‹ L'art de vérifier les dates (volume 2)Chapitre 234 sur 299 · COMTES DE GUINES · texte numérisé non relu

COMTES DE GUINES

VjruFNE'î, ou Ghisnes (en latin Ghisnce) , ville de Picardie situe'è à deux lieues de la mer et environ auiant de Calais au nord-est , a donne' son nom à un comte qui comprenait autrefois les villes d'Ardres, d'Hardewic, de Brédenarde,ct de Tornehen avec le port de Witsan , et dont relevaient douze baronnies avec autant de pfiiries. Les sentiments des anciens et des modernes sont partage's sur Torigine des comtes de Guines. Voici ce qui nous a paru de plus probable après un sérieux examen.

SIFRID.

Ç)65. SiFRiD , ou SiFRoin, prince danois , suivant la chronique de Saint-Bertin , et non français d'extraction , comme le prétend Lambert d'Ardres, doit passer pour le premier comte proprie'taire de Guines. Cette terre appartenait originairement à l'abbaye de Saint-Silliiu ou Saint-Berlin, ^ious en avons la preuve dans la cliarte ou jlancarte donnée, l'an 877, par Charles le Chauve pour confirmer toutes les possessions de cette abbaye. L'historien moderne de Calais forme contre l'authenlicitè de celle pièce des objections qu'on peut re'soudre avec les premières notions de la science diplomatique. La terre de Guines tomba depuis (on ne sait comment) dans le domaine des comtes de Flandre. Guillaume L', comte de Ponlhieu, dans la guerre qu'il eut , en 9G5 , avec Arnoul II, dit le Jeune, comle de Flandre, lui ayant enlevé' les pays du Boulonnais , de Guines et de Sainl- Pol , ce dernier appela à son secours les Danois , qui vinrent m troupes sous la conduite de Canut , frère du roi de Danemarcl(, et de Sifrid, son cousin. Leur expédition fut assez heureuse. Ils remirent Arnoul en possession d'une partie des terres que le comte de Ponlhieu lui avait enlevées. Arnoul , pour reconnailj'e ce service , donna la terre de Guines à Sifrid , et lui fil épouser Klstrude, sa sœur, dont il eut Adolphe, qui suit. Ce mariage tflait nécessaire, parce qu'il avait été précédé, suivant Lambert

CHU. HIST. DES COMTES DE GUINES. 4l5

cI'Ardres et Iperius, d'un conimerce de S frid avec Elstrnde. Ces .deux c'crivains disent qu'il finit par se pciidie pour se soustraire au ressentiment d',\rnoul, qui n'apprit qu'après coup le déshonneur de sa sœur. Du Clicsuc met sa mort en 965.

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