‹ L'art de vérifier les dates (volume 2)Chapitre 238 sur 299 · MANASSÈS · texte numérisé non relu

MANASSÈS

1091 ou environ, ManassÈs , dit Robert, à cause de Robert le Frison , comte de Flandre , dont il e'tait filleul , succéda au comte Baudouin son père. He'rilier de ses vertus, il se rendit célèbre non seulement en France et dans les Pays-Bas , mais eu Angleterre , où e'tant passe' , il fut bien accueilli du roi Guillaume ^o Pioux. Ce prince lui fit e'pouser Emme , fille de Robert, seigneur de Tancarville, chambellan de Normandie , et veuve d'Odon de Folkestone en Angleterre. Emme ne céda point en douceur ai en pie'te' à sou e'poux. Ce fut à sa prière qu'il abolit la mqssueric, ou colvèkerlie , ainsi que la capitatiou que le comte Raoul , son prédécesseur, avait e'tablie , comme ou l'a dit, sur tous ses sujets , et dont les seigneurs de Ham jouissaient par inféodation. Maiiassès , ayant fait venir le seigneur de Ham, racheta de lui ce droit en lui donnant des fonds de terr .• en e'change. ( Lambert. Ard. ) Ce comte eut la guerre avec Arnoul II , baron d'ArJres , parce qu'à l'exemple de son père il avait porte' au comte de Flandre l'hommage qu'il devait pour sa terre au comte de Guines. Arnoul , assie'ge' par Manassès dans la ville d'Ardres , et près de se voir force' dans le donjon où il s'e'tail retiré, fit une sortie si vigoureuse, qu'il repoussa l'ennemi et le mena battant jusqu'à Guines. S'e'tant rèconcilie's ensuite , ils firent ensemble , l'an 1 096, le voyage de la Terre-Samte, Manassès et son épouse fondèrent, l'an 1117, l'abbaye de Saint-Léonard , pour des filles , dans un faubourg de Guines. L'an 1157, Manassès, se voyant accablé d'années et d'infirmités, se fit porter à l'abbaye d'André, où il îTiourut peu de jours après y avoir pris l'habit religieux. Sa femme imita son exemple , et finit ses jours chez les religieuses de Saint- Léonard, De leur mariage ils avaient eu deux filles : Sibylle, dite Rose, qu'ils marièrent avec Henri de Gand , châtelain de Bourbourg, fils de Demar , ouThernar, qui fut assassiné, le 2 mars 1127 , avec Charles le Bon, comte de Flandre; et Ade , femme de Pierre de Maule, décédée sans enfanis avant son père. Sibylle , après avoir mis au monde une fille nommée Béatrix , mourut avant ses père et mère des suites de ses couches. Henri , son époux, prit une seconde alliance avec Béatrix de Gand , de la branche des seigneurs d'Alost. Le comte Manassès avant son mariage, suivant Lambert d'Ardres, avait eu d'une demoiselle , originaire de Guines, une fille nommée Adélaïde , laquelle, a^-ant , XIL 55

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été mariée avec Eusiache de Balinghen, lui donna cinq fiîs et une fille j puis , étant devenue veuve , elle prit une seconde alliance avec Daniel , frère de Siger II, châtelain de Gand. Le même auteur dit que Manassès était d'une taille gigantesque , et d'une force proportionnée à sa taille, mais d'une (igiire d'ailleurs si agréable, qu'il sulllsait de l'envisager pour l'aimer. (Du Chesne, HisL. de la M. de G ni ne s , L. i . )

BÉATRI'X.

1 157. BÉATKix DE lîouRBOURG , fillc de Hcuri de Gand et de Sibylle de Guines, succéda dans le comté de Guincs à Manassès , son aieul maternel, avec Albéric Sang[.ier, seigneur anglais fort puissant, qu'il lui avait donné pour époux. De grandes infirmités que celui-ci avait remarquées en elle, dont la principale était la pierre, ou la gravelle , l'avaient porté à la qiiitler pour retourner en son pays. La nouvelle de la mort de Manassès \<i rappela dans le comté de Guines. Mais , après eu avoir pris possession et fait hommage à Thierri d'Alsace, comte de Flandre, il repassa la mer, laissant son épouse auprès du châtelain de Bourbourg , et sa terre à la garde du seigneur de Hani. (Cependant il avait un concurrent secret pour cette succession dans la personne d'Arnoul , seigneur de Tornehen , fils de Wennemar, châtelain de Gand, et de Gisie , sœur de Manassès. Arnoul , profitant dt; son absence , fit une confédération à l'aide de laquelle il se rendit maitre du comté de Guines. En vain les p=!rtisans de Béatrix pressèrent son époux par divers messages à venir à son secours : il fut sourd à leurs sollicitations, et resta tranquille à la cour d'Etienne, roi d'Angleterre, oii il était en grande considération. Henri de Gand, père de Béatrix, voyant l'indiifércnce d'AIbéric pour recouvrer l'héritage de sa femme, promit sa fille à Baudouin , s'il voulait s'engager à retirer des mains d'Arnoul le comté de Guines. L'ofî're acceptée , Henri fait casser le mariage d'AIbéric avec Béatrix, et la donne à Baudouin. Mais Béatrix mourut peu de jours après cette seconde alliance ( l'aa I 142 au plus tard ) , et fut enterrée au monastère de Sainte-Mariu de la Gapelle, sans laisser de postérité. { Lainb. Aid.} Du Chesne , ibid. )

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