CLAUDE I
i5o8. Claude I"'deLorraine, ne le 2o octobre 1496, cinquième fîlsde Rciie' II , duc de Lorraine, lui succéda au comte' d'Aumale. Etant venu en France, il s'y e'tablit après avoir obtenu des lettres de naturalisation, et fut pourvu de la charge de graudveneur. L'an i5i5, il commanda les troupes du duc deGueldre , sou oncJe, à la bataille de Marignan. 11 eut part , l'an i52i , à la prise de Fontarabie. Il défit les Anglais devant Hcsdin , au mois de novembre 1622 , et les Allemands devant Aeufchàteau en Lorraine. L!aa iSaS, pendant la prison de François I", il alla joindre^ avec un corps de troupes, le duc Antoine son frère , pour s'opposer aux paysans révoltés de Misnie , de Thuringe , de Suabe , et d'Alsace , qui se préparaient à pénétrer dans la Lorraine pour entrer de là sur les terres de France. Les ayant battus à Loupstein et Chenouville , ils achevèrent de les dissiper à Saverne. A la nouvelle de cet heureux succès, le parlement de Paris délibéra d'écrire aux deux frères vainqueurs pour les féliciter^ tant il est peu vrai qu'on regarda en France cette expédition comme une entrerprise sur l'autorité royale. Les traits suivants démentent également le récit de ceux qui ont avancé qu'à son retour le roi 'fut tellement irrité de la conduite de Claude de Lorraine, qu'il Jui défendit de paraître en sa présence , et qu'effectivement il ne voulut jamais le voir. L'an i527(y. S.) , ce monarque en sa considération érigea en duché la terre de Guise eu Picardie, dont il était seigneur. Le roi le nomma, eu i53o, pour aller ^vec les princes du sang au-devant de la reine Eléonore
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et de ses deux fils , qui revenaient d"Ëspagne. Il mît par Ses soins, en i556, la Champagne, dont il était gouverneur, à l'abri des incursions de l'enneuii. L'an iSoy , au célèbre lit de justice, il fit les fonctions de grand-chambellan , et en cette qualité' il fut assis aux pieds du roi. En i542, la conquête du duché de Luxembourg fut en partie le fruit de son expérience et de sa valeur. Claude servit, l'anne'e suivante, au mémorable sie'ge de Laudrecies. L'an i544 > ^pi"^» la prise de Chàtcau-Thierri , il pourvut à la sûreté' des Parisiens alarme's , et par là il s'acquit leur affection qu'ils continuèrent à sa poste'rite'. Il fit e'riger, la même anne'e , en marquisat > sous le nom de Mayenne , par lettres du mois de fe'vrier , ses teiTes et baronnies de Mayenne, de Sable et de la Ferte'-Bernard. Le roi Henri II , au mois de juillet i547 » donna pareillement des lettres, date'es de Reims, pour l'e'rection du comte d'Aumale en duclie'-pairie en faveur de François de Lorraine , appelé'jusqu'alors Monsieur d'Aumale, pour être posse'do par son frère Claude II de Lorraine , fils de Claude I' ' , et ses he'ritievs mâles seulement. « Claude I^i , dit M. le M. de P. , était grand, j» bien fait, spirituel , magnifique , également galant et politique, j) avait de la douceur dans la société, de la bravoure et du sang )) froid à la guerre, dont il avait fait une étude particulière j) dans le cabinet, ce qui était presque unique et inoui de son )) tems. Ce fut lui qui fonda la fortune de ses enfants. Ils » héritèrent d'une partie de ses qualités, mais poussèrent plus » loin l'ambition ». Claude I*'' mourut à Joinville le 12 avril I 55o. D'Antoinette, fille ainée de François de Bourbon , comte de Vendôme, qu'il avait épousée le 18 avril i5i5, morte le 2.0 janvier i 585 , il eut François dont on vient de parler , qui fut duc de Guise; Charles , cardinal de Lorraine , archevêque de Reimsj Claude, qui suit; Louis, cardinal de Guise, archevêque de Sens et évêquc de Melz , mort en 1 678 ; François , chevalier de Malte , grand-prieur de France et général des ffalèresde cette couronne; René, tige de la branche de Lorraine- Elbeuf; Marie, femme, i" de Louis II d'Orléans, duc de Longucvilie, 1* de Jacques V, roi d'Ecosse; etd'autres enfants. Le roi Henri 11 lui fit faire à Noirc-Dame de Paris des obsèques magnifiques dont la relation fut imprimée. M. de Thou n'est pas é<juitable en disant que les princes lorrains voulaient par là s'égalera nos rois, connne s'ils eussent eux-mêmes déterminé cette pompe, qui d'ailleurs n'a rien de fort surprenant dans le fils d'un prince souverain qui avait porté le litre de roi , Je père et le grand-père de reines d'Ecosse , l'époux de la sœur d'un premier prince du sang, le beau-père de la petite-fille de Louis XII, et le proche allié de la famille régnante.
DES COMTES d'aIÎJIALE. ' 44^