‹ L'art de vérifier les dates (volume 2)Chapitre 272 sur 299 · CATHERINE DE CLÈVES · texte numérisé non relu

CATHERINE DE CLÈVES

i5.(S4. Catherine de Clèves ,• sœur cadette de Jacques , ne'e l'au 1548 , partagea sa succession avec Henriette , son aîne'e , qui eut pour sa part le duché' de Nevers avec le comté de Réthel , et laissa le comte d'Eu à Catherine. Celle-ci e'pousa en premières noces ANTOl^E de CroÏ , prince de Porcien , ([ui , s'e'tant attache' aux Coligni , embrassa comme eux le calvinisme , et mourut sans poste'rite' à l'âge de vingt-six ans. Voici comme sa mort est raconte'e dans le journal de l'Etoile. <( Le prince de Porcien , » jeune , martial et guerrier , mourut à Paris , le i5 mai 1567 , )) d'une fièvre chaude , cause'e d'une colère mêlée d'excès , qui » fut qu'ayant joue' à la paume tout le long du jour , il fut mandé » le soir aux Tuileries , où le roi le tint deux heures de'couvcrt » dans le jardin , à la lune , ( le tems ) e'tant serein , et lui tint de >• riides propos, jusqu'à le menacer de la perte de sa tète pour » Linchamp , place frontière qu'on avait donné à entendre à » sa majesté' qu'il faisait fortifier : car, e'tant revenu à sa maison , » outre' de de'pit, comme il avait le cœur merveilleusement grand, )) il envoya quérir du vin et en but trois quartes , et mangea trois » platelées d'amandes vertes , et s'en alla coucher là-dessus ; qui » fut le poison quon dit lui avoir été baillé ». Ces dernières paroles font allusion au libelle satyrique intitulé : la Légende de dom Claude de Guise ( abbé de Cluni ), où l'on assure qu'un nommé Saint-Barthelemi, émissaire de dom Claude , avait donné au prince dç Porcien un breuvage empoisonné qui lui avait échauffé

Je sang et trouble la raison. Ce jeune seigneur e'tait ennemi déclaré <le la maison de Guise , et il en donna des preuves en mourant : car comme il soupçonnait sa femme d'avoir de l'inclination pour le duc de Guise ( Henri le Balafre' ) , il la conjura de ne point l'cpouser. « Je ne doute point , lui dit-il , qu'étant jeune , belle et » ricbe , vous ne soyez remarie'e après ma mort. Je vous laisse le )» choix des partis ; et de tout le royaume je n'en excepte qu'un » seul homme , c'est le duc de Guise. C'est l'homme du monde » que je hais le plus ; et je vous demande en grâce que mon plus » grand ennemi ne soit pas l'he'ritierdu plus pre'cieux de tons mes » biens ». (Le Laboureur, addit. aux Mem. de Castelnaii, T. I.) BTalgre' une demande si pre'cise , Catherine donna sa main, au mois de septembre i Syo , à ce même duc de Guisb. Elle avait e'te liuguenote avec son premier mari ; elle redevint catholique après l'avoir perdu , à la sollicitation de la reine Catherine de IVIe'dicis. qui lui lit faire abjuration en la chapelle de Saint-Germain-en- Laye , et lui servit de marraine dans cette ce're'monie. La conduite de la duchesse de Guise envers son deuxième e'poux ne fut pas à l'abri de la me'disance. Saint-Me'grin , l'un des mignons de îlenri III , se vanta (l'an iSyS ) d'avoir eu commerce avec elle. Cette insolence lui coûta la vie : quelques jours après il fut poignarde' par des hommes masque's , en sortant du Louvre. vOn doute si ce fut par ordre du duc de Guise, ou du duc de Mayenne son fr^re. Le premier , si l'on en croit Varillas , l'abbe' de Choisi, Bayle , et d'autres modernes , fit expier à sa femme d'une manière moins atroce le crime dont elle e'tait accuse'e. Etant entre' , diton , sur les quatre heures du matin dans la chambre où dormait ia duchesse, un poignard à la main droite et une ccuelle d'argent remplie d'une liqueur noirâtre à la gauche , il la réveilla, lui reprocha en peu de mots son inlidclilé, et lui donna le choix du poignard ou du poison pre'pare' dans l'e'cuelle qu'il tenait. La duchesse n'ayant pu le fléchir pas ses prières, prit le poison, l'avala, €t se mit à genoux sur son oratoire en attendant le moment qu'elle devait expirer. Une heure après, le duc étant rentré, lui dit qu'elle pouvait se recoucher et reprendre son sommeil sans crainte, la potion qu'elle avait prise n'étantautre chose qu'un excellent consommé; après quoi il l'exhorta à se conduire avec plus de réserve M l'égard des favoris. Nous abandonnons au jugement de nos lecteurs celte anecdote, dont Bayle dit que la preuve se trouve parmi les manuscrits de M. de Mesmcs. On sait par quel événement funeste la duchesse de Guise devint veuve , le 23 décembre i588 , pour la seconde fois. Elle survécut à l'assassinat de Henri de Guise jusqu'au 1 1 mai de l'an i635 , époque de sa mort arrivée dans la quatre-vingt-cinquième année de son âge. Elle laissa de ce prince un grand uombre d'eufants , l'aîne' desquels est le

DES COMTES d'eU. 4^5

jeul dont nous ferons ici mention. (\oy .pour les autre s Henril^' de Lorraine , prince de Joinville. )

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