‹ L'art de vérifier les dates (volume 2)Chapitre 242 sur 299 · BAUDOUIN HT · texte numérisé non relu

BAUDOUIN HT

1220. Baudouin III, fils aîné d' Arnoul II, lui succéda au comté de Guines , à la cliâtellenie de Bourbourg et à la seigneurie d'Ardres , à l'âge de vingt-deux ans. Peu de fems après il épousa Mahaut, fille de Guillaume, seigneur de Fiennes et Tingri, et d'Agnès, sœur de Renaud et de Simon de Dammartin. Le douaire de Béatrix, mère de Baudouin , occasionna de grandes contestations entre elle et son fils. Cette princesse mourut au mois d'août 1224 à Bourbourg.

Baudouin de Guines , surnommé le Clerc , oncle du comte de Guines, ayant été assassiné. Fan 122g, par quelques gentilshommes , son neveu se mit en devoir de venger sa mort. On prit les armes de part et d'autre, et tout le pays allait expier ce meurtre par le saccagement dont il était menacé. Marie, comtesse de Ponthieu , se rendit médiatrice, et ménagea uti accommodement par le([uel il fut réglé que les assassins iraient expier leur crime à la Terre-Sainte par un service de deux ans. ( Chron. Andr. ) Le comte Baudouin accompagna, la même année , le prince Philippe Hurepcl dans l'expédition qu'il fit contre le comte de Champagne. Le roi saint-Louis ayant érigé, l'an 1258, l'Artois en comté, mit dans sa mouvance ceux do Boulogne, de Guines et de Saint-Pol , qui devinrent par là des arriere-fiefs de la couronne. (Du Tillet.) L'an r24i , Baudouin passe la mer pour aller au secours du roi d'Angleterre, Henri III, qui était en guerre avec ses barons. Chargé de la garde du château de Monmouth, ily estassiégé^par le grand maréchal de la couronne. Baudouin fait une sortie sur i'eunei,ii , dans laquelle , après un combat sanglant , il se rend maître de la personne du maréchal. Mais , tandis qu'il emmène son prisonnier , il est renversé par terre d'un coup de flèche. Ses soldats remportèrent à

la hâte. On le crut blesse' mortellement , mais il gue'rit en peu àe tenis de sa blessure et signala sa valeur en Angleterre par d'autres exploits. 11 e'tait de retour l'année suivante à Guines. L'an 1245 (N. S.) , étant au lit de la mort , il fit son testament le Delitn de la T'iphaine (lundi après l'Epiphanie) , et mourut peu de jours après. L'auteur de sou épitaphe le qualifie grand amateur de la justice , miroir de conseil et bon administrateur de sa terre. Il eut de son mariage deux fils et deux filles.

ARNOUL IIL

124^- A.RiN'ouL III , fils aîné de Baudouin Ilî et de Maliant de Fienues , leur succéda vers la mi-janvier au comté de Guines et aux seigneuries d'Ardres et de Bourbourg. Au mois de septembre suivant ou environ , Arnoul étant allé en Angleterre pour faire sa cour au roi Henri III , Roger Bigod , grand maréchal du royaume, donna ordre qu'il fùi arrêté sur sa route. Le comte évita l'embuscade j mais sur les plaintes qu'il porta de celte violation du droit des gens aux cours de France et d'Angleterre , Roger Bigod répondit que c'était en représailles de pareil traitement qu'Arnoul avait fait à sa suite , lorsqu'il traversait, en qualité d'ambassadeur du roi son maître , le comté de Guines pour se rendre au concile général de Lyon j ajoutant que le comte n'avait relâché ses gens et ses équipages qu'après s'être fait payer une somme exorbitante pour un droit de péage qu'ilavaitéiabli sur ses terres. Leroisaint-Louisinterposa pour Ar-? noul sa médiation , et lui obtint un sauf-conduit pour son retour. Ce bon prince l'engagea depuis à supprimer ce péage odieux , en lui donnant un équivalent en revenus fixes. Mathieu Paris , qui rapporte l'aventure d'Arnoul sous l'an 1249 ' ^^ contredit visiblement en disant qu'elle arriva bientôt après le concile de Lyon , qui se tint au mois de juillet 1245 : Contigit auleni hoc, cilopost concilium. Elle ne peut d'ailleurs apjiartenir à l'an 1 249, puisque saint-Louis étaitalors àla l'crre-Sainte.

L'an 124s 1 Arnoul , par un acte passé au mois de mai , reconnut devoir à Robert , comte d'Artois , quatre hommesliges , savoir, l'un pour le comté et la forteresse de Guines, le second pour la baronnie d'Ardres , le troisième pour la châtellenie de l'Angle, et le quatrième pour la terre qu'il avait à Sainl- Omer. Arnoul s'étant embarqué, l'an i255, avec Thibaut, comte de Bar, pour aller au secours de Gui de Dampierre contre Guillaume , comte de Hollande , ils furent défaits et pris tous trois prisonniers à la bataille que Guillaume gagna sur eux , le 4 juillet , à Valcheren. 11 en coiila au comte de Quines pour sa l'berlé, qn'il ne recouvra qu'au mois de mars suivant^ vingt

DES COMTES DE GtyiNES. 4^5

hiille sept cents livres parisis (i) , qui lui furent prête'es par les quatre bans de son comte. L'an J285 (N. S.) , accable de dettes, il vendit, par traite' du mois de fe'vrier . au roi PJiilippe le Hardi, son comte' de Gaines . sans e'gard pour la donation qu'il eu avait précédemment faite à Baudouin son fils. Arnonl survécut peu à cette veule. On ne sait s'il fut pre'ce'de' ou suivi au tombeau par sa femme , Alix, fille d'Eu^nerand III , seigneur de Couci , de Marie etdelaFère, et de Marie de Montmircl, de la Fcrte- Arnoul , de la Ferte'-Gaucher , de la vicomte' de Meaux et delà cliàtellenie de Csmbrai : toutes seigneuries qui tombèrent par la suite d-îns la maison de Guines. De ce mariage naquirent six enfants : Baudouin , qui suit; Enguerand , seigneur de Couci, d'Oisi et de Montmirel , qui a fait la seconde branche des seigneurs de '^ojci j Jean , vicomte de Meaux ; et trois filles, dont l'aîne'e , Be'afriK, mourut abbesse de Blaudrk , au diocèse de Terrouenne, en i^.Sy. Tous ces enfants et leur po>térit'' portèrent le surnom et les armes de Couci conformément à un des articles du contrat de mariage de leur mère.

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