RAOUL IL
i55l. Raoul II, successeur de Jean de Brienne son père, l'a». ï5o2 , au eomlé d'Eu , le fut de Jeanne sa mère, en iTryi , dans celui de Guienne. Après la mort du connétable Gaucher de Châtiilon , il parvint à celte dignité, dont il était pourvu lorsou'en l552 , il accompagna Jean , roi de Bohème , dans son voyage d'Italie. L'an i545 (N. S.), s'étant rendu à Paris pour les noces de Philippe de France, duc d'Orléans, il y périt, le 18 janvier, d'un coup de lance qu'il reçut dans un tournoi. De Jeanne dé IMello, qu'il avait c'pousée l'an lîig, il eut un fils , qui suit, et deux filles : Jeanne mariée, 1° à (îaucber de Brienne , duc d'Athènes et connétable de France , 2" à Louis q.'Evreux , comte d'Etampes ; et Marie , morte sans alliance.
RAOUL IlL
1545. Raoul III, fils de Raoul If, lui succéda aux comîés d'Eu et de Guines , de même qu'à la dignité de connétable. Les Anglais , sous la coTiduite du roi Edouard III et de Geofroi d'ilarcourt , étant descendus en Basse -Normandie , l'an 1346, et ravageant cette contrée , Raoul et le comte de Tancarville sont envoyés par le roi Pi'ippe de Valois au secours de la ville de Cicn. Les bourgeois s'étant joints à la noblesse el aux troupes que ces deux, chefs avaient amenées , promfelteut de faire la plus brave défense. Le connétable , sur la proposition qu'ils lui font d'iiller au-devant de l'ennemi qui s'approchait , les range en bataille au-delà du pont ; mais , après la première décharge des Anglais, il est abandonné de celle bourgeoisie, et obligé de se rendre , ainsi que Tancarville , à un olîicier ennemi , nommé Thomas Hoiland. Quelques historiens néanmoins , pour Creuser les Caeanois , discal qu'ils furent trahis par leurs cheit
DES CORITpS D£ GUIISÉS, 4^^
«flii étaient d'intelligence avec les Anglais. Quoi qu'il en soit, les deux ge'ncraux français furent conduits prisonniers en Anf^lclcrre, où le connclaolc demeura trois ans. Ils furent traite's par Edouard avec des marques d'affection qui ne firent point honneur à leur captivité. Raoul obtient permission , l'an io5o, dépasser en France pour traiter des moyens de payer sa rançon. Il se rend à Paris , et vient à l'hôtel de Nesle , le 16 novembre, pour faire sa cour au roi Jean. L'accueil ne fut pas tel qu'il s'en était flatte'. J^e monarque avait sur sa fidélité de violents soupçons , inspire's ou fomentes par Charles d'£sp<TgDe de la Cerda , jaloux de sa charge, dont il exerçait les fonctions pen-» dant sa captivité'. En conséquence, il |e fait arrêter p-ir le prc'vôt de Paris, et trois jours après on lui tranche l(i tôîe, devant le même hôtel , à l'heuie de niatin.es (O? dit une chronique manuscrite, sans forme de procès, en présence du duc de Bourhon , du comte d'Armagnac , et de quelques autres seigneurs. Le soupçon de haute traliison fut le niotil" de cette étonnante exe'culion. Raoul avait e'pousc' Catherine , fille dô Louis II de Savoie , seigneur de Bi;gei , et veuve d'AzifQn Visconti , seigneur de Milan. Après la mort do son second cpoux , dont elle n'eut point d'enfants , elle contrac!^ \u\e troisième alliance avec Guillaume L'' de Flandre , comte de Nsnmr.
Non content d'avoir fait pcrir Raoul sans formalile's , le roi confi.s(fua ses terres, donna le comte' d'Eu à Jean d'Arluis , iils de Robert , comte de Ucaumont , et réunit celui de Gainçs jiu domaine de la couronne; puis il en fit don à Jeanne d'Eu, sœur de R.aoul , en conside'ration de son mariage avec Louis d'Evreux , comte d'Etampes. Mais, fan i552, pendant l'ahsence du gouverneur de Guines , celui de Calais , Aimeri de Pavie , ayant corrompu le lieutenant de la place , s'en rendit maître pour le roi d'Angleterre, à qui elle fut ce'dee ensuite par le traite' de Bre'tigni (l'an i36o ). l^e roi Charles VI recouvra ce comte', dont il fil une nouvelle réunion à la couronne. (ûuChesne, Histoire (le la M. de Guines. ) Il en fut une seconde fois démembré , et c j:lé , l'an i455 , par le traité d'Arras à Philippe le Bon, duc de Bourgogne. Ce prince n'en jouit pas ; et peut-être les Anglais l'avaient-ils alors reconquis. Ce qui parait certain , c'est que le roi Charlel VII le reprit sur eux. Le roi Louis XI, son fils» ne fut pas plutôt monté sur le trône , qu'il fit donation du comte de Guines à Antoine de Croï pour lui et ses descendants mâles ,
('0 Les matines se riisaicnt alor^ ver^; le milieu ilc 'a nuit dans toiuc« les églises, cl Ici lait^ua» les pias l'tjjiilicrs s« fa;saiciu 1111 tltvoir d'y asiistct.
428 CHR, H!ST- DFS COMTEJS DE GUINES.
par lettres-patentes rcgistrt'es au parlement le j8 de'ccmbre i46r. Louis 1" de la Tre'moille , vicomte de Thouars et prince de Talraont, fit opposition à cette donation , prétendant que le comté de Guiue» lui devait revenir, sur la supposition que Marguerite d'Eu , qui avait e'pouse' , vers la fin du treizième siècle , Gui II de la Tre'moille, vicomte de Thouars, e'tait fille de Jeanne, comtesse de Guines , et sœur de Raoul II , père de celui sur lequel ce comte' fiit confisque'. Mais il est prouve' , dit du Cliesne , par une ancienne chronique des comtes d'Eu, qu'elle e'tait sœur de Jean II, comte d'Eu, mari de la même Jeanne. Le conseil de Louis XI , jugeant mal fonde'e l'opposition du sire delà Trémoille , n'y eut aucun égard. Il n'en fut pas de même de celle de Charles , comte de Charolais , qui revendiquait le comte' de Guines , en vertu du traite' d'Arras. Louis XI , par le traite conclu le 6 octobre i465 , à Conflans , fiit oblige' d'abandonner* à ce prince le comte' de Guines ; Mais Charles, depuis son ave'nement au duché' de Bourgogne , ayant eu de nouvelles querelles avec Louis XI , ce comté lui fut retiré , et rendu à Antoine de Croî. Après la mort de celui-ci , Philippe , son fils , lui succéda au comté de Guines , ainsi qu'à ses autres biens. Mais , s'étant depuis engagé dans le parti du duc de Bourgogne, toutes ses terres de France furent confisquées au mois de janvier 1476 , et le comté de Guines fut donné à Antoine, bâtard de Philippe le Bon , duc de Bourgogne, après la mort duquel, arrivée l'an i5o4, il revint à la couronne, dont il n'a plus été distrait.
DES
COMTES, PUIS DUCS, D^AUiVIALE.
A-iA ville d'AuMALE , Alha-Marla , ou Aumalcum. , située sur la Brêle , dans la haute Normandie , aux confins de la Picardie, est le chef-lieu d'un comte', j^uis duché , auquel elle a donne' sou nom.