'armes ; il le regretta d'autant plus , que l'amilie' qui les unissait depiiis quarante ans n'avait jamais e'prouve' la moindre alléra-tion. Sa femme lui surve'cut environ quinze ans, e'tant morte à Trie le i5 de'cembre i56o. De leur mariage sortirent François, qui suit ; Jeanne, morte en bas âge j et Marie, qui viendra ci-après.